Archives de catégorie : Interview

[INTERVIEW] Jennifer (Dust In Mind) : « On voulait donner cette impression d’évasion à tous nos fans »

Après la sortie de « From Ahes To Flames » en 2018, les strasbourgeois de Dust In Mind reviennent déjà avec une toute nouvelle galette, « CTRL », dont vous avez certainement pu voir les nombreux extrait cette année. On a discuté avec Jennifer, chanteuse du groupe, de la gestation de cet album tout frais.

Metal-Actus : Comment vas-tu ?

Jennifer (chant) : Et bien ça va ma foi ! On est en pleine promotion, et c’est la première fois que ça nous arrive. C’est super de rencontrer la presse française.

Comment est venue l’idée de ce « CTRL » ? Et pourquoi ce titre particulièrement ?

On voulait rester dans une thématique, celle du contrôle des émotions : comment on s’inhibe, on lâche prise, comment on arrive à l’addiction aux émotions, et l’album a découlé de tout ça.
On souhaitait aussi toucher dans un second temps tout ce qui a un rapport avec la technologie et les réseaux sociaux : comment on construit une image d’Epinal sans lâcher le voile sur sa véritable personnalité.

Comment expliquez-vous la production, massive si on peut dire, de clips vidéos cette fois ?

C’est vrai qu’on vient de publier notre cinquième clip ! « No Way Out » était le premier, qu’on a tourné en Bretagne, entre deux confinements. On voulait avoir des clips qui respiraient volontairement pour donner cette impression d’évasion à tous nos fans confinés.

Pour le clip de « Take Me Away » et la cover de l’album, vous avez fait appel à « Freaky » Sylvain Hoody, homme le plus tatoué de France. Comment s’est passé cette collaboration ?

On a vu ses vidéos qui faisaient le buzz à une époque, et on a trouve qu’il inspirait un message de tolérance qui collait à nos valeurs et au concept des morceaux, ça allait avec notre message à nous. On l’a contacté, on s’est rencontré et on a rapidement sympathisé. A un point qu’on lui a demandé de poser pour notre shoot, ce qui n’était pas prévu. On lui a demandé le plus naturellement du monde. Et la photo s’est révélée parfaite pour notre album.

Le clip de « Synapses » est gorgé de symboles français (Tour Eiffel, béret rouge …) et semble rentrer en contradiction avec vos autres vidéos. Pourquoi avoir choisi ce genre de représentations ?

On a eu une prise de conscience, suite au fait que nos fans internationaux se montraient étonnés quand on leur disait qu’on était français. On a eu du coup cette idée, qu’on a développé et qu’on assume aujourd’hui. On voulait montrer qu’on est français , et inviter par la même occasion à découvrir les bons petits groupes bien de chez nous. Et quel est le symbole le plus international qui prouve qu’on est français : la Tour Eiffel. C’était une évidence pour nous.

Comment avez vous réussi à obtenir les autorisations de tournage sur la Tour Eiffel ?

On a adressé un mail avec bon dossier retraçant l’histoire du groupe, et l’image qu’on allait donner au monument à l’étranger au service des tournages. Le problème est qu’on est une association, donc nous n’avions pas un budget mirobolant. Mais ça a pu le faire ! On a eu une heure top chrono depuis le pied de la Tour Eiffel pour tout faire (déplacer le matériel, monter et démonter et le tournage) avant son ouverture au public. On a shooté, au final que quinze minutes ! C’était serré comme planning mais on a bien géré !

Que peux-tu me dire sur « The White Page » ?

J’ai souffert de ce syndrome durant le Covid. C’était l’une des chansons pour laquelle je n’arrivais à coucher aucun mot sur le papier. Mon cerveau avait beau pourrir d’idées, je n’y arrivais juste pas. Je me suis sentie extrêmement frustrée par cette créativité « bridée » : écrire paroles étaient limite devenu un enfer. Phil a repris les choses en main et a écrit le texte sur ce qu’il m’est arrivé. Et c’est pour cela que j’ai un attachement particulier à ce morceau : il montre notre unité, en tant que groupe, en cas de coup dur pour chacun de ses membres, même le plus annondin.

Que peux-tu me dire sur « Speak For The Voiceless » ?

C’est le deuxième morceau sur lequel je n’arrivais pas non plus à écrire (rires). Je n’étais pas inspiré, alors que, musicalement, cela faisait un an et demi qu’il était prêt. J’ai mis beaucoup de temps à travailler dessus.
Concernant le titre en lui-même, il reprend un thème qui nous est cher depuis quelques albums : prendre la défense des personnes qui n’ont pas forcément la chance de pouvoir s’exprimer.

Comment s’est déroulée votre date avec Ad Infinitum ? Surtout que, si j’ai bien compris, ça s’est décidé au dernier moment !

On a tout simplement reçu un e-mail pour nous inviter sur cette date. C’était effectivement un délai très court – trois semaines avant la date – mais ce n’était pas trop loin de Strasbourg, et cela nous a convenu. C’était une reprise rêvée, très intense émotionnellement, sans masques ni autres restrictions.

A part votre prochaine date sur Strasbourg en 2022, vous avez d’autres projets de concerts ?

On va partir en tournée après le mois de mars 2022. Ce sera d’ailleurs notre première en tête d’affiche ! Nous sommes ravis de cet accomplissement.

Un dernier mot ?

On a hâte de vous retrouver, hâte de communiquer notre énergie live qu’on nous a enlevé très brutalement. On va en profiter et échanger le maximum avec notre public.

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[INTERVIEW] Alexis (Death Decline) : « On compose avec ce qu’on est, en tant que personne, être humain »

Forts de leur succès grandissant, que ce soit au sein de la scène française qu’à l’international, les Death Decline reviennent avec un galette toute fraîche, « The Silent Path », qui secouera comme il se doit votre fin d’année. On en a discuté avec Alexis, chanteur de la formation dijonnaise.

