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[INTERVIEW] Joakim Broden (SABATON) : « Si on reste un groupe de metal, nous sommes tous passionnés d’Histoire »

Machine à tube au succès de plus en plus phénoménal, les Sabaton reviennent ce week-end avec un nouvel opus, « The Great War », consacré entièrement, comme son nom l’indique, à la Première Guerre Mondiale. A cette occasion, nous avons pu nous entretenir avec Joakim Broden, chanteur et leader hautement charismatique de la formation. Voici le résultat d’un entretien très passionné.

Réalisé le 15/05/2019 à Paris – Merci à Olivier Garnier de Replica Promotion.

Metal-Actus : C’est la seconde fois que vous vous focalisez sur une période particulière, après « Coats Of Arms » (2010). Qu’est-ce qui vous a poussé vers la Première Guerre Mondiale ?

Joakim Broden (chant) : Je pense que c’est une question de timing : on avait déjà traité quelques événements de cette guerre sur nos précédents album, et depuis 2014, on avait cette idée de sortir tout un opus dessus. Mais il fallait juste trouver le temps et les moyens de pouvoir le faire. On a réuni une fabuleuse équipe et on s’y ait mis à une date symbolique, le 11 novembre 2018 ! .

Tu le sais peut-être, la Deuxième Guerre Mondiale est bien plus connue et parlé dans des médias et la pop culture que la Première. Pense-tu que ce nouvel album de Sabaton saura mettre en lumière cette période ?

Je l’espère dans un sens. Si tu regardes les documentaires, jeux vidéos, films, un sur dix doit être sur la Première Guerre Modiale alors que tous les autres sont sur la Deuxième ! Mais avec l’avancée de la technologie, j’espère qu’on pourra faire plus de recherches dessus. La Deuxième Guerre Mondiale a cet avantage d’être très bien documentée et- c’est bizarre à dire, et j’espère que tu ne le prendras pas dans le mauvais sens – elle est plus sexy (rires) car il est plus facile de pointer les bon gentils et les grands méchants. L’image que cette guerre renvoie est très « blanche ou noire ». C’est dommage car ce sont des guerres où il s’est passé beaucoup de choses politiquement, géographiquement,…. La carte de l’Europe n’est d’ailleurs plus la même aujourd’hui qu’avant : vous aviez l’Empire russe, austro-hongrois, germanique, ottoman … qui étaient autrefois de grandes nations mais qui n’existent plus aujourd’hui.

Y a-t-il eu certains événements que vous n’avez pas pu traiter, alors que vous le vouliez ?

Non. Et comme on a fait une chanson sur l’Holocauste, on estime qu’on peut aller vers n’importe quel sujet maintenant (rires). Mais quelques unes de nos histoires favorites n’ont pas pu être incluses dans l’album car elles ne collaient juste pas au reste des morceaux musicalement parlant. Par exemple, je pensais vraiment pouvoir faire quelque chose sur l’occupation de Bruxelles ou encore me focaliser sur le Hellfire Corner.

Peux-tu m’en dire plus sur l’artwork ?

Oui il s’agit d’un gars hongrois, Peter Sallaí, avec qui nous collaborons régulièrement. Il était d’ailleurs consultant sur ce film nommé « Lord Of Chaos », il s’assurait que les choses dites étaient vraies ou fausses (rires). On a commencé par voir le dessin de ce soldat au milieu, se couvrant le visage. Et dans un premier temps, si j’ai beaucoup aimé ce que cela renvoyait émotionnellement, j’ai détesté visuellement cet artwork. Je pensais que ce n’était pas le bon dessin à utiliser, ni même les bons tons de couleurs, que je trouvais trop proches de nos précédents artworks, particulièrement « The Last Stand », notre dernier en date.

Vous vouliez donc du changement ?

Oui. Mais en regardant toutes les idées que nous avions pour l’améliorer et cette réponse émotionnelle que nous avions tous eu, et que nous ne pouvions ignorer, on s’est dit qu’il fallait étoffer cet artwork et rajouter un arrière-plan, pourquoi pas un champ de bataille donc. Et on a développé tout ce que tu peux voir sur l’artwork d’aujourd’hui. Bien évidemment on va perdre en sexitude avec nos tee-shirts (rires) Mais la réponse émotionnelle dégagé par cet artwork et le fait qu’il colle parfaitement à notre musique me satisfait amplement.

Je m’interroge sur la sortie il y a quelques semaines de « Bismarck », qui est, si je ne m’abuse, un vaisseau de première classe chez les nazis. Le sortir au même moment que l’annonce de votre nouvel album était plutôt cocasse (rires).

On est très mauvais en communication ! En fait cela coïncidait avec notre vingtième anniversaire et nos fans nous réclamaient la sortie d’un box-set. Mais on n’avait pas envie de les pousser à la consommation (s’interromps) … Ah attend ce n’était pas ce que je devrais dire… (fait un grand sourire) ACHETEZ TOUT NOS TRUCS ! (rires), voilà qui est fait ! (rires). Plus sérieusement, nous n’avons pas envie de ressortir les mêmes albums encore et toujours, alors que les gens ont déjà la version simple chez eux. On ressortira un opus avec une bonne raison, des réenregistrements ou un remastering. « Bismarck » est l’un des sujets les plus demandés par nos fans. On s’est donc dit qu’on allait écrire cette chanson, tourner un chouette clip et mettre le tout, gratuitement, sur internet. C’était, à la base, une façon de remercier nos fans pour nos vingt ans de service. Mais ils sont trop honnêtes et ont voulu acheter ce morceau ou l’écouter sur Spotify (rires). Du coup on l’a mis en vente, il sera disponible d’ici deux semaines. On a été surpris de la réaction des gens qui voulaient l’acheter ! (rires). Mais suite à cette histoire, je pense qu’on peut réfléchir au financement d’un de nos albums par Kickstarter : on dirait juste quels seront les sujets abordés et on proposerait plusieurs versions de ce même opus

De plus en plus de groupes font ce genre de chose d’ailleurs !

Oui Oui ! Cela démocratise tout le processus autour de la production d’un album. Mais c’est nous qui restons à la barre d’un point de vue créatif. Mais je ne pense pas que nous devrions contrôler la façon dont les gens écoutent notre musique. C’est eux que ça regarde.

Autre petite chose un peu cocasse : pourquoi une cover d’Apocalyptica de votre premier single, « Fields Of Verdun » est sortie … avant le vrai single ? (rires)

On aime bien faire des teasings loufoques donc (rires). Faire faire une cover par Apocalyptica est un bon moyen pour faire de la promotion pour nous comme pour eux d’ailleurs. Et on les aime beaucoup alors ça s’est fait rapidement. On avait bien conscience que la sortie de « Bismarck » a un peu décontenancé tout le monde (rires). Mais on a fait ce pari ! Et puis on aime bien demander aux gens qui l’ont écouté s’ils avaient plutôt bien imaginé le vrai single, quelles étaient les principales différences qu’ils avaient notées … On a un peu cassé ce mythe qui veut qu’une cover soit forcément celle d’une très vieille chanson (rires).

Vous avez lancé votre promo en avril dernier en vous rendant sur les véritables champs de Verdun, en France ! Est-ce important pour vous, de vous rendre sur les lieux où l’action s’est déroulée ?

Oui et il y a deux raisons à cela : la première est de pouvoir vivre un rêve de gosse, dans les limites du respect posée par ce lieu. Nous entendions il y a quelques années l’existence de releases party plutôt cools dans des lieux atypiques, avec une écoute programmée et des journalistes vous collant aux basques reportant vos moindres faits et gestes (rires). Et moi gamin j’étais en mode « Je veux être là-bas !! Je veux entendre Twisted Sister ou Deep Purple avec le groupe et pleins de gens cools ! » (rires). Mais on ne l’avait pas fait jusque là donc c’était une première pour nous, même si on est dans le milieu depuis assez longtemps. Et avec cette opportunité d’organiser quelque chose sortant encore plus de l’ordinaire, on a foncé. Et deuxièmement, même si on reste un groupe de metal, nous sommes tous passionnés d’Histoire. C’est pour moi une valeur ajoutée aux morceaux et à l’univers de Sabaton. Bien sûr, il y en aura qui voudront juste un groupe de metal lambda, assister à des concerts, et boire des bières jusqu’à plus soif. Je n’ai rien contre ça. Mais s’il y a des personnes qui s’intéressent à nos paroles, à ce qu’elles racontent, et vont faire leurs recherches sur ce dont on parle, alors on aura rempli une partie de notre mission. A cette release party, nous avions distribué pour l’écoute des ipads avec l’explication de chacune des chansons en guise d’introduction. Et aujourd’hui, nous collaborons avec Indy Neidell qui nous aide à tenir notre chaîne youtube dédiée à l’Histoire, Sabaton History. C’était un de ces projets que nous voulions mettre en place depuis pas mal de temps aussi. On voulait apporter aux gens une meilleure compréhension de notre histoire, et du contexte à nos paroles.

En parlant de contexte, quel est celui de « The Attack Of The Dead Man » ?

C’est un titre intéressant musicalement parlant. Chris (NDLR : Rörland, guitariste) a dû la composer je pense en 2013. Elle est donc passée par plusieurs versions pour finir sur celle que tu as écouté. On aime beaucoup cette histoire, assez agressive, de ce blindé russe qui va charger et faire peur aux troupes allemandes. Mais cette chanson a fait consensus auprès de notre entourage et du groupe, notamment auprès de Pär (NDLR: Sundström, à la basse) : il aimait beaucoup nos couplets – les meilleurs qu’a produit Sabaton selon ses propres mots – mais détestait ce son de synthé. Ce son est là pour une raison, pour donner une ambiance lourde et malsaine au morceau. C’est un élément contextuel qui rend le titre différent pour nous, même si ça reste du Sabaton. Tu nous reconnaît, mais ce n’est pas ce que tu attends de nous.

Et « The Great War » ?

Alors là c’est le morceau qui sonne le plus Sabaton ! (rires) Surtout avec cette intro ! (chante l’intro), Mais quel groupe cela peut-il bien être ? (rires) Elle nous introduit de manière très discrète (rires) Les paroles ont été écrites par Pär, et aborde de multiples histoires : le regard du soldat sur le bien fondé de sa mission, le retour d’un autre auprès de sa famille après la mort de ses deux frères… C’est à moi de la chanter sur les divers tons qu’elle requiert. Je dois puiser profondément dans mes ressources vocales et émotionnelles.

