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[INTERVIEW] Julien (Magoyond) : « Nos trois albums se font mutuellement référence »

Après une campagne de financement participative couronnée de succès, les Magoyond et leur toute nouvelle « Necropolis » étaient attendus au tournant, tellement le résultat promettait d’être grandiose. Et il faut dire que les quatre geeks morts-vivants n’auront pas déçus leur public de goules et de survivants avec ce qui est le point final à un arc musical débuté il y a un peu moins de dix ans. Julien, dit « Le Mago » et chanteur de la bande, a accepté de nous en dire plus sur leur nouveau rejeton.

Metal-Actus : Maintenant que « Necropolis » est sorti, êtes-vous tous un peu surpris de l’immense succès rencontré celui-ci ?

Julien « Le Mago » (chant/guitare) : Oh oui ! C’est complètement fou ! On ne s’attendait pas à autant de retours positifs et surtout bienveillant à son égard. On reste sur notre petit nuage.

Il s’agit de la fin d’une trilogie entamée il y a une dizaine d’années avec « Pandemia ». Mais « Necropolis » semble être à la fois la suite de ce dernier mais aussi la suite de « Kryptshow ». Tu peux nous expliquer ?

C’est effectivement un arc en trois chapitres : « Pandemia » racontait la fin du monde à la date où elle aurait dû arriver (en décembre 2012), « Kryptshow » faisait l’état des lieux sept ans plus tard et « Necropolis » l’acheminement vers une autre société et la construction d’une nouvelle ville sur les cendres de l’ancienne. Les trois albums se font mutuellement référence, car c’est à la fois les conséquences du premier et du deuxième album qui ont permis aux morceaux de « Necropolis » de voir le jour.

L’élément nouveau dans « Necropolis » est l’utilisation d’un véritable orchestre. Etait-ce prévu depuis le début et est-ce que vous l’auriez fait si votre campagne de financement participative n’avait pas remporté un immense succès ?

On a utilisé des arrangements musicaux virtuels, créé par nos soins sur un clavier, sur nos deux précédents opus. C’était notre souhait, notre rêve de pouvoir enregistrer avec un véritable orchestre. Sa réalisation reste une énorme surprise pour nous, et on va avoir du mal à revenir en arrière par la suite (rires). Pour nous, cela change tout : nos morceaux sonnent plus vrai, sont plus poignants, plus puissants. Si on n’avait pas eu le financement nécessaire, on aurait fait comme avant, tout en virtuel.

D’ailleurs, est-ce que vous vous y attendiez à ce succès pour votre campagne Ulule ? Est-ce que l’argent récolté vous a ouvert certaines portes, l’orchestre à part ?

Quand on a lancé cette campagne, on avait l’espoir d’atteindre au moins 20000 euros comme pour celle de « Kryptshow ». Résultat : on a atteint notre objectif en a peine deux heures, et le compteur s’est littéralement emballé sur la fin, si bien qu’on a terminé douzième projet musical de la plateforme Ulule avec près de 1001 pre-commandes ! On s’est pris une véritable claque, on ne s’attendait absolument pas à ce raz-de-marrée. Cela nous a permis de rechercher un label pour la distribution de notre album, et, après avoir exploré ce qui se passait en France, on a signé avec M&O Music. Ce n’était pas le premier qui s’était présenté à nous, mais on ne voulait pas d’une structure trop grosse pour nous. Mais surtout, cela nous a permis, malgré nos particularités, de nous faire respecter de la sphère Metal française : on a conscience qu’on reste en marge et atypique car on ne coche aucune case. Et labelliser les groupes avec des étiquettes reste beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense … Cela doit être la raison pour laquelle il reste difficile de nous placer, plus particulièrement en festival, mais on est demandeurs et on ne veut que jouer partout !

Concernant votre reprise de « Soyez Prêtes » issu du dessin animé « Le Roi Lion », quelles ont été les démarches pour pouvoir l’utiliser auprès de Disney ?

Je dois avouer qu’on a eu un peu peur car, pour avoir moi-même travaillé avec l’entreprise par le passé, on avait bien conscience que Disney protège énormément ses oeuvres. Pourtant nous n’avons pas eu de difficultés : il nous a suffit de payer la SACEM! Et on a reçu également un mail de Disney France nous félicitant pour la reprise. On y tenait beaucoup surtout qu’on ne fait pas beaucoup de covers car on veut absolument que le morceau puisse s’incorporer dans notre univers, ce qui était parfaitement le cas avec « Soyez Prêtes ».

