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[INTERVIEW] Funny Ugly Cute Karma : « L’étiquette ‘Metal à chanteuse’, je n’en pouvais plus »

Dans un monde où chacun aime apposer des étiquettes sur d’autres, Chaos Heidi surprend son monde et lance son propre projet, Funny Ugly Cute Karma ! A des années lumières du metal symphonique qui a couronné ses débuts, les morceaux de leur EP, « Before It Was Cool » surprennent autant qu’ils séduisent. Nous nous sommes entretenu avec la chanteuse pour discuter de cette belle évolution.

Metal-Actus : Expliques- nous la génèse du projet Funny Ugly Cute Karma !

Adeline « Chaos Heidi » Bellart (chant) : Comment on a créé ça ? C’est un peu inhabituel je pense ! Après avoir quitté mon précédent groupe, Asylum Pyre, j’ai été en contact pendant quelques mois avec un projet qui recherchait une chanteuse. Je me suis dit « tiens, pourquoi pas » et on a commencé à bosser ensemble. Au bout de quelques mois, ça ne l’a pas fait – ce qui arrive souvent – mais moi j’avais déjà fait pas mal de contenus. Je me suis dit que c’était bien dommage car j’étais bien contente de ce que j’avais fait, j’y croyais et je me disais que ça aurait pu être bien cool. Et j’en ai parlé à Dorian, ami de longue date, qui avait envie de participer à un projet de ce genre. Les grands esprits se rencontrent! Je lui ai donné quelques idées comme ça, et il allait se débrouiller avec. Ce n’est pas un taf facile, d’aller créer la musique à partir de chants qui étaient déjà fait. Et le projet s’est lancé comme ça, avec un planning, avec l’envie de produire quelque chose alors que c’était, à la base, juste un test. Et tout ça date de printemps 2017.

Tout un monde te sépare de ton dernier groupe, Asylum Pyre… on a l’impression que tu as libéré quelque chose. D’ailleurs je pense voir un petit tacle aux groupes lyriques dans votre clip « On The Run ». Peux-tu m’en dire plus ?

Ce côté-là de moi a toujours été là en fait ! Ce qui est marrant, c’est que j’ai ressorti des idées qui datent d’il y a plus de dix ans : ça prenait la poussière dans un coin de l’ordinateur (rires). Et puis il y a eu cette période avec Asylum Pyre que je ne renie absolument pas, ça convenait à ce que je recherchais à ce moment-là. Mais j’ai quitté le groupe car j’ai eu l’impression d’être arrivée au bout de quelque chose et que ça ne correspondait plus à la façon dont j’avais évolué. Il a fallu que ça mature, que ça prenne un peu de temps. Avec ce projet, je vais, quelque part, réclamer ce qui était mon premier élan. J’ai aussi acquis plus d’expérience, plus de maturité … Je pense que c’est aussi ce qui me permet de me mettre en avant aujourd’hui alors que dix, douze ans en arrière, ce n’était pas le cas. Il y a parfois des chemins qu’il faut prendre pour arriver à un point en particulier. Après on reste bon enfant dans le clip : la chanteuse qui fait le guest avec moi est dans le Metal Sympho, donc elle vient en quelque sorte jouer son rôle de façon hyper parodique. Il n’y aucune méchanceté dedans, ce n’est que de l’humour ! Mais là où je veux bien admettre la rupture c’est que tout cet univers, dans lequel ce que je produisais portait l’étiquette « Metal à chanteuse » je n’en pouvais plus (rires). Pour moi ça n’a aucun sens, c’est n’importe quoi ! Ce n’est pas un genre, c’est même condescendent.

Sur l’EP, déjà, pourquoi l’arraignée ?

(Rires) C’est moi qui a fait la photo en fait ! Je suis assez fan de macrophotographie et je prend beaucoup les insectes. J’étais à la base arachnophobe, et c’est en prenant les insectes, en m’y intéressant, que je me suis un peu guérie de ça, que j’ai commencé à les trouver intéressants.

Autre chose : pourquoi chanteuse de salle de bain ? (rires)

Ça part d’une petite blague car on parle souvent de « chanteur de salle de bain » !

Tu fais d’ailleurs beaucoup de selfies dans ta salle de bain ! (rires)

Oui ma salle de bain va devenir très célèbre (rires). Mais oui, c’est pour la blague, on dit de Dorian qu’il est « guitariste de la Comté » car on le prend pour un Hobbit avec son look, les cheveux frisés et tout ! (rires) C’est histoire de se moquer un peu et de nous tourner en dérision !

Pour votre premier single, qu’est-ce qui t’a porté sur le choix de « On The Run » ?

Effectivement il a fallu faire un choix. Tous les titres ont leur propre personnalité, donc ce n’était pas un choix anodin à faire. On pense que « On The Run » est représentatif de l’EP. « Shelter » et « Nuage De Mots » sont plus lourds et ils leur manquent le côté plus léger que ce titre a. On ne voulait pas trop passer à côté de ce côté plus péchu et enjoué, elle rassemble bien des influences et des choses qu’on est capables de faire.

Et qui est celui ou celle qui a eu l’idée géniale de ce clip complètement barré ?

Alors c’est le résultat d’une assemblée disons collégiale. Tu vois, l’intro du clip avec le brainstorming ? Elle s’est passée en vrai ! Il y avait même la réalisatrice, qui n’était pas du tout la même personne que dans le clip. Avec Dorian, on s’est marré rien qu’en imaginant le truc !

Que peux-tu me dire sur « Shelter »?

Ah Ha … Ha Ah ! (Rires) Alors ça, c’est un morceau énervé, un morceau d’automne – et ça a son importance – qui est un peu exutoire, lâchage, où tu as un côté un peu pesant, mais en même temps, avec un bon groove. Dedans, je hurle, je lâche vraiment un truc. Alors sur les paroles, on n’est pas sur un truc hyper hyper heavy, cela décrit juste le sentiment d’être engluée, et de chercher un abri, « shelter » en anglais donc.

Concernant votre reprise de System Of A Down, vous avez opté pour « Radio/Video » qui n’est pas la plus connue du groupe. Pourquoi ce choix ?

On a fait le tour des morceaux de System Of A Down – parce qu’on aime tout n’est-ce pas ? (rires) – et on en a cherché une sur laquelle on retrouverait une alternance entre le chant clair et le chant saturé, où on pouvait aller apporter notre patte d’une manière ou d’une autre. -On l’a fait en transformant l’intro en son 8-bits – Il fallait que le morceau soit facilement transposable par une voix féminine – on a monté un tout petit peu la tonalité pour que ça sonne plus facilement – Après il fallait savoir sur laquelle on peut facilement aller exprimer au mieux quelque chose, de ne pas coller bêtement à l’original et de ne pas se coller en difficulté avec des histoires d’intentions ou de tonalités qui seraient compliquées. Personellement, j’adore le morceau « Toxicity », mais en l’état il est difficile avec ma tessiture : il commence beaucoup trop bas. Et je le regrette ! (rires).

On s’éloigne un peu du projet pour évoquer 22 Acacia Avenue, ton tribute band à Iron Maiden. Comment ça se passe ?

Et bien on est toujours là ! Iron Maiden est ma maison de coeur, c’est mes origines de métalleuse donc je m’éclate à faire ça. Le groupe a repris doucement l’activité à la rentrée, ça répète et il y aura probablement des dates. C’est le côté plaisir, il n’y a pas le même enjeu avec un groupe de cover !

A l’époque où je t’avais interviewé avec Asylum Pyre, je t’avais demandé si cela ne te dérangeait pas de chanter les morceaux dont les paroles ont été signées par quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, quelle serait ta réponse à cette question ?

C’est différent ! Il faut dire que j’avais une place dans Asylum qui m’allait, dont je m’accommodait. En plus, à l’époque, je ne me sentais pas encore capable de me lancer dans l’écriture. Je me suis lancée et c’est agréable aussi : je peux triturer les choses comme je veux! Il est très important pour moi dans la manière dont j’écris d’avoir une bonne cohérence musicale dans le texte et la musicalité. Si j’ai envie de dire un truc mais que le mot ne va pas dans ma phrase, je ne vais pas insister, quitte à retourner la phrase ou à chercher un autre mot, je recherche toujours une prépondérance de la musicalité sur le texte. Et ça m’apporte une liberté car je fais ce que je veux avec mes paroles (rires).