Je vous ait découvert en 2010 au Hellfest où vous jouiez devant 200-300 personnes à peine. Trois ans plus tard au Summerbreeze, vous étiez l’une des têtes d’affiche et aviez joué devant des milliers de personnes. Votre succès ne fait maintenant que s’accroître. T’y attendais-tu ? Comment l’expliques-tu ?

Quand nous avions débuté Sabaton, nous n’étions pas de très bons musiciens… Nous aimions le heavy metal, nous voulions faire comme nos idoles, mais on était de sacrés débutants ! A l’époque, on avait juste notre EP à trois titres, « Fist For Fight », avec notamment « Primo Victoria » dessus. Et puis on a été repéré par ce petit label suédois, qui nous a pris sous son aile pendant pas mal de temps mais qui ne pouvait pas nous pousser en dehors de nos frontières. Et quand, en 2010, nous avons signé chez Nuclear Blast, nous avions un peu de bouteille derrière nous. Nous étions devenu compétitifs et prometteurs (rires). Grâce à eux, on a pu gagner en exposition à un moment clef de notre carrière où nous étions assez expérimentés. Je dirai même que Sabaton a réellement débuté en 2006, tellement on n’était pas bons avant. Si tu regardes d’ailleurs les vidéos de nos concerts de cette époque, tu te rend compte qu’on y survit au concert, et non qu’on le vit (rires). La première fois que je me suis senti fier d’une de nos prestations, c’était justement en 2006.

Quelle sera la prochaine « guerre » de Sabaton ?

Je ne sais pas, on a plusieurs idées, qui se concrétisent en général au moment de la composition de nos morceaux. On va là où la musique nous remporte (sourire). Concernant le sujet, deux-trois sont sérieux sur une vingtaine envisagée.

ça fait beaucoup ! (rires)

Oui, ce n’est pas comme si on allait épuiser notre filon … je pense que même en faisant un album par an jusqu’à la fin de nos vies, on ne pourrait pas tout faire.

Un dernier mot ?

Juste merci !

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« 82nd All The Way » :

« Great War » :

« The Red Baron » :

« Fields Of Verdun » :

[INTERVIEW] Cédric (Tungs10) : « Nous avons tout fait nous-même jusqu’au mastering »

Tungs10 est un petit groupe breton avec une grande ambition ! Après un premier opus de mise en bouche, « Season One », ils reviennent à peine deux ans plus tard avec un opus plutôt bien affirmé, « The Lost Manuscript ». On a pu s’entretenir avec Cédric, guitariste du groupe, pour en savoir un peu plus sur cette galette !

Interview réalisée par mail le 14 juin 2019 – Merci à Roger de Replica Promotions

Metal-Actus : Bonjour ! Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer le sens de votre nom de groupe, « Tungs10 » ?

Cédric (Guitares et grunts) : Bonjour et merci de prendre du temps pour réaliser cette interview. En fait pour le nom du groupe, nous sommes plusieurs à travailler dans des domaines scientifiques et on cherchait un métal dans le tableau périodique des éléments avec une consonance sympa. Quand on est arrivé au Tungsten, on a tout de suite vu le petit jeu de mots. On a ensuite essayé de dessiner un logo : nous avons trouvé quelque chose qui nous plaisait très rapidement. Ça colle aussi bien au côté Steampunk/post apocalyptique qui est arrivé un peu plus tard.

Votre album, « The Lost Manuscript », est sorti le 24 mai. Quels sont les premiers retours ?

Pour le moment, la sortie est assez récente. Nous avons déjà eu deux très bonnes chroniques. Lors de la release, les retours étaient aussi excellents, il y a eu beaucoup de monde au stand de merchandising à la fin du concert pour faire dédicacer l’album. Ça nous donne un peu de confiance. Idem sur cette journée d’interviews ! On espère que ça va continuer dans ce sens.

Quel est le concept derrière ce deuxième album ?

L’album raconte en fait une histoire basée sur le roman de Mary Shelley sur le monstre de Frankenstein. C’est l’histoire d’un couple dont la femme va tomber malade. Son conjoint ne va pas accepter sa mort et va essayer de la ramener à la vie. Nos titres racontent les différents moments traversés par cet homme, notre personnage principal : de la perte de son âme sœur, à la recherche d’un manuscrit qui va lui permettre de la faire revenir. Tout ne va pas se passer comme il l’avait prévu.

Vous avez mis deux ans à le sortir. Comment l’avez-vous composé ? (peut-être durant la promotion de votre premier opus Season One ?)

La période entre les deux albums est effectivement assez courte. C’est principalement dû au fait que Madeleine est partie en voyage pendant un an. Nous ne voulions pas faire de pause, c’était donc une bonne raison pour commencer le travail sur un second album. L’album a été composé en deux mois environ, de mai à mi-juillet. Par la suite, nous avons fait environ 6 mois d’arrangements puis nous avons réalisé une pré-production suivie de l’enregistrement. Nous avons tout fait nous-même jusqu’au mastering. L’album a donc été composé d’une traite ce qui a facilité la cohérence entre les morceaux.

Vous avez eu une nouvelle fois recours à une campagne de crowndfunding pour le financement de cet album, comme votre premier album. Pourquoi ce choix, et ne pas vous tourner, de manière plus classique, vers des labels ?

La question s’est posée en effet. Nous avons beaucoup discutés avec des groupes professionnels signés. Pour nous, il n’était pas envisageable de payer un label, et ceux qui peuvent produire un album de A à Z se font rares. Aujourd’hui, on maîtrise intégralement notre budget : c’était donc plus intéressant de notre point de vue de passer par un attaché de presse pour en faire la promotion et de faire le reste nous-même. Le financement participatif est un très bon moyen pour récupérer de la trésorerie. Les gens commandent l’album en avance et on se sert de cet argent pour payer le pressage, faire imprimer le merchandising et limiter les avances de notre part. Nous avons toujours considéré Tungs10 comme un projet qui devait être à l’équilibre du côté des investissements.

Pourquoi ce look, à mi-chemin entre le steampunk traditionnel et Mad Max ?

Dans le métal l’image est importante. Nous voulions donc pouvoir dissocier nos vêtements portés tous les jours des tenues que nous utilisons sur scène. Personnellement, je suis généralement plus touché par des groupes avec un gueule et une grosse scénographie. Le fait d’avoir des costumes de scène est une étape assez importante pour nous dans cette direction. Le coté steampunk/post apocalypse est venu progressivement – on ne l’avait pas encore sur le premier clip par exemple. Cela nous apporte une certaine unité au sein de Tungs10 que ce soit au niveau des clips, des albums, des décors …. Et d’avoir aussi des photos intéressantes en concert !

Pourquoi avoir choisi « Wandering Around The World » comme premier clip ?

« Wandering Aorund The World » nous paraissait être un bon morceau pour un premier clip. Il arrive assez tôt dans la narration et permet de raconter le début de l’histoire. C’est aussi un morceau qui reprend pas mal de choses que l’on peut retrouver sur cet album avec une rythmique très syncopée, des choeurs d’opéra, des synthés assez électroniques, du scream, du growl, du chant clair. Ça fait beaucoup de choses dans un seul morceau mais nous le trouvions très cohérent pour représenter l’album. Et puis le refrain est assez accrocheur, on le retient facilement !

Que peux-tu me dire sur “This Morning Of November” ?

« This Morning Of November » est le premier morceau de l’album, avec une intro assez électro. Il raconte le jour ou le couple apprend que la femme est condamnée. Cette injustice, l’accompagnement dans la maladie mais aussi l’espoir un peu vain, que rien n’est terminé encore sont distillés dans ce titre. C’est un morceau assez mélodique qui permet de bien installer l’ambiance de l’album.

Que peux-tu me dire sur “The Machine Behind” ?

« The Machine Behind » est probablement mon morceau préféré. Ce morceau a été un vrai calvaire à composer, j’ai jamais autant galéré !! J’avais ce refrain dont je n’arrivais pas à me passer mais j’ai dû réécrire le reste au moins trois fois : je n’arrivais pas à trouver des couplets qui allaient avec au point qu’il aurait pu ne jamais figurer sur l’album. A force de persévérer et en travaillant tous ensemble dessus, on a réussi à en faire ce qu’on voulait. Le morceau a aussi un break après le second refrain qui a été pensé pour le live avec des synthés assez puissants. Il parle de la période ou le personnage principal a commencé à « réparer » le corps de sa compagne, en changeant certains organes mais surtout en cachant ce qu’il faisait aux yeux de son entourage. La machine c’est en fait sa femme, qui ressemble de plus en plus à un monstre qu’il cache dans sa cave !

Vous faîtes beaucoup de concerts. C’est une partie essentielle de votre travail en tant que groupe ?

C’est vraiment ce qui nous motive, jouer sur scène et accéder à des scènes de plus en plus grosses ! C’est pour cela qu’on sort des albums ! On tourne beaucoup pour un groupe régional mais nous avons beaucoup de difficultés à sortir de la Bretagne. Nous avons maintenant un réseau assez développé dans cette partie de France et nous espérons pouvoir jouer sur Paris mais aussi dans d’autres coins de notre pays avec la sortie de cet album.

Comment abordez-vous votre prochain concert au Hellfest OFF, dans un cadre assez particulier puisque c’est sur le parking du Leclerc de Clisson ?

Nous avons vraiment hâte d’y être ! On ne sait pas si il y aura du monde, il faut rester conscient que c’est un mercredi à 16h30… Mais on est déjà très heureux d’y être ! Nous aurons 30 minutes donc nous avons préparé un set réduit qui se focalisera sur les morceaux du nouvel album uniquement. Ce sera une première pour nous de jouer là-bas. On enchaînera trois jours plus tard avec une date à Guingamp avec les Ramoneurs de Menhirs.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Arriver à jouer en France de manière générale : aller sur Paris, Lyon, Lille, pourquoi pas aussi en Allemagne et en Belgique. Nous avons vraiment envie de faire connaître notre musique en dehors de Bretagne.

