Archives de catégorie : Interview

[INTERVIEW] Seb (Destinity) : « On voulait assurer un lien, une continuité, avec le passé »

C’est un retour qui s’est fait attendre vu les circonstances sanitaires ! Reformé en 2019 après presque six ans de séparation, les Destinity reviennent enfin avec une nouvelle galette (et savoureuse pour ne rien gâcher), « In Continuum ». Seb, guitariste du groupe, a accepté de nous en parler durant un bel entretien téléphonique.

Metal-Actus : Salut Seb ! Comment te portes-tu en ces temps assez particuliers ?

Seb VS (guitare) : Plutôt bien : la pandémie nous a permis de nous concentrer sur cet album, dont on a commencé l’enregistrement en 2020. Et puis il y a eu les confinements successifs. Mais grâce à cela, on a pu peaufiner tout ce qu’on voulait, travailler sur des petits détails qui font la différence. Aujourd’hui, nous sommes à 100% satisfait de l’album.

Cet album marque aussi le retour de votre chanteur d’origine, Mick Caesare, qui avait quitté le groupe peu de temps avant votre hiatus, sur une nouvelle galette studio. Comment se sont passées les retrouvailles, en 2019 à l’occasion de concerts ?

Nous nous étions séparés en 2013, après de très nombreuses tournées. On était cramés, et ça n’a fait qu’attiser les tensions, que je qualifierai de « familiales », entre nous. Alors Mick a décidé de partir, et on s’est séparé peu après, sans trop penser à l’avenir.
Puis en 2019, Mick nous a recontacté pour faire une date unique. Et on a accepté sans s’attendre à quoi que ce soit. Et on a rapidement enchaîné sur le Hellfest, puis sur d’autres dates, et la machine est repartie le plus naturellement du monde (rires). Je vais te dire, c’est même mieux qu’avant aujourd’hui. On n’a pas chômé durant cette pause – Mick est parti chez les No Return, les frères Barboni ont monté un groupe de metal core…. toute cette expérience nous a incroyablement servi sur cet album.

Un album que vous avez nommé « In Continuum ». Pourquoi ce choix ?

Pour plusieurs raisons : d’abord, on voulait assurer un lien, une continuité, avec le passé. Notre patte musicale suit pas mal notre dernier album,  » Resolve », et on voulait le mettre en avant. Enfin, on voulait instaurer l’idée qu’on puisse continuer dans le futur.

L’artwork est signé par Francesco De Luca, grand nom dans le milieu. Est-ce que vous lui aviez donné des directives pour sa réalisation ?

A la base, nous n’avions donné aucune directive. On est tombé sur ses pochettes, et son côté graphique nous a plu. On a fait quelques changements, notamment cet ajout du sablier car c’est un élément important pour nous.

Pourquoi avoir choisi « Reject The Deceit » comme clip ?

Quand on a terminé de composer, on a fait écouter l’album à des copains pour savoir quelle était la chanson qui ressortait le mieux. Et à de rares exceptions près, ils ont retenus celle-ci. Ce morceau fait beaucoup penser à la période « Resolve », il monte après l’accorche de début et a de bonnes mélodies à la guitare. Il est, finalement, assez représentatif de l’album.

Que peux-tu me dire sur « Architects Of Light » dont la rythmique et le chant font penser à Amon Amarth ?

On est souvent comparé à Amon Amarth alors qu’on n’écoute pas beaucoup ce groupe (rires). Mais effectivement, ce mid-tempo lourd reste très emprunté à la scène scandinave, ainsi que le style de la composition, avec une rythmique plus appuyée et le côté mélodique toujours bien présent.

Que peux-tu me dire sur « Snakepit » ?

C’est une musique très énervée (rires). Ce morceau fait partie des chansons alambiquées, avec une rythmique assez différentes des autres. C’est une composition plus thrash qu’on pouvait avoir notamment sur « Midsight ». Elle a toute sa place dans notre album grâce à sa saveur piquante.

Que peux-tu me dire sur les concerts à venir ?

On a le 15 octobre une release party à Lyon, et on a aussi plusieurs dates de prévues. On va s’organiser une petite tournée à l’automne 2022.

Que peux-t-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Longue vie et prospérité (rires). Et de pouvoir rejouer très bientôt ! On a hâte de pogoter et slammer, et de vous revoir pogoter et slammer ! On espère également fouler des scènes dans des villes encore inconnues pour Destinity !

Un dernier mot ?

Un grand merci à tous les lecteurs et fans ! C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons relancé la machine. On a des retours plus que positifs sur notre nouvelle galette, et on est super motivé pour continuer. On espère vous revoir très vite pour mettre le dawa en concert.

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[INTERVIEW] Gérard (Eternal Flight) : « On est vraiment content de sortir notre cinquième opus »

Avec les récents mouvements de line-up (en 2019), nous ne pensions plus revoir Eternal Flight avant un bon bout de temps. Et pourtant le groupe revient une nouvelle fois en force, toujours mené par un Gérard Fois infatigable, avec un cinquième album studio, « SurVive ». L’occasion pour nous de s’entretenir avec le fondateur et maître à penser du groupe.

Metal-Actus : Comment as-tu en ces temps assez compliqués ?

Gérard (chant/guitare) : On va plutôt bien ! On est soulagé de la sortie de notre nouvel album, qui a mis un peu de temps à sortir, entre la fin de l’enregistrement en plein confinement – et du coup tout a été ralenti par la suite – et notre recherche de label – on a signé avec Metalapolis, avec lequel on a convenu d’une sortie en vinyle … mais les délais s’étalaient sur six mois ! Donc on est vraiment content de sortir notre cinquième opus, qui coïncide en plus avec les vingt ans du groupe. On est fier malgré toutes les circonstances.