Ton souhait pour l’avenir c’est toujours plus de concerts? Toucher toujours plus de petits fans ?

C’est ce que souhaite n’importe quel groupe ! Là on a choisi de sortir un EP en premier car on voulait un peu tâter le terrain, et sortir quelque chose pour sortir des bases. Se constituer une fan-base donc mais aussi passer l’année à continuer à composer l’album, et jouer un maximum pour aller rencontrer des gens. Le metal est une musique vivante, il faut donc se créer un maximum d’opportunités pour ça. Une fois que c’est lancé, si on voit que ça suit, que ça fait plaisir à des gens de nous écouter, on va prendre encore plus de plaisir à continuer.

Un dernier mot ?

Venez nous rencontrer ! On a hâte de tous vous voir, de vous rencontrer et de partager !! Et si ça vous plaît, parlez-en autour de vous, pour un nouveau groupe, c’est hyper-important !

Retrouvez notre chronique de l’album ici.

Le groupe sera en concert le 1er février au MCP APACHE de Charleroi (Belgique) avec Skeptikal Minds et le 9 février à la Boule Noire de Paris, en première partie de Dead Bones Bunny et avec Not Bad.

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« On The Run » :

« Radio/Vidéo » (System Of A Down cover) :

[INTERVIEW EXPRESS] Olof Mörck – Amaranthe : « On était assez détendu »

A l’occasion de la sortie de « Helix », leur nouvel album, Metal-Actus a pu s’entretenir avec Olof, guitariste et tête pensante des Amaranthe ! L’occasion pour nous d’évoquer non seulement cette nouvelle galette mais aussi la vie du groupe après le départ du chanteur historique, Jake E.

Metal-Actus : Pourquoi avoir nommé votre album « Helix » ?

Olof Mörck (guitariste) : On peut donner à ce nom différentes interprétations, mais pour nous, il signifie avant tout un retour aux sources, à l’ADN qui faisait Amaranthe à ses débuts.

Comment s’est passé le processus d’écriture de cet album ?

Très vite à vrai dire ! (rires) On a mis deux à trois mois pour tout mettre en boîte ! Et sans nous mettre la pression, on était assez détendu !

Après le départ de Jake E, comment s’est passé l’intégration de Nils Molin ?

On l’avait dans notre radar depuis pas mal de temps déjà en fait. On l’a recruté pour trois concerts en Suède l’année dernière et ça s’était super bien passé. Il était donc tout naturel de lui proposer le poste à plein temps ! Et il s’est adapté très vite, comme s’il était depuis toujours dans notre groupe !

Pourquoi avoir choisi « 365 » en tant que premier single et premier clip ? Et pourquoi avoir de nouveau fait appel à Patrick Ullaeus pour la réalisation de la vidéo ?

On considère « 365 » comme la meilleure chanson, et de loin, de notre album et celle qui le vendrait le mieux. Pour ce qui est de Patrick Ullaeus, nous le connaissons bien, nous avons collaboré plusieurs fois ensemble, alors le choix était évident ! C’était comme retrouver un vieil ami, ça a donc rendu les choses plus faciles, plus cools.

Que peux-tu me dire sur le morceau « Dream » ?

Et bien pour tout te dire, je n’étais, au départ, pas très emballé par « Dream » (rires). Je trouvais le morceau trop simple. Une première impression un peu étrange … Mais quand j’ai commencé à poser mes lignes de guitare dessus, j’ai enfin su quelle direction prenait le morceau, et ça m’a plus emballé. Le morceau, malgré ses paroles simples, nous est très personnel.

Que peux-tu nous dire sur « Momentum » ?

Ce titre est un hommage à notre début de carrière, notamment à la sortie du premier et du deuxième album. Son ton assez old school nous renvoie directement en 2008, c’est lié à ce que nous avons réalisé auparavant.

Des concerts sont-ils prévus ?

Oui, le prochain aura même lieu à Paris, le 25 octobre prochain, et une tournée européenne suivra.

Que peut-on attendre de cette nouvelle tournée ? A part la nouvelle set-list bien sûr !

On aura le droit à quelques décors – on bénéficiera d’une plus grosse production que les années précédentes. En dehors de ça et des nouveaux titres bien sûr, rien de neuf.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

De toujours pouvoir faire de la musique, faire ce qu’on aime.

Enfin, un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien, et on espère tous vous voir bientôt en concert !

 

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[INTERVIEW] Raph (AcoD) : « On est sûrs de là où on veut aller ».

Fondé en 2009 et arpentant les scènes de France et de Navarre, AcoD ont bien évolué depuis quelques années : victoire au tremplin « The Voice Of Hell », tournées couronnées de succès, signature avec Sony Jive Music … « The Divine Triumph » est le premier concept-album du groupe, fait à trois. Raph, batteur de la formation, a accepté de discuter de cette galette avec nous !

Metal-Actus : Imaginais-tu en arriver à là avec ton groupe ?

Raph (Batterie) : Non, absolument pas. C’est clair que ce qui nous est arrivé depuis « Inner Light » (NDLR : sorti en 2009) est juste incroyable, c’est un « rêve de gosse » même si l’expression reste clichée (rires). C’est juste fou !

Dirais-tu qu’aujourd’hui AcoD a une vraie patte, un caractère propre ?

Je dirai qu’aujourd’hui, on a juste pu exprimer les bases de cela car ce n’est que le premier album où on est tous les trois dans le même sens. Nous ne sommes qu’aux balbutiements de ce que nous sommes réellement. On est sûrs de là où on veut aller. C’est un vrai plaisir de pouvoir, enfin, atteindre un objectif commun. Car les albums d’avant étaient un peu épars, ça partait un peu dans tous les sens. Avec « The Divine Triumph », ça nous permet d’aller plus loin.

Comment a été prise la décision de faire un concept album ?

C’est apparu très rapidement dans la création même de l’album. C’était quelque chose qu’on s’empêchait de faire. On est ultra-fans des années 1980/1990 du metal traditionnel : Horror Dissection, Morbid Angel … ça nous parle et ça nous passionne. Encore aujourd’hui, on écoute les albums et on ne les lâchera jamais. Et on s’est dit « Merde, ils l’ont fait, on va le faire ». Et il y a du contenu, il y a toute une histoire qui a été écrite et qui s’est transformé ensuite en paroles. A côté de ça, Jérôme et moi avons bossé sur la composition : on a taillé les morceaux, on est revenu dessus, chose qu’on ne faisait pas avant, on composait plus à l’instinct – Il y a un univers. Enfin on a fait quelque chose de plus réfléchi.

D’où vient cette histoire ?

C’est Fred qui a commencé à rédiger les premières ébauches de l’histoire. Pour nous, il était évident d’avoir un rapport aux mythologies. C’est l’histoire d’un mec qui a perdu sa femme et sa fille et qui petit à petit voit les abysses grandir, chose dans laquelle il refusait de tomber, mais il va tomber au coeur de ces dernières et il va rencontrer des chimères. Mais tout cela est très métaphorique, puisque tu peux le comparer avec ce qu’il se passe dans ta vie de tous les jours : tu peux te voir à travers le « héros » et te dire que ça peut être un sale moment qui se passe dans cette vie. C’est forcément quelque chose de noir.

Peux-tu nous parler de l’artwork ?

C’est Paolo Girardi, un artiste italien, qui a l’habitude de faire beaucoup dans le metal extrême, comme par exemple pour Inquisition : donc des trucs blasphématoires comme des pentacles, des Satans … Nous, on ne voulait absolument pas ça. On lui a dit quelques mots clefs, si tu veux, comme « Enfer de Dante », « Divinités », des choses simples et précises pour ne pas trop le noyer d’informations – c’est un artiste lui aussi, il a sa patte. On n’a pas eu de nouvelles pendant trois semaines et puis on a eu la pochette finie direct. Et il a tapé dans le mille directement. C’est un vrai tableau qu’il a fait, il est assez grand et il nous a envoyé la photo du tableau – le tableau lui appartenant. Donc toi tu payes le fait d’utiliser ce tableau. Pour le reste du digipack, tout est lié par trois, maintenant qu’on est trois. On avait déjà en tête le symbole du trident qu’on a choisi comme emblème. C’est aussi une arme mythologique, il y a un petit côté occulte.

Comment vous vous êtes retrouvés autour de la composition ?