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« Wandering Around The World » :

[INTERVIEW] Ted (Amon Amarth) : « Il se pourrait qu’il soit notre meilleur opus à ce jour »

Un opus pour mieux avancer. Voilà ce qui ressort de notre entretien avec Ted Lundström (basse) sur le nouvel album des Amon Amarth, « Berserker » sorti aujourd’hui même. Si le musicien est fier de son album (et spoiler, il a de quoi), il espère que ce dernier pourra permettre à Amon Amarth de gravir quelques échelons. Voici notre entretien réalisé à cette occasion.

Metal-Actus : Vous avez sorti votre nouvel album « Berserker ». Après le grand succès rencontré par votre précédente galette, « Jomsviking », vous n’aviez pas trop de pression ?

Ted Lundström (Basse) : A vrai dire non car nous sommes très content du résultat qu’est « Berserker » : on est content des chansons, on est content de la production et on est content de le sortir. Il se pourrait qu’il soit notre meilleur opus à ce jour, alors non, je ne suis pas vraiment nerveux.

Ce n’est pas un album conceptuel cette fois, et chacun des morceaux explore quelque chose de différent. Est-ce pour cela que vous l’avez appelé « Berseker » ?

Cela aurait pu ! (rires) Plus sérieusement c’est parce que les sujets et les morceaux de cet album sont assez explosifs ! Quand on recherchait un titre d’album, on a pensé à quelque chose qui pouvait attirer l’oeil de nos fans. Et l’histoire derrière le morceau est assez puissante avec cet homme, ce guerrier ultime ! Celui que vous ne voulez pas croiser en pleine bataille ! On a donc choisi ce titre mais cela n’a effectivement rien à voir avec les autres morceaux : nos douzes titres sont assez différents les uns des autres !

Dirais-tu, qu’avec cet album, on a un tout nouveau groupe devant nous, un Amon Amarth 2.0. ?

Oui et on espère, avec cet opus, accéder à plus de choses : qu’il nous permettra de grossir, de nous améliorer, de nous renforcer…Nous voulons faire plus de concerts dans plus de pays, et ne pas sortir « juste » un DVD live dans ces mêmes pays. Alors on a travaillé dur sur cet album : on s’est associé avec un nouveau producteur, on a essayé plus de choses, en tout cas plus que sur le dernier album.

Pourquoi avez-vous choisi de délocaliser votre production à Los Angeles, aux Etats-Unis ?

Déjà pour Jay Ruston qui s’était déjà occupé du mix de notre dernier album live « The Pursuit Of Vikings » et dont on avait été satisfait du résultat… Et ensuite car nous voulions partir loin de l’Angleterre et de l’Europe pour aller dans un endroit chaud, avec de bons CDs de rock’n’roll et d’autres trucs du même genre (rires) . A L.A., il y a beaucoup de studios d’enregistrements, et c’est là où sont né de nombreux groupes aujourd’hui mythiques. C’était juste un rêve, un peu fou pour nous, de pouvoir nous rendre dans cette ville un jour. Alors quand Jay nous a offert l’opportunité d’y aller, on a dit oui ! Il nous a accueilli, on a démarché des producteurs, visité quelques studios… Et puis on s’est lancé ! Et on a aimé sa manière de travailler. On avait envie de nouveauté pour cet album, pour rendre les choses plus amusantes et plus inattendues. Quand tu collabore avec le même producteur depuis trois albums, tu as tendance à prendre tes aises (rires).

Beaucoup de groupes européens diraient la même chose que vous ! Est-ce aussi pour ouvrir d’autres perspectives, avoir un son plus américain selon toi ?

Pour beaucoup de groupes, Los Angeles n’est pas le seul endroit paradisiaque : j’ai vu beaucoup d’artistes enregistrer aux Caraïbes par exemple. Quand tu trouves un bon studio et que tu peux amener un bon producteur, cela peut être n’importe où. Mais je reconais que Los Angeles est une chouette ville pour des gars comme nous, donc normal que beaucoup de musiciens y aillent. In Flames, par exemple, y a enregistré ses deux derniers opus. Alors oui, je pense que beaucoup de groupes viendront à L.A. pour les perspectives que cela peut apporter.

Que peux-tu me dire sur « The Raven’s Flight » ?

C’est mon morceau favori de l’album ! Il est composé de beaucoup de choses différentes : on a, en guise d’introduction, ce riff mélodique à la guitare qui vous donne une immense énergie. Cette chanson est vraiment chouette à jouer et à écouter.

Peux-tu m’en dire plus sur « The Berserker At The Stamford Bridge » dont tu me parlais plus tôt ?

C’est une histoire très puissante, très héroïque à propos de ce personnage, le Berserker. Il s’agit d’une toute petite partie de la bataille de Stamford Bridge, qui s’est déroulée en 1066 entre les anglais et les vikings. Cet événement a été relaté dans des écrits britanniques, qui, malgré leur victoire, ont raconté l’histoire de cet homme qu’ils considèraient comme un grand guerrier.

Est-ce que vous faîtes ce genre de recherches pour tous les morceaux d’Amon Amarth ?

Quand on veut diffuser la culture et la mythologie de Scandinavie à travers le monde, il faut essayer de se baser sur des éléments réels, du moins la plupart du temps (rires). Johan (Hegg au chant) est celui qui fait les recherches puisqu’il lit énormément : ce qu’il retiens des livres, il essaie de les transformer en morceaux, en essayant de coller le plus possible aux faits. Bien évidemment, il lui arrive de partir dans de la fantaisie – cela dépend du morceau et des idées qu’on a sur le moment- mais la plupart des choses sont correctes.

Beaucoup de groupes surfent sur cette vague pagan/viking dont vous êtes les fers de lance, même si vous n’êtes pas les premiers à faire ce genre de choses. Cette culture viking s’étend même au-delà de la musique puisqu’il y a maintenant des séries comme « Vikings » même si je doute parfois de sa véracité. Que penses-tu de cette tendance ?

Effectivement, nous ne sommes pas les premiers à s’être lancé, même si effectivement on doit être l’un des rares à avoir su tirer notre épingle du jeu. Je serai honoré si plus de groupes ferait ça car je veux personnellement répandre cette culture, cette histoire. je pense que c’est une bonne chose si les gens du monde entier aime ce genre de chose. Nous ne pouvons pas le faire tout seul alors… Depuis que nous avons commencé Amon Amarth, il y a eu effectivement la série Vikings, des nouvelles, des séries, la mise en avant de Thor dans les Marvel (rires). Donc oui c’est assez populaire en ce moment dans pleins de choses différentes, ce qui est bon pour nous car sur certaines de nos chansons, les gens savent déjà de quoi on parle. Et c’est plus amusant.

Peux-tu me parler de vos futurs concerts ?

C’est un sujet assez délicat à aborder (rires). Je peux te dire qu’on va commencer aux Etats-Unis, en première partie de Slayer, pour ce qui semblerait être leur tournée d’adieu. Cela va durer un mois, après la sortie de l’album le 3 mai. Et cet été, nous ferons des festivals, quelques shows dans des clubs, … Et puis on est en train de se construire des choses pour nos concerts à venir. On a pleins d’idées et on a hâte de vous présenter nos nouveaux décors. On jouera aussi quelques shows en France cette année !

Un dernier mot ?

Ecoutez notre album et venez-nous voir en concert !

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[INTERVIEW] Clément (FRACTAL UNIVERSE) : « On accorde une certaine liberté de composition en naviguant d’un style à un autre »

Fondé en 2014 à Nancy, France, les Fractal Universe ne cessent de monter en puissance et de nous épater avec des morceaux toujours autant complexes. A l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Rhizomes Of Insanity » le 19 avril dernier, Metal-Actus a pu s’entretenir avec les membres du groupe….

Metal-Actus : Comment est né ce projet et pourquoi avoir choisi de le nommer Fractal Universe ?

Hugo (guitare) : Le projet est né de Vincent, ici présent. Il avait un autre groupe avant et au moment de sa séparation, on s’est rencontré. On a commencé à faire quelques morceaux, puis quelques concerts à deux. Fin 2014, on a enregistré un EP, on a fini par le sortir ce qui nous a permis de rencontrer Clément (batterie) et Valentin (basse), également ici présent.

Vincent (guitares et chants) : Le terme « Fractal Universe » est quelque chose qui nous plaisait, déjà, au niveau de sa sonorité, et on s’est mis à rechercher quelle était la théorie derrière tout ça. C’est assez lié à la théorie du tout d’Einstein qui cherchait à unifier l’infiniment grand et l’infiniment petit. C’est quelque chose qui est assez fascinant ! Et, au-delà de ça, l’aspect « Fractal » se retrouve, quelque part, dans notre musique : le fractal est une forme qu’on distingue à l’échelle macroscopique mais plus on zoome dessus, plus on y trouve des détails. C’est un peu comme ça qu’on compose notre musique, il y a des choses qu’on peut saisir la première fois. Et au fil des écoutes, on décèle de nouveaux détails auxquels on n’avait pas fait attention. C’est ça aussi, qui fait la richesse de notre musique, ce qu’on essaie de lui donner.

Vous êtes classés en tant que « metal progressif ». Cette appellation vous convient ?

Clément (batterie) : Cette appellation nous convient avec la musique qu’on fait : on a beaucoup d’éléments qui prennent racine dans le genre death metal mais on accorde une certaine liberté de composition en naviguant d’un style à un autre, que ce soit du metal ou autre chose : jazz, fusion … On entend pleins de choses et de remarque différentes à ce sujet là.

Pourquoi ce titre « Rhizomes Of Insanity » ?

V : Il s’agit d’un concept album sur le thème de la folie. Le rhizome est un terme en psychologie, en philosophie qui désigne une structure dans laquelle chaque élément peut influencer n’importe quel autre élément. Du coup cela reflète bien des systèmes complexes tels que le fonctionnement d’un cerveau par exemple. Par rapport au concept, après on a essayé d’aborder le thème de la folie sous différents aspects, qui sont justement, tous imbriqués les uns dans les autres. Et c’est par rapport à ça qu’on a choisi ce titre.

L’artwork suit donc ce concept sur la folie ?