Un cinquième album nommé « SurVive » sorti ce 17 septembre. Pourquoi ce titre, même si on devine assez facilement le sens derrière ce « V », le chiffre 5 en lettres romaines ?

On avait le titre dès le début de l’année , donc il n’a aucun rapport avec la pandémie en cours… Notre concept nous plonge dans un futur proche apocalyptique, sujet à de grands bouleversements climatiques. Le but est donc de découvrir comment y survivre.
Tu l’as dit, « V » est effectivement pour montrer qu’on sort notre cinquième album, mais c’est aussi le « V » représentant la victoire de l’humanité et la réussite de la survie malgré le fait qu’il va falloir remettre tout à plat pour pouvoir repartir sur quelque chose de viable.

Comment t’est venue cette histoire, enfin plutôt ces « chroniques » ?

En général, on écrit d’abord la musique avant les paroles. Je voulais avoir des thèmes pour chacune des chansons, et les développer sous forme de chroniques dans chacun des morceaux. Et tout est parti du titre « Will We Rise Again », qui parle des gros incendies qui se sont déroulés aux Etats-Unis et en Australie. On a repris deux de nos personnages, le Nightmare King tout d’abord, antagoniste présent sur nos précédents albums qui revient à la charge et profite de tout ce chaos pour assouvir ses envies de pouvoir. Il fait face à notre mascotte, le Morphoenix, et au Mysterious King, qui doivent remettre l’humanité sur le droit chemin si elle veut survivre.

Justement peux-tu nous rappeler comment a été créé le Nightmare King ?

C’est le côté noir du Morphoenix, qui représente une métaphore sociétale, son côté abstrait à vrai dire. On a commencé à en écrire les prémisses à l’album « Diminshed Reality ». On a toujours voulu avoir une imagerie fantastique, avec des personnages qui font des choses épiques. Le Nightmare King a donc toute sa place dans ce concept album.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « Hear The Call » en clip, et non « Will We Rise Again », si, comme tu dis, tout a commencé avec ce titre ?

« Hear The Call » est notre première composition sur cet album. C’est le titre le plus accrocheur et le plus accessible qui s’est révélé bon pour vendre l’album. Concernant le clip, il a été tourné dans un château, à quelques kilomètres de là où habite Thibault DUCROS, notre guitariste , ce mois d’août. On tenait à le faire dans un château car, pour nous, ça représente le bastion la défense des forces du bien contre les forces du mal. Et puis c’est un petit clin d’oeil à un bel endroit, devant lequel on passe assez souvent. Cela a un côté chouette.

Pourquoi ces combinaisons de pilote ?

On les arbore depuis notre dernier album. On trouve ça original, et qui correspond bien aux deux univers qu’on développe. Peut-être qu’on les abandonnera à l’avenir ! En tout cas, pour le moment, cela nous permet de nous démarquer.

Que peux-tu me dire sur « Evolution Revolution » ?

C’est musicalement, le morceau qui se démarque le plus : il est groovy, rock psyché, assez progressif, et il démontre nos capacités à faire autre chose que du pur Power Heavy . Il a même une petite influence Deep Purple. Concernant le texte, c’est le moment où l’humanité prend conscience qu’il faut changer; c’est comme comme un rite de passage.

Que peux-tu me dire sur « Children Of The Earth » et ce choix d’une ballade pour clôturer l’album ?

On ne le considère pas comme une ballade ! Surtout avec ce milieu assez puissant ! Mais le morceau représente l’apaisement, le calme après la tempête. Il faut reposer les bases et repartir sur quelque chose de sain. C’est un morceau posé, assez aérien, qui ne verse pas du tout dans du speed. Mais ce n’est pas pour autant une ballade ! Et je met au défi quiconque de danser un slow dessus ! (rires).

Que peux-tu nous dire sur les prochains concerts à venir ?

Notre prochaine date est au 30 septembre à Genève, donc pas très loin de la maison. Notre concert d’octobre à Grenoble a par contre été reporté au 9 avril et nous venons de l’apprendre. Autrement, c’est compliqué d’avoir des dates, déjà avec le report de tous les concerts de 2020 ! Mais nous travaillons dessus avec notre label – ils nous avaient d’ailleurs proposés une tournée en Allemagne et en Suisse en remplacement d’un groupe, que nous avions refusé à cause de délai trop court – on avait deux semaines pour se préparer – et nous avons pris un tourneur. On compte bien nous produire en 2022.

Un dernier mot ?

Merci à vous qui nous soutenez depuis toutes ces années. Merci et bienvenu à ceux qui nous découvre via cet album. On espère qu’il vous plaira autant qu’à nous et qu’on pourra rapidement faire la fête ensemble après cette période instable.

Survive

[INTERVIEW] Pat O’ May : « Je voulais aller plus loin, raconter toute une histoire sur la longueur »

Pat O’ May fait partie de ces personnes qui font la musique en France aujourd’hui, à la très longue carrière. Pourtant, et malheureusement, seul un public de niche connaît réellement son immense travail. Le musicien, lancé en solo depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, vient de sortir aujourd’hui « Welcome To A New World », un album riche et complexe qui est la parfaite occasion de se rattraper. Et on a pu interviewer cet artiste sur cette petite galette bien savoureuse.

Metal Actus : Bonjour Pat ! Comment te portes-tu en ces temps troublés ?

Pat O’ May : On commence à (il s’arrête et tousse) Kof kof, ça y est c’est le Covid, c’est ma dernière interview (rires). Bref, plus sérieusement, on commence tout juste à pouvoir se projeter un peu dans l’avenir, malgré les restrictions toujours en vigueur dans les salles de concert et le pass sanitaire. On caresse l’espoir de revenir à une vie un peu près normale. D’ailleurs, on va pouvoir refaire un concert, ce 22 septembre au Café de la Danse à Paris.