Metal-Actus : Bonjour à toi ! Déjà, quel est ton état d’esprit par rapport à cette période spéciale que nous traversons ?

Alexis Fleury (chant) : En demi-teinte : lors de la première phase de la pandémie, on a pu se focaliser sur la composition de l’album, en prenant bien le temps de peaufiner les arrangements, les détails. On est rentrés en studio et, alors qu’on avait terminé son enregistrement, en novembre 2020, le gouvernement a annoncé le deuxième confinement – le lendemain je crois. On est donc passé par une période lourde administrative pour la sortie de notre album, durant laquelle habituellement, on programme toujours quelques concerts histoire de respirer un peu. Comme tout le monde, on ne savait pas à l’époque quand nous allions pouvoir remonter sur scène.

Et ça n’a pas été trop compliqué justement cette période administrative en plein confinement ?

Non car même si on a terminé ric-rac, tout a pu se faire à distance. Cela ne m’a pas trop dérangé, mais ces démarches ont un côté redondant et parfois un peu lourd.

Vous avez sorti pour le moment deux extraits dont le clip « Jackals ». Dirais-tu que c’est le morceau le plus représentatif du groupe, notamment concernant le mélange de vos influences ? Je sens, personnellement, une légère petite influence thrash à la limite de l’hardcore, notamment niveau rythmique !

Tu n’es pas la première à nous dire qu’une petite influence hardcore se ressent dans le morceau, ce qu’on ne nie pas. C’est certainement dû à l’arrivée d’Arnaud à la batterie, qui a pu participer cette fois à l’élaboration de nos morceaux, et son jeu est particulièrement droit et frontal, avec beaucoup de passages qui tabassent ! Et effectivement, beaucoup ressentent une résonnance hardcore dans son jeu. Mais il partage certaines racines en commun avec le thrash. En tout cas « Jackals » est le morceau le plus efficace et direct de l’album.

A l’inverse, « Above The Weakness » est plus brutal death que jamais. Qu’est-ce qui vous a amené à vouloir mettre ce titre en particulier en avant ?

C’est un titre Mid-tempo assez lourd. A vrai dire, c’est « Eleven » qui aurait dû se retrouver mis en avant via encore une lyric-vidéo. Mais on avait peur que les paroles soient mal interprétées dans ce contexte si particulier – elles traitent d’un virus qui s’échappe de l’unité 731 du Japon – et passent pour un discours anti-vaccin. On n’avait pas envie de rentrer dans des polémiques stériles, ni de devoir sans cesse se justifier alors on s’est rabattu sur « Above The Weakness ». On pense que ce titre marchera bien en live.

Que peux tu me dire sur « Little Boy » ?

C’est un morceau qui a eu une gestation difficile. On en parlait lors de la promo de notre dernier album « The Thousand Faces Of Lies » comme d’un morceau en phase d’être prêt, mais finalement, il a changé plusieurs fois de sujet et de musique avant qu’on n’obtienne enfin sa version finale. Il traite du danger atomique de base, tout en se voulant très frontal, brut avec une pointe de death old school. Il représente un miroir, qui contient deux facettes de la Seconde Guerre Mondiale.

Que peux-tu me dire sur « Exile » ?

« Exile » représente ce côté cyclique, contemporain et triste, sur le manque d’éducation des gens sur la société. Si c’est un morceau sombre, il finit sur une note plus positive.

Crois-tu que l’expérience acquise avec la sortie de « The Thousand Faces Of Lies en 2018, plus votre passage dans la série South Park qui vous a brutalement mis sur le devant de la scène internationale, a joué sur votre maturité et votre expérience pour produire ce disque ?

On a acquis de l’expérience avec la composition de notre précédent opus. On compose avec ce qu’on est, en tant que personne, être humain, avec nos sentiments, nos événements, nos envies. Concernant South Park, notre passage dans l’épisode n’a eu qu’un tout petit impact qui n’a pas duré. C’était un coup de chance car la production ne nous a rien demandé – je pense qu’ils ont pris le premier morceau de Death Metal qu’ils ont trouvé en faisant une recherche Google – il n’y a eu aucune négociations. Je n’ai d’ailleurs jamais vu l’épisode. C’est fun de constater comment un petit caillou a cassé tout un algorithme ! (rires)

Vous avez plusieurs concerts de prévus : Le 12 aux tanneries de Dijon, le 20 à Nice… Est-ce facile dans ce contexte de trouver des dates ? D’ailleurs, vous avez publié une annonce pour rechercher une date le 29 octobre !

C’est moins rare qu’on ne le croit ! Pour le 29 octobre, on a juste jeté une bouteille à la mer car on avait un autre concert dans le coin, et on voulait rentabiliser nos sept heures de trajets (rires). Sinon c’est de plus en plus compliqué de trouver des dates, les groupes devant jouer en 2020 se faisant reprogrammer en priorité.

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[INTERVIEW] Jean-Yves (Orkhys) : « Avec cet album, on voulait prendre l’auditeur par la main »

Quelques mois seulement après avoir été bien accueilli avec leur tout premier EP, « Awakening », les Orkhys ne nous laissent pas le temps de souffler et embrayent directement sur un premier album pleins de promesses, « A Way ». On en a discuté avec Jean-Yves, batteur de la formation !

Interview du 22 octobre 2021 réalisée par téléphone – Merci à Roger de Replica Promotions.

Metal-Actus : Peux-tu revenir rapidement sur la formation d’Orkhys ?

Jean-Yves Chateaux (batteur) : Le groupe a commencé avec Laurène (Telennaria au chant) et Brice (Druhet à la guitare). Il n’y avait pas d’autres musiciens au départ, et ils se sont mis rapidement à la recherche d’autres compères. Pour ma part, Laurène m’a contacté via Facebook. Je lui avais répondu alors que j’avais déjà 5 groupes de mon côté et que je n’avais pas le temps pour un sixième (rires). Mais je lui ai demandé de m’envoyer les titres pour que je puisse y jeter une oreille, par curiosité. Et on peut dire que j’ai craqué pour les morceaux vu que je l’ai recontacté tout de suite après (rires). J’ai intégré le groupe au mois de mars 2019 et avec mon style de jeu, j’ai pu apporter ce complément que le groupe recherchait.