C : Oui. Il y a un lien dans la nature du dessin. On a un personnage central qui symbolise la terre et le fait d’avoir trouvé la sagesse. Et autour de ça, on a plusieurs étapes de la folie qui sont représentées par les personnages secondaires. C’est aussi une métaphore qu’on retrouve dans l’un de nos morceaux : le personnage lit la folie dans les yeux du sage et la sagesse dans les yeux du fou. C’est un petit jeu qui vient des paroles, du thème de notre album.

Pourquoi avoir choisi « Oneiric Realisations » et « Masterpiece’s Parallelism » comme premiers singles ?

V: Le premier single, « Oneiric Realisations » reflète bien toutes les atmosphères différentes de l’album. C’est un morceau assez rapide, qui est assez extrêmes tout en ayant beaucoup de parties plus aérés. Il représente donc toute l’ambivalance qu’on peut retrouver dans l’album avec des parties qui s’opposent.
Pour le deuxième  » Masterpiece’s Parallelism », on voulait placer quelque chose dans la veine de ce qu’on faisait auparavant, pour faire un lien, en quelques sorte, avec l’album précédent.

Que pouvez-vous me dire sur « Parabola Of Silence » ?

V : C’est un des titres les plus intenses

C : A la batterie en tout cas oui ! (rires)

V : Il est donc à la fois très intense mais il a énormément de contrastes. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de cassures assez subites et cela lui donne une couleur assez particulière. Il a une ambiance, à la base, assez malsaine.

C : Assez glauque même !

V : Il est assez massif comme morceau, notamment avec le refrain.

C : Et à la fin, il y a tout un joli panel de contrastes !

H : A la guitare, effectivement, les accords du début sont très disconnants, donc effectivement très malsains. Le refrain est beaucoup plus épique.

C : Et l’intro est totalement instrumentale ! Entre de gros silences et de gros sons.

Que pouvez-vous me dire sur « Madness Arabesques » ?

V : Là, encore une fois, on est dans une couleur assez glauque, assez malsaine. Surtout pour le début ! On a donc une longue intro de guitare qui mine de rien, laisse place à la respiration. Malgré l’ambiance assez pesante, on a quelque chose d’assez aéré. Il faut savoir que c’est le dernier morceau de cet album là à avoir été composé. Donc il a été créé, quelque part, en ayant du recul par rapport à tous les autres titres. C’est un morceau un peu plus lent, plus mid-tempo donc assez progressif et c’est un peu comme ça que c’est orienté la composition de ce morceau.

H : On a des harmoniques, à la guitare, aux sonorités assez particulières, des rythmes à cinq temps assez déroutants.

Un dernier mot ?

C : Merci à tous ceux qui liront cette interview, et n’hésitez pas à faire un tour sur nos réseaux sociaux, à nous faire un retour sur l’album si vous l’écoutez et puis faites-nous un coucou si vous nous voyez en concert !

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[INTERVIEW] Ombeline (Asylum Pyre) : « Aujourd’hui, tout le monde veut aller dans le même sens »

Près de trois ans se sont écoulés sans qu’on ait un seul signe de vie des Asylum Pyre ! Autant dire que lorsque le groupe a annoncé son grand retour avec un nouvel album, « N°4 », nous étions tous joie, nous y compris ! A l’occasion de la sortie de cette galette SPOILER savoureuse, on s’est entretenu avec Ombeline alias Oxy, géniale et charismatique chanteuse de la formation. Un entretien…. sans concessions !

(image d’en-tête par Anaïs Borne)

Metal- Actus : Tu es arrivée dans Asylum Pyre courant 2016 mais c’est le premier album qui se fait avec toi au chant. Déjà comment s’est passée ton arrivée au sein du groupe et comment vous vous êtes mis à cet album ?

Ombeline « OXY » Duprat : Mon arrivée s’est bien passé ! Elle s’est faite par l’entremise de Steve Cheney, que tout le monde connaît sur Paris !

Ah je le connais aussi (rires)

Oui il doit être le guitariste le plus connu de la scène metal parisienne (rires). L’intérimaire du metal comme on le surnomme, et ça le fait bien marrer. Donc Steve a dit à Johann (NDLR : Cadot à la guitare et aux chants) : »Je connais une chanteuse, vois avec elle si ça ne peut pas l’intéresser ». J’ai passé une audition : humainement ça a collé, artistiquement, on était complètement raccord. Le travail à fournir était le point le plus important car il est très exigeant – je le suis aussi – et il fallait supporter la pression qu’on pouvait se mettre l’un l’autre, ce qui est une donnée à prendre en considération. Tu peux très bien t’entendre avec quelqu’un, mais pas pouvoir bosser avec.
Johann avait composé l’album, il avait même commencé des maquettes avec Chaos Heidi : je suis arrivée, les paroles étaient faites, les compos étaient faites, les lignes de chant étaient en cours de construction; j’ai pu apporter ma pierre à l’édifice en proposant à Johann plusieurs types de chants.

Donc tu y es peut-être pour quelque chose dans cette légère évolution de Asylum Pyre … un peu plus brute de décoffrage je dirai ?

Tu penses ? On y a tous apporté quelque chose ! Thomas Calegari est notre batteur, il a bossé pour Claire Keim, pour Svinkels…. Il fait de la fusion, de l’afrobeat, tout ça. Le lien avec le metal ? On s’en fout ! On est tous des musiciens ! A partir du moment où ça sert ton propos, que ça sert la musique et que ça l’enrichit, si tu trouves que c’est approprié, alors fonce !

C’est clair que je ne vous voyais pas chercher un musicien power metal moderne et tout (rires) !

Et qui serait resté dans les années 1980 sans vouloir évoluer au niveau du son ! (rires) Tu peux kiffer cette musique là mais il faut aussi savoir évoluer et proposer quelque chose qui corresponde aux goûts des gens à l’heure actuelle.

Pour ce titre minimaliste, « N°4 » ?

C’est effectivement le quatrième album, qui lui-même s’inscrit dans la lignée des trois précédents, avec à la fois la figure féminine, des thématiques. Pourquoi ce titre ? Tu regardes la typo utilisée, c’est la même que celle pour « N°5 » de Chanel : on est dans un monde préapocalyptique, 2052. Les masques à gaz sont devenus des objets de luxe car l’air est irrespirable. Et en tant que tels, ils sont stylisés : on a mis le logo dessus, avec des strass, et on a jouté à l’artwork le côté reine de beauté qui correspond au personnage du concept qu’on a développé. Dans cette vie-là, je serais mannequin, égérie, et je pose avec mon masque à gaz (rires). A côté, les autres photos qu’on ne va pas tarder à dévoiler montre qu’on est la Résistance, avec un petit côté Mad Max; Il y a une double lecture de la pochette : on reste sur une critique de la société consummériste, correspondant parfaitement à « N°4 ».

Pourquoi vous interpellez vos fans en utilisant le terme « Fighters » ?

Parce que justement nos fans et les gens qui nous entourent sont également membres de la Résistance et on les invite à se battre avec nous…. Sachant qu’on a des armes complètement dérisoires : la mienne est mon rouge à lèvres Chanel justement, qui a des super-pouvoirs (rires) Ils seront incorporés dans notre concept. C’est nos combattants!

Donc Wik est parti en mission pour la Résistance ?

Tout à fait (rires). Mais il va revenir !

Vous avez fait appel à deux invités prestigieux sur cet album : Raf Pener (T.A.N.K.) et Yannis Papadopoulos (Beast In Black). Comment s’est porté ce choix ?

Raf est un ami du groupe, d’autant qu’il habite à deux pas de chez Johann. Nils (NDLR : Courbaron, guitariste de T.A.N.K.) est un ami de longue date du groupe qui nous a souvent dépanné pour pleins de concerts, et cette fois-ci on lui a demandé de faire tous les solis de l’album. Il était assez naturel de demander à Raf de venir sur l’album. Sur « Durst » qui était assez violente, on avait mis un peu de double pour avoir une chanson plus agressive que les autres, et une collaboration avec Raf sur ce titre était tout à fait indiquée même si ce n’est pas le genre de musique que lui va apprécier le plus. Il l’a fait par amitié.
Et Yannis, c’était complètement par hasard car on ne le connaissait pas auparavant. Sur « Sex Drugs And Scars », Johann n’était pas pleinement satisfait des lignes de chant que lui même chantait au début. Et il est allé voir Yannis en concert, il l’a vu ensuite au stand de merchandising, et il lui a demandé de chanter sur l’album, comme ça, au culot. Il a écouté, il a été saucé et il a accepté. Il a enregistré en Grèce, il nous a envoyé les rushs et puis c’était fait.

Est-ce que tu penses qu’Asylum Pyre pourra faire plus de collaborations de ce gabarit-là dans l’avenir ?

Oui. je pense que maintenant, on est sur une bonne lancée, ne serait-ce que parce qu’on a un line-up fixe, un son qui est propre et qui marque un peu le renouveau du groupe. Après, à voir aussi en fonction des propositions qu’on va avoir. On commence d’ailleurs à en recevoir de différents potentiels partenaires, et certaines sont intéressantes.

Du coup, c’est bien d’avoir un line-up enfin stable ? Vous aviez eu des difficultés à le maintenir !

C’était devenu, à vrai dire, une vraie préoccupation. Johann a toujours mené le projet tout seul, depuis sa formation initiale. Asylum Pyre manquait de membres solides, de gens qui sont impliqués, que ce soit à différents niveaux. Aujourd’hui, tout le monde veut aller dans le même sens. On a compris, aussi, certaines choses : c’est un mal pour un bien, tout ce qui a pu se passer auparavant. On sent enfin une vraie émulation de groupe, on prend plaisir à se retrouver. On est passé de lui tout seul à nous deux, à vraiment cinq.

Revenons à « Sex Drugs And Scars ». C’est vrai que la vidéo a été censurée ?

Oui sur Facebook, à qui ça n’a pas du tout plu qu’on en fasse la promotion. Parce que ça dérogeait aux règles standards de la communauté. En même temps, un meurtrier peut faire un live de 17 minutes sans avoir de problèmes (pause) Il faut avoir deux poids deux mesures.

Le morceau représentait le plus l’album à vos yeux pour le balancer en premier ?