« Welcome To A New World » est ton nouvel album (sortie le 17 septembre 2021) dans lequel tu t’éloignes encore plus de cet aspect celtique de ta musique, puisque nous plongeons dans un monde futuriste. Ce changement de ton, c’est ce que tu voulais ?

Chaque album pour moi est une nouvelle expérience, car je ne veux pas rester dans ma zone de confort. J’avais, par exemple, utilisé un orchestre symphonique sur « Keltia Symphonia » (en 2016). Quand je ressens le besoin d’écrire, ce n’est pas prévu, c’est viscéral, qui s’inscrit dans une sorte de dynamique, dans le but de « sortir quelque chose ». Et donc pas forcément dans un genre ou dans un autre. Avec « Welcome To A New World », je voulais aller plus loin, raconter toute une histoire sur la longueur, sur plusieurs chansons.

D’ailleurs, comment as-tu réussi à écrire ce récit initiatique qui s’étale sur plusieurs chansons ?

J’ai commencé par écrire la musique, comme d’habitude. Et je voulais rajouter une boucle à la fin du premier morceau, tout en ayant ce riff en tête (il chante le riff). J’avais ma guitare avec moi, et je l’ai continué, étayé … et c’était devenu le deuxième morceau « Grinch ». J’y ai même rajouté un petit break. Et ces boucles, c’était mon fil d’Ariane sur tout l’album. A la fin de « Grinch », j’ai refait une autre boucle, et j’ai pu commencer le titre suivant. L’album a en fait été créé comme ça, dans l’ordre, car chaque morceau m’inspirait le suivant.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « In This Town » dans un clip ? Et peux-tu nous en expliquer l’imagerie ?

« In This Town » représente bien l’album selon moi, et est en cohérence totale avec notre histoire. Et le fait que nous soyons en costard n’est pas sans rappeler notre personnage de No Face.

Justement, avec le costard et la musique un brin futuriste, tu ne trouves pas qu’il y a une inspiration Agent Smith (NDLR : des films Matrix) ?

Si totalement, même s’il n’y a pas de rapport de base, mais le personnage nous embarque dans le même délire que No Face : il est enfermé dans un vernis de confort, une sorte d’autisme. Il donne l’impression d’avoir le contrôle, alors qu’il ne maîtrise que dalle.

Concernant les différentes voix que nous entendons tout le long de l’album (japonais, anglais … ), que représentent-elles ?

Chaque intervention souligne tout simplement la prochaine étape, annonce le morceau à suivre. Le fait que ce soit en différents langages pour moi permet que tout le monde entre en résonnance avec l’histoire de No Face. Et ça colle tellement à l’actualité actuelle que ça me fait presque peur, alors que j’ai terminé de l’écrire en septembre 2020. On retrouve beaucoup de résonnance entre la peur de No Face de se confronter au monde et la peur des gens face au Covid 19.

Que peux-tu me dire sur « I Shall Never Surrender » et l’intégration du discours de Winston Churchill ?

Le morceau fait une présentation du personnage, on fait sa connaissance. Il y a une succession de moments calme et de moments plus énervés, pour décrire les humeurs d’une personne humaine. En l’écrivant, je me suis souvenu du discours de Churchill. Et j’ai voulu l’intégrer en tant qu’une espèce de science historique, qui fait le rappel à No Face de cette phrase, qu’il ne devrait pas se rendre alors qu’il ne fait que réfréner ses envies. C’est un discours fort, maintes fois utilisés, mais c’était une évidence pour moi de l’utiliser tellement il entre en corrélation avec l’histoire de No Face.

Que peux tu me dire sur le groovy « We Can Hear You Calling » ?

Le morceau commence par une boucle amérindienne, que j’ai trouvé en faisant des recherches en sound design, et dont j’ai voulu en faire quelque chose. On a cette espèce d’explosion sur le refrain. J’ai utilisé des instruments amazoniens – on entend même la forêt amazonienne à un moment. Ce sont des choses très furtives, que vous ne pouvez que saisir en écoutant le morceau au casque. Et si tu retires tout ce sound design, et bien ça fait un grand vide ! Le titre raconte la libération de No Face, et comment il va à la rencontre de pleins de cultures différentes.

Cela fait maintenant 27 ans que tu t’es lancé en solo, et tu as effectué une carrière qui pourrait en faire rougir plus d’un. As-tu des regrets ? Te verrais tu, par exemple, retourner dans un groupe ?

Eventuellement si le projet m’intéresse, mais si je me suis lancé en solo, c’est pour bénéficier d’une liberté artistique totale et non m’emfermer dans l’esthétique d’un groupe. Je n’ai donc aucun regret. J’ai la même équipe depuis 6 ans, je joue avec John Helfy (batterie) et Christophe Babin (Basse/choeur), depuis plus longtemps avec James Wood (guitare/choeur/claviers) et on vibre, on respire ensemble quand on joue. Ce sont d’excellents musiciens, mais des êtres humains encore plus extraordinaires. Quand on est soudé, on envoie autre chose, une force nouvelle.

Un dernier mot ?

On prépare notre prochain show au Café de la Danse de Paris, le 22 septembre, durant lequel on jouera l’intégralité de notre album. Et on a hâte de retrouver tout le monde !

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[INTERVIEW] Christophe (Fishing With Guns) : « Pour les concerts, on va tout miser sur 2022”

Peu de gens connaissent réellement les Fishing With Guns, pourtant acteurs de la scène metal française depuis …2005 ! La faute à un cruel manque de visibilité pour cet excellent groupe parisien. Ce dernier a décidé de prendre le taureau par les cornes et se montre sur tout les fronts, à l’occasion de la sortie du très bon « Under The Silver Lake », un opus coup de poing tranchant avec ses prédécesseurs. Nous avons pu discuter de cette galette avec Christophe, guitariste de la bande.