Jérôme souvent apporte un premier jet et moi à la batterie, je vais l’orienter. On voit les articulations ensemble. On se voit dans notre local de répète pour un premier jet, puis après chacun chez soi bosse sur l’ordinateur, on s’envoie des choses. Petit à petit, on travaille, on revient sur des parties qui nécessitent d’y revenir, on revoit, on remodifie des choses. Fred est très indépendant de tout ça : lui est beaucoup plus sur ses paroles, sur ses textes, et il s’adapte par rapport à ce qu’on fait. Après sont venues les orchestrations.

Que penses-tu de « L’Ascension Des Abysses » ?

C’est le portail, c’est l’ouverture, c’est la découverte au loin, c’est l’accompagnement, le cheminement qui va t’amener, justement, au devant de cette pochette. Ce sont les premières secondes qui sont essentielles à ton abysse. C’est le morceau que tu dois écouter dès le début pour profiter de ton expérience. C’est une introduction pas inutile : il y en a trop qui ne servent à rien, ou qui sont là pour dire « ouais il y a une introduction » (rires) et à chaque fois tu la zappes. Si tu n’écoute pas la nôtre, l’album, ce n’est pas la même chose.

Que peux-tu me dire sur « Fleshcell » ?

C’est un de nos morceaux préférés. C’est un morceau 100% sincère, complètement différent, et c’est un gros risque qu’on a pris parce que c’est une balade limite dans les schémas black metal, mais aussi le morceau le plus noir qu’on ait pu faire. Tu peux entendre des voix féminines, un choeur qui est surtout en référence aux vieux Cradle Of Filth. Vu que c’est un concept album, si tu n’as pas une balade dedans, ce n’est pas un bon concept album : au bout d’un moment, il y a une cassure, le morceau qui va être différent, pesant, lourd, c’est un besoin, c’est nécessaire avant de pouvoir repartir.

Pourquoi avoir choisi de sortir « Road To Nowhere » ?

Pour nous, « Road To Nowhere » est le morceau le plus global de ce que peut être « The Divine Triumph ». Tu retrouve de tout dedans mais c’est aussi celui qui est le plus accessible.

Vous avez déjà sorti deux clips. D’autres sont-ils prévus ?

Pas à l’ordre du jour. Peut-être une lyrics-vidéo par la suite, mais pour l’instant non.

Au niveau concerts, qu’est-ce qui est prévu ?

Alors on l’a appris hier et notre booker, K Productions, nous a autorisé à le sortir aux journalistes : on fera la première partie de Decapitated sur les dates françaises début 2019. Et on sera également présents sur des festivals. Alors je ne peux pas trop rentrer dans les détails pour l’instant, car même nous on ne les as pas (rires); Mais on est dans le processus, c’est déjà ça.

De plus en plus de groupes sortent des concepts albums. Beaucoup pensent qu’il s’agit juste d’une énième tendance qui passera avec le temps. Que réponds-tu à ça ?

Ce n’est absolument pas volontaire. On en a rien à foutre à vrai dire de suivre une quelconque tendance. Aujourd’hui, on peut le faire ce concept album. Avant, on ne pouvait pas. Avec les membres du groupe qu’on avait, on était en quelque sorte « bridés ». On le fait donc car on en a envie, et ce n’est pas pour copier qui que ce soit. Non. Dans les années 1990, ça se faisait comme ça, c’est ce qu’il nous plaît et c’est ce qui nous a marqué au collège/lycée.

Un dernier mot ?

On a énormément de chance de tout ce qui nous arrive. On a grandement envie de dire merci à toute l’équipe qui nous entoure, Sony Jive Epic, K Productions, Replica et Roger, merci aussi à toutes les personnes qui ont acheté l’album, aussi bien sur les plates-formes qu’en physique ! Et merci pour tous vos retours positifs !

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[INTERVIEW] Jack Driessen (MaYan) « Collaborer avec un vrai orchestre est très excitant ! »

Quatre ans après la sortie de « Antagonise », Mark Jansen et Jack Driessen reviennent aux affaires avec « Dhyana », le nouvel album de leur projet commun MaYan ! Metal-Actus a pu s’entretenir avec l’ancien claviériste des After Forever pour en savoir plus sur cette galette hautement savoureuse.

Metal-Actus : Qui a eu l’idée de ce titre ?

Jack Driessen (claviers) : Mark Jansen ! Ce nom “Dhyana” est un terme hindou qui invite à méditer, à se focaliser sur soi, sur une seule chose à la fois.

Ce n’est pas un concept album ?

Non, car on n’a pas de sujets, pas d’histoire. Je dirai par contre qu’on a une sorte de fil rouge tout au long de l’album, une philosophie en quelque sorte : arrêtons de courir tête baissée et n’oublions pas de prendre le temps d’aimer, afin d’être de nouveau heureux.

Qui est derrière l’artwork ?

…. Mince comment il s’appelle déjà ? (rires) C’est gênant, je crois que j’ai oublié son nom ! En plus on a collaboré par le passé, c’est la honte … (pause) Ah ! C’est Heile Mania ! (rires) Il a pris également quelques photos promos durant notre tournée en Belgique.

Au niveau du groupe, comment vous vous organisez au niveau de la composition ?

On part à trois puis on invite les autres à se joindre à nous , notamment cette fois Marcella (Bovio) et Ariën (Van Weesenbeek). C’est un vrai challenge pour nous de laisser à tous un petit peu de place pour s’exprimer !

Pourquoi avoir choisi « The Rythm Of Freedom » en tant que premier single ?

On trouvait que c’était un bon morceau d’introduction à l’album, avec ce mélange entre l’orchestre et les guitares électriques ! Cela raconte l’histoire d’un homme occupé par ses pensées chaotiques et le chemin qu’il devra faire pour s’en libérer. Nos fans aimeront la combinaison entre le symphonique et le death metal.

Que penses-tu de « Dhyana » ?

Ce titre, c’est la raison même de l’album. Nous en avons fait d’ailleurs une vidéo. J’adore la dualité entre les voix de Marcella et Laura (Macri) Là encore, on reprend le même principe que je t’expliquais tout à l’heure, à savoir méditer pour se concentrer sur qui tu es vraiment. On l’a écrite dans un style opéra.

Que peux-tu me dire sur « Set Me Free » ?

C’est un titre très rapide sur la fin. On a pris un gros risque avec ce titre qui est en dehors des clous pour nous.


Pourquoi avoir choisi de collaborer avec l’orchestre philarmonique de Prague ?

Ils ont fait des enregistrements pour Star Wars !! (rires) Plus sérieusement, ils se sont fait un nom dans le domaine de la musique de film, et font beaucoup de collaborations avec des groupes de heavy metal. C’est un peu comme se retrouver dans une boutique de bonbons ! Collaborer avec un vrai orchestre est très excitant car, auparavant, on utilisait un software pour avoir ce genre de sons. On en est donc très fiers !

Un concert regroupant tout ce beau monde se produira un jour ?

Je l’espère bien ! Ce serait un gros challenge pour nous, que ce soit musical ou logistique. On garde l’idée à l’esprit.

Que peux-tu me dire des concerts prévus ?

Nous en avons quatre de prévus pour l’instant pour 2019 ! On en fera deux en France au moins, l’un à Lyon, l’autre à Paris sur un bateau si j’ai bien compris (NDLR : il parle du Petit Bain). On aura plus de matériel, donc on devrait, je l’espère, faire plus de concert.

Qu’attendez-vous de cette tournée ?

De s’amuser tous ensemble ! On a ce goût commun de tout ce qui est épique dans la scène Metal. Mais c’est plus comme des grandes vacances pour nous !

Et pour les concerts, vous tournez au niveau des musiciens ? Qui peut se déplacer en général ?

Cela dépend des agendas de chacun. Par exemple, Merel Bechtold, qui officie également dans Delain, ne pourra pas être avec nous sur nos dates françaises. Mais nous sommes une petite communauté, et, en général, quand l’un d’entre nous manque à l’appel, on retrouve rapidement quelqu’un d’autre pour le remplacer.

Un dernier mot ?

Un grand merci à tous pour votre soutien ! Et à très vite sur les routes.

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[INTERVIEW] Pierre Le Pape – Melted Space

Melted-SpaceTrois ans après la sortie de leur dernier album « The Great Lie », Melted Space revient avec une nouvelle galette ma foi tout à fait savoureuse, « Darkening Light ». Metal-Actus s’est entretenu avec son fondateur, Pierre Le Pape, à son propos …

Metal-Actus : Peux-tu nous expliquer l’origine du titre du nouvel album de Melted Space, « Darkening Light » ?