Non. On voulait frapper un coup en revenant. Asylum Pyre a toujours assumé le fait d’avoir des chansons comme celle-là, hyper catchies. On s’est dit donc qu’on allait se faire dégommer, forcément, un thème comme celui-là, ça passe ou ça casse. Mais on voulait le mettre en avant car c’est un titre dont on est fier, pour lequel il ne faut pas s’arrêter à son sens premier.

Oui d’ailleurs certains disent que Jésus va vous condamner pour ça (rires)

Oh oui ce commentaire « Jesus Is Coming For You » !! (rires) D’ailleurs le seul pouce sous le commentaire est le mien (rires). Le titre devait être en adéquation avec ce qui avait été fait avant. C’était aussi l’occasion de mettre en valeur le travail de Yannis, forcément tu as un guest, tu ne vas pas le cacher. On l’assume, ce titre « racoleur ».

Que peux-tu me dire sur votre clip, « One Day » ?

On a travaillé sur ce clip avec Alban Verneret, réalisateur, avec qui j’avais bossé avant. Il a travaille plus pour Warner et compagnie mais il a bien kiffé le projet et il nous a fait un prix en conséquence. Il a compris l’univers : une aubaine pour nous surtout qu’on voulait casser avec ce qui avait été fait auparavant. On aurait aimé faire un court-métrage, mais ça coûte cher, au moins 20000 euros minimum, et on n’a pas cet argent. On a choisi d’aller sur du catchy, sur quelque chose avec une petite narration, en retravaillant l’image, on a joué aussi devant la caméra car nos fans sont demandeurs…. On a réutilisé nos fringues de la vie quotidienne pour cette vidéo!

Johan s’est une nouvelle fois occupé de toutes les paroles ?

Johan, c’est l’artisan. C’est lui qui fait tout. Après libre à nous de participer si on veut changer les choses, il nous sollicite en permanence. Ce n’est pas du tout une dictature ! C’est le mec qui va vraiment prendre le temps de faire coller une sonorité, de choisir le mot en fonction de sa sonorité par rapport à tel moment de la musique. Il fait de l’orfèvrerie jusqu’au mix !

Que peux-tu me dire sur « Lady Ivy » ?

Je ne vais pas forcément en parler mais je vais te raconter l’anecdote d’enregistrement : je crois que cette chanson, je l’ai enregistrée en deux prises. Il y avait un tabouret, et j’étais à califourchon dessus en train de gesticuler dans tous les sens, comme si je montais un taureau furieux (rires) C’est une chanson qui est hyper rageuse. C’est l’une de mes préférées !

Que peux-tu me dire sur « The Right To Pain » ?

(chantonne l’air) Elle est assez alambiquée avec un côté plus prog. C’est sur le droit de pouvoir souffrir. Qu’on ne se méprenne pas, c’est pas forcément une ode au sado-masochisme (rires) On est dans des sociétés où on sait très bien que c’est pire ailleurs et on peut avoir tendance à gommer certaines émotions en se disant qu’il y a des gens qui vivent bien pire. On peut tout avoir mais est-ce qu’on est vraiment heureux ? Non pas forcément. Et est-ce qu’on oserait l’exprimer ? Non plus. C’est l’incarnation même de la signification de la dépression. Tu peux tout avoir, tu as le droit de ne pas être bien, et tu as le droit de le dire; Ce n’est pas pour autant que tu vas condamner, que tu vas mettre ta souffrance au-dessus de gens qui crèvent vraiment la dalle, ! Tu ne compares pas ce qui n’est pas comparable. C’est juste la possibilité de pouvoir exprimer des affects ! Aujourd’hui, on est dans une espèce de dictature du cool, du bien-être, et dès que tu dit que ça ne va pas, tu fais flipper les gens, car il faut faire du sport, manger équilibré …

C’est vrai qu’en France, la question « ça va » est une formule de politesse plus qu’une vraie question.

Oh que oui ! Si tu dit que ça ne va pas, ouh là là … embrouille en vue ! (rires).

Une release party est-elle prévue ?

Probablement au début de l’automne, on va commencer à se pencher sur le sujet. Là, l’urgence, c’est les concerts qu’on va faire avec Demons And Wizards. C’était aussi une volonté de notre part : déjà, pour les festivals, il aurait fallu candidater l’année dernière. Mais l’été prochain nous permettra de diffuser davantage les clips, diffuser la musique, diffuser la nouvelle identité d’Asylum Pyre, que les gens réentendent parler de nous parce qu’on est resté dans l’ombre pendant un peu près trois ans, et en trois ans les gens t’oublient. On mettra ces mois à profit pour revenir à la rentrée avec du nouveau contenu, des vidéos et des concerts.

Du coup, Demons And Wizards ça s’est fait comment ?

Alors c’est Johan qui pourrait le plus t’en parler car c’est lui qui a repéré les dates et a candidaté. On a été sélectionné pour notre plus grand bonheur sur ses trois dates. Il se fait un cadeau pour ses 40 ans. (rires)

The Experiment no. Q, comment ça se passe ?

Le principe de The Experiment, c’est qu’on est une grande famille, même si tu croises un peu près les mêmes personnes, notamment les mecs de Therion, qui sont très copains avec Paolo.On a enregistré en septembre l’album, on a joué à Turin, en Italie, il y a deux semaines. Et j’interviens quand Paolo a besoin, si je suis disponible. J’aime beaucoup bosser avec Kevin Zwierzchaczewski : on est hyper complices, et encore, la dernière fois, on a fini le show, on était tous les deux à quatre pattes par terre, en dehors de la scène, devant les gens en train de faire « errrrr » comme ça avec des masques (rires). Ce mec est aussi taré que moi ! Après, t’es là, la chanson s’arrête et t’es « bon, comment je me relève maintenant » (rires). Pour vous servir, animations en tout genre (rires) !!!

Un dernier mot ?

Redevenez curieux ! Tu ne prend plus le temps de faire quelque chose pour toi, ne serait-ce qu’aller au théâtre tout seul. On a toujours besoin de témoigner au monde entier à quel point tu as une vie formidable. On n’a pas envie de découvrir, de se laisser guider au gré des balades, … Et on ne découvre plus forcément des nouveaux artistes, ou que quand ils sont archi-connus. Prends plus le temps de faire des trucs en solo, juste pour toi, pour te nourrir spirituellement.

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One Day (Silence – part 2 : Daydreaming) :

« Sex Drugs And Scars » :

[INTERVIEW] Alex Wade (Guitare) : « Nous n’avions pas prévu de concept-album à la base »

Quitte à s’attirer les foudres de leurs fans, les Whitechapel ont sorti ce week-end un nouvel album très personnel, « The Valley », inspirée de l’enfance chaotique de Phil Bozeman, chanteur de la formation. Un ensemble chaotique qui divisera autant qu’il enthousiasmera. Le guitariste du groupe, Alex Wade, nous en parle un peu plus longuement.

Metal-Actus : Le sujet de « The Valley » est bien particulier, puisqu’il évoque à plusieurs reprises l’enfance de Phil Bozeman. Qu’Est-ce qui vous a amené à choisir ce sujet difficile ?

Alex Wade (guitare) : Ce n’était absolument pas prévu à la base, qu’on fasse un concept-album. D’ailleurs, on a procédé comme d’habitude, à savoir qu’on a composé les morceaux avant de mettre des paroles dessus. On ne s’attendait pas à voir Phil venir avec des textes vraiment très personnels !

Peux-tu dire que vous êtes fiers de cet album ?

Oh que oui ! Il est très personnel pour nous et en particulier pour Phil, et avec son histoire, on a l’impression d’avoir, en quelque sorte, une valeur ajoutée. Il fait passer un message percutant. C’est une dynamique toute nouvelle pour nous !

« The Valley » contient le plus de voix claires. Comment êtes vous arrivés à ce choix ?

Cela s’est fait le plus naturellement du monde : on ne voulait, dès le départ, pas limiter notre musique sur un seul genre de musique, voire un seul genre de chant. Je dirais que c’est une progression naturelle qui suit l’évolution de Whitechapel.

« Third Depth » est très semblable à certains titre de Tool. Le groupe est-il une source d’inspiration pour vous ?

C’est flatteur ! Nous avons tous grandi en écoutant Tool, en se rêvant aussi grands qu’eux un jour ! Mais oui, ce morceau, avec son riff de guitare, la manière dont Phil chante, instaure une atmosphère qui plaira aux fans du groupe. Il a donc son petit charme toolien (rires).

Tu l’as dit toi-même, « The Valley » est un concept-album…. Pourquoi alors avoir choisi de révéler « Brimstone » en tant que premier single ?

Nous ne voulions pas tout donner d’un seul coup aux fans ! Nous avons annoncé la sortie de « The Valley » il y a six mois et « Brimstone » est sorti il y a trois mois environ. Ce titre est pour nous celui qui représente le mieux l’album : très heavy, à la manière de nos vieux morceaux. « Brimstone » est donc la transition parfaite entre les deux ères de Whitechapel.

Que peux-tu nous dire sur « Hickory Creek » ?

C’est une chanson triste, sauvage, qui sonne assez européenne. Elle véhicule toutes sortes d’émotions, dont l’espoir. On voulait, qu’en l’écoutant, on se sente comme à la maison.

Que peux-tu nous dire sur « Lovelace » ?

C’est une chanson que j’ai composé ! Nous étions en train de jammer sur la fin de l’enregistrement, et on s’est dit « tiens, ça ferait un bon morceau »! (rires) « Lovelace » a donc été ajoutée en dernier ! Nous avons eu beaucoup de mal à poser des paroles dessus, du coup, le morceau a subi plusieurs réarrangements musicaux.

Que représente cet oeil sur la pochette de votre album ?

Il s’agit du regard que Phil, enfant, posait sur sa mère. Il a vécu de nombreuses choses, certaines assez traumatisantes. Elles ponctuent tout notre album.

Depuis la sortie de votre précédent album « Mark Of The Blade », en 2016, beaucoup vous critiquent en disant que vous êtes devenus trop « doux ». Vous avez un mot à leur adresser ?

Un artiste devra forcément s’éloigner de ce qui a fait son succès en premier lieu. C’est une question d’évolution. Nous aimons et nous croyons en nos fans qui nous suivent et nous soutiennent depuis le début de Whitechapel. Nous n’avons que faire des critiques, tant que nous aimons ce que nous faisons.

Un dernier mot ?

