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Samson (Unexpected Calibrations) : « on a pu prendre notre temps et vraiment bien définir ce qui allait devenir notre musique »

A l’occasion de la sortie (aujourd’hui !) de leur nouveau morceau et clip « Albatross », on a eu le plaisir d’interviewer son chanteur, Samson, au sujet de cet excellent projet musical qui va conquérir ton petit coeur tout dur ! Un bel échange à retrouver juste en-dessous !

Metal-Actus : Peux-tu nous expliquer la génèse du projet ?

Samson (chant) : On a fondé Unexpected Calibrations juste avant le confinement, avec Léna : on s’est d’ailleurs rencontré autour d’un tee-shirt Opeth (rires). Elle était dans la musique et s’est essayé à pleins de styles différents. Moi, je venais de me décider à prendre des cours de chant et de growl. Elle m’a montré ses compositions, j’ai posé ma voix dessus. Et voilà comment tout a commencé.

Le confinement est arrivé juste après, ce n’était pas trop compliqué par la suite ?

Non car finalement, la distance nous a permis de vraiment échanger sur ce qu’on voulait vraiment, mais aussi sur ce qu’on ne voulait pas (rires). Et puis on a pu prendre notre temps et vraiment bien définir ce qui allait devenir notre musique. « Impermanence », qui sort cette année, sera notre premier EP, donc oui, on a mis un peu de temps ! Depuis 2020, on sort des singles et on teste différentes choses, on s’entraîne aussi pour la promo ! Et surtout, on affine notre son ! Il s’en ai passé des choses depuis notre premier titre « Broceliande » (2020) !

Pour quand est prévu le format physique de l’EP ?

Pour le 23 octobre prochain.

Il y a eu aussi pas mal de mouvements de line-up, qui ont joué non ?

On devait commencer notre premier EP, qui devait sonner entre le stoner et le doom, puis on a eu plusieurs départs successifs. Mais c’était très formateur, dans le sens où nous avons pu profiter de l’expérience de chacun et en tirer le meilleur, même si rien n’est sorti tout de suite. Cela nous a même donné un coup de boost et grâce, notamment, l’arrivée de Manuel à la basse, qui nous a permis d’explorer d’autres possibilités que nous n’avions pas envisagé.

Pourquoi ce terme, « Impermanence » ?

C’est un mot qui revient dans les cinq morceaux de l’EP : il questionne notre place en tant qu’individus. On sent qu’on doit agir mais en même temps nous somme tellement petits face au monde ! Bien évidemment, nous ne sommes pas fermés aux différentes interprétations que peuvent avoir notre public !

Quel a été le retour sur votre premier single ?

On a eu de bons retours du public et des autres groupes qu’on a pu côtoyer. Niveau clip, Lena étant monteuse, on a de la chance de pouvoir tout faire nous même. On a d’ailleurs tourné toutes nos vidéos en même temps, dont « Albatross », qui arrive ce 12 juin et « Insignificance » arrivera, lui en septembre.

Et d’ailleurs, que peux tu me dire sur ce nouveau single « Albatross » ?

Il a plus de nuances, avec des passages calmes et des autres plus prononcés. Il y a plus de contraste et d’ailleurs, moi je le trouve plus agréable à chanter, et il a un côté très primal

Quels sont vos prochaines dates ?

S’il n’y a encore rien d’officiel, notre date annulée de ce printemps au Tchou Tchou Charbon sera reporté et devrait être notre prochain concert. Après, nous travaillons sur quelque chose cet automne, qu’on ne peut pas encore annoncer.

En parlant de concert, vous aviez participé au concours de Just’N’Fest ! Content de votre classement ?

Nous sommes très honorés d’avoir terminé dans le premier quart aux côtés de grands groupes !

Que penserais-tu de recourir à un financement participatif pour les prochaines sorties ?

On l’envisage, mais ce serait sous certaines conditions : avoir une certaine légitimité, que les gens adhère à notre projet, et apporter quelque chose avec une rétribution originale, comme une apparition dans un clip. On donne beaucoup, et on aimerait qu’il ait un truc en plus, qu’il en ait pour leur argent !

Un dernier mot ?

Merci pour cette interview sur un sujet qui m’anime depuis 6 ans ! On a hâte de pouvoir échanger, créer, jouer, faire du bruit, mais aussi de passer un cap en ajoutant beaucoup de concerts cette année.

[INTERVIEW] Julien « Le Mago » Escalas (MAGOYOND) : « Cette fois, les choses étaient plus simples »

Quatre ans après la sortie du très acclamé « Necropolis », MAGOYOND revient cette fois avec un EP, « Zeppelin », disque qui doit faire le lien avec la suite des aventures de nos chers (ou pas) zombies. Metal-Actus a pu s’entretenir avec le maître d’orchestre de la regrettée cité-Etat de l’Apocalypse, Le Mago.

Interview réalisée le 21/01/2026 – Merci à Roger pour l’opportunité.

Metal-Actus : Suite à la clôture en 2022 de l’arc de la fin du monde avec « Necropolis », était-ce évident de repartir sur de nouvelles choses, même si cela devait être sous un format plus court ?

Julien « Le Mago » Escalas (MAGOYOND) : C’était surtout nécessaire car, après dix ans à travailler sur cet arc, nous avions envie de composer d’autres choses. Si « Zeppelin » est un EP « transitoire » pour nous, il a été aussi le lieu de plusieurs tests, un petit laboratoire dans lequel on a pu expérimenter certaines choses. Cela va nous servir pour le prochain album !

Vous disiez justement que cet EP est de « transition » ? D’où ce thème du voyage ?

Oui, « Zeppelin » est la conclusion de notre arc de la fin du monde mais aussi le début d’une nouvelle ère, d’un nouveau chapitre. Cela passe forcément par le voyage car maintenant que Necropolis est tombée dans les mains des Titans, les zombies n’ont plus le choix : il faut fuir et aller voir ailleurs. On ne sait juste pas où on va, du moins pour l’instant.

Tu disais que le processus autour de « Necropolis » a été assez douloureux. C’était plus simple avec « Zeppelin » ?

Oui car on savait à quoi s’attendre. On a lancé notre première campagne de financement participative pour « Necropolis » et avec le succès de celle-ci, on s’est mis une telle pression que sa composition a été plus douloureuse que festive : il y avait des enjeux, on faisait appel pour la première fois à un orchestre, on se savait – ou en tout cas on se pensait – attendus au tournant … Cette fois, les choses étaient plus simples, on a pris notre temps pour composer, pour solutionner des problèmes récurrents, tout en restant concentré sur notre musique. C’était plus chill !