Pierre Le Pape (Melted Space) : C’est avant tout une impression, dans le sens où c’est un album qui est basé sur une sorte d’équilibre entre le clair et l’obscur, entre le positif et le négatif. Quand on a terminé l’album et qu’il était en phase de mixage, on s’est posé la question du titre. C’est la chose, en général, que je fais en dernier, une fois que j’ai vécu l’expérience jusqu’au bout. Et c’est vrai que je raconte cette histoire, une création d’un monde avec l’homme qui rejette les dieux, où au final ils doivent créer un monde pour survivre. Donc tu vois, il y a du positif mais surtout du négatif, c’est assez pessimiste en fait le regard que j’ai sur l’homme en tant que tel, son action sur l’univers que je ne trouve pas nécessairement bénéfique. Et puis, ça parle aussi de création, donc quelque chose de positif. Donc c’est une espèce de balance entre les deux et du coup, « Darkening Light » était aussi une façon d’exprimer de façon un peu plus poétique ce côté gris clair/gris foncé.

Après le succès du dernier album de Melted Space, était-il évident pour toi de repartir sur une nouvelle œuvre ?

Après cet album, on est parti en tournée, et quand on est rentré, on a fait un clip et des remixes. Et puis il a fallu s’y remettre (rires). En fait, l’album était prévu à la base pour fin 2017, et comme il me faut environ une année de travail, il a fallu s’y remettre, une fois les concerts terminés, il a fallu redéclencher le processus créatif en se disant « voilà, il faut raconter une histoire, réfléchir à des personnages, à la direction que tu veux prendre, et c’est vrai que je me suis posé la question de « qu’est-ce que tu veux raconter ? La suite de ‘The Great Lie ‘? Une mythologie que tu n’as pas encore exploré ? ». C’est là que j’ai décidé de partir sur un truc partant des origines : la création de l’Homme, l’Homme rejettant les dieux et pour finir ces dieux qui survivent dans un monde fictif. Et du coup, j’ai l’impression aujourd’hui d’avoir un univers étendu où les albums sont connectés entre eux, et où finalement il y a une cohérence dans tout ça. Et maintenant, je peux potentiellement partir sur autre chose, sur une page blanche, en sachant que j’aurai cette base-là, à laquelle me référer et avec un univers déjà bien riche et développé.

Tu me confirmes donc que ce sont bien des dieux ? Les noms que tu leur as attribué jettent la confusion…

Et bien justement ce n’est pas complètement vrai dans le sens où c’est l’Homme qui en a fait des dieux. Mais ce sont surtout des concepts généraux, des divinités, des êtres impalpables, et le chaos, l’harmonie, le début et la fin qui sont finalement la vie et la mort. J’ai fait pas mal de recherches en bibliothèque : j’ai lu des livres de cosmologie, de Stephen Hawking, .. pour synthétiser une histoire de la création en reprenant des archétypes qu’on retrouve un peu partout notamment dans notre culture. J’ai synthétisé tout ça en une légende de la création que j’ai fait validé par des connaissances que j’ai, bien calées en Histoire et en cosmologie. Donc c’est cohérent, ça tient la route. Et c’est comme ça que j’ai pu partir sur cette histoire-là.

Attardons-nous un peu sur l’artwork : on voit un grand bâtiment dans lequel vivent les dieux, avec un grand symbole lumineux. Douze points sont reliés. Pour les douze dieux donc ?

Exactement. L’artwork représente parfaitement ce que je voulais faire avec l’album : établir un lien entre mes personnages, mais aussi, et c’est ce que je disais tout à l’heure, un lien avec les autres albums de Melted Space . En fait, quand tu écoutes les albums qui existent, on a un seul et même univers et c’est vrai que cet espèce de grand portail, avec tous les points qui sont interconnectés, représente parfaitement cela.

Comment as-tu choisi tes chanteurs pour cet opus !

Ah le choix des chanteurs ! (rires) Lorsque j’écris mon histoire, que je la découpe en actes, je fais des fiches pour les personnages, comment ils vont évoluer, ce qu’ils vont avoir comme caractère et je me met à imaginer quelle voix ils auront. Et le nom des chanteurs vient tout naturellement.

Et tu ne t’ai pas heurté à un ou plusieurs refus ?

Non du tout. J’ai de la chance d’avoir un manager qui sait bien vendre le projet (rires).

En 2014, je te demandais si tu envisageais un grand concert regroupant tout le monde, tu me disais que tu aimerais beaucoup. Du coup, Est-ce resté au stade de l’idée ou as-tu avancé là-dessus ?

J’ai commencé à tâte le terrain, à rencontrer des gens à ce sujet. Mais c’est un gros projet d’envergure qui met un à deux ans à se construire. Et ce n’est pas vraiment le moment d’y penser : d’abord, parce que l’album m’a épuisé, et ensuite parce qu’il faut avoir les moyens pour le faire, et là je parle en temps et en argent. Il faut avoir faire plusieurs dates, avoir tout le monde de disponible …. et ça prend du temps. Mais ça se fera un jour !

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien !

[INTERVIEW] Johnar Håland (In Vain) : « On se pose juste en tant qu’observateurs du monde »

Formé en 2003, In Vain est devenu rapidement le groupe émergeant de metal extrême à suivre de très près. En faisant un enchaînement entre des titres plus courts et des morceaux assez longs sur son nouvel album, « Currents », le groupe veut pouvoir contenter tout le monde, les fans de la première heure comme un public neuf qu’il espère pouvoir toucher. Contacté par Johnar Håland, guitariste, compositeur et parolier de In Vain, nous avons pu convenir d’un entretien téléphonique dont le résultat se lit ci-dessous…

Metal-Actus : Votre nouvel album, « Currents » est sorti au mois de Janvier 2018. Êtes-vous heureux du résultat ?

Johnar Håland (guitares) : On l’est ! C’est d’ailleurs exactement ce que nous voulions en terme de résultat. On voulait instaurer plus de dynamique entre des morceaux courts et des titres plus longs. L’album s’inscrit dans la continuité de ce qu’on a fait avant.

A quoi fait référence « Currents », le titre de votre album ?

Il fait référence aux gros changements actuels mondiaux, que ce soit culturel ou autre. Il ne s’agit ni d’un concept-album, ni d’un CD à pur caractère politique, ce n’est pas notre genre. On se pose juste en tant qu’observateurs ! Sur cet album, on a essayé d’établir une connection entre les différents titres, instaurer une sorte de fil rouge en fait ! Le titre de l’album est arrivé à la toute fin de notre travail.

C’est une idée qui se retrouve sur votre artwork ?

Oui : ces migrants sont au milieu de vagues. Ces dernières sont le mirroir d’événements à la fois actuels et historiques. L’artwork a été fait par Costin Chioreanu et on est juste époustouflé par le résultat : ça colle parfaitement à ce qu’on a voulu dire dans cet album, à nos paroles.

Pourquoi avoir choisi de révéler le titre « Seekers Of The Truth » en premier ?

Je ne suis pas un grand fan des singles : je trouve qu’ils ne sont pas assez représentatif de l’album, de son homogéinité. Mais il fallait qu’on fasse ce choix de premier extrait – le label nous le demandait – pour faire la promotion de notre album. « Seekers Of The Truth » s’est imposé comme une évidence : c’est un morceau court et catchy. Et c’est l’un de mes préférés : elle porte notre signature rythmique, et contient à la fois nos riffs les plus heavy et des passages en choeur typiques d’In Vain.

Pour « Soul Adventurers », vous avez fait appel à Matt Heafy, de Trivium ! Comment s’est déroulé la collaboration ?

En fait on le connaît depuis des années, c’est un chouette type ! Et on s’était dit qu’on ferait un titre ensemble, donc c’était là l’occasion ! Donc oui, ça s’est super bien passé ! Le chant clair de Matt et Sindre (chant) est juste incroyable !

Que peux-tu me dire de « En Forgangen Tid » ?

Il s’agit de la suite de « Times Of Yore », morceau présent sur notre précédent album « Aenigma ». Enfin, plus, en quelque sorte, d’une Il a d’ailleurs servi de base pour la composition de « En Forgangen Tid », c’est le même sujet qui est traité. Cela fait office de lien entre nos deux albums.