N’hésitez pas à jeter une oreille à notre nouvel album ! J’espère qu’il vous plaira. Et à bientôt en concert !

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[INTERVIEW] Junior (Except One) « Quand tu es passionné, tu créé tes propres opportunités »

Ils ont bien évolués les Except One ! Après la sortie de deux EP et quelques concerts (pour certains complets) dans toute la France, le groupe nous livre enfin son premier album, « Fallen ». Junior, guitariste du groupe, a accepté de nous en dire plus sur cette galette tant attendue.

Metal Actus : Vous avez eu des premiers retours sur « Fallen », votre premier album sorti fin 2018 ?

Junior : C’est positif, puisque les chroniques qu’on a pu avoir sont plutôt sympas et très honnêtes. Les gens sont étonnés, aussi, du changement qu’il pouvait y avoir sur l’album par rapport aux EP d’avant. Mais ça se passe vraiment très bien, on a même des professionnels qui nous contactent.

Quel genre de professionnel ?

Du manager, du label, des gens qui veulent faire des trucs avec nous … C’est cool ! On ne s’y attendait pas. On est nous-même étonnés! C’est deux, trois ans de travail qui paient.

Vous avez sorti deux EP auparavant. Pourquoi avoir choisi de franchir le pas et de sortir un album cette fois ? C’était le bon moment pour vous ?

On était prêts ! Que ce soit en terme de visuels, de structure du groupe – on est cinq et il faut trouver la bonne formule pour tomber tous d’accord – on avait écrit assez de chose et on ne voulait surtout pas faire quelque chose de pressé.

Tu dis « et pas faire quelque chose de pressé » : cela explique donc pourquoi vous avez mis autant de temps pour faire quelque chose qui est aussi abouti que « Fallen » ?

Nan, on s’est lancé quand on s’est senti prêt. C’est un an de composition, l’album ! Notre dernier EP étant sorti en 2015, on a eu un changement de line-up début 2016, et on a commencé à composer avec ce line-up en novembre 2016. Si tu regardes la jaquette, on a enregistré en novembre 2017. Il n’y eu qu’un an durant lequel on a enregistré, on a tourné des clips, on a fait des photos, on a fait pleins de choses qui allaient autour ! L’album devait sortir initialement en mai 2018 et on a décidé de le retarder pour ne le sortir qu’au mois de novembre, par rapport à notre actualité et aux choses qu’on aurait pu signer.

Pourquoi avoir choisi de nommer votre album « Fallen » ?

Le titre représente bien tous nos écrits qu’on peut avoir dans l’album. L’éthymologie du mot « Fallen » peut être interprétée de pleins de façons : le côté guerrier, le côté société, voir celui juste personnel – ça peut arriver – …. On considère que cet album est censé aider à ouvrir les yeux – bon ici les oreilles plutôt – des personnes. C’est quelque chose d’assez engagé pour nous, on ne s’en cache pas, on est à s’engager, on souhaite un réveil, que les gens s’aiment les uns et autres, s’il-vous-plaît ! (rires).

Est-ce que tu pourrais mettre cette signification en corrélation avec ce qui se passe aujourd’hui, les gens qui s’attaquent un peu les uns et les autres, notamment avec l’émergence des gilets jaunes ?

On n’y a pas pensé. On l’avait peut-être senti mais on n’y avait pas pensé. Malheureusement, l’album est la représentation exacte dans les paroles aujourd’hui alors que nous l’avons composé il y a deux ans. On ne l’a pas prédit mais nous, on le sentait. On est choqué de ce qu’il se passe, on est déçu de ce qu’il se passe. On ne voulait pas que ça en arrive à là, on ne voulait pas que l’album soit l’exacte représentation du terrain qu’on a maintenant.

Pourquoi avoir sorti « Nothing » en tant que clip ?

Parce que je me voyais mal mettre en scène le fait de taper les forces de l’ordre (rires). « Break The Wall » est violente, très violente et très naturelle dans les paroles. « Nothing », à contrario, représente tout ce qui se passe dans l’album, tu as plusieurs riffs que tu peux retrouver dans l’album et, plus important, tu as nos intentions musicales : tu peux t’identifier à cette petite fille un peu paumée qui essaie d’avancer par elle-même. Et tu peux te dire «Ok, maintenant, je dois agir, je dois m’exprimer ». Au final, nous ne sommes que des enfants ! Je ne pense pas qu’on devienne un jour des adultes et on ne fait qu’avancer comme on peut.

On reste des enfants toute notre vie ?

Je pense. Peter Pan represents ! (rires) Mais je pense qu’on est des enfants parce qu’on nous a enlevé cette capacité à choisir notre vie. C’est aussi ce qu’on dit dans la galette : on prend sur soi. C’est la société qui nous dit quoi faire, comment nous habiller, ce qu’on doit manger….et on l’obtient car on veut rentrer dans ce moule. C’est une facilité de vie dans laquelle on ne se reconnait pas aujourd’hui.

Que peux-tu me dire sur « Monster » ?

Il y a un bon passage hardcore et moi, je viens de cette scène ! (rires) « Monster », elle est vraiment passe-partout, tu peux l’entendre dans tous les milieux metal. Et il y a cette intro où on prend un chouille de temps (rires). Au niveau des paroles, ça dit « je suis un monstre par rapport à moi-même » donc je deviens donc le monstre que je ne voulais pas que tu sois en fait car à force de t’empêcher de quelque chose, tu le deviens. Les gens savent très bien que nous avons tous un monstre en nous voire autour de nous. C’est un monstre puissant, il faut savoir le maîtriser, se battre contre lui et parfois l’utiliser. Alors ce n’est pas forcément une mauvaise chose car c’est par rapport à quelqu’un mais c’est juste un ressenti. C’est très dur de mettre des mots par rapport à ça. Quand on la joue en live, c’est le bordel tout de suite. Tout le monde devrait l’écouter je pense.

Vous avez assurés deux premières parties à la fois prestigieuses et pour le moins étonnantes : celle de Lacuna Coil et celle de Lovebite. Comment vous vous êtes retrouvés sur ces deux dates, plus particulièrement sur celle de Lovebite qui est arrivée assez sur le tard ?

Nous travaillons maintenant avec un bookeur, un manager. Cette structure travaille très bien et nous a pris sous son aile. C’était donc des dates de test pour nous. Lovebite, j’en garde un souvenir de dingue et c’est eux qui nous ont dit « oui », comme Lacuna Coil. Puis elles sont super adorables même si le problème des différences culturelles se posaient (elles sont japonaises). C’est un show ! Tout est millimétré, mais on à beaucoup appris. Faire la première partie de Lacuna Coil, c’était juste monstrueux. Et ils étaient tout gentils. Ce sont des amours en fait, mais tous ! Que ce soit les musiciens, toute la structure technique derrière, c’est juste cool. Et te dire que des gens aussi simples, qui n’ont pas besoin de mentir sur ce qu’ils sont, sur ce qu’ils font, soient si haut, ça te fait sentir te pousser des ailes en fait. On se dit qu’on peut y arriver.

Ils sont donc été une source de motivation ?

C’est clair. Aujourd’hui, Except One, c’est 45 concerts depuis que ça existe. Ce n’est pas grand chose car ça fait depuis 2012 qu’on joue.

Mais depuis la dernière fois que je vous aie vu (en 2015 au Studio Campus en première partie des anglais De Profundis) vous avez fait une impressionnante évolution !

Je pense que ce n’est que du travail, et quand je te disais plus tôt qu’on était prêts à sortir l’album, et bien avec le line-up qu’on est, il n’y a pas de secret : c’est de l’investissement personnel, du travail, de la volonté. Et c’est compliqué de s’impliquer quand tu as à côté un boulot lambda qui paie.

Comme beaucoup de monde !

Mais ouais ! Quand tu es passionné, tu créé tes propres opportunités! Et par rapport à tout ça on ne s’est pas mis de pression sur le futur du groupe, on s’est juste demandé comment on allait parvenir à intéresser les membres de notre bande. Comment faire en sorte et convaincre ceux qui sont intéressé de sacrifier une partie de leur vie pour ça.

En parlant du coup de line-up, le vôtre à pas mal évolué depuis ces dernières années. Comment vous vous êtes ajustés pour pouvoir, justement, avancer ?

Il faut garder à l’esprit que concernant les membres originels restant, il n’y a plus qu’Estelle et moi. Quand on a changé de session rythmique, c’était très compliqué parce que tu changes à la fois de batteur et de bassiste. Et on a pu les recruter rapidement. On a eu de la chance, celle du musicien, de trouver des personnes qui s’entendent vachement bien, qui sont hyper proches des uns des autres, qui ne se connaissaient pas d’avant. Au niveau de l’intégration, c’est assez simple : tu postules, on te fait faire un test de manière honnête et on passe du temps avec toi, pour voir si ça matche. Et je pense qu’une nouvelle fois, c’est une sorte d’aimant, on a attiré les bons profils. Quand on a commencé à composer, on est parti de Paris, on s’est enfermé plusieurs week-ends de suite à la campagne, tous ensemble. Et c’est du coup devenu plus que des amis, c’est devenu de la famille. Après, ça aurait pu ne pas marcher, mais ça l’a fait et on est très heureux de ça.

Un dernier mot ?

C’est grâce à vous le public, que tout ça nous arrive. Continuez de lire, continuez d’écouter tout ce qui se passe autour de vous. C’est hyper important, il y a de vraies pépites ! Avec Except One, je vis un rêve de gamin, on a fait plus que beaucoup de groupes français et c’est grâce à vous. Donc, merci mille fois !

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[INTERVIEW] Martin Lopez (Batterie) et Joel Ekelöf (voix) de SOEN : « Il y a du bon dans chacun de nous »

Si Soen ne vous dit rien, il est urgent de vous ruer sur leur discographie ! Fondé par un ancien des fameux Opeth, Martin Lopez, en 2005, le groupe continue sa exploration dans le metal progressif avec la sortie de « Lotus », leur quatrième galette. Le célèbre batteur et le chanteur de la formation, Joel Ekelöf, ont accepté de nous rencontrer à ce sujet.

Metal-Actus : Avec votre nouvel album, « Lotus », on a l’impression que vous êtes plus positifs, que vous avez envie de croire en l’avenir. Pouvez-vous m’en dire plus ?

