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[LIVE-REPORT] Heidenfest 2025 @ Paris, 25 janvier 2026

Le célèbre festival itinérant revient en ce début d’année à l’occasion de plusieurs dates dans notre pays. Et la première étape est Paris, à laquelle de nombreux métalleux de toute la région ont fait le déplacement.

L’Elysée Montmartre est chaud mais encore clairsemé quand les premières notes du générique de l’animé japonais One Piece retentissent dans la salle. Et c’est de circonstance puisque les pirates californiens de The Dread Crew Of Oddwood. Les américains semblent en forme, malgré la brièveté du show (la faute à une heure anticipée au vu du nombre de groupes passant sur scène ce soir) mais aussi malgré un public très clairsemé ! C’est dommage alors que ce tour de chauffe était des plus réussi (mention spéciale à la danse du crabe qui aura fait marrer le plus grand nombre). Ce n’est qu’à la toute fin du set qu’un circle pit se formera en fosse.

C’est Trollfest qui prend la suite et il attaque direct dans le dur avec sa chanson phare, « Pink Flamingo », et avec le déguisement approprié s’il-vous-plaît ! Le groupe de folk metal norvégien fera honneur à sa réputation en livrant un set à la fois carré et déluré, avec une fosse en délire complet : Trollfest mettra un point d’honneur à faire chanter (même faux!) et danser le public pendant tout son set !
Et imaginez un peu : une danse du chaos où un côté du public doit sauter pendant que l’autre reste assis et inversement, ou encore une chenille la plus longue possible mené par le bassiste Böesse Basshöl, descendu dans la fosse pour l’occasion (et apparemment c’était réussi!) ! D’ailleurs, en fin de set, des membres du Dread Crew sont venus pousser la chansonnette avec eux (et vous verrez, ce ne sera pas le seul cross-over de la soirée !)

L’ambiance redevient plus heavy et sérieuse avec Heidevolk, le groupe de folk néerlandais. Gros son, guitare saturé, mais aussi de beaux moments planant grâce à des chœurs très beaux. A noter que c’était l’anniversaire de Rowan Roodbaert, le bassiste du groupe ! Un set bouillant (un brin perturbé par quelques membres de Trollfest, venus aussi donner de la voix), qui aura fait tourner des têtes et casser des côtes.

Suit Finntroll, dont la musique, un folk metal sombre aux relents de black metal, n’a pas vieilli d’un cil ! Vreth étant toujours souffrant, c’est le norvégien Kistelach (Mathias Dahlsveen) qui a repris pour la tournée le micro avec grand succès ! Très attendus (ils auront le plus de public, la salle était quasi-remplie) ils ne décevront pas avec un set mêlant nouveaux morceaux et vieux tubes, avec un « Trollhammaren » d’anthologie qui aura fait trembler les murs de l’Elysée Montmartre !

Enfin, on se détend un peu avec les festifs Korpiklaani ! Et quand je dis « on se détend » c’est à prendre au mot puisque la première partie du set des finnois sera très folk, une respiration des plus bienvenues personnellement après le rouleau compresseur qu’était FInntroll. Mais la respiration passée, les choses sérieuses reprennent, dévorant les dernières forces des plus courageux des vikings. Le groupe termine sur un « Vodka » plus dansant que jamais, et repris en choeur par toute la salle.

Bref, voici un festival qui aurait mérité bien plus de monde : les groupes s’en sont donné à coeur joie, ont tous livré des prestations géniales, avec un son à la hautezur (et avec tous ces instruments folk, c’était loin d’être gagné). Une réussite ? Absolument.

[AGENDA] Les concerts de Mars 2026 !

Mars arrive et avec, avec lui, le retour des beaux jours. Etil y a aussi de gros et beaux concerts qui nous attendent. Petit tour d’horizon national :

Le 01/03/2026 à Marseille !
Le 03 mars à Lyon
Le 04 mars à Paris
Le 06/03 à Belfort
Le 07/03 à Auxerre
Le 12/03 à Rennes
Le 13/03 à Saint-Germain-en-Laye
Le 14/03 à Caen
Le 19/03 à Annecy
Le 20/03 à Clermont-Ferrand
Le 21/03 à Nîmes
Le 28/03 à Angers
Le 7 mars à Toulouse
Le 8 mars à Montpellier

Le 11/03 à Lyon
Le 11 mars à Grenoble
Le 12 mars à Toulouse
Le 13 mars à Nîmes
Le 19 mars à Nantes
Le 20 mars à Savigny-le-Temple
Le 21 mars à Béthune
Le 26 mars à Vitry-le-François
Le 28 mars à Brest