Metal-Actus : Vous sortez « Under The Silver Lake” ce 17 septembre. Ce titre a-t-il un rapport avec le film du même nom, sorti en 2018 ?

Christophe (guitare) : Tout à fait ! Inigos (chant) s’est inspiré des thématiques décrites dans le film. Il a écrit des chansons autour et y a donné sa propre interprétation.

Mais je suppose que ce n’est pas que le film qui vous a influencé, vu la conjecture de l’album, bien plus violent et rageur que son prédécesseur « Blood On The Ropes » ?

Non du tout. Du film nous n’en avons tirés que des idées, des sujets. On a surtout été influencés par l’arrivée de Mikey (à vérifier) à la guitare en 2018, qui a su poser sa patte très rapidement au sein du groupe, ce qui explique la grosse touche Metal sur cet EP.

D’ailleurs, est-ce vrai que cet EP était prévu pour être un album ?

Oui, mais à la suite de plusieurs événements personnels, en plus de la pandémie, on n’a pas eu le temps de faire ce qu’on voulait, ni d’écrire comme on le souhaitait. On s’est retrouvé avec ces cinq titres déjà maquettés. On a donc voulu surfer dessus pour prospecter niveau concert et ne pas rester trop longtemps sans actualité.

Pourquoi avoir mis en avant « Owl’s Kiss » ?

On s’est, comme d’habitude, concerté sur le premier titre qu’on mettrait en avant, et on a choisi ce titre grâce à son refrain dément, et le morceau matchait plus niveau mélodique. Un titre comme « Beware The Dog Killer » est plus hardcore et serait moins bien passé.

Que peux-tu nous dire sur « Homeless Ghost » ?

C’est mon titre préféré de l’EP ! Il est hyper catchy, le refrain – que t’as envie de scander – défonce, et il touche à plusieurs facettes de notre style, en plus d’y apporter une véritable atmosphère. Un clip est d’ailleurs en préparation dessus !

Comment est venue la signature avec M&O Music ?

On en a discuté entre nous, et comme c’est un label connu avec plusieurs autres groupes que nous connaissions dans son roaster – et qui avaient des retours positifs dessus – on a signé. On s’est dit que c’était l’occasion de gagner en visibilité.

Vous êtes très présents aujourd’hui sur les réseaux sociaux, mais votre chaîne Youtube, par exemple, ne comporte que peu de vidéos. Un manque de temps de votre part ?

Oui, on n’a pas eu l’occasion d’alimenter cette chaîne Youtube, par manque de temps. Avec cet EP d’ailleurs, on compte bien y partager un maximum de contenu. C’est une chose que nous faisions moins par le passé, et donc nous n’étions que peu visible.

Vu que les concerts reprennent tout doucement, avez-vous des projets à nous communiquer ?

Ce n’est pas encore à l’agenda ! De plus, Fred, notre batteur, vient de se casser le bras, donc les concerts, ce ne sera pas pour tout de suite. On va tout miser sur 2022.

Un dernier mot ?

Merci aux lecteurs qui écouteront notre nouvel EP. On y a mis nos tripes dedans. Et on espère qu’il vous plaira autant qu’à nous.

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[INTERVIEW] Sam (Welcome X) «On voit les deux albums comme d’un seul bloc »

Quelques mois après avoir ravi les critiques avec un très acclamé « Vol-1 », les Welcome X reviennent en force cet été avec une deuxième galette, logiquement dénommée « Vol-2 ». Sam, le chanteur du groupe, a accepté de nous en dire un peu plus.

Metal-Actus : Comment s’est passé l’enregistrement de ce « Vol-2 » ? La pandémie actuelle a-t-elle eu une quelconque influence sur ce deuxième album de Welcome X ?

Sam (chant) : Non car il était déjà prévu depuis longtemps, nous avions toute la matière pour ce vol-2 avant que tout cela n’arrive. On avait prévu des concerts, mais la pandémie a tout arrêté net. On s’est donc concentré sur ce deuxième opus, et on a pu finalement passer en studio pour l’enregistrer à la fin 2020. Tout était dans la boîte en une semaine, et seul le mix de l’album a été plus compliqué.

Tu dirais que ce Vol-2 représente une rupture avec le vol-1 ou l’inverse ?

Non il n’y a pas eu de césure car on a tout composé sur une même période. On voit les deux albums comme d’un seul bloc.

Que peux-tu me dire sur « Inevitable Collapse » ?

C’est un morceau que nous avons composé très rapidement : on a commencé par articuler trois riffs, autour desquels on a collé une écriture assez dépouillée. Il a un petit côté Black Sabbath, assez spontanée, avec un esprit très rock garage : c’est un peu une musique d’ado (rires). Elle traite de la société capitaliste, des pillages et des catastrophes sans fond qu’elle entraîne.

Que peux-tu me dire sur « Bullseye » ?

C’est l’un des morceaux les plus élaborés de l’album, avec pas mal de parties complémentaires qui s’y sont ajoutés. En introduction, on a une musique aérienne avec un rythme très serré, ce qui donne un aspect funky et groovy au morceau.
Son idée est que tout est porté par ce premier riff que tu entends. Cela apporte une vraie cohérence au morceau.
Au fur et à mesure du morceau, on passe à la désillusion absolue qui découle de l’illusion qu’on fait croire. Notre pensée doit aller droit au but, et notre esprit doit demeurer un espace de vérité.

Qu’en est-il du troisième album ?

Nous prévoyons de dévoiler un premier titre sur scène. Ce sera assez différent, et plus contrasté. Par ailleurs, ce sera le plus abouti des trois opus.

Comment était votre concert au Triton ce samedi ? Avez-vous d’autres projets de scènes de prévus ?