Votre studio – nouvellement trouvé – a du aussi vous aider ?

Oui, cela nous a apporté de la flexibilité et une liberté qu’on n’osait même plus rêver. Cette question d’organisation, de statuer des créneaux pour se retrouver soit chez les uns et les autres, soit dans des studios aux horaires imposés, était pesante. Nous louons donc depuis peu un local vide, nous y avons mis le matériel que nous avions accumulé au fil des années.

« Zeppelin » est-il l’introduction à un nouvel arc ?

On le voit plus comme la bande annonce pour ce qui va venir après. D’ailleurs, on a fait notre avant-première dans un cinéma ! (rires)L

D’ailleurs, chose assez impressionnante, dans l’enchaînement entre « Le Départ » et « Zeppelin », on saisi toute la dimension cinématographique de votre musique puisqu’on voit littéralement le zeppelin s’élever dans les airs ! A ma deuxième écoute, j’ai même imaginé une scène de fuite apocalyptique, un peu comme le début de « Snowpiercer ».

C’était exactement l’effet qu’on voulait donner, avec la montée de la musique et surtout des orchestrations ! Content que tu le remarques !

« Exil » est particulière, car plus sombre et plus progressive que ce que vous avez l’habitude de faire. Le morceau nous a beaucoup surpris ! Que peux-tu nous en dire ?

« Exil » est le morceau le plus compliqué sur lequel on a été amené à travailler : je voulais y apporter de la mélancolie, un côté très sombre, enfin des trucs pas drôles ! (rires) Le morceau mentionne l’exil et l’infini, le temps qui passe.

C’est un exercice de style assez nouveau, et j’ai eu, du coup, plus de mal à assumer cette chanson. Elle n’était vraiment pas facile à composer : niveau paroles, j’y suis retourné tellement de fois, en les reprenant dans tous les sens, que j’ai franchement hésité à en faire une instrumentale ! Mais j’ai finalement bouclé les paroles deux jours avant le rendu.

Avec « We Come In Peace », le voyage s’achève. Un titre en anglais en référence au film Mars Attack ?

Oui absolument ! Ce mélange entre français et anglais nous semblait idéal pour rendre hommage à ce film, qui se prête bien à notre EP. Bon malheureusement, il fait aussi écho à l’actualité (mais on ne pouvait pas le prévoir). On aime beaucoup ce morceau, et on prend un pied énorme à la jouer.

Peut-on imaginer une suite à l’image du film ?

J’ai envie de vous dire, maintenant que les zombies ont voyagé, que nous avons ouvert la boîte de Pandore, et élargi le champs des possibles : nous n’allons pas nous limiter à un seul endroit. On apprend d’ailleurs dans « Leviathan » que le Zeppelin fait aussi sous-marin ! Donc on verra mais il est fort probable que nos amis aillent se balader un peu sur la planète. Ouais on verra…

Avez vous quelques dates, et des festivals cet été de prévus ?

Niveau dates, on en a quelques unes en mars, dont le festival Yggdrasil à Lyon. On a aussi le Troll & Legends en avril et le Volcanic Fest cet été, mais c’est tout pour l’instant. Effectivement, un de nos objectifs serait de pouvoir s’imposer en festival. Mais on ne va pas se prendre la tête pour autant : on prend les dates, les opportunités, qui avant tout, nous font plaisir.

(INTERVIEW) Lina (Parallyx) : « Un morceau ne va pas forcément te correspondre un an après. »

Tout jeune groupe de Metalcore francilien, les Parallyx impressionnent par son univers bien défini et une empreinte musicale forte et originale. Le groupe, qui a sorti « The Cult », leur premier album, ce 4 octobre, a accepté de revenir avec nous sur la génèse du groupe, fondé par Lina, également chanteuse de la bande.

Metal-Actus : Salut à vous trois ! Avant de commencer, peux-tu nous expliquer comment des personnalités, qui ont l’air aussi différentes que le jour et la nuit, se sont retrouvés pour faire la même musique ?

Lina (chanteuse): On se tape dessus tous les jours, ça aide ! (rires). Blague à part, le groupe s’est constitué de manière professionnelle et amicale :  c’est Franck qui a su rassembler les personnalités que je voulais et qui a trouvé Robin, qui m’a parlé de Corentin, qui m’a parlé d’Adrien. Et c’est Robin qui m’a parlé de Mathis (rires) Et ça a collé tout de suite entre nous !

Pourquoi ce titre d’album, « The Cult » ?

L : Chaque morceau combine mon amour des histoires et des sectes, et d’une secte en particulier celle de Magdalena Solis (NDLR : Gourou et tueuse en série mexicaine). Sur ces thèmes du coup, on se doit de se détacher au- maximum et de ne pas s’épancher trop personnellement.

Du coup, je suppose que le morceau « Matriochka » fait référence à cette gourou ?

L : Oui. Je fais comme si je me mettais à sa place. Le morceau en lui-même raconte comment un enfant, témoin d’un des nombreux crimes de la secte, a couru avertir la police, avant de disparaître, ce qui a lancé l’enquête menant à l’arrestation de Magdalena.

D’où te vient cette fascination pour les sectes ?

L : J’ai cette fascination des sectes : écrivaine, elle me sert de terreau à mes histoires, avec aussi tout ce qui est creepy pasta.

Vous avez sorti un nouveau single, « The Remedy ». Quelle est sa réception ?

Corentin (basse) : Il a été bien reçu : c’était un de nos morceaux test au niveau style, car il est moins mélodique que les autres, plus violent … Et ça plaît (rires). C’est d’ailleurs quelque chose qu’on va explorer sur le deuxième album en préparation.

L : On a aimé écrire ce morceau. Et il a été hyper bien reçu. Chacun de nos singles est différent car nous voulons voir la réponse du public, tester des choses…

Que pouvez-vous me dire sur « Pandemonium » ?

Adrien (guitare) : J’en ai écrit une bonne partie un matin, grâce à l’énergie salvatrice procurée par le café (rires) La mélodie est venue assez naturellement. Mathis m’a bien aidé dessus, avant de le finaliser en résidence.