Le 12 mars à Paris
Le 13 mars à Dijon
Le 14 mars à Strasbourg
Le 21 mars à Caen
le 27 mars à Lille

Le 12 mars à Montpellier
Le 13 mars à Toulouse
Le 14 mars à Bordeaux
Le 15 mars à Nantes
Le 17 mars à Lille
Le 18 mars à Clermont-Ferrand
Le 19 mars à Nevers
Le 20 mars à Paris
Le 21 mars à Valence

Le 12 mars à Nancy
Le 13 mars à Vitry-le-François
Le 14 mars à Dijon
Le 28 mars à Paris
Le 14 mars à Paris
Le 15 mars à Lille
Le 17 mars à Paris
Le 19 mars à Lille
Le 20 mars à Vauréal
Le 21 mars à Nantes
Le 19 mars à Nîmes
Le 2à mars à Rodez
Le 21 mars à Romans sur Isère
le 25 mars à Angoulins
le 26 mars à Rouen
Le 27 mars à Ploermel

Le 22 mars à Paris


Le 24 mars à Paris


Le 26 mars à Paris
Le 27 mars à Montpellier
le 30 mars à Nantes
Le 31 mars à Paris


Et toi ? Tu iras voir quoi en Mars ?

[LIVE-REPORT] Beyond The Black, SETYOURSAILS, Seraina Telli au Bataclan de Paris, 17 janvier 2026

C’était LA date à ne pas manquer pour tous les fans de Beyond The Black parisiens ! Fort d’un nouvel opus puissant, « Break The Silence », le groupe allemand fera une prestation de haut vol, malgré un Bataclan loin d’être complet.

Un concert Veryshow – Merci à eux pour l’accréditation.

La soirée commence avec Seraina Telli, qui arrive au milieu d’un décor féérique, fait de fleurs scintillantes, de verts, et du sourire solaire et communicatif de la chanteuse. Malgré tout le matériel stocké sur la scène, le duo que la chanteuse suisse formera avec son batteur emballera les foules et réussira à embarquer tout le monde dans un univers singulier mais attractif, même si les titres, plus rock’n’roll que metal, intrigueront au départ bon nombre d’entre nous. Une jolie prestation qui change pour celle que nous avions connu dans une certaine formation, Burning Witches.

Après un changement de plateau record, ce sont les teutons de SETYOURSAILS qui prennent possession de la scène ce soir. Et cette claque…. BON DIEU CETTE CLAQUE ! Le groupe ne ménagera pas ses efforts pour livrer une immense prestation et réussira, avec un metalcore insicif et une chanteuse énergique et charismatique, à faire pogoter la fosse (et avec un public venu essentiellement pour Beyond The Black, ce n’était pas gagné !) On a même pu voir quelques circles pits et walls of death ! Une réaction (et un succès brûlant) qui a du faire très chaud au coeur des SETYOURSAILS. On suivra de très près l’évolution de ce très chouette groupe.

Enfin, Beyond The Black arrive en grande pompe, avec des musiciens tout sourire et une Jennifer Haben au sommet de son chant. Impressionnante de justesse et de puissance, elle fera fondre la foule comme du beurre (salé) au soleil. Comme à son habitude, le guitariste Chris Hermsdöfer viendra alpaguer la foule avec son énergie communicatrice, et nous gratifiera de quelques solos bien sentis (les cheveux au vent, s’il vous plaît !). On voit qu’il est heureux d’être là, ça fait plaisir. Les autres musiciens ne sont pas en reste, et les immenses bananes affichées sur les visages de chacun des musiciens, montrent leur bonheur d’être sur scène ce soir.

Côté show, on aura le droit à des grandes ailes sur « Raven » mais aussi des ordinateurs en mode « We Watching You » avec un morceau tout en intimité, qui donnait une aura particulière au concert. Le très bon dernier album sera particulièrement mis en avant avec un « Let There Be Rain » d’anthologie notamment, mais aussi le touchant « The Art Of Being Alone », même si l’absence de Chris Harms sur scène donnait moins de relief au morceau (mais on ne peut pas tout avoir!)

Malheureusement, musicalement parlant, tout était trop parfait et huilé. Toute la setlist s’est enchaîné, et le beau début a laissé place à une setlist et à des musiciens en mode « automatique » : nosu aurions peut-être aimé un peu plus de chaleur, un peu plus de spontanéité. Malgré tout les sourires affichés, on a eu la désagrable sensation d’avoir, en face de nous, une façade, glaciale, venu uniquement exécuter son show.