Cela nous a fait un bien fou de retrouver le Triton : c’était génial, après plus d’un an, de retrouver notre public ! Concernant d’autres dates éventuelles, on n’a rien encore de calé : on parle de quatrième vague de COVID-19 partout donc on n’a rien de concret.

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre intérêt et vos retours positifs sur notre deuxième album, malgré notre autarcie. On en profite pour souhaiter à tous ceux qui viennent de nous découvrir la bienvenue.

Volume-2

Mike Barber (Wizardthrone) : «Ne prenez pas trop au sérieux notre musique ! »

Né avant le confinement, Wizardthrone est un supergroupe regroupant la fine crème du metal européen. Ils nous arrivent avec un premier jet, « Hypercube Necrodimensional », qui se pose comme un pied de nez à tous ceux qui se prennent trop au sérieux dans la scène musicale. Entretien avec Mike Barber, ou devrons-nous dire M. Archistrategos Barber – gardien de la 17e porte Enochienne.

Metal-Actus : Tu fais partie des membres fondateurs d’un supergroupe récent, Wizardthrone. Vous venez de milieu musicaux différent, d’Alestorm à Forlorn. Comment vous vous êtes rejoins autour de ce projet ?

Mike Barber (Guitare/voix) : On se connaît en fait depuis un long moment, la scène anglaise étant plus petite qu’on ne le croit. Et l’année dernière, j’ai parlé à Chris (Christopher Bowes/ALESTORM) de tenter quelque chose ensemble, un projet de metal extême un peu fou qui nous correspondrait tous les deux. Et on s’est mis au travail après notre tournée commune.

Pourquoi ce terme de «Wizard Metal» ?

C’est un terme plus générique pour « Neo-Classical Blackened Mathematical Prog Power Death » mais on trouvait ça un brin ennuyeux alors … (rires) On voulait lancer quelque chose d’unique, tout en essayant de trouver un compromis entre chacun d’entre nous. Il fallait que ce soit cohérent pour Chris, et assez différent de nos registres respectifs. Cela m’a rappelé mes 20 ans, quand j’ai débuté dans la musique et que je voulais tout faire pour me démarquer de tous les autres (rires).

Pourquoi ce titre «Hypercube Necrodimensional» ?

On voulait dès le titre avertir les potentiels auditeurs dans quel bateau ils embarqueraient : une musique plus complexe, plus difficile d’accès, presque mathématique. C’est ainsi que nous qualifions nos paroles, en particulier celles de «Hypercube Necrodimensional» : des mathématiques sataniques (rires)

Je savais bien que les mathématiques étaient tout droit sorties des enfers (rires). Peux-tu du coup m’en dire plus sur le concept de votre album ?

Ce n’est pas un concept, au sens strict du terme, mais plus une toile de fond qui se fait discrète. Si nos chansons ne sont, en aucun cas, liées les unes aux autres – on y parle plus de nos expériences professionnelles – je ne nie pas qu’on a peut-être créé un petit univers. On va voir comment il évoluera, quelle sera sa progression.

Que peux-tu me dire sur «Frozen Wings Of Thyraxia» ?

C’est la première chanson qui a été écrite. Elle possède de bons riffs ! Les paroles sont assez influencée par des groupes comme Children Of Bodom et North !

Que peux-tu me dire sur «Of Tesseractual Gateways And The Grand Duplicity Of Xhul» ?

C’est une vieille chanson, que j’ai commencé à composer il y a vingt ans et que j’ai ressorti des cartons pour l’occasion. Elle a, bien évidemment, subi de nombreuses évolutions mais son message est resté le même : je ne veux pas changer, ce qui est, tu le concevras, assez paradoxal tellement ce morceau s’est transformé (rires). Il me fait beaucoup penser à Dark Forteress. Ce titre est étrange, inattendu, sans vouloir trop en dire (petit rire).

Que peux-t-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Jouer en live ! Comme tous les groupes en ce moment d’ailleurs ! On a si envie de pouvoir se produire sur scène et présenter notre album ! C’est qu’on a deux ans à rattraper ! On a commencé à répéter et on espère vous voir tous en 2022 !

Un dernier mot ?

Ne prenez pas trop au sérieux notre musique ! Débranchez et laissez-vous porter par nos riffs. Et si vous appréciez, on se revoit, on espère très vite, sur les routes.

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[INTERVIEW] Benoît (Primal Age) : « Nos shows, c’est notre défouloir »

Cela fait bien longtemps que nous n’avions pas eu de nouvelles de Primal Age ! Ces derniers, habitués à faire des tournées, planchait sur une toute belle galette, « Masked Enemy ». On a pu s’entretenir avec Benoît à ce sujet !

Metal-Actus : « Masked Enemy” sort quatre ans après « A Silent Wound”, et en pleine pandémie. Est-ce d’ailleurs cette dernière qui vous a influencé ?

Benoît (guitare) : Du tout non, car nous préparons en fait cet album depuis un long moment, depuis trois à quatre ans !
Pourquoi ce titre ?

Ce titre fait référence aux politiciens et à tout ce système de musolière auquel nous devons faire face.

Vu les conditions, comment avez-vous composé cet opus ? Chacun de votre côté ou vous avez pu à un moment vous rassembler physiquement ?

Sur le dernier EP « A Silent Wound”, on avait travaillé avec Sylvain Sott, batteur des Seekers Of Truth. Cette fois encore, xDimitrix (basse) et Flo (guitare) se sont chargés de la composition. On a eu de plus le départ de Medhy (batterie) qui était resté 12 ans avec nous, pour mieux accueillir Stephane, qui est revenu pour notre plus grand plaisir à tous sur la tournée anniversaire de notre album « The Light To Purify » . Puis il a du partir et a été remplacé par Rudy (Explicit Silence) qui nous a aidé à maquetter, et par Toky (ex-The Arrs) avec lequel le feeling n’est pas passé sur la composition. On est donc passé par plusieurs batteurs en l’espace de très peu de temps.
Et pour le studio, tu l’as toi-même compris, il a fallu jouer avec les contraintes sanitaires, donc on a pu faire un peu en physique, et un peu chez soi.