Mathis (guitare) : Avant la résidence, je suis repassé sur des passages en ayant plus de recul. On a ainsi réécrit le refrain, les couplets pour qu’ils sonnent plus modernes… On voulait quelque chose de plus ouvert, plus metalcore, plus épique.

Que peux-tu me dire sur « Vices Of Men » ?

L :  Ce morceau a une histoire particulière, puisqu’il a été composé par un de mes amis, qui a aidé à la construction du groupe, Jérome. Alors, il a bien sûr été retravaillé après, mais c’est le tout premier morceau qui a été écrit pour nous, et qui reste notre introduction au monde. Il a été à l’origine de Parallyx et a lancé notre bande, même si ce que nous faisons aujourd’hui est désormais différent.

Niveau parole, c’est un égotrip de chef de secte. Un trip féministe (rires)

Qui a signé l’artwork ?

L :  Il est de Mythrid Art – qui a clairement su cerner le style de Parallyx. On lui a juste fait un léger briefing artistique, et il nous a proposé mon visage de profil avec des trucs qui sortent de ma tête. Ce n’est effectivement pas trop original, on voulait rester sur quelque chose de simple.

Vous avez fait votre première saison d’été des festivals, avec en point d’orgue le Furiosfest. Comment ça s’est passé ?  

C : Cela a été un immense plaisir. Nous avons eu de la chance de taper dans l’oeil de festivals comme celui-là si tôt.

M : C‘est vrai que le line up était assez impressionnant !

L : On doit remercier Franck pour ça !

M:  C’est assez plaisant, ça va vite, ça donne de la perspective, et les gens nous ont toujours bien reçus.

L :  C’est Franck qui en est, à 100% responsable. Il a les contacts, qui lui ont fait confiance en faisant appel à nous.  Après, c’est à notre tour d’honorer nos engagements.  

D’ailleurs, vous êtes assez rapides, puisque vous dites que certains morceaux ne vous correspondent plus alors qu’ils sont sortis il y a, à peine, un an ?

L : Quand nous composons, nous faisons en sorte de dévoiler très vite le morceau. C’est un mode de fonctionnement assez nouveau que nous apprécions, même si ça demande beaucoup de boulot.

A : Tout va très vite !

L : Un morceau ne va pas forcément te correspondre un an après.

A : C’est une autre manière de bosser.

Quels seront vos prochains concerts ?

A : On a une release party importante qui approche à Antony, le 8 novembre prochain. On aura aussi une autre date en Europe, et le 10 janvier, on jouera aux 18 Marches à Moissy Cramayel, en Seine-et-Marne

Un dernier mot ?

L : Que les gens kiffent ce premier album, il a tellement de choses à offrir ! Et puis, on en a encore sous le manteau.

A : On a mis beaucoup d’énergie et de plaisir dans tous les morceaux, ce n’est que le début.

M : La suite arrive vite, là, on sort un bon point de sauvegarde. Ça fait plaisir d’avoir un projet comme ça.

[INTERVIEW] Mattjö (Hrafngrímr) : « Il fallait repartir sur quelque chose qui nous ressemblait, à tous. « 

Anciennement collectifs d’artistes, les Hrafngrímr (prononcez « Ravengrimir » soit « Celui qui porte le Masque du Corbeau) ont fait du ménage dans leurs rangs pour se consolider et acquérir une vraie cohésion de groupe. Evoluant désormais en effectif réduit, les français sortent un premier album, « NIFLHEIMS AUGA » qui convainc par sa maturité, son originalité et son authenticité. Metal-Actus a pu s’entretenir avec son fondateur et grand penseur, Mattjö Haussy , mais aussi avec la chanteuse Christine Roche.

Metal-Actus : On va revenir sur vos débuts : C’est toi Mattjö qui a décidé, à la sortie de Skald, de former ton propre collectif. Quel a été le cheminement depuis, jusqu’à devenir le groupe d’aujourd’hui ?

Mattjö Haussy : C’était une décision assez naïve que de faire de Hrafngrímr un collectif : je n’ai pas, ou pas voulu peut-être, retenir l’expérience musicale passée que cela avait été avec Skald. C’est constitué de gens différents, aux horizons différents, qui doivent prendre du plaisir et apprendre à s’amuser ensemble et avec leur public. Le collectif que nous étions nous posait quelques problèmes : pratique, déjà, puisque tout le monde n’était pas forcément disponible aux mêmes dates pour travailler et répéter ensemble. Personnel ensuite, puisque nous n’avions pas les mêmes objectifs au sein de ce même collectif, ce qui fait que nous n’avions aucune osmose entre nous.
Aujourd’hui, on a réduit notre nombre pour constituer un noyau dur. Et tous, désormais, peuvent s’impliquer d’une quelconque manière dans le groupe : j’ai appris à déléguer, moi qui faisait tout avant.

Christine Roche : Désormais, il y a de la place pour que chacun puisse s’exprimer. Je ne te cache pas que la transition entre le collectif et le groupe s’est faite dans la douleur, la tristesse et la déception. Mais aujourd’hui, on est soudés, on est tous dans le même bateau à ramer, ce qui est la métaphore la plus viking qui soit, en passant (rires).

M : Quand Skald s’est terminé pour moi, je voulais continuer dans le même univers. Mais quand j’ai fondé ce qui n’était encore qu’un collectif, je me suis enfermé dans une aventure solitaire, sans le faire exprès. Je composais tout.

Du coup, ce changement de forme, du collectif jusqu’au groupe, explique aussi pourquoi vous avez voulu repartir sur des morceaux totalement inédits pour ce premier album ?

M : Le fait de sortir, pendant le confinement de 2020, un single par mois, relève de l’exceptionnel. Mais on en a eu marre : et cela n’aurait eu aucun sens de les ressortir sur album, puisque le coeur même du groupe avait changé. Il fallait repartir sur quelque chose qui nous ressemblait, à tous.

C : On a pris plaisir à travailler nos nouvelles compositions ensemble, on a appris à jouer ensemble, à évoluer ensemble, sans pour autant trouver de recette miracle. Il fallait juste qu’on trouve le bon mix, les bons compromis entre nous, pour donner un sacré cocktail.

M : M : Il faut, comme le disait Christine, laisser à chacun sa place pour s’exprimer. Par exemple sur « Bryr », on a des passages qui sont limite orientaux, avec tout ce travail autour des percussions, de la guitare sèche et du chant, grâce plus particulièrement à l’influence de Mus (El Kamal, guitare). Cela donne une fusion et un rapprochement entre deux genres qu’on pourrait penser très différent, un mélange qui nous ressemble.