Vous revenez d’une tournée avec Orphaned Land. Comment avez-vous été accueilli, malgré le fait que vous n’étiez pas en tête d’affiche ?

Très bien ! On a passé un excellent moment avec les Orphaned Land, et on a adoré la chaleur du public, qui comme tu l’as dit, ne venait pas forcément pour nous à la base. Cela nous a fait du bien d’ailleurs : après quelques temps sans donner de concert, quel fut pas notre plaisir de retourner sur les routes ! Quand tu es un groupe, il faut que tu tournes, que tu fasses des concerts. Sinon, tu ne décolleras jamais, tu ne te feras pas connaître du public.

Tu viens de dire que vous n’avez pas donné de concerts pendant un bon moment. Je voulais du coup revenir sur votre absence longue de cinq ans. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre du recul ?

Plusieurs choses : si j’ai commencé à écrire cet album en 2014, à la suite de « Aenigma », il a fallu que je fasse une longue pause : j’ai eu des problèmes d’ordre personnel, j’étais plus occupé dans mon travail…. je m’étais en plus investi dans un autre projet musical, Solefald. Bref on a repris l’album qu’en 2017. « Currents » devait d’ailleurs sortir cette année là, mais le label nous a demandé de repousser sa parution à janvier 2018.

Quels sont vos autres projets de concerts ?

On devrait tourner essentiellement en Norvège, faire quelques festivals au mois de Mai. On va également participer au Tons Of Rock Festival. Mais rien d’autre à l’horizon … J’espère vraiment qu’on va pouvoir monter une autre tournée ! On aimerait beaucoup partir vers les pays de l’est, et, bien évidemment, revenir en France !

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien ! Et écoutez notre dernier album « Currents » ! On espère qu’il vous plaira !

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Notre chronique de « Currents » (In Vain)

[INTERVIEW] Etienne (Shaârghot) : « S’il n’y a plus de créature, il n’y a plus d’univers »

Après leur succès, surprise pour eux, de leur premier album, les Shaârghot nous offre une petite friandise, l’EP « Break Your Body » ! Etienne, chanteur de la formation, est revenu sur cette courte galette mais aussi sur l’avenir de son enfant terrible, sa créature …

Metal-Actus : Votre nouvel EP, « Break Your Body », est sorti au mois de novembre dernier. Avez vous eu des premiers retours ?

Etienne (chant) : Oui. Les retours ont été positifs, mais à chaque fois pour des raisons différentes : les gens y trouvent un peu ce qu’ils veulent dedans, que ce soit par rapport à l’aspect visuel, aux sonorités … les gens ne sont jamais d’accord sur cet EP ! (rires) A chaque fois que je rencontre des gens, je découvre de nouvelles choses sur ce qu’on a fait ! Alors c’est bien, ça me donne de nouveaux points de vue !

Sur cet EP, j’ai l’impression que vous vous êtes bien lâchés par rapport au premier album !

Cela a toujours été le cas, Shaârgot étant une sorte de chimère. Et je dirai que le premier album est aussi dans le même ton. En fait, il ne devait même pas avoir de suite : c’était quelque chose de très brut qu’on voulait poser. On ne pensait pas qu’il aurait rencontré le succès. On avait très peu de moyens, très peu de bandes de synthés différentes, donc on s’est retrouvé très vite limités mais on a essayé de créer quelque chose. Sur le deuxième, on s’est retrouvé avec beaucoup plus de matos qu’avant, notamment grâce à l’arrivée de Clémix dans nos rangs, et là on a pu expérimenter vachement plus de choses. On reste toujours dans quelque chose de dance-floor électro avec des sons de grattes, et à chaque fois, on a exploré des choses très différentes. Tout bonnement parce que je n’aime pas faire deux fois le même truc.

Un deuxième album est donc prévu ?

Un deuxième album est prévu, cette année normalement. Il devrait se composer de 14 titres.

Pourquoi alors avoir choisi de sortir « Break Your Body », un EP ?

Il y a eu de la demande. Beaucoup de demande. On a joué le titre « Break Your Body » pour la première fois il n’y a pas loin d’un an maintenant, pour voir simplement comment ces nouveaux titres passaient sur scène. Et on s’est pris un formidable retour des gens qui nous disaient, « vas-y, où est-ce qu’on peut l’écouter ? » (rires). Donc voici un EP avec quatre titres et un cinquième bonus qui ne figurera pas sur l’album. Voilà. Biscuit quoi ! (rires). Donc rongez-le jusqu’à l’os car on ne pourra pas sortir le reste tout de suite. On ne va pas faire de deuxième EP en attendant l’album, non, non (rires),

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « Break Your Body » ? Est-ce parce que vous l’avez joué il y a un an et qu’il a été fortement demandé ?

Pour plusieurs raisons : pour ce côté dancefloor que j’aimais bien, qui lui donne ce petit côté single. Après il y a le message qu’on veut faire passer : nous ce qu’on veut voir en live, ce sont des personnes qui se « break their body » (NDLR : « Se casser le corps » en français) justement. On veut des gens qui bougent, qui soient vivants, qui dancent, qui pogotent, qui font des walls of death, qui font des circles pits, qui se retrouvent dans des situations intenses et violentes. Lâchez-vous ! Pour le troisième sens, c’est plus lié à la créature elle-même, et c’est directement destiné à son créateur : « si je te retrouve, je t’éparpille façon puzzle ». Voilà (rires)

C’est ce sens qu’on retrouve dans l’artwork ?

Alors l’artwork est, ni plus ni moins, qu’une scénette de la vie quotidienne du Shaârghot.

Il a une vie fort trépidante ce garçon !

(Il prend le CD)

Donc on est dans la petite cave du Shaârghot. On voit de nouveaux Shadows en cours de création. On voit Scarskin qui se fait maltraiter comme d’habitude….il s’en prendra toujours plein la gueule (rires). Le pauvre ! Mais il a signé pour ! Il n’est pas malheureux de son sort (rires).

Il aime ça donc ?

Je ne veux pas savoir pourquoi, mais oui, il doit aimer ça (rires) Et depuis longtemps ! Trois ans qu’il s’en prend plein la tronche, il est même déjà arrivé que le public s’y mette aussi, mais bon, il survit (rires).

Que peux-tu me dire sur « Doomsday » ?

C’est une référence, ni plus ni moins au jeu « Doom ». Je pense que ça se retrouve un peu dans les sonorités. Au début, les espèces de sons sourds que tu entends c’est un peu comme un appel, une invitation à ouvrir les yeux, à ouvrir la porte de chez toi et à te rendre compte qu’en fait, le monde entier est littéralement en flammes. On est rentré dans la tête du Shaârgot : on est enfin dans son rêve ultime, on est au moment de l’apocalypse, où la terre s’ouvre, d’où les Shadows vont envahir la ville. Ils peuvent faire tous ce qu’ils veulent, dans la liberté la plus totale. Et le Shaârghot se balade dans les cendres du monde, qui est en train de s’écrouler sous ses pieds. C’est vraiment son plus grand fantasme, c’est le moment de destruction qu’il attendait. C’est un rêve du Shaârghot. On n’y est pas pour de bon.

Cela ne m’étonne absolument pas de lui (rires)

Oh il commence de moins en moins à m’étonner le bonhomme. Il va falloir qu’il fasse des efforts.

Est-il possible un jour pour ton groupe de laisser de côté ce personnage du Shaârghot ?

Non, ce n’est pas envisagable. Le groupe va de pair avec la créature. S’il n’y a plus de créature, il n’y a plus d’histoire, il n’y a plus d’univers. Je ne pourrai me détacher de lui. Si je m’en détache, c’est que le groupe sera terminé. L’histoire évoluera, sur les différents albums, à chaque fois, il y aura un pas de franchi, dans sa psycologie ou dans son univers. L’univers restera le même avec des ajouts à chaque fois. Et il y aura une fin, même si je ne sais pas encore laquelle.

Tu parlais d’un deuxième album en préparation. Tu peux nous lâcher quelques infos dessus ?