J’ai vu effectivement vos galères de batteurs. Comment l’expliques-tu ? Avez-vous trouvé quelqu’un aujourd’hui ?

Oui, il s’appelle Miguel et malgré son arrivée tardive il y a quelques mois, a aujourd’hui parfaitement intégré le groupe.
La batterie doit relever le niveau de nos morceaux pour Dimitri et Flo, qui avaient déjà toutes les parties en tête au moment de la composition. Ce n’est pas simple donc pour certains de s’y plier, voir d’apporter ses propres idées. De plus, d’autres n’ont pas pu poursuivre avec nous à cause de leurs vies professionnelles et privées.

« Masked Enemy » signe aussi votre passage chez WTF Records, après la fermeture de Deadline. Qu’est-ce qui a motivé ce choix ?

Après l’arrêt du label Deadline, on a adressé 45 demandes auprès d’autres maisons de disque. Nous avons eu 12 retours. On a choisi tout simplement celle qui nous offrait ce qui nous convenait, à savoir une sortie CD et vinyle.

Que peux-tu me dire sur « Wise Old Man » ?

Il a été le premier morceau composé, et c’est de ce dernier que découle toute notre composition. Il fait également assez peur aux batteurs, car la rythmique possède une patte des plus originales.

Que peux-tu me dire sur « I Warn You » ?

C’est un de nos morceaux préférés et sans conteste l’un des meilleurs taillé pour le live. On a hâte de le jouer sur scène.

Vous qui avez sillonné les routes depuis votre création en 1993, comment vivez-vous cet arrêt net des concerts ?

Ça fait mal. Et on a besoin de déverser toute la rage que nous sommes en train d’accumuler en concert. Nos shows, c’est notre défouloir. On veut retrouver cette symbiose avec notre public. Mais à priori, nous nous produiront au 8 Fest ce 2 octobre à Sainte-Pazanne, avant de nous retrouver en 2022 ou en 2023, cela dépendra du contexte.

Un dernier mot ?

Merci à tous ceux qui nous suivent ! On souhaite la santé à tout le monde, et on espère à très vite en concert pour revivre ces moments de communion et de partage.

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[INTERVIEW] Diamond Rowe (Tetrarch) : « On se fait mutuellement confiance »

Tetrarch est ce groupe américain, qualifié de revival neo-metal par la presse, qui monte de plus en plus en puissance, jusqu’à sortir de leurs frontières et atterrir de l’autre côté de l’Atlantique, directement dans nos cages à miel. A l’occasion de la sortie de leur nouvelle galette, Diamond Rowe, l’impressionnante guitariste et fondatrice du groupe, a accepté de répondre à quelques unes de nos questions.

Metal-Actus : Peux-tu te présenter ainsi que ton groupe ?

Diamond Rowe (guitare lead) : Hello à tous, je suis Diamond Rowe, guitariste et fondatrice du groupe Tetrach ! Je joue de la guitare depuis que j’ai 12 ans. A l’époque d’ailleurs, je voulais absolument commencer un groupe de rock, et comme nous étions dans une toute petite école, je savais vers qui me tourner ! J’ai donc demandé tout naturellement à Josh (Fore/chanteur et guitariste du groupe) car je savais qu’il jouait de la guitare. Au début, il a refusé, mais il a fini par changer d’avis et accepter ! On a alors fait plusieurs concours de jeunes talents et des concerts à l’échelle locale. Et puis Ryan (Lerner/Basse) et Ruben (Limas/Batterie) sont arrivés, et on en est là aujourd’hui !

Pourquoi avoir choisi le nom de Tetrarch ? Ce n’est pas en rapport avec ce fameux char de la Seconde Guerre Mondiale ?

(rires) Effectivement, c’est la première chose qui apparaît quand tu tapes notre nom dans Google ! Non du tout, c’est inspiré de la Tétrarchie de la Rome Antique, quand elle était gouvernée par quatre co-empereurs. On a quatre, on trouvait à ce moment-là que cela nous correspondait plutôt bien !

Revenons à votre nouvel album, « Unstable » qui sort ce printemps. Est-ce que vous pensez que ce contexte sanitaire, dans lequel nous vivons depuis quelques temps, pourrait influencer le succès de votre album ?

La pandémie a déjà influencé sa conception ! On a commencé à se pencher dessus début 2019, avant de l’enregistrer à partir du mois d’octobre de la même année. L’album était donc fin prêt début 2020, mais la pandémie a tout retardé ! Et puis nous devions faire des concerts pour le présenter à nos fans, mais tout est tombé à l’eau, et ça nous a porté un coup particulièrement dur.
Mais pour répondre à ta question, je pense que comme les gens sont bloqués chez eux, ils auront l’occasion d’écouter notre album ! Et on a hâte que les choses reprennent leur cours normal histoire de reprendre la route.

D’ailleurs, comment vous l’avez conçu cette fois, ce nouvel album ? Et comment, de manière plus générale, vous arrivez à concilier vos différentes influences qui vont, je crois, de Korn à Green Day ?

J’aime à penser qu’on est complémentaire, et qu’on essaie de bosser pour que chacun y trouve son compte. Quand Josh ou moi-même avons une idée de riff, voir même une chanson toute entière, on se l’a fait écouter à l’autre pour savoir si elle a du potentiel avant de la présenter aux autres membres du groupe. Et comme tu dis, on a des influences assez différentes lui et moi (rires). On se fait mutuellement confiance.
Pour l’élaboration de « Unstable », si on savait dès le départ ce qu’on voulait comme son – quelque chose à la fois de sombre et d’accrocheur – avec un peu de heavy. Mais on ne s’est pas donné de limite : on est entré en studio en se disant qu’on allait prendre tout le temps qu’il faut pour le faire cet album.