Vous avez sorti tout récemment un premier EP, « Awakening ». Comment ce dernier a été reçu ?

Cet EP représentait notre carte de visite, on voulait alors présenter quelque chose d’assez différent. Les retours avaient été plutôt bons, je n’ai pas le souvenirs de critiques dures, mais constructives sur des vrais points. Cela nous a que conforté sur la vraie voie que nous avons depuis prise.

Vous avez effectué votre premier concert en octobre 2020, en passant au travers des mailles du filet du confinement. Te souviens-tu de l’accueil qui vous aviez été réservé ?

On a eu beaucoup de chance, on peut dire qu’on est passé entre les gouttes (rires). Bon, avec les chaises et les masques, c’était un peu particulier. Mais le concert s’est super bien passé, il est d’ailleurs tombé complet comme celui de ce mois d’octobre. Cela fait plaisir, cela fait du bien (rires).

Pourquoi ce titre pour l’album, « A Way » ?

Avec cet album, on voulait prendre l’auditeur par la main et lui faire suivre la voie qu’on lui trace, pour entrer dans notre monde. En d’autres termes, c’est dans ce style là qu’on fait les choses.

Est-ce que cela a été évident de repartir tout de suite sur un album ?

Oui car nous avons eu le temps de nous y pencher avec les confinements. Et qui plus est, certains morceaux étaient déjà prêts en mai 2019 !

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « The Devil And The Impudent » ?

On s’est dit qu’on surprendrait notre public avec ce morceau qui est dans un autre style de ce qu’on fait habituellement. Si on devient trop prévisible, c’est chiant (rires). Et le morceau se prêtait au clip car il plaît beaucoup, et a beaucoup d’énergie.

Que peux-tu me dire sur « Blood Ties » qui soulève, si je ne me trompe pas, la création de liens avec un enfant qui n’est pas le sien ?

Si chacun apporte sa propre patte sur les morceaux d’Orkhys, il faut savoir que c’est Brice qui s’occupe de l’entière majorité des compositions et Laurène des paroles. Cette dernière a vu une sorte de film qui se prêtait bien à « Blood Ties », qui est très longue et comporte différents passages. Elle rend bien compte, avec ce texte sur un homme qui tente d’accepter le fils de sa compagne, issu d’un viol, de cette zone grise qui se révèle particulièrement violente. Le texte s’y prête bien, et je n’aurai, personnellement, pas vu d’autres textes. Il invite les gens à se rapprocher du moi profond et à s’interroger : que faire dans ces cas-là ?

Pourquoi avoir choisi de faire une reprise d’un groupe à l’origine très loin de votre univers, Iron Maiden « The Clansman » ?

Brice est tout simplement un grand fan du groupe et Laurène a craqué sur le morceau.

Un dernier mot ?

Sans les gens, nous ne sommes rien. Alors je ne remercierai jamais assez tout ceux qui nous suivent avec fidélité depuis nos débuts. Et à bientôt en concert !

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[INTERVIEW] Melissa Bonny (Ad Infinitum) : « Cet album marque surtout un changement, une évolution »

Les Ad Infinitum font partie de ces groupes qui n’ont jamais réellement quitté l’espace durant ces temps – parfois difficile – de confinement. Ils reviennent aujourd’hui avec une galette toute belle, « Chapter II – Legacy » dont leur chanteuse, Melissa Bonny, a accepté de nous en dire quelques mots.

Réalisée le 19/10/2021 par téléphone – Merci à Sounds Like Hell Productions

Metal-Actus : Comment te portes-tu, en ces temps troublés ?

Melissa Bonny (chant) : ça va, on a pu profiter de cette période pour écrire notre deuxième album. Vu l’arrêt net des concerts, c’est la bonne façon pour nous de rester sur le devant de la scène. Malgré le fait qu’on soit tous dispersés aujourd’hui – j’habite moi-même au Danemark – on a pu fonctionner quasi-normalement.

On se parle aujourd’hui suite à la sortie de l’album « Chapter II – Legacy ». Est-ce pensé comme une suite logique à « Chapter I – Monarchy » ou dirais-tu que ce sont des concepts plutôt différents ?

Cet album marque surtout un changement, une évolution : sur le « Chapter I – Monarchy », j’étais seule alors qu’avec cet album, nous étions tous ensemble mais sans producteur. Les choses se sont donc déroulés différemment, et cela se ressent jusque dans notre production.

Dirais-tu que les confinements successifs vous ont aidé à composer cet opus, même si vous aviez rencontré certainement d’autres problèmes comme le pressage ou le mastering ?

Comme je te l’ai dit plus tôt, on habite tous à des endroits différents. On a donc l’habitude de travailler à distance dans un premier temps, avant de se rejoindre en studio. Ce qui a été le plus compliqué a été le tournage de nos clips. Il fallait suivre l’actualité, s’informer des différentes restrictions suite à la pandémie de Covid-19 dans de nombreux pays, pour prévoir nos déplacements, mais aussi ceux de Nils (Molin) pour le tournage de « Afterlife ». Mais on a finit par y arriver !

Votre cover est très semblable aux affiches de blockbuster !

Depuis le premier album, on a voulu ajouter dans l’univers d’Ad Infinitum une dimension cinématographique, ce qui passe notamment par plus de mise en scène, dont sur les artworks. On l’avait déjà fait sur notre précédent opus, et cette fois, on a voulu aller un peu plus loin avec une affiche inspirée d’Indiana Jones et du Hobbit !

Pourquoi avoir diffusé « Unstoppable » comme premier single ?

On a trouvé que ce morceau représentait une bonne introduction pour l’album, en plus d’être accessible et facile à digérer (rires).