Bref, nous ressortons du concert mitigé, avec deux belles découvertes : la géniale prestation des SETYOURSAILS, énergique, brulante et vivante, retiendra bien plus notre attention que le concert des Beyond The Black, qui, malgré l’excellente qualité de leur show, a cruellement manqué de spontanéité et de chaleur. Nous sommes pourtant les seuls à avoir pensé cela, tant le public est ressorti ravi de ce show. Et c’est le plus important.

[INTERVIEW] Julien « Le Mago » Escalas (MAGOYOND) : « Cette fois, les choses étaient plus simples »

Quatre ans après la sortie du très acclamé « Necropolis », MAGOYOND revient cette fois avec un EP, « Zeppelin », disque qui doit faire le lien avec la suite des aventures de nos chers (ou pas) zombies. Metal-Actus a pu s’entretenir avec le maître d’orchestre de la regrettée cité-Etat de l’Apocalypse, Le Mago.

Interview réalisée le 21/01/2026 – Merci à Roger pour l’opportunité.

Metal-Actus : Suite à la clôture en 2022 de l’arc de la fin du monde avec « Necropolis », était-ce évident de repartir sur de nouvelles choses, même si cela devait être sous un format plus court ?

Julien « Le Mago » Escalas (MAGOYOND) : C’était surtout nécessaire car, après dix ans à travailler sur cet arc, nous avions envie de composer d’autres choses. Si « Zeppelin » est un EP « transitoire » pour nous, il a été aussi le lieu de plusieurs tests, un petit laboratoire dans lequel on a pu expérimenter certaines choses. Cela va nous servir pour le prochain album !

Vous disiez justement que cet EP est de « transition » ? D’où ce thème du voyage ?

Oui, « Zeppelin » est la conclusion de notre arc de la fin du monde mais aussi le début d’une nouvelle ère, d’un nouveau chapitre. Cela passe forcément par le voyage car maintenant que Necropolis est tombée dans les mains des Titans, les zombies n’ont plus le choix : il faut fuir et aller voir ailleurs. On ne sait juste pas où on va, du moins pour l’instant.

Tu disais que le processus autour de « Necropolis » a été assez douloureux. C’était plus simple avec « Zeppelin » ?

Oui car on savait à quoi s’attendre. On a lancé notre première campagne de financement participative pour « Necropolis » et avec le succès de celle-ci, on s’est mis une telle pression que sa composition a été plus douloureuse que festive : il y avait des enjeux, on faisait appel pour la première fois à un orchestre, on se savait – ou en tout cas on se pensait – attendus au tournant … Cette fois, les choses étaient plus simples, on a pris notre temps pour composer, pour solutionner des problèmes récurrents, tout en restant concentré sur notre musique. C’était plus chill !

Votre studio – nouvellement trouvé – a du aussi vous aider ?

Oui, cela nous a apporté de la flexibilité et une liberté qu’on n’osait même plus rêver. Cette question d’organisation, de statuer des créneaux pour se retrouver soit chez les uns et les autres, soit dans des studios aux horaires imposés, était pesante. Nous louons donc depuis peu un local vide, nous y avons mis le matériel que nous avions accumulé au fil des années.

« Zeppelin » est-il l’introduction à un nouvel arc ?

On le voit plus comme la bande annonce pour ce qui va venir après. D’ailleurs, on a fait notre avant-première dans un cinéma ! (rires)L

D’ailleurs, chose assez impressionnante, dans l’enchaînement entre « Le Départ » et « Zeppelin », on saisi toute la dimension cinématographique de votre musique puisqu’on voit littéralement le zeppelin s’élever dans les airs ! A ma deuxième écoute, j’ai même imaginé une scène de fuite apocalyptique, un peu comme le début de « Snowpiercer ».

C’était exactement l’effet qu’on voulait donner, avec la montée de la musique et surtout des orchestrations ! Content que tu le remarques !

« Exil » est particulière, car plus sombre et plus progressive que ce que vous avez l’habitude de faire. Le morceau nous a beaucoup surpris ! Que peux-tu nous en dire ?

« Exil » est le morceau le plus compliqué sur lequel on a été amené à travailler : je voulais y apporter de la mélancolie, un côté très sombre, enfin des trucs pas drôles ! (rires) Le morceau mentionne l’exil et l’infini, le temps qui passe.