On en est à un stade où la psycologie du Shaârghot … enfin il va littéralement péter les plombs une bonne fois pour toute (rires). Dans le premier album, il était plus dans un stade découverte du monde qui l’entourait, il cherchait un peu ses repères, il venait de naître faut dire ! Il faut savoir qu’il est vierge de souvenirs mais avec toutes les capacités motrices d’un humain de son âge. Il était dans une découverte plus ou moins malsaine, comme l’enfant qui découvre la fourmilière autour de lui, et qui écrase les fourmis par plaisir pour jouer. Jusqu’au moment où il découvre que certaines fourmis peuvent mordre, et ça ne lui plaît plus du tout. Et il part chercher le spray et le briquet pour en finir avec la fourmilière. C’est pareil pour le Shaârghot : il veut passer à la vitesse supérieure et de tout démolir une bonne fois pour toute. Donc les thèmes abordés sont beaucoup plus violents, les sonorités sont plus dures, le chant est vachement plus agressif, … On retrouvera toujours quelques trucs à la Buster Keaton, bien entendu. Mais ce sera plus « In Your Face »;

On peut l’attendre pour fin 2018 ?

Il y a des chances. On est en train de se faire un bon petit programme de travail, et à mon avis, il y a bien moyen que vous l’ayez cette année.

Pour la scène, qu’avez-vous prévu ?

On est toujours en évolution permanente, à chaque live, on fait le point et on cherche quelques petits trucs qu’on peut rajouter de çi de là. Alors, après, les contraintes qu’on rencontre sont liés au budget, bien entendu, à ce qu’on peut amener dans une salle ou non : la pyrotechnie, c’est bien compliqué surtout pour un groupe qui n’est pas encore une machine de guerre du niveau de Rammstein. On est donc obligés de composer avec ça : on essaie d’expérimenter de nouvelles choses à chaque fois sans pour autant piquer dans le budget de ce qui va servir pour la production de l’album … On a de nouvelles idées donc avec notamment Mr Scarskin pour la mise en scène sur les prochaines dates.

Que penses-tu de ces groupes qui veulent à tout prix donner du professionnalisme au détriment du sourire, et de ceux qui sont dans la contestation contre le système ? Bref, ceux qui ne comprennent pas les autres ?

Alors j’ai un message tout con, on peut faire n’importe quoi mais pas n’importe comment : de la rigueur et de la discipline, oui, ça, il en faut, surtout si tu fais de l’indus qui est une musique particulièrement carrée avec pleins de machines dont tu es tributaire – une fois que tu as fait « Play », elles jouent ce qu’elles doivent jouer et elles ne t’attendront pas. Une fois que tu es sur scène, tu peux faire le grand guignol, il n’y a pas de soucis … Mais il faut qu’il y ait du travail derrière. Sinon tu seras juste un abruti. Alors après oui il ne faut pas oublier qu’on est là aussi pour s’amuser. Faire les choses sérieusement, c’est très bien, mais avant tout, la musique, c’est un métier, mais aussi un plaisir et une passion. Il ne faut pas perdre de vue que si on est là, c’est qu’on a des choses à transmettre aux gens, on est là pour leur donner du plaisir, un instant de bonheur. Il faut leur permettre d’oublier leur quotidien et de venir s’amuser ensemble. On n’est pas là pour faire un concours de technique .
Pour ce qui est des groupes politiquement engagés, alors on a toujours eu un peu de mal avec ça, je n’aime pas le côté moralisateur et donneur de leçons qu’ont certains groupes. Très souvent, je trouve ça assez démago. C’est un petit peu dommage car entre chaque morceau tu vas te taper cinq minutes de discours anticapitaliste. Si je voulais un meeting de Mélanchon, j’irai, pourquoi pas (rires), mais là je suis venu écouter de la musique. Il y a un temps pour la politique, et un temps pour la musique. On peut faire les deux effectivement mais moi ce n’est pas ma came. Dixit un mec qui a fait un titre qui s’appelle « Traders Must Die », mais bon (rires).

Un dernier mot ?

Dindon. (rires)

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Clip de « Break Your Body » :

[INTERVIEW] Nick Fuelling (Pop Evil) : « C’est notre son, c’est nous-même sur cet album »

Alors que le nouvel album éponyme de Pop Evil est d’ores et déjà acclamé dans le monde entier, nous avons pu nous entretenir avec Nick Fuelling, guitariste de la formation, à propos de ce nouveau jet ! Un entretien délicieusement Evil….

Metal-Actus : Pourquoi avoir choisi un titre éponyme pour votre album ? Parce que quand j’ai eu connaissance de votre artwork, avec cette immense tête de lion, je pensais que ce serait plutôt « Waking Lions » …

Nick Fuelling (guitare lead) : On y a passé beaucoup de temps sur cet album – huit mois – à écrire, à faire de la préproduction, à enregistrer, à travailler notre son… Et au fur et à mesure qu’on avançait, qu’on voyait tout notre taff, on avait vraiment l’impression d’être de plus en plus liés, ensemble sur ce projet. Et c’est devenu une évidence que cet album devait s’appeler « Pop Evil ». Et pourtant, on en a essayé d’autres titres (rires). Mais cela nous semblait être une excellente idée. C’est notre son, c’est nous-même sur cet album.

C’est un peu comme ces albums iconiques, du genre le black album des Metallica par exemple ?

Ouais. Bon ça n’a rien de comparable avec le Black Album musicalement (rires) Mais tu sais, on a l’impression qu’on tient le bon bout avec cet album ! C’est notre collection de sons!

Que peux-tu me dire sur cet artwork, cette tête de lion géante avec tout plein de choses à l’intérieur ?

Le lion en lui-même est un symbole de courage et de force et tout spécialement d’individualité. C’est le fait de dire ce que tu as envie de dire, en affrontant les gens que tu dois affronter. Chaque personne peut avoir quelque chose qui ne va pas, avoir quelque chose en tête, et c’est l’idée d’assumer toutes ces choses, qui vont te faire prendre de l’expérience dans la vie.

Vous avez sorti deux clips, « Waking Lions » et « Color Bleeds » qui sont complètement opposés ! Pourquoi ce choix ? Etait-ce pour montrer les différentes facettes de l’album ?

L’album en lui-même est une vraie collection éclectique de sons. Aucun morceau ne va exactement sonner comme un autre. On voulait être sûrs que les gens le sachent, même si tu peux retrouver des similitudes avec d’autres morceaux par moments. On souhaitait faire une sorte de communiqué avec la sortie de cet album !. Et puis on dénonce aussi des choses qui se passent actuellement, les séparations qui déchirent le monde, ces gens qui essaient de se dominer les uns et les autres. Mais au lieu de se battre, on devrait s’aider mutuellement à se relever. C’est le sens de « Colors Bleed ».

Mon interprétation du morceau « Colors Bleed » me laisser penser à une dénonciation de la politique de Trump aux Etats-Unis. Ce n’est donc pas du tout le message que vous portez ?

Ce n’est même pas politique. C’est juste un ressenti en tant que personne. On se sépare sur nos conditions sociales, notre race, notre égalité. Et la chanson et la vidéo sont juste sur comment mettre un terme à ces conflits.

Est-ce que vous sortirez une autre vidéo ?

Oui. On n’a encore rien filmé mais il va y avoir d’autres vidéos. On ne sait pas encore quelles seront les titres traités.

Que peux-tu me dire sur « The Art Of War » ?

Durant le processus créatif de cet album, on s’est retrouvé dans cette maison dans le Michigan, enfermé, et on voulait juste voir ce qu’il en ressortait de cette session, musicalement parlant. Et tous les quatre on a commencé juste avec cette ligne de guitare que j’ai sorti, un peu bizarre. Les autres étaient là à me demander « Mec, c’est quoi ce riff? » (rires), mais ils m’ont dit de continuer à le jouer, on y ajouté un peu de groove, on a commencé à monter en quelque sorte une structure autour de ça, et on a réussi à la présenter à notre manager et à l’enregistrer dans notre studio, histoire que ce soit « propre » (rires). On a passé du temps dessus, on a changé deux trois choses , on a essayé tout un tas de mélodies, de concepts …Et à un point, on enregistrait les voix dessus, avec toutes les guitares déja enregistrées, et notre chanteur, …, nous a fait : « Hé, je crois que j’ai une idée sur ce titre ». Et il a commencé à chanter dessus. A la réécoute, je me suis rendu compte que c’était complètement différent de ce que j’avais en tête. C’était inattendu. Niveau thème, on était de retour sur ce que je disais, cette idée de dénoncer les divisions de l’humanité, ce genre de choses; c’est similaire à « Colors Bleed » au niveau du concept.

Que peux-tu me dire sur « Birds Of Prey » ?