Que peux-tu me dire sur « Le Charnier Des Epouvantails » à la couleur très indus, et même, on oserait dire, très Rammstein ?

Effectivement c’est le morceau de Metal qui tâche un peu avec un choeur extrêmement puissant ! Il ouvre « Necropolis » et nous plonge directement dans une certaine violence puisqu’on va tout brûler et démolir les ruines de Magoyondville pour construire une nouvelle ville, Necropolis. Elle est aussi très cinématographique, on dirait une séquence de bataille à la Seigneur Des Anneaux ! On a pu travailler avec un vrai choeur, ce qui a été une opportunité de dingue ! Si nous n’avions pas pu travailler avec ce choeur, la chanson aurait pris une direction totalement différente.

Que peux-tu me dire sur le morceau-éponyme « Necropolis » et pourquoi ne pas l’avoir mis en avant à la place de « L’Ordre Des Ombre », que je trouve moins facile d’accès ?

« Necropolis » est la chanson qu’on a toujours voulu faire. Notre album est construit en pyramide et elle y occupe la place centrale. Elle comporte tous les instruments – à la base, elle aurait dû être instrumentale. Mais elle est aussi tellement « trop » qu’on ne l’a pas vu forcément comme la chanson pour pouvoir accrocher notre public. Pour choisir les singles, on s’est alors basé sur deux grosses critiques qu’on a toujours eu : qu’on n’était pas assez metal – alors on a balancé notre morceau le plus « gojiresque » possible, « L’Ordre Des Ombres » – et pas assez accessible – et donc on s’est tourné vers « Goliath Paradise » qui avait le potentiel de parler à tout le monde avec son petit air jazzy, mais qui était aussi le plus clipable. Cette chanson constituait une bonne porte d’entrée à « Necropolis ». Et en plus, on l’adore !

« Goliath Paradise » a bien été tourné au Zèbre de Belleville ? Et d’ailleurs quelle est l’histoire derrière ce morceau ?

C’est bien ça ! C’est, en quelque sorte, la suite de « Six Pieds Sous Terre » et une mise à l’honneur des survivants de l’apocalypse de « Pandemia ». Elle a cette atmosphère plus feutrée qui plait beaucoup ! Les gens se retrouvent après trois années pas simples autour de cette chanson que j’ai voulu comme étant celle du rassemblement, mais aussi comme une métaphore sur la situation du monde. C’est aussi une chanson assez positive alors que, habituellement, j’en met plein la tronche à tout le monde (rires)

Un rapide retour sur vos deux releases partys qui se sont aussi déroulées au Zèbre de Belleville ?

Les deux dates ont été complètes rapidement. Et les gens ont découvert que le lieu était le même que celui du clip de « Goliath Paradise », ce qui nous a permis de jouer sur l’immersion dans notre univers et de délivrer un show plus scénique. Mais il a été difficile pour nous de présenter nos nouveaux morceaux : on a pu, heureusement, compter sur notre public de passionnés qui connaissait déjà les paroles de certaines chansons par coeur ! Et puis l’intimité de la salle – le plus petit cabaret d’Europe – nous a permis de retrouver un côté familial, chaleureux et bon enfant que nous n’aurions pas eu ailleurs. Il faut savoir qu’on avait considéré jouer à la Maroquinerie, mais on a fait le bon choix avec le Zèbre, qui nous semblait plus approprié pour nos shows !

Est-ce qu’un live serait prévu avec un orchestre ?

Ce serait un grand rêve et on espère qu’il pourra un jour se réaliser.

Maintenant que la trilogie est terminée, quelle sera la suite ? Va-t-on quitter Necropolis ? Voire même quitter le joyeux monde des goules bien heureuses ?

Impossible sur ce dernier point, on est désormais bien trop ancré dans le monde des morts-vivants pour nous tourner vers autre chose. En revanche, on quittera effectivement Necropolis/Magoyondville, on va prendre plus de recul et voir ce qu’il se passe ailleurs sur cette grande planète.

Un dernier mot ?

Je suis très heureux que notre univers et le chant metal en français plaisent de plus en plus ! Surtout pour notre joyeuse bande qui fait de la fusion et casse lees codes habeituels du genre. On espère continuer longtemps dans cette voie-là. Alors merci à tous et à bientôt sur les routes.