Comment s’est déroulé la collaboration avec Nils Molin (Dynazty/Amaranthe) sur « Afterlife » ?

Nos deux groupes étaient censés tourner en 2020, et nous avions prévus de faire une collaboration afin de pouvoir promouvoir nos concerts. Finalement cela ne s’est pas fait mais on s’était dit dès le départ qu’on allait lui garder une place sur notre album, et les choses se sont faîtes naturellement depuis !

Que peux-tu me dire sur « Animals » ?

C’est ma chanson préférée, qu’on a aussi produite en clip. Elle parle de l’instinct animal et primaire qui peut sommeiller en chacun de nous. Elle a d’ailleurs un petit côté vampire, à la Dark Dracula.

Que peux-tu me dire sur « Into The Night » ?

Un morceau taillé pour le live, qui passera très bien en festival. On l’a d’ailleurs joué en République Tchèque cet été et la chanson a été extrêmement bien accueillie. Si l’ambiance musicale est joyeuse, les paroles sont plus sombres.

Comment est venue l’idée de faire un concert en livestream ce 6 novembre ?

On l’a fait à la demande de nos fans du monde entier, qui souhaitait pouvoir assister à l’un de nos shows. On a donc travaillé afin de faire en sorte de leur offrir le concert le plus réaliste possible. Si certains groupes se refusent de faire du streaming, nous, de notre côté, on trouve ça normal de s’adapter.

Est-ce que vous avez d’autres projets de concerts ?

Nous devrions annoncer les dates de notre tournée, qui aura lieu en 2022. On devrait également faire quelques festivals l’été prochain.

Un dernier mot ?

Un grand merci pour votre soutien et on espère vous voir en concert très bientôt.

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[INTERVIEW] Flo « Rorschach » Charlet (6:33) : »On a vraiment pu se concentrer sur l’album grâce au confinement »

Après 4 ans de silence, les 6:33 reviennent avec du neuf, la galette « Feary Tales For Strange Lullabies: The Dome », vrai hommage à toute la pop culture des années 1980/1990, et qui arrive à point nommé pour la période d’Halloween. On a pu s’entretenir au téléphone avec Flo, alias « Rorschach » à son propos.

Metal-Actus : Comment te sens-tu par rapport à la pandémie actuelle ?

Flo « Rorschach » Charlet (chant) : J’ai été surpris de me sentir mieux que je ne l’aurai imaginé : bien évidemment, ça a été difficile au début, mais finalement, cette période a eu son lot de bonnes choses. Et il nous a surtout permis de nous concentrer sur ce nouvel album.

Un nouvel album, « Feary Tales For Strange Lullabies: The Dome » qui arrive 4 ans après le dernier « Deadly Scenes ». Pourquoi ce laps de temps ?

Et bien à partir de 2017, j’ai accueilli deux petits garçons et un autre membre du groupe une petite fille. Un autre s’est concentré sur les travaux de sa maison. On a donc voulu profiter de ce que notre vie privée avait à nous offrir et on a fait comme on pouvait. On a vraiment pu se concentrer sur l’album grâce au confinement. On y a d’ailleurs passé deux ans dessus.

Est-il vrai que votre premier single, « Act Like An Animal » est un hommage aux jeux vidéo, notamment SEGA ?

Absolument pas, c’est en fait le visuel que nous avons choisi d’utiliser pour le morceau, et beaucoup font le raccourci depuis. Notre album est un gros hommage à toute la pop culture des années 1980/1990. Mais ce n’est pas facile de saisir l’intention d’un morceau sans les paroles : on n’a pas voulu les insérer dans le livret pour ne pas gâcher les visuels. On devrait donc les mettre en ligne dans le courant de la semaine prochaine.

Au niveau de la composition, comment vous vous débrouillez ?

C’est Nico qui compose absolument tout alors que moi je m’occupe de l’ensemble des paroles. A l’exception notable de l’introduction « Primal Focus » dont s’est occupé notre plus ou moins ancien claviériste Emmanuel ROUSSEAU, qu’on considère toujours comme un membre à part entière du groupe. On ne se prend pas la tête sur les compositions, on n’essaie pas que ça sonne heavy metal ou autre. On compose comme ça nous vient.

Que peux-tu me dire sur « Wacky Worms » ?

C’est le morceau le plus violent de l’album ! Il faut dire que Nico et moi on était alors en demande (rires). C’est aussi le premier morceau de notre album qui nous ramène directement dans les années 1980/1990, période dont on s’est nourri pour produire notre galette.

Tu me disais qu’Emmanuel a signé cette superbe introduction sur « Primal Focus », qui me fait beaucoup penser à des bandes originales comme celle de l’Histoire Sans Fin. Que peux-tu me dire d’autres dessus?

C’est le morceau Prince (rires). Il a un côté naturellement Funk, très Nine Inch Nails. Il déboule avec tout un package, c’est en quelque sorte notre plus belle Madeleine de Proust ! Il parlera aux fans de Michael Jackson (on l’est tous) mais aussi à ceux de Britney Spears (rires). C’est un morceau avec une énergie folle, joyeuse, pleins de bons sentiments que nous avons voulu retransmettre. Il a un petit côté dance-floor.

Tu me parlais de l’artwork créé par Flo des Kromatorium ! Comment s’est passé la collaboration avec lui ?

Excellente ! On l’a contacté car on aimait beaucoup son travail, et on lui a envoyé nos pistes en lui laissant carte blanche. On a trouvé ses visuels tellement chouettes qu’on ne voulait pas les gâcher. Il a également signé les illustrations sur notre vinyle.

Du coup, je suppose que cet album va donner lieu à une suite ?

Tout à fait et on a déjà quelques pistes, même si on le souhaite assez différent musicalement parlant.

Niveau concerts, qu’est-ce que ça donne ?