D’ailleurs, vous vous posez tout de suite en observateur du monde, jusqu’au nom de votre groupe, qui signifie « Celui Qui Porte Le Masque Du Corbeau » ?

C : Et même jusqu’au nom de notre album, « Niflheim Auga », qui signifie « Observateur du monde » en vieux norrois. C’est aussi ce qu’étaient les vikings, outre les guerriers sanguinaires que tout le monde connait : des voyageurs, des explorateurs à la découverte des cultures du monde. Notre groupe invite au voyage. On reprend les traditions, qui étaient de transmettre les origines, les vieilles histoires, à l’oral.
Mais Hrafngrímr, pour moi, ce sont des souvenirs partagés ensembles, les émotions que nous avons su recevoir et donner, quelque chose de très personnel pour moi.

Que pouvez-vous me dire sur « Bryr » et son côté très Heilung ?

C : Ce sont les ponts chamaniques, qui permet d’ouvrir des chemins entre les neuf mondes d’Yggdrasil, et de venir à Midgard (NDLR : le monde des humains dans la mythologie nordique), pour venir voir ce qu’il s’y passe. Tout est parti d’une soirée durant laquelle on a bidouillé des loopers. On s’est dit que ça rendait vraiment bien, et on a continué sur la même lancée (rires). C’était spontané ! C’est un appel à l’ouverture des mondes et des esprits.

M : On l’a d’ailleurs fait écouter à des copains lors d’un barbecue. Et c’est ainsi qu’elle a atterri sur l’album (rires).

Que pouvez-vous me dire sur « Skuggar » et son côté, très orientalisant, assez surprenant ?

C : C’est Matt et Mus qui l’ont composé. Mus a fait les premières lignes en pleine nuit, on a écouté ce qu’il avait fait, on a aimé, et on a continuer à bosser dessus. Le morceau parle des personnes qu’on laisse derrière nous, qui deviennent des ombres et ou des lumières, qui subsistent en nous.

M : C’est un hommage aux personnes qui disparaissent de nos vies. Et si le morceau reste toujours en puissance, la voix de Christelle, si forte, se fait bien plus douce. La chanson est redondante, c’est même presque une comptine ! Elle sera d’ailleurs notre prochain clip !

Qu’est-ce qu’il se passera pour vous à la rentrée ?

M : On va s’occuper d’organiser une release party ! Et on fera quelques petites apparitions dans les bars. Et on est en train de construire une tournée !

Un dernier mot ?

M : Merci pour l’intérêt que vous portez à Hrafngrímr, et de répondre à la curiosité. On a une histoire difficile, mais on est aujourd’hui apaisé et prêt à aller de l’avant.

C : Heureuse et apaisée de vivre ces moments avec mes camarades et mon compagnon à la scène comme à la ville. A très bientôt en concert !

(Interview) Sélim (Kave Fest) : « On est content de l’évolution du festival »

Alors que le festival ouvre dans quelques heures, Metal-Actus a souhaité vous partager cette interview avec Selim, gérant du Kave Fest, sur toutes les nouveautés et belles choses qui nous et vous attendent ce week-end !

Metal-Actus : Bonjour Sélim ! Comment te sens-tu à quelques jours du festival ?

Sélim Hadriche : Ça va ! On est content de l’évolution du festival, d’arriver à porter une journée supplémentaire, avoir des groupes plus gros et un plus large public.

Tu viens tout juste de l’évoquer, ce troisième soir de festival est une des nouveautés de ce Kave Fest 2024. Une nouveauté par ailleurs gratuite à l’occasion de la fête de la musique. Comment vous vous préparez à l’afflux de personnes le jour J ?

On a mis des process en place avec la sécurité, avec notamment une entrée à part pour les porteurs des Pass 3 jours. Mais tout va bien se passer, on est très sereins.

Tu pensais en arriver à ce niveau avec le Kave Fest, qui a, pour rappel, commencé dans le jardin de tes parents ? (rires)

Jamais car au début, dans le jardin, nous étions plus là pour nous amuser. Aujourd’hui, même si ça nous fait toujours autant marrer, on est bien plus sérieux, vu que le Kave Fest se professionnalise à toute vitesse !

D’ailleurs, l’affiche est encore plus belle cette année ! Comment vous l’avez constituée ? Vous aviez plus de budget ?

On a eu, suite à l’édition 2023, une grosse attente en termes de groupes de la part de notre public : on a donc fait un gros pari en doublant le budget afin d’aller chercher des gros groupes. On a beaucoup travaillé avec des bookers comme Veryshow, qui nous a particulièrement bien aidé avec Plini.  Septicflesh se trouve avoir le même booker que Oceans, alors j’ai osé demander, et ça a payé.

Une telle affiche va forcément attirer plus de monde ?

On a augmenté notre jauge par rapport à celle de l’année dernière pour avoir une situation plus agréable

Autre nouveauté, cette deuxième scène réservée aux animations, qui est située, à ce que je comprends, dans une zone totalement inédite du château ?

Oui, cette zone était jusqu’à aujourd’hui en travaux, et maintenant que c’est rénové et qu’on y a accès, on va pouvoir commencer à exploiter ce nouveau territoire, qu’on appellera la « Bassekour » : la zone sera d’ailleurs plus chill, avec plusieurs spectacles – magicien, compagnies médiévales… On y installe un second bar, une cafétéria avec les cookies.

D’ailleurs, niveau stands, comment vous les choisissez ?

Nous avons mis en place un formulaire en ligne pour que les gens candidatent. Nous avons fait en sorte qu’il n’y ait que des stands uniques. Mais il y en aura bien plus que l’année dernière, vu qu’on en a aussi de l’autre côté du chemin !

On peut avoir un aperçu de ce qui nous attend ?

On aura un stand de bonbons, la rôtisserie de Gisors viendra également sur le site… On aura aussi un gars très talentueux nommé Théo, qui fait des posters, et produira un artwork par tête d’affiche qu’il vendra le jour J.

Si vous restez sur votre carte habituelle niveau ripaille, la carte des boissons évolue cette année non ?