[INTERVIEW] Olivier (Scarlean) : «On a tâché de rendre notre album plus vivant»

Quelques années après la bombe que fut « Soulmates », Scarlean revient plus fort que jamais avec une nouvelle galette, « Silence », reprenant toujours, avec plus de recul cette fois, le thème autour du « Ghost ». Olivier a accepté d’en dire plus sur cet album hors norme.

Metal-Actus : Pourquoi ce choix de titre ? Et d’ailleurs on le prononce à l’anglaise ou à la française ?

Olivier (basse) : On peut utiliser les deux prononciations ! On voulait effectivement avoir un titre qui soit compréhensible de tous, au moins dans deux langues différentes.

Est-ce que c’est un album conceptuel ?

Il n’est pas conceptuel : quand on compose, on n’a pas d’histoire prédéfinie, on veut juste « faire ça » et sonner comme Scarlean.

Comment a été composé cet album ?

On a procédé différemment de « Soulmates », où le groupe s’était retrouvé pour le composer – d’ailleurs je suis arrivée pendant le mastering de l’album. Sur « Silence », on s’est envoyé des fichiers par un habile jeu de ping-pong, durant lequel chacun d’entre nous a apporté des sons – parfois très efficaces – et vérifiait que ça marchait bien. On a pu apporter un petit côté organique qui se répète tout le long de l’album.

« Un petit côté organique » ? C’est-à-dire ?

On a tâché de rendre notre album plus vivant, plus humain, avec plus de détails. On a utilisé plus d’instruments, différentes choses comme le (à retrouver). On a aussi laissé volontairement des faussetés, comme sur le solo de Michel sur « Wake Up Right More ». De ce point de vue là, « Soulmates » était plus formaté.

Concernant le clip de « No Remedy », il a été tourné dans quelle église ?

Il a été tourné dans une petite église de Montpellier, dans laquelle on a été accueilli les bras ouverts. Le tournage n’en fut que plus qu’agréable.

La femme du clip est-elle la petite fille présente sur la pochette de « Soulmates » ?

Oui je te le confirme ! Le personnage du Ghost a tendance à disparaître sur cet opus, mais il est toujours bien présent ! On va continuer d’exploiter cette dualité qu’on avait commencé à explorer sur « Soulmates » et on va faire vivre le Ghost, mais on va voir et toucher de plus en plus de personnages.

D’ailleurs, vous le faîtes vivre via ce label que vous avez fondé, « Ghost Productions »….

La création de cette maison de disques est intrasecte au groupe, pour plusieurs raisons, dont la principale, par rapport à des soucis administratifs.

Que peux-tu me dire sur « The Hand On Your Skin », qui débute parfaitement bien votre album ?

C’est l’un des premiers titres que nous avons composé, et qu’on a balancé en ouverture de l’album, car c’est celle qui est la plus représentative de Scarlean, avec pas mal de rebondissements.

Que peux-tu me dire sur The One Who Sees ?

C’est une chanson qui change pour nous car on diffère nos habitudes de jeu avec. Elle change de couleur et de dynamique par rapport à ce que nous proposons habituellement.

Avez-vous des concerts de prévus ?

Nous attendons encore des opportunités pour jouer : avec la crise sanitaire qui est passée par là, toutes les tournées ont été reportées et il y a du monde au portillon pour jouer. Mais on ne se plaint pas, d’autres groupes sont en train de galérer encore plus que nous ! Nous jouerons pour sûr au Foud’Rock le 19 novembre et au Cherrydon de Marseille. On en a encore d’autres sous le coude non-officialisées, mais on va pouvoir bien voyager.

Un dernier mot ?

Merci à tous et en particulier aux contributeurs de notre pledge : on a reçu une véritable vague d’amour qui nous pousse à fournir le meilleur de nous-même pour vous faire vibrer. Et on a hâte de venir défendre notre album sur toutes les routes de France !

[INTERVIEW] Xavier (Malemort) : « Nous étions donc très confiants dans nos titres»

On peut dire qu’on l’aura attendu de pied ferme celui-là ! Les Malemort reviennent enfin en cette rentrée avec une nouvelle galette, « Château-Chimères », autour du Château d’Hérouville dans l’Oise. Xavier a accepté notre interview pour nous en dire plus sur cet album très particulier.