Martin Lopez (batterie) : Pour moi, On doit essayer de se dire que tout ira mieux dans l’avenir. Mais si on n’est pas optimiste, quel est le but de la vie, de tout ? Tu sais, je pourrais juste accepter de regarder le monde et dire « le monde, c’est de la merde, et ce sera de pire en pire ». Et le seul moyen de contrecarrer ce genre de pensée est de se persuader qu’on va pouvoir changer les choses. Il y a du bon dans chacun de nous. Donc il faut qu’on essaie d’aller au-delà de notre individualité pour faire en sorte que les choses aillent mieux.

Et ce mot, « Lotus », est-ce que cela veut dire toutes ces choses pour vous ?

ML: Oui ! On peut prêter plusieurs interprétations à cette fleur, qui grandit, dans un environnement assez hostile, et devient magnifique : l’art, la création, les gens qui font de belles choses comme de la musique, ou de la peinture… Ou même vivre dans un environnement qui n’est pas le meilleur pour vous à cause de la négativité qui vous entoure.

En écoutant « Lotus », j’ai l’impression que vous aviez plus envie d’une musique plus frontale, plus violente et lourde que ce que vous aviez fait auparavant, notamment par rapport à votre dernier opus. Est-ce que vous pouvez me confirmer cette impression ?

Joel Ekelöf (chant) : Je pense qu’on a toujours voulu avoir ce son que tu peux entendre sur « Lotus ». Je dirais même que nous avons essayé sur chacun des albums de Soen de parvenir à obtenir cette musique. Je ne suis pas sûr que « Lotus » soit plus violent que notre précédent opus, mais je pense qu’effectivement qu’il est plus heavy que ce qu’on a déjà fait.

C’est votre premier album avec Cody Ford. Comment ça s’est passé avec lui ?

Tous les deux : Super !

JE: ça n’aurait pas pu mieux se passer. Il est très gentil, et a de chouettes compétences.

ML: On se demande même comment on a pu se passer de lui jusque là (rires).

Durant vos précédentes interviews, vous aviez déclaré que le mot qui définirait le mieux votre musique était « émotion ». Est-ce que cela peut s’appliquer également à « Lotus » ?

ML: Tout à fait, même si je trouve que définir un album en un seul mot est un peu injuste (rires). Mais oui, « émotion » est notre maître-mot puisque le but de notre groupe est de vous faire, à tous, ressentir des choses. C’est ce qui nous décrit le mieux.

JE : Cette émotion nous donne le courage de nous battre pour nos valeurs, de parler de nos expériences personnelles de manière sérieuse, et non de manière plus légère comme le feraient d’autres groupes. On ne parle pas non plus de thèmes ironiques. Et d’une certaine manière, je pense que cela nous rend imprévisible, et plus particulièrement sur « Lotus ». Tu parles avec ton coeur et tu dois accepter de l’ouvrir au monde… ainsi tu auras le sentiment d’avoir accompli une prouesse.

Et pensez-vous, au contraire, que le rôle de la musique, comme beaucoup de groupes et d’artistes le pensent, est de dire aux gens ce qui ne va pas dans nos sociétés actuelles ?

JE: Nous ne pensons pas que nous sommes en mesure de dire aux gens quoi faire. On peut écrire des paroles à propos de choses qui nous frustrent dans nos sociétés, et que nous devrions agir pour changer cela, mais pas de la manière « faites pas ci faites pas ça ».

ML : Tu ne peux pas te prendre pour un politicien face au monde. Nous ne pouvons dire à personne comment vivre leur vie car tu n’es qu’un être humain parmi tant d’autres; et même ces groupes qui pensent avoir le monopole de te dire quoi faire le sont tout autant que toi. En tant que musicien, tu ne dois pas partir du principe que les gens vont forcément t’écouter. Si tu peux juste rendre ton public heureux, c’est le principal. Après c’est très humain de regarder autour de soi et de se dire « je ne pense pas que ça marche ça » : honnêtement, c’est une partie de ce qu’on fait; C’est une partie de ce qu’on a à dire car on a besoin de transmettre une certaine valeur. Le but de notre groupe n’est pas seulement de faire des textes poétiques avec des mots bien jolis…. c’est bien plus que ça.

A propos du clip de « Martyrs » – et je sais que le sujet a du revenir assez souvent (rires) – comment est venu cette idée, et est-ce que vous vous attendiez à des réactions, positives et négatives, aussi fortes, extrêmes ?

JE : C’est étrange, en 2018, que les gens se mettent en colère à propos d’une vidéo montrant des mecs heureux habillés en drag queen avoir un bon moment. Je trouve cela vraiment étrange et effrayant. Et ces gars sont juste libres, libres de faire ce qu’ils veulent !

ML : Et je pense que c’est aussi pour provoquer ce genre de réactions qu’on a fait cette vidéo ! A l’époque, on s’est rassemblé pour décider de ce qu’on allait faire comme clip pour « Martyrs ». Et ce sujet est venu sur la table tout de suite. On a pensé évidemment à ces gens qui allaient flipper à la vue de la vidéo, et suite à cela, automatiquement, on s’est dit « ok, on va le faire ». Car ces personnes, si elles paniquent en 2018 sur un sujet qui devrait être accepté, si elles ne peuvent pas s’ouvrir à la tolérance, alors c’est une chose qu’on doit faire. On s’attendait donc aux réactions outrées de ces gars qui jurent ne plus jamais vouloir nous écouter suite à cela. Et si, cinq mecs, habillés en femmes, chantant nos chansons, c’était tout ce que c’était ? Nous n’avons pas de but politique, mené par un quelconque lobby. Mais nous soutenons ces personnes, bien sûr ! Faites ce qui vous chante du moment que vous ne blessez qui que ce soit physiquement, que vous ne brisez aucune loi ! C’est du bon sens, c’est logique de défendre quiconque qui veut vivre librement. En attendant ça nous fait des vues sur Youtube ! (rires). Je remarque aussi que les femmes sont les seules qui n’ont fait aucune remarque désobligeante. C’est comme si c’était trop compliqué à comprendre pour les mecs (rires).

Que pouvez-vous me dire sur « Covenant » ?

ML : « Covenant » a une dominante batterie/guitare que nos fans devraient apprécier. Elle a été assez rapide à composer. On en fera d’ailleurs une vidéo, qui sortira à ma fin du mois de janvier je pense.

Que pouvez-vous me dire sur « Lunacy » ?

ML (à Joel) : C’est ton tour mon grand (rires) !

JE: Il y a beaucoup de guitares dedans…

ML: Oui on sait ! (rires) On l’a écrite chez moi celle-là. On en était très content, et puis genre un jour avant l’enregistrement, Joel m’a montré qu’il avait rajouté un bon gros verset. Et ce verset est dans la version de l’album, et ça a rallongé le morceau. Le morceau parle des maladies mentales et comment on découvre qu’on en est atteint. C’est très sombre! Et c’est le genre de titre qui se suffit à lui même, avec les paroles et la voix de ce mec (montrant Joel)

On vous compare beaucoup à Tool. Est-ce une comparaison qui a lieu d’être selon vous, et plus particulièrement avec la sortie de ce nouvel opus ?

ML: On a aimé être comparé à un aussi grand groupe que Tool, je te l’accorde. Mais aujourd’hui, cette comparaison n’a plus lieu d’être : nous ne sonnons plus du tout comme eux. On est très inspiré par ce groupe, mais aussi par Pink Floyd, Opeth, et par un million d’autre choses. Mais les chansons de notre premier album sonnent très Tool. Et les gens ont fait le rapprochement, la comparaison, qu’ils ne lâchent plus aujourd’hui.

JE : j’ai l’impression surtout qu’on fait ce genre de commentaire car on est tous les deux chauves avec Maynard (rires).

ML : Et tu portes un long manteau noir comme Maynard dans le temps ! (rires)

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[INTERVIEW] Funny Ugly Cute Karma : « L’étiquette ‘Metal à chanteuse’, je n’en pouvais plus »

Dans un monde où chacun aime apposer des étiquettes sur d’autres, Chaos Heidi surprend son monde et lance son propre projet, Funny Ugly Cute Karma ! A des années lumières du metal symphonique qui a couronné ses débuts, les morceaux de leur EP, « Before It Was Cool » surprennent autant qu’ils séduisent. Nous nous sommes entretenu avec la chanteuse pour discuter de cette belle évolution.

Metal-Actus : Expliques- nous la génèse du projet Funny Ugly Cute Karma !

Adeline « Chaos Heidi » Bellart (chant) : Comment on a créé ça ? C’est un peu inhabituel je pense ! Après avoir quitté mon précédent groupe, Asylum Pyre, j’ai été en contact pendant quelques mois avec un projet qui recherchait une chanteuse. Je me suis dit « tiens, pourquoi pas » et on a commencé à bosser ensemble. Au bout de quelques mois, ça ne l’a pas fait – ce qui arrive souvent – mais moi j’avais déjà fait pas mal de contenus. Je me suis dit que c’était bien dommage car j’étais bien contente de ce que j’avais fait, j’y croyais et je me disais que ça aurait pu être bien cool. Et j’en ai parlé à Dorian, ami de longue date, qui avait envie de participer à un projet de ce genre. Les grands esprits se rencontrent! Je lui ai donné quelques idées comme ça, et il allait se débrouiller avec. Ce n’est pas un taf facile, d’aller créer la musique à partir de chants qui étaient déjà fait. Et le projet s’est lancé comme ça, avec un planning, avec l’envie de produire quelque chose alors que c’était, à la base, juste un test. Et tout ça date de printemps 2017.

Tout un monde te sépare de ton dernier groupe, Asylum Pyre… on a l’impression que tu as libéré quelque chose. D’ailleurs je pense voir un petit tacle aux groupes lyriques dans votre clip « On The Run ». Peux-tu m’en dire plus ?