Pour l’instant, le concert au Forum Vauréal excepté, on est en contact avec plusieurs salles, dont le Bus Palladium et le Barde Atomique, qui nous ont déjà contacté pour nous dire qu’ils avaient très envie de nous faire jouer. Autrement, nous travaillons avec Keuf Metal qui bosse sur nos potentielles dates.

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[INTERVIEW] Seb (Destinity) : « On voulait assurer un lien, une continuité, avec le passé »

C’est un retour qui s’est fait attendre vu les circonstances sanitaires ! Reformé en 2019 après presque six ans de séparation, les Destinity reviennent enfin avec une nouvelle galette (et savoureuse pour ne rien gâcher), « In Continuum ». Seb, guitariste du groupe, a accepté de nous en parler durant un bel entretien téléphonique.

Metal-Actus : Salut Seb ! Comment te portes-tu en ces temps assez particuliers ?

Seb VS (guitare) : Plutôt bien : la pandémie nous a permis de nous concentrer sur cet album, dont on a commencé l’enregistrement en 2020. Et puis il y a eu les confinements successifs. Mais grâce à cela, on a pu peaufiner tout ce qu’on voulait, travailler sur des petits détails qui font la différence. Aujourd’hui, nous sommes à 100% satisfait de l’album.

Cet album marque aussi le retour de votre chanteur d’origine, Mick Caesare, qui avait quitté le groupe peu de temps avant votre hiatus, sur une nouvelle galette studio. Comment se sont passées les retrouvailles, en 2019 à l’occasion de concerts ?

Nous nous étions séparés en 2013, après de très nombreuses tournées. On était cramés, et ça n’a fait qu’attiser les tensions, que je qualifierai de « familiales », entre nous. Alors Mick a décidé de partir, et on s’est séparé peu après, sans trop penser à l’avenir.
Puis en 2019, Mick nous a recontacté pour faire une date unique. Et on a accepté sans s’attendre à quoi que ce soit. Et on a rapidement enchaîné sur le Hellfest, puis sur d’autres dates, et la machine est repartie le plus naturellement du monde (rires). Je vais te dire, c’est même mieux qu’avant aujourd’hui. On n’a pas chômé durant cette pause – Mick est parti chez les No Return, les frères Barboni ont monté un groupe de metal core…. toute cette expérience nous a incroyablement servi sur cet album.

Un album que vous avez nommé « In Continuum ». Pourquoi ce choix ?

Pour plusieurs raisons : d’abord, on voulait assurer un lien, une continuité, avec le passé. Notre patte musicale suit pas mal notre dernier album,  » Resolve », et on voulait le mettre en avant. Enfin, on voulait instaurer l’idée qu’on puisse continuer dans le futur.

L’artwork est signé par Francesco De Luca, grand nom dans le milieu. Est-ce que vous lui aviez donné des directives pour sa réalisation ?

A la base, nous n’avions donné aucune directive. On est tombé sur ses pochettes, et son côté graphique nous a plu. On a fait quelques changements, notamment cet ajout du sablier car c’est un élément important pour nous.

Pourquoi avoir choisi « Reject The Deceit » comme clip ?

Quand on a terminé de composer, on a fait écouter l’album à des copains pour savoir quelle était la chanson qui ressortait le mieux. Et à de rares exceptions près, ils ont retenus celle-ci. Ce morceau fait beaucoup penser à la période « Resolve », il monte après l’accorche de début et a de bonnes mélodies à la guitare. Il est, finalement, assez représentatif de l’album.

Que peux-tu me dire sur « Architects Of Light » dont la rythmique et le chant font penser à Amon Amarth ?

On est souvent comparé à Amon Amarth alors qu’on n’écoute pas beaucoup ce groupe (rires). Mais effectivement, ce mid-tempo lourd reste très emprunté à la scène scandinave, ainsi que le style de la composition, avec une rythmique plus appuyée et le côté mélodique toujours bien présent.

Que peux-tu me dire sur « Snakepit » ?

C’est une musique très énervée (rires). Ce morceau fait partie des chansons alambiquées, avec une rythmique assez différentes des autres. C’est une composition plus thrash qu’on pouvait avoir notamment sur « Midsight ». Elle a toute sa place dans notre album grâce à sa saveur piquante.

Que peux-tu me dire sur les concerts à venir ?

On a le 15 octobre une release party à Lyon, et on a aussi plusieurs dates de prévues. On va s’organiser une petite tournée à l’automne 2022.

Que peux-t-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Longue vie et prospérité (rires). Et de pouvoir rejouer très bientôt ! On a hâte de pogoter et slammer, et de vous revoir pogoter et slammer ! On espère également fouler des scènes dans des villes encore inconnues pour Destinity !

Un dernier mot ?

Un grand merci à tous les lecteurs et fans ! C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons relancé la machine. On a des retours plus que positifs sur notre nouvelle galette, et on est super motivé pour continuer. On espère vous revoir très vite pour mettre le dawa en concert.

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[INTERVIEW] Gérard (Eternal Flight) : « On est vraiment content de sortir notre cinquième opus »

Avec les récents mouvements de line-up (en 2019), nous ne pensions plus revoir Eternal Flight avant un bon bout de temps. Et pourtant le groupe revient une nouvelle fois en force, toujours mené par un Gérard Fois infatigable, avec un cinquième album studio, « SurVive ». L’occasion pour nous de s’entretenir avec le fondateur et maître à penser du groupe.

Metal-Actus : Comment as-tu en ces temps assez compliqués ?

Gérard (chant/guitare) : On va plutôt bien ! On est soulagé de la sortie de notre nouvel album, qui a mis un peu de temps à sortir, entre la fin de l’enregistrement en plein confinement – et du coup tout a été ralenti par la suite – et notre recherche de label – on a signé avec Metalapolis, avec lequel on a convenu d’une sortie en vinyle … mais les délais s’étalaient sur six mois ! Donc on est vraiment content de sortir notre cinquième opus, qui coïncide en plus avec les vingt ans du groupe. On est fier malgré toutes les circonstances.