C’est un exercice de style assez nouveau, et j’ai eu, du coup, plus de mal à assumer cette chanson. Elle n’était vraiment pas facile à composer : niveau paroles, j’y suis retourné tellement de fois, en les reprenant dans tous les sens, que j’ai franchement hésité à en faire une instrumentale ! Mais j’ai finalement bouclé les paroles deux jours avant le rendu.

Avec « We Come In Peace », le voyage s’achève. Un titre en anglais en référence au film Mars Attack ?

Oui absolument ! Ce mélange entre français et anglais nous semblait idéal pour rendre hommage à ce film, qui se prête bien à notre EP. Bon malheureusement, il fait aussi écho à l’actualité (mais on ne pouvait pas le prévoir). On aime beaucoup ce morceau, et on prend un pied énorme à la jouer.

Peut-on imaginer une suite à l’image du film ?

J’ai envie de vous dire, maintenant que les zombies ont voyagé, que nous avons ouvert la boîte de Pandore, et élargi le champs des possibles : nous n’allons pas nous limiter à un seul endroit. On apprend d’ailleurs dans « Leviathan » que le Zeppelin fait aussi sous-marin ! Donc on verra mais il est fort probable que nos amis aillent se balader un peu sur la planète. Ouais on verra…

Avez vous quelques dates, et des festivals cet été de prévus ?

Niveau dates, on en a quelques unes en mars, dont le festival Yggdrasil à Lyon. On a aussi le Troll & Legends en avril et le Volcanic Fest cet été, mais c’est tout pour l’instant. Effectivement, un de nos objectifs serait de pouvoir s’imposer en festival. Mais on ne va pas se prendre la tête pour autant : on prend les dates, les opportunités, qui avant tout, nous font plaisir.

[CHRONIQUE] Magoyond – Zeppelin (coup de cœur)


On ne pensait pas revoir Magoyond de sitôt, quelques années après la clôture de son arc de la fin du monde et la sortie de « Necropolis » (en 2022 très exactement). Pourtant, le groupe nous prouve sa volonté de continuer avec un nouvel EP, « Zeppelin » (à prononcer à la française), disque se voulant de « transition » pour atterrir (littéralement oui) dans un autre chapitre des (pas trop) gentils zombies.

Si on aime quelque chose chez Magoyond, c’est sa constance et son désir de faire évoluer son univers sans cesse. Le ton se veut plus tranchant, moins dans le festif, et les sujets sont plus sombres, puisque les zombies vont devoir affronter tout type d’épreuves à bord du Zeppelin,

L’EP débute sur « Le Départ », morceau aux faux airs de Batman la série (celle de Paul Dini voyons!) avec ses alarmes et son clavecin (on a raison hein ?) rendant le tout délicieusement gothique. « Necropolis est condamnée » dit la voix robotique…. « Nous passerons par les airs » lui répond le Mago avant d’enchaîner sur le morceau titre de l’EP.
Et c’est là que toute la dimension cinématographique prend de l’ampleur. Avec la montée du clavecin, les choeurs ensuite, et enfin les instruments électriques, on voit littéralement le Zeppelin prendre son envol avant que la terre ne s’effondre définitivement. Incroyable…. Et cela nous plonge définitivement dans l’EP sans que nous puissions en ressortir (et ce malgré les très rares faiblesses de l’EP).

Si c’est le côté très grandiloquent, avec plutôt des éléments gothiques et black mis en avant (on croirait presque que le Mago grunte son « Montez à bord! ») qui ressort sur « Zeppelin », on change légèrement de registre avec « Pavillon Noir » et des parties à la gratte (Excellent Vito !) qui font penser à Muse (surtout cette intro !). Un morceau résolument plus hard rock, composé tel un uppercut dans la face et qui fait automatiquement virevolter nos petits cheveux. D’ailleurs, pour le coup, on entend bien du grunt (léger, certes).

« Exil » est le morceau le plus long mais aussi le plus sombre de l’album, faisant référence au temps qui passe sur le navire volant, mais aussi au deuil d’une ancienne vie. Une belle composition, très dans la mélancolie, avec des éléments issus du metal progressif mais aussi du doom, qui étonne tant ce n’est pas le ton habituel du groupe. Mais il a bien toute sa place ici, tant au niveau de l’histoire déroulée par le groupe que par sa grande qualité d’écriture et de composition.

« Levianthan » retourne dans les gros riffs et les harmonies grandiloquantes, mais surtout, montre de belles facettes vocales du Mago, qui va puiser dans les tons de plus en plus graves, limite rocailleux.