Vous avez diffusé quelques clips déjà, dont « I’m Not Right ». Pourquoi avoir choisi de mettre ce titre en avant ?

Parce qu’il est, à mon sens, celui qui représente le mieux l’album, avec son refrain surpuissant et tous ses éléments heavy ! C’est ma petite préférée de l’opus personnellement.

Que peux-tu me dire sur « Sick Of You », dont la rythmique me fait beaucoup penser à Slipknot ?

Ce n’était pas voulu au départ ! Personnellement je m’inspire beaucoup de Slipknot mais sans pour autant essayer de les copier ! Cette chanson est une des plus sombre de l’album, et peut-être la plus personnelle de Josh, qui fait référence à un passage de son adolescence, que tout le monde connaît d’ailleurs (rires). J’aime beaucoup ce morceau, la rythmique y est assez structurée et Josh se dépasse sur son chant !

En tant que guitariste confirmée mais aussi en tant que femme, quel regard portes-tu sur la scène actuelle ?

Je me sens chanceuse de n’avoir eu aucun souci du fait d’être une guitariste dans un groupe de cross-over metal. Au contraire, je n’ai eu que de la bienveillance autour de moi. Bon peut-être pas au début du groupe, je ne me sentais pas à ma place. Mais j’ai pris plus d’assurance, en moi et en mon jeu. Aujourd’hui, si quelqu’un doute de mes capacités parce que je suis une fille, je l’invite à venir me voir sur scène se prendre une raclée de riffs (rires). De plus, je trouve qu’on voit de plus en plus de nanas guitaristes, batteuse, bassiste, blanche, black ou asiatique et pas uniquement chanteuse ! Je pense que, même si je reconnais qu’il y a encore des efforts à faire, qu’on va dans le bon sens !

Un dernier mot ?

Merci à tous de nous suivre ! Nous espérons que notre nouvel album vous plaira autant qu’à nous ! Et on espère, à très vite sur les routes françaises pour tous enfin vous rencontrer.

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[INTERVIEW] Theo van der Loo (Ego Kill Talent) : « On fait un formidable travail d’équipe »

Originaire de São Paulo au Brésil, les Ego Kill Talent est un jeune groupe prometteur qui a déjà foulé de belles scènes en compagnie des plus grands. A l’arrêt, comme tout le monde, à cause de la pandémie actuelle, le groupe sort « The Dance Between Extremes », leur deuxième album qui a été présenté aux fans sous forme de trois EP. Metal-Actus a pu interroger Jonathan Correa et Theo Van Der Loo sur cette stratégie et sur leur vision de cet avenir incertain.

Metal-Actus : Mes salutations à vous deux ! Comment vous vous portez ?

Theo Van Der Loo (guitare/basse) : Tout va bien pour nous, même si la pandémie actuelle a porté un sacré coup à nos activités de concerts : nous aurions dû tourner avec Metallica aux USA et avec System Of A Down en Europe, mais tout s’est, d’un coup stoppé ! Mais nous avons pu bosser sur la promotion de notre deuxième album, « The Dance Between Extremes ».

Jonathan Correa (chant) : Nous sommes également heureux que nous-mêmes et nos proches soient en sécurité, durant ces temps incertains.

Vous sortez ce mois de mars « The Dance Between », EP et troisième partie de votre album, « The Dance Between Extremes ». Pourquoi avoir choisi cette stratégie, de le sortir en trois parties ?

TVDL : Notre album est, en réalité, prêt depuis 2020. Est arrivé alors la pandémie et tout ce qui l’a accompagné. On s’est dit alors, en accord avec notre label et les équipes travaillant autour de nous, qu’on allait le diffuser en trois partie, histoire de garder une certaine actualité pour le groupe, et de garder le contact avec notre public.

Vous avez de nombreux clips qui ont été diffusés sur ces EP, notamment le dernier en date, « Deliverance ». Que pouvez-vous m’en dire ? Et pourquoi avoir choisi de mettre en vidéo ce titre ?

TVDL : Avec cet album, on a saisi l’occasion de faire une suite de clips, avec une histoire qui continue de vidéos en vidéos, avec ce personnage principal, imaginé par Jonathan.

JC : Il s’agit d’une chanson qui parle de l’acceptation de soi : comment on arrive à se détester, jusqu’à se pardonner, s’accepter et enfin aller de l’avant. Il y a toute une histoire de libération de l’âme assez métaphorique à vrai dire !

« The Dance Between Extremes » a été composé extrêmement rapidement après votre premier opus éponyme, sorti en 2017. Comment cela s’est passé ?

TDLV : Extrêmement rapidement à vrai dire puisque nous avions composé deux des morceaux alors que nous étions en tournée en Europe. On a voulu continuer sur la lancée à la fin de notre tournée, et tout est venu aussi extrêmement rapidement.

Que pouvez-vous me dire sur « In Your Dreams Tonight » ?

JC : Lors de l’écriture des paroles, j’avais en tête cette fille qui dormait et dont la chambre était visité par une créature, ou un ovni. En tout cas quelque chose qui n’est pas humain. Il y a une dimension assez vieux films de science-fiction, comme « Cocoon ». Et un aspect Le Petit Prince qui ne me déplait pas franchement. Et musicalement, ça dépote ! Les gars ont bien saisi l’ampleur du texte et trouvé la musique adéquate.

Que pouvez-vous me dire sur « Saving Drones (A Dinner Talk) » ?