Metal-Actus : Salut Xavier, et merci pour le temps que tu nous accordes ! As-tu eu déjà des premiers retours sur « Château-Chimères », le nouvel album de Malemort ?

Xavier (chant) : Oui, on a déjà pu prendre la température durant notre journée promotionnelle de vendredi. Et au vu de tous les retours qu’on a eu, je suis heureux de voir que nous sommes sur une très bonne lancée. Ce qui est inédit, c’est qu’on a organisé une prévente importante avant la sortie officielle de l’album, durant laquelle on s’est engagé à ce que tout le monde reçoive son disque avant la date butoire . Et on a eu pleins de messages à la suite de nos envois, adorables, nous complimentant sur l’opus. En faisant cela, on ne s’est jamais autant senti aussi proche de notre public. Côté presse, on ne reçoit que des louanges, et Rock Hard en a fait son album du mois!

Une prévente qui s’est d’ailleurs effectuée via le site KissKissBankBank, ce qui est assez original en soit !

On voulait avec KissKissBankBank, par un moyen détourné, toucher notre public avec des préventes à l’ancienne. Bien évidemment, cela nous a permis aussi d’obtenir un apport de fond qui nous servira pour la suite des événements …. Mais le fait de demander spécifiquement à nos fans de l’aide pour financer notre album m’aurait, à titre personnel, mis mal à l’aise.

Vous êtes un groupe qui monte en puissance, et ce, depuis vos débuts. Il y avait énormément d’attente sur « Château-Chimères », d’autant plus qu’il a mis un certain temps à arriver avec tout le contexte créé par la pandémie. Ressentiez-vous une certaine pression, de devoir vous montrer à la hauteur, et plus particulièrement, de « Ball Trap » qui avait remporté un gros succès ?

Au moment de la sortie de « Ball Trap », nous avions déjà composé certains des morceaux de « Château-Chimères », que nous jouions en live, ce qui nous permettait de voir les qualités et les défauts de chacun d’entre eux et d’ajuster en fonction. Nous étions donc très confiants dans nos titres, on savait ce qu’on avait envie d’ajouter, si on voulait aller plus loin. Non, nos craintes concernaient surtout sa réception, car, comme tu l’as toi-même souligné, il allait être très compliqué de passer derrière « Ball Trap ». Est-ce que notre public allait accepter quelque chose de nouveau ? On a été rassuré de ce côté-là.

Tu dis dans le « Grimoire » donné à la presse que c’est la consécration d’un vieux rêve pour toi. Tu peux m’expliquer quelles en sont les origines, les racines ?

J’ai emménagé à trois kilomètres de ce château il y a plus de dix ans. Il était alors encore abandonné. Et j’ai entendu des histoires dans mon villages, de la part de personnes âgées, que je ne croyais pas jusqu’à ce que je fasse mes recherches. Et j’ai été d’emblée fasciné…. Ce château représentait la pointe de la révolution musicale de la folie des années 1970 ! C’est devenu une source d’inspiration pour moi…J’ai alors commencé à regrouper des informations – parcellaires du coup – sur ce château. Je voulais en faire notre deuxième album mais je ne nous sentais pas encore mûrs pour ça. Donc on a décidé de sortir plutôt « Ball Trap ». La fin de la dernière tournée avait été compliqué pour moi – et donc je me suis remis à ce projet.

Du coup je suppose que vous n’avez pas rencontré des gens en relation avec le château (d’anciens propriétaires par exemple) dans le cadre de l’élaboration de la galette ?

On a tenu à rester à une certaine distance pour éviter l’effet manuel d’histoire. On voulait créer du neuf sur une vibration présente.

Comment réussir à tisser, construire quelque chose musicalement autour de ce château ?

Il était évident qu’on ne pouvait pas construire une grosse histoire, on a alors choisi douze instantanés, représentés par chacune des chansons, pour pouvoir coller au mieux à la légende du château. Mais cela permet aussi de donner plusieurs sens et une libre interprétation du morceau, et c’est quelque chose que j’essaie de faire dans l’écriture de mes paroles. L’un de nos musiciens a, par exemple, cru que l’un des morceaux de « Château-Chimères » parlait de sa vie personnelle ! Au niveau de la musique, j’écris en général le point de départ de chaque morceau avant de le balancer à Sébastien Berne, notre claviériste et notre guitariste, et je lui laisse carte blanche. La seule chose sur laquelle on était raccord dès le départ était qu’il fallait absolument éviter un son seventies, que ça reste toujours estampillé Malemort par l’ambiance, le son et l’énergie.