Enfin, le voyage s’achève pour nos zombies avec un « We Come In Peace » plus festif – d’ailleurs, les cuivres font leur retour ici – et référence directe à un film mythique, « Mars Attack ». D’ailleurs, si vous connaissez bien le film, on a peut-être une petite idée de la suite.

Encore un tour de force signé Magoyond, bien produit, bien pensé, bien réalisé, mais surtout qu’on n’attendait pas après le majestueux « Necropolis ». Un opus de transition bien trouvé, savamment orchestré, et qui referme pour de bon cette dernière page. Un beau bonbon au goût de cerveau qu’on savoure encore et encore en attendant d’avoir la suite. Car Magoyond a prouvé aussi une chose, c’est qu’ils en ont encore sous le coude pour les prochaines années. Bravo !!!

9,75/10

[CHRONIQUE] Kreator – « Krushers Of The World » (Coup de cœur)

Le groupe de Thrash allemand revient en force avec un beau et soigné nouvel album, « Krushers Of The World », jalon entre un son old school et de la modernité, frôlant même les frontières de l’épique.

En voilà un groupe qui sait se réinventer ! Loin de se reposer sur ses lauriers, Kreator sort son (déjà!) seizième album « Krushers Of The World ». Et si on se fait surprendre par une entrée « plus calme » qu’est « Seven Serpents », cet opus regorge de pépites trash, avec une certaine prise de risques qui fait plaisir à entendre.

Bien évidemment, on a les gros hits bourrins, « Satanic Anarchy » qui a un potentiel monstrueux en live tellement il est accrocheur, ou encore « Barbarian », thrash à souhait, qui ravira les fans de la première heure. « Combatants » et « Loyal To The Grave » revêtent leurs plus belles armures pour nous emmener sur les champs de bataille, avec des envolées épiques magistrales à vous faire frissonner (ou à vous projeter dans le Gouffre de Helm, c’est selon).

Enfin c’est un côté plus inattendu que nous révèle le groupe avec « Tränenpalast », dans une veine assez originale, avec des éléments arty, directement empruntés aux thèmes musicaux de « Suspiria ».

Les légendaires Kreator nous offre un superbe album, travaillé et original, qui saura vous convaincre de vous atteler à l’immense discographie du groupe. Un indispensable.

9,75/10

[LIVE-REPORT] Ensiferum @ La Machine du Moulin Rouge, 10/01/2026

Premier concert de l’année pour de nombreux fans du genre et nous-mêmes, les Ensiferum n’auront pas failli à leur réputation, enflammant la scène de la Machine du Moulin Rouge, malgré un son assez catastrophique !

Groupe extrêmement actif, c’est le troisième passage à Paris en l’espace d’un peu plus de deux ans des Ensiferum, revenu dans la même salle (La Machine Du Moulin Rouge) et cette fois en tête d’affiche, défendre son nouvel album, le bien nommé « Winter Storm » (je dis ça car le concert succède à une belle tempête de neige qui a touché la capitale).

Le groupe de première partie est le groupe de Power Metal Dragony (à ne pas confondre avec Dracony qui est l’un des fameux Petits Poneys (les parents, on sait)). Fondé en 2007 en Autriche, ce groupe emmené par Maria Nesh et Siefried Samer au chant, affiche un immense sourire, signe qu’ils sont très heureux d’être parmi nous ce soir. Si la musique ne nous aura pas transcendé (le groupe aurait pu avoir son petit succès fin des années 1990/début des années 2000 à l’émergence de Edguys et consorts) à titre personnel, le groupe obtiendra un joli succès au sein d’une foule compacte. Néanmoins, des problèmes de justesse au niveau du chant de Samer et une trop grosse mise en avant des voix au détriment des instruments, que nous aurions aimé un peu plus entendre. Dommage !

C’est après une courte attente que les Ensiferum débarquent sous une énorme ovation du public, prêt à en découdre ! D’ailleurs, ce dernier, sautera comme un seul homme dès les premières notes de « Winter Storm Vigilantes ». Et le deuxième morceau fut une énorme surprise, « Guardians Of The Fate » qui n’a plus été joué depuis des lustres !

C’est d’ailleurs après ce morceau que nous assisterons à une scène un brin cocasse : le public demandant à Petri (chant/guitare)… De faire augmenter le son de sa guitare (ce que l’ingé son fera immédiatement). Néanmoins, cela ne suffira pas à améliorer les conditions sonores de ce soir, même si cela n’a gâché en rien la fête !
Si Markus à la guitare restera particulièrement en retrait (bien plus qu’à l’accoutumée), ce n’est pas le cas de Sami (basse) dont le bonheur et la joie d’être sur scène sont communicatif. Ce soir étant l’anniversaire de Petri, le public lui chantera un joli joyeux anniversaire.