JC : C’est le morceau le plus agressif de l’album, et à vrai dire de notre carrière. Elle a été écrite à chaud après une engueulade de Theo au téléphone

TVDL : Elle est sombre et ténébreuse. Et sur le coup c’était le moyen que j’avais trouvé pour me défouler après cette dispute. Après, ça allait beaucoup mieux (rires). Et en prenant un peu de recul, je me suis dit qu’elle serait parfaite pour Ego Kill Talent.

Vous êtes venus plusieurs fois dans notre pays : au Download Festival, aux Arènes de Nîmes en tant que première partie de System Of A Down, au Zénith de Paris pour l’ouverture de Within Temptation … Qu’est-ce que ça vous a fait, de rencontrer votre public français lors de ces grands événements ?

TVDL : On s’est senti chanceux, de pouvoir jouer sur ces immenses scènes en compagnie de groupes prestigieux. Le Zénith de Paris est une salle mythique pour de nombreux artistes, nous y compris ! Mais on a été émerveillé par les Arènes de Nîmes, c’était merveilleux de pouvoir se produire là-bas ! On espère qu’on pourra y revenir !

En 2017, lors de la sortie de votre premier album, vous aviez figuré parmi les 20 groupes les plus prometteurs du monde. Vous étiez constamment en tournée ou en promotion. Avec l’arrivée du Covid, tout s’est arrêté d’un seul coup. Quel était votre état d’esprit alors ? Et avez-vous eu peur que cette pandémie signe la fin de Ego Kill Talent, à l’instar de quelques artistes dans le monde ?

TVDL : A aucun moment nous n’avons eu peur pour l’avenir de notre groupe : au contraire même, j’ai l’impression que cette épreuve ne fait que nous renforcer en tant que musicien, sous la même entité qu’est Ego Kill Talent. On fait un formidable travail d’équipe. De plus, on a notre label derrière nous qui nous fait confiance, établit avec nous des stratégies pour qu’on continue à occuper un peu la scène.

Un dernier mot ?

JC : Merci à vous tous qui écouterez notre nouvel album ! Et en ces temps troublés, prenez soin de vous et de vos proches.

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[INTERVIEW] Stéphane Azam (C R O W N ) : « On a suivi notre instinct sans nous mettre des barrières »

Le duo de Colmar C R O W N créé l’événement en ce début de printemps en revenant avec une toute nouvelle gallette « The End Of All Things », qui s’émancipe de ses prédecesseurs par un ton plus électro et accessible. Stéphane Azam a accepté de nous en dire davantage sur cet album et de l’évolution de son groupe.

Metal-Actus : Comment allez-vous en ces temps troublés ?

Stéphane Azam : Je vais bien ! Comme je suis intermittent, je me retrouve bien occupé ces derniers temps à travailler le mix de certains groupes.

« The End Of All Thing » sort six ans après votre dernière galette « Natron ». Qu’est-ce qui explique ce laps de temps ?

On a tous les deux des métiers très prenant, qui nous amènent à suivre des groupes en tournée, et, dans mon cas, Alcest sur leurs derniers concerts. Et notre album est prêt depuis fin 2019, mais le label a choisi de reporter sa sortie.

Pourquoi avoir choisi « The End Of All Things » comme titre ?

Ce titre a été composé en 2018, et il faisait le constat du monde d’alors, assez sombre. Mais comme ça collait bien avec le monde actuel alors (rires). Ce n’est pas un constat très joyeux, même si on a laissé passer de nombreux moments d’éclaircies plus doux.

Cet album symbolise plus qu’une évolution, mais aussi une césure avec votre passé : compositions moins lourdes, plus lumineuses et accessibles, avec des petits airs d’électro disséminé… Quel a été le déclic qui vous a motivé à aller vers de nouveaux horizons ?

C’est venu naturellement : on ne s’est pas imposé de ligne directrice, ni même de limite. On a suivi notre instinct sans nous mettre des barrières en se disant « On ne peut pas faire ça, ce n’est pas assez sombre ». On ne doit pas se limiter et se conformer à une étiquette en tant que musicien et artiste.

Pourquoi ce choix de « Violence » en tant que video clip ?

C’est un titre qu’on aime beaucoup, et qui plaisait bien au label. Il représente bien cet album dans sa globalité.

Que peux-tu me dire sur « Shades » ?

C’est un de nos titres les plus rentre-dedans de l’album, avec un chant à la black metal très à la Abbath, qu’il a fallu bien bosser (rires). Musicalement, c’est un style plus indus metal. Ce couple dominateur nous a offert un éventail large de possibilité, et nous a permis de souligner nos constats sur le monde, assez sombres. C’est aussi un morceau taillé pour le live, qui possède un petit côté Ministry, et une agressivité assez naturelle.

Que peux-tu me dire sur « Gallow » ?

C’est un morceau aux allures post-punk/électro, et je dirai même presque de pop noire. On l’a finalisé en démo, et il a été de nombreuses fois remanié. On y a même inclus du tapanon, un instrument des pays de l’Est parce que … bah… pourquoi pas ! (rires) Cela donne à ce titre une ambiance assez Dead Can Dance, limite mythique.

Avez-vous des projets de concert en streaming ou de release party virtuelle de prévus ?

On a participé récemment au live-stream du Roadburn Festival, que nous avons enregistré sur deux jours de répétitions, pour six chansons au total. On pourra en diffuser deux, plus tard, sur nos réseaux sociaux. D’ailleurs, nos visuels l’annonçant n’est pas sans rappeler le Roadburn ! De plus, on a toujours une tournée de prévue avec Enslaved, qui a été reportée à 2022.


Un dernier mot ?

On espère que cet album attirera un maximum de gens, sur lequel on a bien bossé. On a beaucoup travaillé les émotions qu’on souhaitait dégager et on espère que des personnes seront touchées par cette expérience.

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