Oui : nous travaillons toujours avec la brasserie de Gisors, avec la pinte sur la bière la plus accessible à 6 euros, ce qui est difficile à battre. Mais on aura aussi une collaboration avec le youtubeur Julien Ménielle sur une NEIPA (la Glam Metal). On aura aussi une toute nouvelle IPA à la carte, mais qui nous provient, cette fois, du Sud.

Niveau Kamping, à combien s’élève le nombre de place ? Si j’ai bien compris, vous allez vous retrouver limités, surtout qu’il n’y a pas vraiment d’autres solutions de logement à proximité ? (mis à part un hôtel pris d’assaut chaque année)

Le Kamping peut accueillir 350 personnes cette années, donc une centaine de plus que l’année dernière. Le nombre de place dépend de l’état des champs de la Fermette de L’Epte, qui a vu une partie de ses terres inondées, ce qui nous est bénéfique. Mais ce n’est pas une solution à long terme car nous ne pourrons aller au-delà de 350 personnes. C’est un vrai challenge sur lequel nous travaillons pour l’année prochaine !

Comment ça se passe au niveau du remplissage ?

La vente de billets est repartie à la hausse, même si nous ne sommes pas encore au Sold Out. On compte sur le même effet que celui de l’année dernière, que beaucoup prendront leurs places au dernier moment.

Un point noir par rapport à l’année dernière, c’était le manque de merchandising officiel du Kave Fest, très rapidement écoulé. Comment ça se passe pour cette année ?

Nous avons augmenté notre stock. Et nous proposons plus d’objets, notamment des gourdes cette année, mais en version ultra-limitée. Les artworks sont signés par les mêmes artistes que ceux de l’année dernière.

Un dernier mot ?

Soyez tous les bienvenus au Kave Fest, vous verrez, l’ambiance y est très conviviale, avec une belle équipe de potes !

Running order Vendredi :



Running Order samedi :

Running order dimanche :

(INTERVIEW) Jean-Yves (Orkhys) : « On a l’impression qu’on s’est mieux trouvé musicalement »

Les Orkhys ne s’arrêtent plus ! Trois ans après un premier album remarqué, et de très nombreuses scènes foulées, le groupe passe la seconde avec une toute nouvelle galette studio, « Legends ». L’occasion pour nous de s’entretenir une nouvelle fois avec le batteur Jean-Yves sur cette cuvée 2024 !

Metal-Actus : Bonjour Jean-Yves, comment se porte Orkhys ? Et comment a été réceptionné « Legends », votre nouvel album ?

Jean-Yves Chateaux (Batterie) : Les choses vont plutôt bien pour nous ! Concernant notre nouvel album, on a eu beaucoup de retours et d’avis positifs, mais aussi quelques-uns négatifs. On a choisi comme toujours, d’également les partager. Cela nous paraissant évident, et le contraire aurait été, pour nous, suspect.

Qualifierais-tu « Legends » d’album conceptuel ?

Non, pour moi, « Legends » n’a rien de conceptuel : il n’y a pas de liens entre les morceaux, à part qu’ils portent tous sur les mythes et des faits qui se sont vraiment produits.

Comment s’est passé la préparation de ce disque ? Comment avez-vous réussi à repartir après le succès du premier album, « A Way » ?

Au niveau de la préparation du disque, on a su rebondir après toutes les chroniques de « A Way », et en particulier, comme nous l’évoquions plus tôt, des critiques négatives. Et nous n’avons eu qu’à retravailler quelques morceaux, puisque l’album était déjà prêt. Et d’ailleurs, à l’heure où nous nous parlons, le quatrième est presque terminé (rires). C’est le gros avantage d’avoir un compositeur qui ne s’arrête jamais, on n’est pas contraint pas notre nombre de morceaux (rires)…..Pour en revenir à notre sujet, on est parti de tous les retours qu’on a eu sur notre premier album, et on a repris toutes les choses sur lesquelles on pouvait mieux faire. On s’est concentré pour rendre le résultat le plus fignolé possible. Et on trouve « Legends » plus stable, plus posé. On a l’impression qu’on s’est mieux trouvé musicalement, qu’on est vers un son qui va bien définir Orkhys.

« The Secret Of The Banshee” est un single assez particulier, puisqu’il y a un décalage assez formidable entre le titre et son contenu ! C’est pour cela que vous avez choisi de le mettre en avant ?

Il est effectivement souvent perçu comme contradictoire, et c’est bien pour ça qu’on est parti dessus ! Ce n’est pas à quoi on s’est préparé. Et j’aime beaucoup ce morceau, qui va choquer un peu, car j’aime bien faire ce qu’on n’attend pas de moi (rires).

Que peux-tu me dire sur « Draugar » ?

C’est un morceau très particulier, on l’a d’ailleurs joué ensemble pour la première fois … la semaine dernière (rires).  C’est le genre de morceau où chacun fait ses prises chez soi, sans forcément savoir ce que ça va donner derrière ! Donc, sur certains passages, j’ai fait au plus simple car je n’étais pas sûre de ce qui allait être fait par-dessus ! 

Que peux-tu me dire sur « The Infernal Kelpic » ?

Le morceau est inspiré d’un mythe portant sur l’un des esprits de l’eau, le Kelpic donc, qui se manifeste sous la forme d’une personne ou cheval, … Les gens grimpent sur son dos et il les noie ensuite pour les manger. On a un clash entre des paroles gores et le ton du chant, doux posé et calme. C’est l’un des morceaux que je préfère sur ce disque-là.  Il clôture bien l’album, avec son air presque malsain. J’ai, là aussi opté, à la batterie, pour un jeu relativement simple, que ça serve plus aux orchestrations et à la voix de s’exprimer. 

Comment ça se passe en ce moment niveau concert ?

La réception de notre album est très bonne et nous avons quelques concerts de programmés. Mais nous aimerions tourner tellement plus ! On essaie de prendre essentiellement les grosses scènes en ce moment, sans renier pour autant aux shows dans les petits clubs.

Un dernier mot ?

Merci à tous ! Et n’hésitez pas à vérifier nos réseaux sociaux, nous annoncerons de nombreuses nouvelles dates de concert très bientôt !

[INTERVIEW] Brittney (Unleash The Archers) : « Le plus important est qu’on soit satisfaits de notre album. »

Les Unleash The Archers continuent leur bonhomme de chemin sans rendre de compte à qui que ce soit en sortant un concept album ambitieux, intitulé « Phantoma ». Metal-Actus a pu s’entretenir avec sa chanteuse et parolière Brittney Slayes sur cette histoire née bien avant ces histoires de ChatGPT !