Bravehart, circle pits, pogos, Slams (arrêtés pour absence de sécurité devant la scènes) et compagnie s’enchaîneront dans la fosse, tant les finlandais ne laisseront aucun répit à leurs convives de ce soir. Les points d’orgue étant les plus gros titres : « Fatherland », « From Afar » ou encore « Andromeda » repris en chœur par tous les vikings du public.

Un court rappel se fera entendre et C’est un « Two Of Spade » d’anthologie qui conclura un concert, qui ne sera pas, certes, le meilleur d’Ensiferum, mais la spontanéité et l’authenticité et la bonne humeur du groupe ont su, comme d’habitude on oserait dire, en faire un moment inoubliable.

[AGENDA] Les concerts de ce mois de février !

Après un mois de janvier avec des concerts particulièrement intenses, février arrive avec la promesse de belles découvertes, mais surtout de (très nombreux) grands concerts !

à Rennes le 03/02
à Toulouse le 06/02
à Vitry-le-François le 07/02
à Grenoble le 09/02
à Meisenthal le 05/02
à Lille le 27/02
à Rouen le 28/02

à Lyon le 05/02
au Havre le 06/02
à Toulouse le 02/02
à Lyon le 05/02
à Lyon le 06/02
à Paris le 10/02
à Bagnols-sur-Ceze le 06/02
à Bourg-en-Bresse le 07/02
à Bonneville le 20/02 (WinteRock Fest)
à Landunvez le 28/02 (FDLM Winter Edition)
à Lyon le 06/02
à Bordeaux le 13/02
à Paris le 18/02
à Evreux le 06*02
à Paris le 07/02
à Rennes le 08/02


à Orléans le 12/02
à Belfort le 13/02
à Lons-le-Saunier le 14/02
à Istres le 12/02
à Nice le 13/02
à Toulouse le 14/02
à Bonneville le 19/02 (Winterock Fest)

à Audincourt le 14/02
à Vauréal le 15/02
à Tours le 13/02
à Alençon le 14/02
à Metz le 13/02
à Plaisir le 14/02
à Bonneville le 21/02 (Winterock Fest)
à Lille le 16/02
à Paris le 17/02
à Lyon le 18/02
à Fontaine le 19/02
à Belfort le 20/02
à Guyancourt le 20/02
à Lyon le 28/02

[CHRONIQUE] « Break The Silence » – Beyond The Black


Le groupe symphonique, Beyond The Black, délivre un nouvel album très attendu, « Break The Silence », qui nous surprend par ses sonorités plus électros et son ton, plus rentre-dedans.

Si Beyond The Black était jusque là resté plus en retrait sur la scène symphonique internationale, le groupe semble vouloir rebattre les cartes avec un nouvel album « Break The Silence », plus risqué, mais avec tout autant de mélodies accrocheuses. Le groupe distille aisément électro et symphonique (même si on en entend moins paradoxalement) sans pour autant essayer d’être une pâle copie d’un certain Amaranthe.

Si le début nous décontenance un peu – « Rising High » un peu trop molle et « Break The Silence » bien trop formatée – les morceaux suivants, le sombre et prenant « The Art Of Being Alone » (avec un Chris Harms au sommet de sa forme) et le superbe « Let There Be Rain » avec ces chœurs incroyables de The Mystery Of The Bulgarian Voices qui donnent une telle vibe organique, rattrapent vite le coup. « Can You Hear Me » est le morceau le plus surprenant de avec ce featuring d’Asami (oui oui, Asami des Lovebites) pour un duo sublime, fédérateur, et versant moins de le lyrisme qu’attendu.

Le groupe enchaîne ensuite les hits avec aisance, tout en redéfinissant les limites de leur style, même si c’est encore un peu timide ! Mais l’évolution est là, le ton est moins lyrique, moins ambiant, bien plus direct, avec quelques uppercuts bien sentis. C’est sur une belle note douce que se termine l’album avec « Weltschmerz », mêlant synthétiseur et violon, nous donnant bien vite l’envie de nous y remettre. Le seul petit reproche qu’on ferait, même si les morceaux sont très loin d’être mauvais, ce sont les (trop) nombreux hommages aux fans du groupes : « Ravens » d’abord, mais surtout « (La Vie Est Un) Cinéma » que nous trouvons hors-sol par rapport au reste de l’album.