« L’Eau Des Fossés » est consacré à Elton John, notamment par des sonorités sorties de ses morceaux ! Que peux-tu me dire sur l’histoire que tu as choisi de raconter ?

Cette chanson porte sur l’amitié entre Elton John et son parolier, Bernie Taupin: le premier va profiter de la vie jusqu’à la folie, quitte à se démolir, alors que le second, plus calme et réservé, fuit cette vie de paillettes. Il va pourtant se montrer présent pour lui aux heures les plus sombres de sa carrière. C’est une chanson mi-figue, mi-raisin, douce amère.

Est-ce que l’incendie du château était un instantané qu’il fallait absolument traiter, dans « Pyromane Blues » donc ?

Tout à fait ! Cet incendie, c’est, pour moi, l’allégorie de ce qui peut arriver de pire à un musicien. Michel Magne, à l’époque propriétaire du château, a perdu des centaines de partitions, de matériel …. des heures de travails envolées, parties en fumée ! Cela finira d’ailleurs par le détruire. De plus, c’était, selon moi, le signe avant-coureur de la chute de ce château !

Et justement, maintenant que ce château a été restauré (aujourd’hui, c’est de nouveau un studio d’enregistrement), penses-tu qu’il peut, de nouveau, revêtir sa gloire d’antan ?

Je lui souhaite de tout mon coeur, mais je suis de ceux qui croient que le destin ne passe pas au même endroit deux fois. Les temps ont changé, et aujourd’hui, l’individualisme est tel que personne ne se voit enfermé en résidence pendant deux mois pour faire un album. De plus, les labels sont actuellement en manque d’argent et ne peuvent financer ce genre de choses…

Concernant « Quelle Sorte D’Homme », on pourrait penser que ce morceau a été créé pour faire la jonction entre « Ball Trap » et « Château-Chimères ». Est-ce le cas ?

On ne l’a pas pensé comme ça, même si on nous l’a déjà dit. On ne voulait pas mettre en place une continuité entre nos deux albums. Effectivement, je vois pourquoi beaucoup pensent que c’est un morceau « pont » avec notre précédent opus – il a des riffs lourds et un refrain marquant et sautillant. On a cependant différents sons de guitares, plus présentes dans la vélocité. Sébastien est d’ailleurs très fort pour écrire des solos qui vont venir servir le propos du morceau, et non mettre en avant le guitariste.

Comment s’est faîte la collaboration avec Dan Ar Braz ? Car je crois savoir qu’au départ, vous vous êtes juste rencontrés pour parler du Château !

De base, il était hors de question de mettre des collaborations dans l’album, car le lien que j’ai avec celui-ci est trop personnel. Même dans notre entourage je ne voulais aucun featuring. On a rencontré Dan Ar Braz, que certains d’entre nous ne connaissaient pas, pour lui acheter du matériel. Et en discutant un peu, on s’est penché sur la carrière du bonhomme : et il nous a dit qu’il a enregistré 7 de ses albums au Château ! On s’est rappelé pour échanger à ce sujet, et il est devenu une source inattendue d’informations pour nous ! Le hasard fait bien les choses ! On s’est donc rapidement lié d’amitié. Et un matin, je me suis réveillé avec le refrain de « Je M’En Irai » dans la tête. Je l’ai maquété et soumise à Seb qui voulait qu’on l’enregistre immédiatement. Et Dan voulait également l’écouter. C’est alors que je me suis dit, pourquoi pas lui demander de participer au morceau ? Cela paraissait logique et cela laisserait une vraie trace reliant notre album à l’histoire du château !

Concernant les concerts, est-ce que certaines choses se préparent ? Pensez-vous pouvoir organiser un concert-concept avec des décors et des projections, durant lequel « Château-Chimères » serait entièrement joué ?

On va démarrer les lives en 2023, probablement à la fin de l’hiver, voir le début du printemps prochain. On veut laisser le temps à l’album de se faire une place. En plus, avec la pandémie et les nombreux reports de concerts, c’est un peu le bazar dans les salles, on va donc laisser passer un peu de temps. Concernant le concert-concept comme tu dis, on y pense très fort et on a beaucoup de monde qui le demande. On verra en temps voulu.