Metal-Actus : Bonjour Brittney ! Quels sont les premiers retours sur « Phantoma », sorti depuis ce 10 mai ?

Brittney Slayes (voix) : Les premières chroniques sont assez positives. Mais on y essaie de ne pas trop y prêter attention à ce qu’il se dit sur les réseaux sociaux, histoire de préserver notre santé mentale. Le plus important est qu’on soit satisfaits de notre album.

Par rapport au titre, je comprend que « Phantoma » est le titre de cette intelligence artificielle et personnage principal de votre album ?

Oui. Tout a commencé par la création de ce personnage, ce programme informatique, appelé Phantoma. Elle est née dans cet espèce de château de cristal que tu vois sur la cover, une sorte d’oasis d’un monde ravagé par les humains. Les androïdes sont devenus des êtres à part entière : Phantoma sait d’ailleurs qu’elle a été créé par ces derniers. Au début, elle admire ses créateurs, mais une fois qu’elle les a rencontré, constatant qu’ils n’éprouvent aucun remords quant à la destruction de la planète, elle ressent une déception immense. Elle essaiera alors de trouver qui elle est et le véritable sens de sa vie. Commence donc un véritable parcours initiatique.

Il convient de spécifier par ailleurs que votre album n’a aucun lien avec les polémiques actuelles sur l’IA… puisqu’il a été imaginé dès 2021 !

Oui, c’est une coïncidence à la fois déroutante et amusante. Mais notre concept tient plus de la science-fiction dans laquelle nous avons tous été baigné depuis tout petit. « Phantoma » est plus inspiré d’oeuvres cinématographiques, telles que « Terminator », que de Chat GPT (rires).

C’est vrai que l’artwork est directement inspiré de votre premier single, « Green & Glass » ?

Oui : nous voulions représenter la première incursion de Phantoma dans cet endroit luxuriant et magnifique dans lequel les humains vivent. C’est en quelque sorte un hangar féérique au milieu d’un désert de mort, sur une planète post-apocalyptique.

D’ailleurs pourquoi cette décision d’en avoir fait un clip animé, qui est d’ailleurs issu d’une vraie intelligence artificielle ?

Nous faisions notre second clip, « Ghost In The Mist » quand nous avons pris cette décision : Danny Gayfer nous a présenté ce programme d’intelligence artificielle, qu’on a trouvé plutôt cool sur le moment. Et on s’était dit que ce serait intéressant, vu le sujet de « Phantoma », de pouvoir l’utiliser pour mettre en vidéo l’un de nos morceaux. Cependant, il ne fallait pas que cela se fasse sans nous, qui avons joué sans exception dans toutes nos vidéos : on a alors joué des androïdes ! On s’est transposé dans notre propre monde !

Que peux-tu me dire sur « The Collective » ?

C’est le moment où Phantoma rencontre un groupe de IA comme elle. Mais elles sont très en colère contre l’espèce humaine qui a détruit la planète. Ils constituent une armée afin de les mettre les humains hors d’état de nuire. Et Phantoma pensait qu’elle allait rencontrer d’autres IA comme elle…. C’est un morceau apporté par notre nouveau bassiste Nick. Et il a fallu coller un ton du morceau, plus heavy que ce qu’on fait habituellement. Andrew a pris quelques risques, et lui a apporté un côté mélodique qui a enchanté tout le monde.

Que peux-tu me dire sur « Blood Empress » ?

Ce morceau a été composé la nuit avant notre entrée en studio, en 2023, alors qu’on s’amusait à jouer autour d’une table, dans notre air Bnb : on essayait de trouver des idées de riffs, pour construire un semblant de chanson (rires). C’est la fin de l’histoire et Phantoma a détruit le Collectif, puisqu’elle veut qu’androïdes et humains vivent en paix. C’est un moment assez particulier puisqu’en commettant cet acte, elle n’est plus sûre de ce qu’elle mérite…La mort ? Devenir leader des androïdes ?

Une suite est-elle prévue ?

Non. Il était prévu depuis le départ que ce serait un one-shot, une histoire complète sur un album.

Comment va s’articuler vos futures set-lists pour les concerts ?

Il va être difficile de jouer tout l’album d’un coup, ne serait-ce que par soucis de contraintes horaires. Et puis nos fans viennent surtout nous voir dans l’espoir d’entendre tous leurs morceaux favoris, donc, on va simplement faire les ajouts de certains de nos nouveaux morceaux. Mais oui, un jour, j’adorerai un set spécial où on jouerait l’entièreté de l’album.

Vous avez une année chargée en concerts, avec notamment une tournée américaine en compagnie de Powerwolf et le festival 70000 Tons Of Metal…

Oui, ce sera une année chargée : on ira aussi en Australie et en Nouvelle Zélande. On a vraiment hâte de faire cette tournée avec Powerwolf. Et en plus, nous ne serons pas la tête d’affiche, ce qui va nous reposer et nous permettre de nous relaxer (rires).

Vous pensez revenir en France ?

Tout ce que je peux te dire, c’est que nous travaillons sur une tournée européenne pour le printemps 2025, avec une petite date dans votre beau pays !

(INTERVIEW) Bruno (Shaârghot) : « Comme tous les groupes, nous devons à un moment évoluer »

Quelques années (et un Covid) après la sortie de « Break Your Body », les Shaârghot reviennent enfin avec une nouvelle galette « Vol III – Let Me Out » qui vient continuer l’histoire entamée, déjà, en 2015. Face à une attente grandissante des fans et d’autres d’ailleurs, le groupe était attendu au tournant. Bruno est revenu avec nous sur ce nouvel opus mais aussi sur le cheminement de Shaârghot depuis ces dernières années.

Metal-Actus : On a enfin un nouvel album de votre part, alors que le dernier datait de – si je ne me trompe pas – 2019 ! Alors certes, il y a eu votre court metrage « Black Wave » il y a eu des lives…

Bruno (guitare/percussions): Nous aussi on a été un peu frustrés (rires). On avait pleins de projets mais tout s’est arrêté en 2020 et au ralenti, notamment sur le tournage de nos clips, en 2021. On ne devait pas avoir autant d’attente entre deux albums.