Un cinquième album nommé « SurVive » sorti ce 17 septembre. Pourquoi ce titre, même si on devine assez facilement le sens derrière ce « V », le chiffre 5 en lettres romaines ?

On avait le titre dès le début de l’année , donc il n’a aucun rapport avec la pandémie en cours… Notre concept nous plonge dans un futur proche apocalyptique, sujet à de grands bouleversements climatiques. Le but est donc de découvrir comment y survivre.
Tu l’as dit, « V » est effectivement pour montrer qu’on sort notre cinquième album, mais c’est aussi le « V » représentant la victoire de l’humanité et la réussite de la survie malgré le fait qu’il va falloir remettre tout à plat pour pouvoir repartir sur quelque chose de viable.

Comment t’est venue cette histoire, enfin plutôt ces « chroniques » ?

En général, on écrit d’abord la musique avant les paroles. Je voulais avoir des thèmes pour chacune des chansons, et les développer sous forme de chroniques dans chacun des morceaux. Et tout est parti du titre « Will We Rise Again », qui parle des gros incendies qui se sont déroulés aux Etats-Unis et en Australie. On a repris deux de nos personnages, le Nightmare King tout d’abord, antagoniste présent sur nos précédents albums qui revient à la charge et profite de tout ce chaos pour assouvir ses envies de pouvoir. Il fait face à notre mascotte, le Morphoenix, et au Mysterious King, qui doivent remettre l’humanité sur le droit chemin si elle veut survivre.

Justement peux-tu nous rappeler comment a été créé le Nightmare King ?

C’est le côté noir du Morphoenix, qui représente une métaphore sociétale, son côté abstrait à vrai dire. On a commencé à en écrire les prémisses à l’album « Diminshed Reality ». On a toujours voulu avoir une imagerie fantastique, avec des personnages qui font des choses épiques. Le Nightmare King a donc toute sa place dans ce concept album.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « Hear The Call » en clip, et non « Will We Rise Again », si, comme tu dis, tout a commencé avec ce titre ?

« Hear The Call » est notre première composition sur cet album. C’est le titre le plus accrocheur et le plus accessible qui s’est révélé bon pour vendre l’album. Concernant le clip, il a été tourné dans un château, à quelques kilomètres de là où habite Thibault DUCROS, notre guitariste , ce mois d’août. On tenait à le faire dans un château car, pour nous, ça représente le bastion la défense des forces du bien contre les forces du mal. Et puis c’est un petit clin d’oeil à un bel endroit, devant lequel on passe assez souvent. Cela a un côté chouette.

Pourquoi ces combinaisons de pilote ?

On les arbore depuis notre dernier album. On trouve ça original, et qui correspond bien aux deux univers qu’on développe. Peut-être qu’on les abandonnera à l’avenir ! En tout cas, pour le moment, cela nous permet de nous démarquer.

Que peux-tu me dire sur « Evolution Revolution » ?

C’est musicalement, le morceau qui se démarque le plus : il est groovy, rock psyché, assez progressif, et il démontre nos capacités à faire autre chose que du pur Power Heavy . Il a même une petite influence Deep Purple. Concernant le texte, c’est le moment où l’humanité prend conscience qu’il faut changer; c’est comme comme un rite de passage.

Que peux-tu me dire sur « Children Of The Earth » et ce choix d’une ballade pour clôturer l’album ?

On ne le considère pas comme une ballade ! Surtout avec ce milieu assez puissant ! Mais le morceau représente l’apaisement, le calme après la tempête. Il faut reposer les bases et repartir sur quelque chose de sain. C’est un morceau posé, assez aérien, qui ne verse pas du tout dans du speed. Mais ce n’est pas pour autant une ballade ! Et je met au défi quiconque de danser un slow dessus ! (rires).

Que peux-tu nous dire sur les prochains concerts à venir ?

Notre prochaine date est au 30 septembre à Genève, donc pas très loin de la maison. Notre concert d’octobre à Grenoble a par contre été reporté au 9 avril et nous venons de l’apprendre. Autrement, c’est compliqué d’avoir des dates, déjà avec le report de tous les concerts de 2020 ! Mais nous travaillons dessus avec notre label – ils nous avaient d’ailleurs proposés une tournée en Allemagne et en Suisse en remplacement d’un groupe, que nous avions refusé à cause de délai trop court – on avait deux semaines pour se préparer – et nous avons pris un tourneur. On compte bien nous produire en 2022.

Un dernier mot ?

Merci à vous qui nous soutenez depuis toutes ces années. Merci et bienvenu à ceux qui nous découvre via cet album. On espère qu’il vous plaira autant qu’à nous et qu’on pourra rapidement faire la fête ensemble après cette période instable.

Survive

[INTERVIEW] Pat O’ May : « Je voulais aller plus loin, raconter toute une histoire sur la longueur »

Pat O’ May fait partie de ces personnes qui font la musique en France aujourd’hui, à la très longue carrière. Pourtant, et malheureusement, seul un public de niche connaît réellement son immense travail. Le musicien, lancé en solo depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, vient de sortir aujourd’hui « Welcome To A New World », un album riche et complexe qui est la parfaite occasion de se rattraper. Et on a pu interviewer cet artiste sur cette petite galette bien savoureuse.

Metal Actus : Bonjour Pat ! Comment te portes-tu en ces temps troublés ?

Pat O’ May : On commence à (il s’arrête et tousse) Kof kof, ça y est c’est le Covid, c’est ma dernière interview (rires). Bref, plus sérieusement, on commence tout juste à pouvoir se projeter un peu dans l’avenir, malgré les restrictions toujours en vigueur dans les salles de concert et le pass sanitaire. On caresse l’espoir de revenir à une vie un peu près normale. D’ailleurs, on va pouvoir refaire un concert, ce 22 septembre au Café de la Danse à Paris.