« Break The Silence » est un album intriguant, surprenant, qu’on n’attendait pas d’un groupe comme Beyond The Black. Les allemands ont su rebondir, se renouveler, et créer des choses plus surprenantes, s’éloignant de leur registre et de leurs habitudes. On commence à voir des choses intéressantes se dessiner autour de ce groupe, trop longtemps sous-estimé. Intéressant… Très intéressant !

9,5/10

2025 l’année du renouveau ? Bilan d’une année hors-norme et réjouissante !

2025 aura été très riche en nouveautés et en découvertes. Mais aussi en déceptions, venues d’artistes très attendus. Petite retour sur une année mouvementée pour le Metal français et mondial.

Cet article est un avis purement subjectif de son autrice et ne reflète pas une vérité générale.

Les mastodontes presque tous au rendez-vous

2025 aura été l’année d’un grand retour, celui de Deftones, cinq ans après la sortie de « Ohms » que le groupe n’a pas eu l’occasion de défendre sur scène (à cause d’un virus de seconde zone). Avec « private music », le groupe livre un vrai joyeux, bien produit (et sans que la machine productive américaine se ressente trop), bien composé, avec un ensemble de titres qui reflète Deftones sur sa longue (30 ans!) carrière. Un beau retour qui plaira aux vieux c*ns comme aux jeunes premiers !

Autre immense retour, celui de Coroner, trente-trois ans (!) après son véritable dernier effort « Grin ». On retrouve les ambiances cauchemardesques, les progressions techniques, les envolées mécaniques qui nous retombe dessus tel une guillotine, le tout saupoudré d’une petite dimension progressive bienvenue; Les médisants diront qu’après une si longue absence les suisses auraient pu faire mieux. Personnellement, je n’en demandais pas tant !

Sabaton aura, lui pris un gros risque en balançant un « Legends » versant plus dans le Metal Sympho et avec des orchestrations mama … mais surtout, un album ne traitant d’aucune guerre mais de grands personnages historiques. Un petit virage (ce n’est pas l’évolution du siècle, il faut l’admettre) mais qui est le bienvenu dans la discographie des suédois, qui, sans être mauvaise (bien loin de là) ont bien trop tendance à se répéter (et qui prend une toute autre dimension en live !).

Testament aura réaffirmé son statut de poids lourd de la scène internationale avec un « Para Bellum » mordant, assoiffé, et qui sera une parfaite introduction à tout jeune newbie souhaitant découvrir le groupe. Les américains restent l’un des groupes rois du genre !

C’est Arch Enemy qui aura déçu avec un « Blood Dynasty », que certains qualifient « d’audacieux ». J’aurais aimé que le groupe assume cette audace au lieu de nous livrer un album en demi-teinte, sans aucune implication ou sincérité, porté par aucun morceau « phare ». Un opus qui ne restera pas dans les annales de la bande, malgré que ce soit le dernier avec Alissa White-Gluz au chant (départ officialisé ce 23 novembre).

J’ai bien conscience que je dois être une des rares à penser cela mais ce « Skeleta » de Ghost m’aura déplu : manque de sincérité et de morceaux plus complexes, manque de prise de risque pour des chansons taillées pour la diffusion radiophonique. Je comprend les envies de Tobias Forge de partir à la conquête du monde mais je n’ai pas retrouvé ce côté irrévérencieux et provocateur qui fait le charme des premiers disques.

Les bombes Whitechapel et Orbit Culture, le retour en grâce de Sinsaenum, les revenants d’Eluveitie

Deux autres groupes auront marqué 2025 de leur aura magnétique par des albums grandiloquents, audacieux, vénéneux… Whitechapel revient en force avec « Hymns In Dissonance » après un « Kin » (2021) plus dans la demi-mesure et dans le progressif. Un retour à des origines ultra-violentes qui me fait un bien fou aux oreilles et aux tripes. A voir sur scène comment le combo américain défend son bébé.

C’est peut-être le plus gros coup de cœur de l’année : avec son « Death Above Life » teinté de puissance, de noirceur, de groovy avec une énorme dose de violence, les Orbit Culture viennent de passer un gros cap dans leur carrière et s’impose comme le nouveau poids lourd de la scène suédoise (déjà fort remplie). Je ne saurais que vous conseiller d’aller découvrir cet excellent opus.