Metal-Actus : J’ai entendu dire que vous aviez changé de direction sur ce volume III, et que finalement, vous avez rendu le Shaârghot plus énervé que dépressif. L’expression d’une certaine rancœur par rapport à la crise du COVID ?

Non car on s’applique à n’avoir aucune corrélation entre nos sentiments, comme une frustration, et notre manière composer. On a toujours pensé Shaârghot comme un univers à part entière dans lequel nos ressentiments du moment ne pouvaient pas avoir de place. Ce nouvel album, à mon sens, s’inscrit dans la continuité de « Break Your Body ». Mais comme tous les groupes, nous devons à un moment évoluer. Dans notre univers post-apocalyptique, c’est assez simple : on n’a plus de repère.  Toute musique devient alors possible. On est alors partis dans différentes directions, en fonction de nos influences propres : ce qui a donné des morceaux plus électro-metal, plus dumbass, voir rap même, mais toujours à notre sauce. Beaucoup d’éclectisme donc (rires). On a tous travaillé ensemble sur le rendu final

Pourtant, ce « Let Me Out » semblait avoir un aspect plus personnel, alors que jusque-là ce n’était pas le cas, je me trompe ?

Comme je te le disais plus tôt, on ne laisse aucune émotion personnelle transparaître via le personnage du Shaârghot. Mais je te confirme que c’est plus personnel pour notre protagoniste ! Il est plus cérébral, plus psychologique. Ce troisième album met en avant son côté noir, exacerbé par le parasite.

Comment s’est passé l’enregistrement avec l’arrivée de Paul ? A-t-il pu s’intégrer facilement, proposer des idées ?

Tout s’est très bien passé, et Paul a même œuvré dans le processus d’arrangement et de composition. Nous avions commencé à bosser sur l’album à 4 pour être rejoint ensuite, 7 mois plus tard, par Paul.  Il a pu ainsi apporter des modifications grâce au recul que nous n’avions pas. Et on voulait intégrer à notre troupe depuis longtemps un véritable multiinstrumentiste. Paul peut faire des samples, des percussions et de la guitare.

Pourquoi « Let Me Out » ? Pour signifier que le Shadow doit sortir ?

Elle décrit la phase clef quand un individu désire être un shadow : en injectant le parasite, on laisse sortir ce qui a de plus noir en nous. On met alors en avant notre état psychologique, pleins de failles.

Que peux-tu me dire sur « Red Light District », qui fut l’un des morceau mis en avant ?

C’est le morceau qui met en avant notre thématique au sein du groupe et les codes couleurs qu’on peut retrouver dans les clips précédents. C’est un titre dont on peut imaginer l’atmosphère.

Je voudrais revenir sur le court métrage que vous avez réalisé durant la pandémie, « Black Wave » : avec le recul, quel est ta vision sur ce projet ?

Ce fut très long et très éprouvant pour un court-métrage de ce type. C’était un vrai challenge et on n’a aujourd’hui aucun regret. Même si, dans l’immédiat, il n’est pas prévu de refaire un court métrage. On sait désormais qu’on en est capable.

Comment s’est passé la tournée ? Vous vous attendiez à autant de succès, malgré l’annulation de Punish Yourself sur vos dates ?

On s’attendait à voir du monde, vu la grosse progression de notre fanbase ces dernières années, mais pas autant. Et les Punish Yourself ont annulé tardivement et on s’est retrouvé dans une impasse : pas le choix, on y est allé. Et on a eu raison : on s’est retrouvé devant un très beau public.

Quels sont vos projets sur 2024 ?

On va changer de stratégie et passer un galon pour devenir de plus en plus professionnel. On part donc sur l’exploitation de cet album jusqu’en 2026 ! Côté shows, on a prévu des festivals à partir de mai, et des concerts en salle en automne, dont un à Paris, fin 2024-début 2025. On a aussi un clip qui sortira dans le courant du mois de mars.

En parlant de Paris, vous aviez une belle date ce 3 décembre au Trianon ! Comment elle s’est passée ?

C’était une date particulière car on n’avait pas sorti l’album, et seuls certains qui avait précommandé l’album, des petits chanceux, ont pu l’écouter avant. Mais nos cinq singles avaient donné la couleur, on a eu tout de suite des retours, donc nous n’étions pas non plus très inquiets. Et les retours en directs ce soir-là nous ont que confortés.  

Un dernier mot ?

Merci à notre public, fidèle et gentil (rires) et à bientôt !

[INTERVIEW] Pilou (Tempt Fate) : « Le plus difficile, c’est de tous se trouver dans un style »

Tempt Fate a impressionné dès sa première galette par sa justesse, sa violence et son propos sans concession. Cinq ans après un premier album acclamé par tous, les toulousains reviennent avec le successeur et nouveau rejeton, « Holy Deformity ». Pilou, guitariste mais aussi fondateur du groupe, a accepté de revenir sur une génèse de cet opus, certes longue, mais bien plus aboutie.

Metal-Actus : Il s’est passé près de cinq ans depuis la sortie de votre premier album « Human Trap ». alors certes, il y a eu des singles entre temps, mais quelle est la raison de cette longue absence studio ?

Pilou (guitares/backing vocals) : Depuis notre création, et la sortie de notre EP, nous avons du faire face à différents mouvements de line-up. On voulait tout d’abord le stabiliser, et trouver une certaine cohérence entre nous, en tant que groupe mais aussi en tant qu’amis. De plus, on a une production live plus massive, et effectivement, la crise du Covid nous a particulièrement impacté. Et en studio, on a toujours été plus lents (rires). Et puis il faut savoir que Tempt Fate n’est pas notre premier métier, et que nous avons des vies bien remplies à côté !

Même s’il s’éloigne de votre premier album, on voit bien encore les influences sur « Holy Deformity », en particulier celle de Benighted !

Il est vrai que Benighted est toujours bien présent, mais nous avons pu y ajouter pleins d’autres éléments, en particulier grâce à l’arrivée de Jean-Phi (guitares), qui a pris le relai sur certaines compositions. Du coup, il bosse en particulier sur les harmonies et nos riffs de guitare, et notre son a naturellement évolué. Le plus difficile, c’est de tous se trouver dans un style, mais grâce à notre amitié, on a pu y arriver facilement !

Pourquoi d’ailleurs ce titre, « Holy Deformity » ?

Parce qu’il est brutal, tout en restant très sain (rires). Il est un peu dérangeant, mais tout en restant uniforme. Il renvoie à la question du corps : cela résume le fait qu’il nous suffit, la plupart du temps, d’un regard pour avoir beaucoup de choses à penser.