« Welcome To A New World » est ton nouvel album (sortie le 17 septembre 2021) dans lequel tu t’éloignes encore plus de cet aspect celtique de ta musique, puisque nous plongeons dans un monde futuriste. Ce changement de ton, c’est ce que tu voulais ?

Chaque album pour moi est une nouvelle expérience, car je ne veux pas rester dans ma zone de confort. J’avais, par exemple, utilisé un orchestre symphonique sur « Keltia Symphonia » (en 2016). Quand je ressens le besoin d’écrire, ce n’est pas prévu, c’est viscéral, qui s’inscrit dans une sorte de dynamique, dans le but de « sortir quelque chose ». Et donc pas forcément dans un genre ou dans un autre. Avec « Welcome To A New World », je voulais aller plus loin, raconter toute une histoire sur la longueur, sur plusieurs chansons.

D’ailleurs, comment as-tu réussi à écrire ce récit initiatique qui s’étale sur plusieurs chansons ?

J’ai commencé par écrire la musique, comme d’habitude. Et je voulais rajouter une boucle à la fin du premier morceau, tout en ayant ce riff en tête (il chante le riff). J’avais ma guitare avec moi, et je l’ai continué, étayé … et c’était devenu le deuxième morceau « Grinch ». J’y ai même rajouté un petit break. Et ces boucles, c’était mon fil d’Ariane sur tout l’album. A la fin de « Grinch », j’ai refait une autre boucle, et j’ai pu commencer le titre suivant. L’album a en fait été créé comme ça, dans l’ordre, car chaque morceau m’inspirait le suivant.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « In This Town » dans un clip ? Et peux-tu nous en expliquer l’imagerie ?

« In This Town » représente bien l’album selon moi, et est en cohérence totale avec notre histoire. Et le fait que nous soyons en costard n’est pas sans rappeler notre personnage de No Face.

Justement, avec le costard et la musique un brin futuriste, tu ne trouves pas qu’il y a une inspiration Agent Smith (NDLR : des films Matrix) ?

Si totalement, même s’il n’y a pas de rapport de base, mais le personnage nous embarque dans le même délire que No Face : il est enfermé dans un vernis de confort, une sorte d’autisme. Il donne l’impression d’avoir le contrôle, alors qu’il ne maîtrise que dalle.

Concernant les différentes voix que nous entendons tout le long de l’album (japonais, anglais … ), que représentent-elles ?

Chaque intervention souligne tout simplement la prochaine étape, annonce le morceau à suivre. Le fait que ce soit en différents langages pour moi permet que tout le monde entre en résonnance avec l’histoire de No Face. Et ça colle tellement à l’actualité actuelle que ça me fait presque peur, alors que j’ai terminé de l’écrire en septembre 2020. On retrouve beaucoup de résonnance entre la peur de No Face de se confronter au monde et la peur des gens face au Covid 19.

Que peux-tu me dire sur « I Shall Never Surrender » et l’intégration du discours de Winston Churchill ?

Le morceau fait une présentation du personnage, on fait sa connaissance. Il y a une succession de moments calme et de moments plus énervés, pour décrire les humeurs d’une personne humaine. En l’écrivant, je me suis souvenu du discours de Churchill. Et j’ai voulu l’intégrer en tant qu’une espèce de science historique, qui fait le rappel à No Face de cette phrase, qu’il ne devrait pas se rendre alors qu’il ne fait que réfréner ses envies. C’est un discours fort, maintes fois utilisés, mais c’était une évidence pour moi de l’utiliser tellement il entre en corrélation avec l’histoire de No Face.

Que peux tu me dire sur le groovy « We Can Hear You Calling » ?

Le morceau commence par une boucle amérindienne, que j’ai trouvé en faisant des recherches en sound design, et dont j’ai voulu en faire quelque chose. On a cette espèce d’explosion sur le refrain. J’ai utilisé des instruments amazoniens – on entend même la forêt amazonienne à un moment. Ce sont des choses très furtives, que vous ne pouvez que saisir en écoutant le morceau au casque. Et si tu retires tout ce sound design, et bien ça fait un grand vide ! Le titre raconte la libération de No Face, et comment il va à la rencontre de pleins de cultures différentes.

Cela fait maintenant 27 ans que tu t’es lancé en solo, et tu as effectué une carrière qui pourrait en faire rougir plus d’un. As-tu des regrets ? Te verrais tu, par exemple, retourner dans un groupe ?

Eventuellement si le projet m’intéresse, mais si je me suis lancé en solo, c’est pour bénéficier d’une liberté artistique totale et non m’emfermer dans l’esthétique d’un groupe. Je n’ai donc aucun regret. J’ai la même équipe depuis 6 ans, je joue avec John Helfy (batterie) et Christophe Babin (Basse/choeur), depuis plus longtemps avec James Wood (guitare/choeur/claviers) et on vibre, on respire ensemble quand on joue. Ce sont d’excellents musiciens, mais des êtres humains encore plus extraordinaires. Quand on est soudé, on envoie autre chose, une force nouvelle.

Un dernier mot ?

On prépare notre prochain show au Café de la Danse de Paris, le 22 septembre, durant lequel on jouera l’intégralité de notre album. Et on a hâte de retrouver tout le monde !

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[INTERVIEW] Christophe (Fishing With Guns) : « Pour les concerts, on va tout miser sur 2022”

Peu de gens connaissent réellement les Fishing With Guns, pourtant acteurs de la scène metal française depuis …2005 ! La faute à un cruel manque de visibilité pour cet excellent groupe parisien. Ce dernier a décidé de prendre le taureau par les cornes et se montre sur tout les fronts, à l’occasion de la sortie du très bon « Under The Silver Lake », un opus coup de poing tranchant avec ses prédécesseurs. Nous avons pu discuter de cette galette avec Christophe, guitariste de la bande.

Metal-Actus : Vous sortez « Under The Silver Lake” ce 17 septembre. Ce titre a-t-il un rapport avec le film du même nom, sorti en 2018 ?