C’est une chanson qu’on a écrite dans cette même maison, et c’est une idée de Dave, notre guitariste. Il a apporté ce titre, avec quelque choeurs dessus. Et on a tous accroché. Et on s’est attelé au reste des arrangements, on a fait par exemple d’autre choses à la guitare, et on l’a retravaillé, réenregistré avant de la proposer à notre manager. Pour les voix, ça nous a pris quelques essais. Et on avait donc « Birds Of Prey » sur ce fort appel à la prière. Et c’est un fort concept sur ce que tu peux faire pour rester ensemble. En plus, elle est venue clôturer notre passage en studio.

A propos de la tournée, es-tu content de revenir sur les routes ?

Oh oui ! On va en débuter une aux Etats-Unis. On va se faire un truc assez costaud, on a 50 dates au programme, avec Palais Royal et Black Map pour nos premières parties. On veut laisser parler notre concept, laisser parler notre musique. C’est juste à propos d’apporter notre musique aux gens et leur donner une pause, loin de leurs tracas quotidiens.

Donc tu es d’accord pour dire que le live reste quelque chose de primordial dans la vie d’un groupe ?

Oh oui ! C’est probablement la partie la plus importante dans la vie d’un groupe. Tu sais, de nos jours, quiconque se disant musicien peut faire son propre truc et le balancer sur Youtube. Et c’est génial, je pense que ce sera le futur moyen pour un groupe de se faire connaître. Et si tu peux faire ça en live, ramener les gens, faire en sorte qu’ils s’amusent et qu’ils ressentent l’énergie et la passion sur la scène, tu vas t’améliorer, et prouver que tu crois vraiment en la musique.

Je dois demander car j’ai rencontré bon nombre de groupes qui refusent de se produire sur scène ou qui ne font plus de tournées. Comprend-tu ces groupes ?

Je peux les comprendre surtout dans notre monde actuel, où il est difficile pour des petits groupes de pouvoir se produire. Mais je pense que c’est important de sortir se présenter au monde. Il y a tellement de musique partout en ce moment que si tu ne tournes pas, si tu ne fais pas de concerts, tu seras facilement oublié. C’est malheureusement la manière dont ça marche aujourd’hui.

Vous faites d’immenses tournées. Mais vous ne passez pas en France …

En fait on est en pourparlers pour le Download France Festival. Mais à part ça, on aimerait beaucoup revenir en France et jouer. On aimerait même revenir en tant que première partie, pour nous faire découvrir à des personnes qui n’auraient pas pensé venir à nos concerts. En tant que tête d’affiche, on n’aura pas autant de personnes qu’on le voudrait. Mais cela ne dépend pas uniquement de nous.

Un dernier mot ?

Ecoutez notre dernier album ! Je pense que c’est notre meilleure production à ce jour. On y a passé beaucoup de temps, on y a versé nos larmes, notre sueur et notre sang (rires). J’espère que vous l’apprécierez !

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[INTERVIEW] Valentin Gondouin (guitare/chant – INSOLVENCY) : « On s’organise comme une entreprise qui fonctionnerait à distance »

Après un EP remarqué par la critique, Insolvency revient cette fois avec un album, « Antagonist Of The Soul ». L’occasion pour Metal-Actus de s’entretenir avec Valentin Gondouin, l’une des têtes pensantes de ce projet musical !

Metal-Actus : Vous sortez votre premier album « Antagonist Of The Soul ». Pourquoi avoir attendu 5 ans pour le sortir ?

Valentin Gondouin (Guitare/chant) : On est effectivement né en 2012, mais ce n’est qu’en 2014 que Bruno est arrivé dans le groupe. A ce moment là, on a eu l’idée de sortir notre EP : une fois ce dernier sorti, on a voulu pousser plus loin la démarche avec un album. Donc début 2016, on commeçait à contacter les studios pour son enregistrement. En plus, tout le processus accompagnant ce genre de projet, la préproduction, le pressage … font qu’il ne sort que maintenant.

Il a été facile de repartir dans ce processus après votre EP ?

On le devait. Cet EP était du fait maison. On voulait, avec ça, démarcher des labels et essayer de se faire connaître. Mais on a rencontré d’autres gens qui nous ont dit que ce n’était pas forcément la bonne marche à suivre : il faut surtout s’entourer de professionnels et essayer de se créer un bon réseau. Et on voulait un rendu le plus professionnel possible pour pouvoir se démarquer du lot justement. Quand on s’est rendus compte qu’avec notre EP, on ne pouvait aller bien loin, on s’est décidé de créer un album. On retrouve trois morceaux qui étaient sur notre EP, qu’on aime vraiment beaucoup. On les a réenregistré et remixé pour l’album : ça nous a fait plaisir aussi de les retrouver dans une nouvelle version et de pouvoir les partager avec notre public.

Comment s’est passé justement ce processus ?

On a plus ou moins un processus de création qui s’est installé dans le groupe. C’est, de base, plus Pierre et moi qui apportons des idées, les squelettes de nos morceaux. On pose nos idées sur le logiciel Guitar Pro. Et on propose ça à Bruno et Mickaël qui eux, du coup, viennent apporter des propositions complémentaires, dire ce qui va et ce qui ne va pas. On écrit les paroles – c’est plus Pierre qui s’en charge – et on pose le chant sur nos compositions. Ce qui a été plus compliqué est la distance entre nous car, si on vient tous de la même ville, on est tous répartis pour le besoin de nos vies: Pierre et moi on est à Nancy pour nos études, Bruno habite sur Paris et notre batteur Mickaël habite à Troyes. Donc ça s’est fait par Internet : on s’envoie des tablatures, des compositions, des enregistrements, on travaille tout ça chacun de notre côté et ensuite on met en commun.

Internet n’a donc pas été une barrière pour vous ?

Non. Internet nous a permis de pouvoir tout partager. Tous les soirs, on parle par rapport au groupe, on a même une Dropbox où on stocke nos fichiers, on prévoit nos répètes,… on s’organise comme une entreprise qui fonctionnerait à distance. C’est notre passion, ça nous prend aux tripes, donc peu importe si on est à 10000 kilomètres, on arrive toujours à trouver un moment pour pouvoir se synchroniser.

Pourquoi avoir choisi ce titre, « Antagonist Of The Soul » ?

Il représente assez bien le thème général qu’on essaie d’avoir, dans les paroles de l’album : le but est de dire que chacun d’entre nous passe par des moments sombres, des moments tristes, des moments qui font mal, et que, justement, ce mal peut être un bien nécessaire, pour pouvoir évoluer et avancer dans la vie. On peut faire le parralèle avec le yinyang : le mal serait complémentaire du bien et ferait partie intégrante de chacun de nous. C’est en quelque sorte la division de l’âme, c’est un peu ce qu’on ressent face aux différentes situations.

Sur votre artwork, vous avez choisi de représenter une femme. Qu’est-ce qu’elle symbolise ?

C’est Mytika, une Suicide Girl, qui est l’amie d’une amie à Bruno. On cherchait quelqu’un pour pouvoir représenter une personne dans la douleur, dans la souffrance. Elle est dans la division de sa personnalité quelque part ! Et Bruno lui a parlé de ce projet. On a fait des tests photo; et son charisme et sa personnalité collait bien à ce qu’on voulait représenter dans l’album et sur le visuel de notre album.

Pourquoi avoir choisi de mettre « Death Wish » en vidéo ?

Parce que c’est l’un de nos derniers morceaux composé, et on trouve qu’il est plus représentatif de notre style actuel. On voulait vraiment le mettre en avant et pouvoir le montrer aux gens. Il représente, comme on peut voir dans le clip, un enfant qui se fait martyriser par son père. C’est assez représentatif de la division de l’âme : il est dans la souffrance constante mais il entrouvera la lumière de la vie. En gros, il est quelque part dans une joie de vivre même si tout va mal dans sa vie : il garde quand même son âme pure.

D’autres projets de clip ?

Oui, dans un mois, on va tourner un clip sur Paris, pour « Antagonism Of The Soul » justement. Il devrait sortir d’ici mars-avril.

Que peut-tu me dire d’ailleurs sur ce morceau ?