Que peux-tu me dire sur « Erlebnis » avec ce surprenant cri ?

C’est un mot en vieil allemand/autrichien. Le morceau porte sur une expérience freudienne : il est vif tout en étant empêtré dans des longueurs mortifères. Concernant ce cri, qui n’a pas été marrant à faire pour le chanteur (rires), c’est le résultat de cette chose qui, depuis le début de la chanson, lutte pour la vie jusqu’à ressentir, à la fin, un profond déchirement interne. C’est un truc lié à la psychiatrie – je suis dans la vraie vie psychiatre – qu’on tient en fil conducteur : on voulait s’en servir pour mettre en scène une tranche de vie fictive.

Que peux-tu me dire sur « Purge » ?

C’est un morceau très rapide, opaque, oppressant, et suffocant par son aspect grind. Le tempo court juste tout le temps. Elle porte sur un monde maternant. D’ailleurs, le morceau est construit à la manière d’une ritournelle qui tourne mal (rires).

Quoi de prévu niveau concert ?

On a, sans devoir annoncer quoi que ce soit, de belles dates pour l’année à venir : on va pouvoir se faire plaisir et roder notre set avec, entre autres, des morceaux exclus en live.

Vous avez, d’ailleurs, remporté un concours sur Facebook pour être sur l’affiche du festival From The Dust ! Vous vous y attendez, à ce succès ?

Oh que non ! Personnellement, les réseaux sociaux, ça me fait chier (rires), mais on a vu le concours et on s’est dit « Eh bah pourquoi pas ! » (rires). C’était la première fois qu’on participait à ce genre de chose, on s’est dit que cela ne nous coûterait rien, mais on s’attendait absolument pas à gagner ! (rires). On a bien fait d’aller emmerder les gens sur Messenger ! (rires). Cela nous a fait de la visibilité, et on est très content d’aller jouer dans ce festival !

Un dernier mot ?

Chantez des berceuses à vos enfants ! (rires) Et n’hésitez pas à venir nous voir en concert, et à nous donner vos retours : on est toujours ouverts pour entendre vos avis et les tranches de vie que cela vous inspire.

[INTERVIEW] Black River Sons : « Nous voulions nous éloigner un peu de l’image « sudiste » »

Black River Sons est un groupe français formé en 2016 prenant leurs racines dans le blues, le rock et le hard rock. C’est seulement leur deuxième album qui sort cet automne, le petit « Skins », qui s’éloigne assez franchement de son prédécesseur. Le groupe a accepté de nous en dire plus par mail !

(Interview réalisée par mailer – Merci à ROGER de Where The Promo Is)

Metal-Actus : Est-ce que ce deuxième album a été plus compliqué à composer que le premier ?

Black River Sons : Non, on  ne peut pas vraiment dire que ce deuxième album ait été plus difficile à composer. Après la sortie de « Poison Stuff » en 2019 , nous avions prévu de passer un peu de temps sur les routes afin de le présenter en live. L’arrivée de la pandémie a un peu contrarié nos plans , même si nous avons pu continuer à nous produire malgré tout. Au niveau de nos chansons, on n’avait rien de produit à l’avance, on écrit de manière cyclique, à l’envie et l’instinct. L’écriture de « Skins » s’est déroulée logiquement de manière assez fluide. La vraie différence réside dans l’implication des autres musiciens de Black River Sons plus présents durant le processus de création . Ce qui donne à l’album plus de   richesses et de diversités, donc un aspect, peut-être, moins monolithique .


Comment vous l’avez vécu cette période pandémique ?

Comme tout le monde , nous avons été bouleversés par la période covid : la période a été propice à l’introspection , et a eu une influence évidente sur l’ambiance , la couleur de nos morceaux. Cet album est vraiment plus sombre, plus lourd voire pesant, résultats de l’état d’esprit dans lequel on se trouvait durant cette époque troublée.

                                     
Je remarque, par rapport au premier album, une certaine évolution de la musique vers un style plus épuré et moderne (qui se voit jusque sur la pochette). Vous pouvez nous en parler ?

Nous voulions nous éloigner un peu de l’image « sudiste » et quitter le folklore relatif à cette étiquette, tout en gardant notre identité. On n’est plus vraiment un groupe de Southern Rock pur et dur. On peut retrouver un panel d’influences très large : du rock classique , du hard rock des 70’s, du stoner, du grunge.. bref l’étiquette sudiste s’est révélée être beaucoup trop réductrice et restrictive .Quant à la pochette il était évident qu’elle se devait d’être le révélateur de ce changement : fini les tonneaux , les chapeaux, la paille !

Pourquoi votre choix de premier single – et clip – sur « Birds And Beasts » ?

« Birds And Beast » nous représente parfaitement dans cette démarche d’évolution : on a grossi la production, moderniser l’écriture et actualiser la partie iconographique . Ce titre est celui qui affirme  le plus nos changements. Il rentre dans un format un peu plus « radio » et peut vous embarquer rapidement  avec sa rythmique plombée et son refrain accrocheur.

Que pouvez-vous me dire sur le très « tubesque » « No Pain No Gain « ?

On voulait un titre un peu « stade » avec un gros refrain et des choeurs puissant à l’unisson , un truc que tu peux chanter facilement et qui martèle la tête. C’est un morceau un peu à la Black Stone Cherry, gros son gros riff!

Que pouvez-vous me dire sur, pour le coup, le très sudiste « Spit it out « ?

Alors oui c’est très skynyrdien dans la construction du morceau avec des solos de guitares en questions/réponses, des choeurs féminins,… mais je dirais que la couleur générale est plutôt hendrixienne, Kenny Wayne shepherdienne (!!), à la Stevie ray également . On est plus dans le Texas blues (même si c’est un morceau binaire).

Enfin, la douceur de « The Road » surprend, surtout en clôture d’album. Que pouvez-vous m’en dire ?

On voulait une ballade acoustique à la base pour clôturer l’album. Fred notre bassiste, nous a proposé de s’y mettre : il avait une idée en tête . Il est venu avec ce magnifique morceau dont il  a composé la musique ,les arrangements , écrit les textes (comme tout le reste de l’album d’ailleurs) , et joué tous les instruments hormis la partie vocale. Et ça a été une évidence pour nous !