Sinsaenum aura lui aussi signé son retour, surprise je n’aurais pas pensé que le groupe continuerait après le décès de Joey Jordisson. Je sens pourtant que cet « In Devastation » était nécessaire pour le groupe, pour faire son deuil. Et la rage et la douleur portée par l’ensemble des musiciens m’aura fait tréssaillir, jusqu’à repenser à ma propre souffrance. Un opus puissant, beau, surprenemment mélodique, qu’il faut aussi découvrir si vous êtes passé à côté.

Catalogués, à tort, comme groupe symphonique, les italiens de Lacuna Coil ont pourtant su au fil de leur désormais longue carrière, prouvés qu’ils étaient bien plus que ça, développant un style unique, faisant fi des tendances du moment (oui Within Temptation, c’est toi qu’on regarde!). Lacuna Coil signe la grosse surprise de l’année avec un saphir gothique à souhaits, « Sleepless Empire », certes moins dans la violence des riffs mais dont l’ambiance instaurée avec brio me fait retrousser les poils.

Je salue l’effort des Eluveitie, qui signe avec « Anv », un de leurs meilleurs albums depuis quelques temps, présentant de nombreuses facettes … y compris les plus mauvaises. Mais cela fait partie de l’inconstance des suisses, qui est capable, sur un même opus de produire le meilleur comme le pire.

Très attendus avec « Ascension » après deux précédents opus plus ternes, Paradise Lost ne déçoit pas avec un album sombre, désespéré et lourd. A écouter, mais vous ne ressortirez pas de ce voyage indemne !

Deux groupes teutons auront aussi retenu notre attention : Lord Of The Lost, déjà, qui s’est lancé dans un triptyque gothique, et si le premier « Opvs Noir » était parfait en tout point, le deuxième volet nous aura laissé sur notre faim ! Troisième et dernier album de la trilogie prévu pour ce printemps 2026 !

Je me souviens de ma première découverte de Feuerschwanz, un groupe insolite de folk déjanté, sorti tout droit de convention, qui occupait avec modestie l’une des grandes scènes du Summerbreeze 2013. Le groupe a bien changé et grandi depuis, et s’est rendu métallique. Le déjanté « Knightclub » reprend notamment des standards pop à la sauce metal médiéval. C’est frais, c’est marrant, c’est bien produit, et pfiou, ça fait un bien fou !

Aephanemer, ten56., Ashen … le Metal français a le vent en poupe !

2025 a aussi marqué le metal français, tant denombreuses (surtout metalcore) formations ont su tirer leur épingle du jeu. Cinq auront retenu l’attention particulièrement :

Ashen aura été la véritable révélation de 2025, obtenant un grand succès avant même la sortie de leur premier album, l’excellent « Chimera ». Un groupe de talent, qui fait tomber toutes les barrières du genre, et qui est une bouffée d’air frais dans le milieu. A suivre de très près.

ten56. aura su se renouveller avec « Io », un album au son aiguisé, mordant, et un Aaron Matts au sommet de son art ! Un succès amplement mérité ! Aephanemer auront confirmé avec « Utopie », un nouvel album tout en français, entre le classique mélodies et riffs ultra violents. Une belle offrande à tous les amateurs de death melo.

Je me réjouis du retour de Bukowski, cher à mon cœur : avec « Cold Lava », le groupe, dans un acte de résilience sublime, prouve qu’il en a encore dans le ventre.

Enfin, Grandma’s Ashes aura confirmé un succès grandissant, tout en travaillant sur un style original et particulier : avec « Bruxism », les sons de mon enfance ressurgissent plus rageurs, plus sombres. Les chansons de cet album ont limite un effet thérapeutique !

Pour terminer, nous aurons également fait de nombreuses découvertes : Zetra et son EP « Believe », Agriculture et l’excellent « The Spiritual Sound »… mais aussi de nombreuses redécouvertes : Dropout Kings et son « Yokai », dernier tour de piste émouvant d’Adam Ramsey, Blut Aus Nord et le cosmique « Ethereal Horizons », les new-yorkais d’Imperial Triumphant avec l’énormissime « Goldstar » et qui est encore meilleur en live (souvenir du Tyrant Fest) et enfin Igorrr qui aura enfin su nous conquérir avec le bien nommé « Amen ».

Vous l’aurez compris, 2025 aura été une année dense en sortie, et beaucoup m’auront tapé dans les oreilles : 2025 l’année du renouveau ? En tout cas, à titre personnel, je n’ai jamais été aussi conquises par autant de nouveautés en une année. Les musiques évoluent enfin, les groupes qui le méritent émergent enfin, ceux qui ne rencontraient pas le succès sont aujourd’hui sur le devant de la scène. Quelle formidable année pour le metal français et international !