C’est un morceau qui nous a vraiment permis de nous prouver en tant que musiciens. Niveau technicité, c’est l’un des plus compliqué pour moi. On s’est tous dépassé en terme de musique. C’est aussi un morceau dans lequel on retrouve toutes nos influences, que ce soit le heavy metal, le metal core … On a pu réunir justement des passages un peu plus mélodiques, avec le piano, et des passages plus bourrins. On est très fier de ce morceau. C’est vraiment un de nos tubes, à mon avis (rires)

Avez-vous prévu une petite tournée ?

Alors, on a déjà prévu un concert à Reims en mars, et les autres dates sont sur notre Facebook. Bon, elles vont arriver (rires). On essaie aussi, dans le courant de 2018, d’organiser une mini-tournée et essayer de choper pleins de concerts à côté de festivals.

Est-ce que pour toi, la partie live est quelque chose d’essentielle à un groupe ?

Ouais, c’est hyper-important. On compose aussi certaines parties pour le live ! On se dit « Ouah en live on va vraiment faire bouger les gens dessus » (rires). On veut vraiment donner une certaine ambiance, certaines émotions ; les concerts, c’est là pour partager avec ton public directement. Et que dire de ceux qui découvrent ta musique sur scène, au hasard d’un festival ! Vraiment, le live est une partie indéniable du groupe, et pour moi, on ne peut pas faire l’impasse dessus.

Un dernier mot ?

Que les gens prennent autant de plaisir à écouter notre album que nous avons pris plaisir à le composer !

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[INTERVIEW] CyLeW nous dit tout sur « Mot3l », leur nouvelle galette !

A l’occasion de la sortie de leur nouvel album, « Mot3l », au mois de décembre dernier, Arno, guitariste des CyLeW, a accepté de répondre à quelques questions sur cette galette mais aussi sur l’avenir de son groupe !

Metal-Actus : Vous sortez votre nouvel album « MoT3L ». Pourquoi avoir choisi ce thème en particulier ?

Arno (guitare) :
Plus l’album a avancé dans sa composition, plus on l’a défini dans un road trip en fait ! Et où est-ce que tu t’arrêtes en général quand tu es en plein road trip ? Dans un motel ! Comme on a plus ou moins tous une relation avec les Etats-Unis, Lady Cylew qui a grandi en Californie, notre lien avec la nature et les espaces, cette idée de road trip, de motel, a vraiment germé, et on a trouvé ça complètement approprié, de développer notre histoire autour de ça.

On remarque une cassure nette avec vos anciennes compos, puisque les morceaux de « Mot3l » sont bien moins torturés. Qu’est-ce qui vous a fait évoluer ?

Une fois que tu as essayé de faire comprendre aux gens que ce monde n’est pas bien – et il y a plusieurs lectures que tu as envie d’adapter – soit tu continue à te morfondre, soit tu te dit « Ok ce n’est pas rose, ce n’est pas cool, mais on va essayer de le véhiculer autrement ». C’est aussi une volonté d’aller mieux même si, passer son temps à se plaindre, finalement, c’est légitime, quoi qu’on est relativement chanceux dans notre hémisphère vu la vie qu’on a. Mais une chanson comme « Like You », par exemple dans l’album, parle d’enfants soldats. Quand on va jouer un titre come « Save You Save Me », là c’est plutôt en rapport avec l’introspection, c’est-à-dire jusqu’où es-tu prêt à sacrifier ton bonheur pour celui de quelqu’un d’autre, qui refuse, lui, de sortir du sien.

Tu dirais donc que c’est moins centré sur vous-même, plus vers le monde extérieur ?

C’est forcément centré sur nous, puisque c’est nous qui parlons. Mais c’est notre regard sur la société qui a évolué. Et on décrit un monde, qui n’est pas rose, mais d’une manière moins dramatique.

Vous avez sorti un premier single « Jupiter’s Crash ». Que peux-tu me dire sur ce titre ?

Ce titre parle de gens qui contrôlent, veulent contrôler, veulent faire croire qu’ils contrôlent alors que ça ne dépend que de nous-même. Il est très facie de choisir sa propre voie, et d’avoir ses propres crédos : on n’est pas obligés d’écouter quelqu’un afin d’au final, vivre sa vie par procuration.

Il s’agit également de votre premier clip ! Est-ce que vous avez d’autres vidéos en préparation ?

C’est une vidéo qu’on a fait nous-mêmes. Par contre, on a vraiment envie de scénariser beaucoup plus un prochain titre. Il y en a trois sur lesquels on hésite pour l’instant. On recherche à avoir les moyens aussi. Mais on a la chance d’avoir, dans notre entourage proche, quelques réalisateurs qui soutiennent le projet et qui nous pousseront et nous aideront à trouver le moyen d’aller plus loin sur ce sujet.

Revenons un peu sur cet album. Vous commencez à avoir une petite carrière derrière vous. Est-ce que vous avez eu plus de mal à bosser sur cet album ?

C’est tout le contraire justement ! Cela vient du fait qu’on a tout fait à trois : il y a eu une espèce de relais entre nous, à chaque moment quelqu’un était moteur de l’avancée du projet. Du coup, artistiquement, tu te nourris des autres, de chaque partie musicale que quelqu’un va proposer, que ce soit la voix, la batterie ou le son de mes propres guitares. On a vraiment travaillé ensemble là-dessus. Donc cet album n’a été que le déclencheur et la solidification de ce noyau dur. Ne serait-ce que par rapport à ça, je peux dire qu’il y aura un quatrième album.

Et tu penses que c’est comme ça que vous fonctionnez le mieux, à trois ?

Non je pense qu’il faudrait qu’on trouve quelqu’un, même si la personne qui nous accompagne en live pourrait aussi faire le job. Mais il sera difficile pour cette personne d’intégrer notre noyau : on est arrivé à un stade où on n’a pas besoin de se parler, on fait juste les choses autant sur le plan artistique qu’au niveau des décisions stratégiques. Et il faudra qu’il partage nos intérêts, l’ouest américain ou le sport. Mais honnêtement, ce qui se passe à trois est déjà très très fort, et c’est la première fois que je ressens ça au sein d’un groupe : on n’est pas fermé donc, mais il faut que ça se passe aussi bien.

Tu as dit que le disque était une autoproduction ?

Oui. En fait c’est mon métier d’enregistrer des disques. Je fais ça depuis une quinzaine d’années maintenant.

La plupart des groupes français dernièrement ont un son de meilleur qualité actuellement. A quoi c’est dû ?

Bah, à force de nous rabâcher qu’on était mauvais, on a travaillé (rires). Dans les années 2000, quand j’ai commencé réellement à faire ce métier, systématiquement les majors proposaient aux groupes de partir un an aux Etats-Unis ou dans un autre pays étranger faire son disque. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais partir en Angleterre ou au Etats-Unis pour faire un album, les trois-quart du temps chanté en français car les maisons de disques le demandent en règle générale, et travailler avec un américain qui ne parle pas un mot de français, il y a quand même un petit décalage à mon avis. Quand tu vois ça de l’extérieur, en tant qu’ingénieur du son et producteur de rock français, tu es un peu dégoûté, car tu te dis que tu as le matos, et les techniques n’évoluent pas franchement. Aujourd’hui, notamment avec la démocratisation de nos studios, je pense que tout ça n’a plus lieu d’être. On est arrivé à l’uniformisation des qualités de production. Et les américains ayant un standard si tu veux qui est toujours très difficile à bouger… Regarde ce qu’il se passe avec Gojira ! C’est un des plus gros groupes de metal du monde, ils sont installés pour de bon !

Mais ils chantent en anglais (rires)

Oui mais avec ce chant très guttural ça marche bien ! Et je ne me suis jamais posée la question de savoir si Joe Duplantier est français ou américain. Il fait de la musique, c’est tout !

Des groupes s’expatrient encore aujourd’hui pour faire un album …

C’est un peu jeter son argent par la fenêtre selon moi. Je pense qu’en restant que France, tu en économiseras plus, et tu en dépenseras sur la promotion ou tous les à-côtés. Bon après, je dis ça, mais c’est facile de faire un disque aujourd’hui. Nous, ça nous a coûté du temps. Stratégiquement, actuellement, il faut savoir surtout en autoproduction où il faut placer ses billes. Il faut savoir écrire des bonnes chansons, et non faire passer un visuel avant, par exemple. Mais ça c’est encore autre chose (rires).

Un dernier mot ?

On va annoncer des dates de live prochainement ! On a très envie de faire partager notre nouvel album sur scène. Venez nous voir en live quand on passera près de chez vous !

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