Christophe (guitare) : Tout à fait ! Inigos (chant) s’est inspiré des thématiques décrites dans le film. Il a écrit des chansons autour et y a donné sa propre interprétation.

Mais je suppose que ce n’est pas que le film qui vous a influencé, vu la conjecture de l’album, bien plus violent et rageur que son prédécesseur « Blood On The Ropes » ?

Non du tout. Du film nous n’en avons tirés que des idées, des sujets. On a surtout été influencés par l’arrivée de Mikey (à vérifier) à la guitare en 2018, qui a su poser sa patte très rapidement au sein du groupe, ce qui explique la grosse touche Metal sur cet EP.

D’ailleurs, est-ce vrai que cet EP était prévu pour être un album ?

Oui, mais à la suite de plusieurs événements personnels, en plus de la pandémie, on n’a pas eu le temps de faire ce qu’on voulait, ni d’écrire comme on le souhaitait. On s’est retrouvé avec ces cinq titres déjà maquettés. On a donc voulu surfer dessus pour prospecter niveau concert et ne pas rester trop longtemps sans actualité.

Pourquoi avoir mis en avant « Owl’s Kiss » ?

On s’est, comme d’habitude, concerté sur le premier titre qu’on mettrait en avant, et on a choisi ce titre grâce à son refrain dément, et le morceau matchait plus niveau mélodique. Un titre comme « Beware The Dog Killer » est plus hardcore et serait moins bien passé.

Que peux-tu nous dire sur « Homeless Ghost » ?

C’est mon titre préféré de l’EP ! Il est hyper catchy, le refrain – que t’as envie de scander – défonce, et il touche à plusieurs facettes de notre style, en plus d’y apporter une véritable atmosphère. Un clip est d’ailleurs en préparation dessus !

Comment est venue la signature avec M&O Music ?

On en a discuté entre nous, et comme c’est un label connu avec plusieurs autres groupes que nous connaissions dans son roaster – et qui avaient des retours positifs dessus – on a signé. On s’est dit que c’était l’occasion de gagner en visibilité.

Vous êtes très présents aujourd’hui sur les réseaux sociaux, mais votre chaîne Youtube, par exemple, ne comporte que peu de vidéos. Un manque de temps de votre part ?

Oui, on n’a pas eu l’occasion d’alimenter cette chaîne Youtube, par manque de temps. Avec cet EP d’ailleurs, on compte bien y partager un maximum de contenu. C’est une chose que nous faisions moins par le passé, et donc nous n’étions que peu visible.

Vu que les concerts reprennent tout doucement, avez-vous des projets à nous communiquer ?

Ce n’est pas encore à l’agenda ! De plus, Fred, notre batteur, vient de se casser le bras, donc les concerts, ce ne sera pas pour tout de suite. On va tout miser sur 2022.

Un dernier mot ?

Merci aux lecteurs qui écouteront notre nouvel EP. On y a mis nos tripes dedans. Et on espère qu’il vous plaira autant qu’à nous.

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[INTERVIEW] Sam (Welcome X) «On voit les deux albums comme d’un seul bloc »

Quelques mois après avoir ravi les critiques avec un très acclamé « Vol-1 », les Welcome X reviennent en force cet été avec une deuxième galette, logiquement dénommée « Vol-2 ». Sam, le chanteur du groupe, a accepté de nous en dire un peu plus.

Metal-Actus : Comment s’est passé l’enregistrement de ce « Vol-2 » ? La pandémie actuelle a-t-elle eu une quelconque influence sur ce deuxième album de Welcome X ?

Sam (chant) : Non car il était déjà prévu depuis longtemps, nous avions toute la matière pour ce vol-2 avant que tout cela n’arrive. On avait prévu des concerts, mais la pandémie a tout arrêté net. On s’est donc concentré sur ce deuxième opus, et on a pu finalement passer en studio pour l’enregistrer à la fin 2020. Tout était dans la boîte en une semaine, et seul le mix de l’album a été plus compliqué.

Tu dirais que ce Vol-2 représente une rupture avec le vol-1 ou l’inverse ?

Non il n’y a pas eu de césure car on a tout composé sur une même période. On voit les deux albums comme d’un seul bloc.

Que peux-tu me dire sur « Inevitable Collapse » ?

C’est un morceau que nous avons composé très rapidement : on a commencé par articuler trois riffs, autour desquels on a collé une écriture assez dépouillée. Il a un petit côté Black Sabbath, assez spontanée, avec un esprit très rock garage : c’est un peu une musique d’ado (rires). Elle traite de la société capitaliste, des pillages et des catastrophes sans fond qu’elle entraîne.

Que peux-tu me dire sur « Bullseye » ?

C’est l’un des morceaux les plus élaborés de l’album, avec pas mal de parties complémentaires qui s’y sont ajoutés. En introduction, on a une musique aérienne avec un rythme très serré, ce qui donne un aspect funky et groovy au morceau.
Son idée est que tout est porté par ce premier riff que tu entends. Cela apporte une vraie cohérence au morceau.
Au fur et à mesure du morceau, on passe à la désillusion absolue qui découle de l’illusion qu’on fait croire. Notre pensée doit aller droit au but, et notre esprit doit demeurer un espace de vérité.

Qu’en est-il du troisième album ?

Nous prévoyons de dévoiler un premier titre sur scène. Ce sera assez différent, et plus contrasté. Par ailleurs, ce sera le plus abouti des trois opus.

Comment était votre concert au Triton ce samedi ? Avez-vous d’autres projets de scènes de prévus ?

Cela nous a fait un bien fou de retrouver le Triton : c’était génial, après plus d’un an, de retrouver notre public ! Concernant d’autres dates éventuelles, on n’a rien encore de calé : on parle de quatrième vague de COVID-19 partout donc on n’a rien de concret.

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre intérêt et vos retours positifs sur notre deuxième album, malgré notre autarcie. On en profite pour souhaiter à tous ceux qui viennent de nous découvrir la bienvenue.

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