Ce côté-là de moi a toujours été là en fait ! Ce qui est marrant, c’est que j’ai ressorti des idées qui datent d’il y a plus de dix ans : ça prenait la poussière dans un coin de l’ordinateur (rires). Et puis il y a eu cette période avec Asylum Pyre que je ne renie absolument pas, ça convenait à ce que je recherchais à ce moment-là. Mais j’ai quitté le groupe car j’ai eu l’impression d’être arrivée au bout de quelque chose et que ça ne correspondait plus à la façon dont j’avais évolué. Il a fallu que ça mature, que ça prenne un peu de temps. Avec ce projet, je vais, quelque part, réclamer ce qui était mon premier élan. J’ai aussi acquis plus d’expérience, plus de maturité … Je pense que c’est aussi ce qui me permet de me mettre en avant aujourd’hui alors que dix, douze ans en arrière, ce n’était pas le cas. Il y a parfois des chemins qu’il faut prendre pour arriver à un point en particulier. Après on reste bon enfant dans le clip : la chanteuse qui fait le guest avec moi est dans le Metal Sympho, donc elle vient en quelque sorte jouer son rôle de façon hyper parodique. Il n’y aucune méchanceté dedans, ce n’est que de l’humour ! Mais là où je veux bien admettre la rupture c’est que tout cet univers, dans lequel ce que je produisais portait l’étiquette « Metal à chanteuse » je n’en pouvais plus (rires). Pour moi ça n’a aucun sens, c’est n’importe quoi ! Ce n’est pas un genre, c’est même condescendent.

Sur l’EP, déjà, pourquoi l’arraignée ?

(Rires) C’est moi qui a fait la photo en fait ! Je suis assez fan de macrophotographie et je prend beaucoup les insectes. J’étais à la base arachnophobe, et c’est en prenant les insectes, en m’y intéressant, que je me suis un peu guérie de ça, que j’ai commencé à les trouver intéressants.

Autre chose : pourquoi chanteuse de salle de bain ? (rires)

Ça part d’une petite blague car on parle souvent de « chanteur de salle de bain » !

Tu fais d’ailleurs beaucoup de selfies dans ta salle de bain ! (rires)

Oui ma salle de bain va devenir très célèbre (rires). Mais oui, c’est pour la blague, on dit de Dorian qu’il est « guitariste de la Comté » car on le prend pour un Hobbit avec son look, les cheveux frisés et tout ! (rires) C’est histoire de se moquer un peu et de nous tourner en dérision !

Pour votre premier single, qu’est-ce qui t’a porté sur le choix de « On The Run » ?

Effectivement il a fallu faire un choix. Tous les titres ont leur propre personnalité, donc ce n’était pas un choix anodin à faire. On pense que « On The Run » est représentatif de l’EP. « Shelter » et « Nuage De Mots » sont plus lourds et ils leur manquent le côté plus léger que ce titre a. On ne voulait pas trop passer à côté de ce côté plus péchu et enjoué, elle rassemble bien des influences et des choses qu’on est capables de faire.

Et qui est celui ou celle qui a eu l’idée géniale de ce clip complètement barré ?

Alors c’est le résultat d’une assemblée disons collégiale. Tu vois, l’intro du clip avec le brainstorming ? Elle s’est passée en vrai ! Il y avait même la réalisatrice, qui n’était pas du tout la même personne que dans le clip. Avec Dorian, on s’est marré rien qu’en imaginant le truc !

Que peux-tu me dire sur « Shelter »?

Ah Ha … Ha Ah ! (Rires) Alors ça, c’est un morceau énervé, un morceau d’automne – et ça a son importance – qui est un peu exutoire, lâchage, où tu as un côté un peu pesant, mais en même temps, avec un bon groove. Dedans, je hurle, je lâche vraiment un truc. Alors sur les paroles, on n’est pas sur un truc hyper hyper heavy, cela décrit juste le sentiment d’être engluée, et de chercher un abri, « shelter » en anglais donc.

Concernant votre reprise de System Of A Down, vous avez opté pour « Radio/Video » qui n’est pas la plus connue du groupe. Pourquoi ce choix ?

On a fait le tour des morceaux de System Of A Down – parce qu’on aime tout n’est-ce pas ? (rires) – et on en a cherché une sur laquelle on retrouverait une alternance entre le chant clair et le chant saturé, où on pouvait aller apporter notre patte d’une manière ou d’une autre. -On l’a fait en transformant l’intro en son 8-bits – Il fallait que le morceau soit facilement transposable par une voix féminine – on a monté un tout petit peu la tonalité pour que ça sonne plus facilement – Après il fallait savoir sur laquelle on peut facilement aller exprimer au mieux quelque chose, de ne pas coller bêtement à l’original et de ne pas se coller en difficulté avec des histoires d’intentions ou de tonalités qui seraient compliquées. Personellement, j’adore le morceau « Toxicity », mais en l’état il est difficile avec ma tessiture : il commence beaucoup trop bas. Et je le regrette ! (rires).

On s’éloigne un peu du projet pour évoquer 22 Acacia Avenue, ton tribute band à Iron Maiden. Comment ça se passe ?

Et bien on est toujours là ! Iron Maiden est ma maison de coeur, c’est mes origines de métalleuse donc je m’éclate à faire ça. Le groupe a repris doucement l’activité à la rentrée, ça répète et il y aura probablement des dates. C’est le côté plaisir, il n’y a pas le même enjeu avec un groupe de cover !

A l’époque où je t’avais interviewé avec Asylum Pyre, je t’avais demandé si cela ne te dérangeait pas de chanter les morceaux dont les paroles ont été signées par quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, quelle serait ta réponse à cette question ?

C’est différent ! Il faut dire que j’avais une place dans Asylum qui m’allait, dont je m’accommodait. En plus, à l’époque, je ne me sentais pas encore capable de me lancer dans l’écriture. Je me suis lancée et c’est agréable aussi : je peux triturer les choses comme je veux! Il est très important pour moi dans la manière dont j’écris d’avoir une bonne cohérence musicale dans le texte et la musicalité. Si j’ai envie de dire un truc mais que le mot ne va pas dans ma phrase, je ne vais pas insister, quitte à retourner la phrase ou à chercher un autre mot, je recherche toujours une prépondérance de la musicalité sur le texte. Et ça m’apporte une liberté car je fais ce que je veux avec mes paroles (rires).

Ton souhait pour l’avenir c’est toujours plus de concerts? Toucher toujours plus de petits fans ?

C’est ce que souhaite n’importe quel groupe ! Là on a choisi de sortir un EP en premier car on voulait un peu tâter le terrain, et sortir quelque chose pour sortir des bases. Se constituer une fan-base donc mais aussi passer l’année à continuer à composer l’album, et jouer un maximum pour aller rencontrer des gens. Le metal est une musique vivante, il faut donc se créer un maximum d’opportunités pour ça. Une fois que c’est lancé, si on voit que ça suit, que ça fait plaisir à des gens de nous écouter, on va prendre encore plus de plaisir à continuer.

Un dernier mot ?

Venez nous rencontrer ! On a hâte de tous vous voir, de vous rencontrer et de partager !! Et si ça vous plaît, parlez-en autour de vous, pour un nouveau groupe, c’est hyper-important !

Retrouvez notre chronique de l’album ici.

Le groupe sera en concert le 1er février au MCP APACHE de Charleroi (Belgique) avec Skeptikal Minds et le 9 février à la Boule Noire de Paris, en première partie de Dead Bones Bunny et avec Not Bad.

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« On The Run » :

« Radio/Vidéo » (System Of A Down cover) :

[INTERVIEW EXPRESS] Olof Mörck – Amaranthe : « On était assez détendu »

A l’occasion de la sortie de « Helix », leur nouvel album, Metal-Actus a pu s’entretenir avec Olof, guitariste et tête pensante des Amaranthe ! L’occasion pour nous d’évoquer non seulement cette nouvelle galette mais aussi la vie du groupe après le départ du chanteur historique, Jake E.

Metal-Actus : Pourquoi avoir nommé votre album « Helix » ?

Olof Mörck (guitariste) : On peut donner à ce nom différentes interprétations, mais pour nous, il signifie avant tout un retour aux sources, à l’ADN qui faisait Amaranthe à ses débuts.

Comment s’est passé le processus d’écriture de cet album ?

Très vite à vrai dire ! (rires) On a mis deux à trois mois pour tout mettre en boîte ! Et sans nous mettre la pression, on était assez détendu !

Après le départ de Jake E, comment s’est passé l’intégration de Nils Molin ?

On l’avait dans notre radar depuis pas mal de temps déjà en fait. On l’a recruté pour trois concerts en Suède l’année dernière et ça s’était super bien passé. Il était donc tout naturel de lui proposer le poste à plein temps ! Et il s’est adapté très vite, comme s’il était depuis toujours dans notre groupe !

Pourquoi avoir choisi « 365 » en tant que premier single et premier clip ? Et pourquoi avoir de nouveau fait appel à Patrick Ullaeus pour la réalisation de la vidéo ?

On considère « 365 » comme la meilleure chanson, et de loin, de notre album et celle qui le vendrait le mieux. Pour ce qui est de Patrick Ullaeus, nous le connaissons bien, nous avons collaboré plusieurs fois ensemble, alors le choix était évident ! C’était comme retrouver un vieil ami, ça a donc rendu les choses plus faciles, plus cools.

Que peux-tu me dire sur le morceau « Dream » ?

Et bien pour tout te dire, je n’étais, au départ, pas très emballé par « Dream » (rires). Je trouvais le morceau trop simple. Une première impression un peu étrange … Mais quand j’ai commencé à poser mes lignes de guitare dessus, j’ai enfin su quelle direction prenait le morceau, et ça m’a plus emballé. Le morceau, malgré ses paroles simples, nous est très personnel.

Que peux-tu nous dire sur « Momentum » ?

Ce titre est un hommage à notre début de carrière, notamment à la sortie du premier et du deuxième album. Son ton assez old school nous renvoie directement en 2008, c’est lié à ce que nous avons réalisé auparavant.

Des concerts sont-ils prévus ?

Oui, le prochain aura même lieu à Paris, le 25 octobre prochain, et une tournée européenne suivra.

Que peut-on attendre de cette nouvelle tournée ? A part la nouvelle set-list bien sûr !

On aura le droit à quelques décors – on bénéficiera d’une plus grosse production que les années précédentes. En dehors de ça et des nouveaux titres bien sûr, rien de neuf.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

De toujours pouvoir faire de la musique, faire ce qu’on aime.

Enfin, un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien, et on espère tous vous voir bientôt en concert !

 

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