Un dernier mot ?

Un grand merci à ceux qui nous ont attendus longtemps pour l’arrivée de ce disque, mais aussi pour l’incroyable accueil que vous lui réservez!

[INTERVIEW] Tom Naumann (Sinner) : « en ces temps difficiles, on s’est entraidé et serrés les coudes au sein de notre communauté Metal »

Acolyte de toujours – ou presque – de Mat Sinner, Tom Naumann a accepté une longue entrevue afin de parler plus en détails de « Brotherwood », dernier né des Sinner, mais aussi des projets du bonhomme tout comme la difficulté de se dégoter quelques dates de concert !

(interview réalisée en visio le 22/07/2022 – Thanks to Markus Wosgien from Atomic Fire Records)

Metal-Actus : Quelles sont les premiers retours sur ce nouvel album de Sinner, « Brotherwood » ?

Tom Naumann (guitares) : Jusque là, on a de très bons retours ! Les sites web et les magazines ont beaucoup aimé, et il est même entré dans les charts allemands ! Avec Sinner, on est rentré dans le top 100, dans le top 50, alors que là on est dans le top 30 ! C’est absolument inattendu pour nous et on est très contents et fiers. Du coup on va fêter ça, et dans trois heures, on va nous retrouver bourrés (rires) non je plaisante, on va fêter ça ce soir, mais pas trop non plus !

Ce titre « Brotherwood » fait référence à l’amitié et à la fraternité dans Sinner, depuis les débuts du groupe, je me trompe ?

Oui. Je connais Mat (Sinner) depuis maintenant plus de 40 ans, et avec Alex (Scholpp) depuis plus de 20 ans. On joue ensemble et on traîne ensemble depuis très longtemps : ce n’est pas que la musique qui nous lit, mais aussi notre vie privée. Par exemple, Mat et moi on supporte la même équipe de foot – et on a pratiqué ce sport ensemble. Aussi, la pandémie a beaucoup affecté certains de nos amis qui bossaient et bossent toujours dans le live, on a donc voulu les aider à notre façon : on a proposé à nos techniciens de venir enregistrer nos parties à la batterie et à la guitare de ce nouvel album, de nous filmer pendant notre temps au studio, et on a proposé à d’autres de venir mixer le résultat. On a donc embauché notre entourage qui se retrouvait sans solution de repli durant cette période. J’ai vraiment l’impression qu’en ces temps difficiles, on s’est entraidé et serrés les coudes au sein de notre communauté metal en Allemagne.

Pourquoi avoir choisi cet artwork ? Car je trouve qu’il y a quand même un bon décalage avec le titre de cet album !

Le truc est qu’on s’est lancé sur une série d’artwork avec des couleurs vives – un peu comme les illustrations mexicaines – depuis la sortie de « Tequila Suicide » en 2017. Avec « Brotherwood », on voulait se lancer dans quelque chose de différent, revenir vers le son qu’on avait dans les années 1990 avec quelques modifications plus contemporaines. On s’est dit alors que ce serait bizarre de tout changer d’un seul coup, donc on s’est contenté de garder l’empreinte visuelle qu’on a adopté depuis deux albums. On voulait éviter une coupure trop radicale. Après, je suis sûr que le prochain artwork sera complètement différent, même si je ne sais pas non plus à quoi ressemblera l’opus qui ira avec !

« Bulletproof » est un titre extrêmement catchy, un très bon single et très bien placé en tête de tracklist, puisqu’il réussit à capter d’emblée notre attention. Comment ce morceau a-til été créé ?

Je crois qu’avec Mat on a commencé à écrire l’album vers Novembre 2021 et on a terminé fin février ou début mars. On en a sorti 9 chansons. Et « Bulletproof » est l’une d’entre elle et c’est comme – attend je prend ma guitare tu vas mieux comprendre – * joue le riff de Bulletproof* – j’avais ce truc en tête et on s’est dit « hé c’est une bonne idée, écrivons autour de ce riff! » Donc on a commencé à tisser autour avec les lignes de chants, les paroles, et on a trouvé une fois terminée qu’elle était parfaite. Après on s’est occupé d’écrire et d’enregistrer les autres morceaux et puis ensuite on s’est retrouvé pour parler du tracklist ensemble – on discute beaucoup de ça – Par contre je ne suis pas d’accord sur le fait que « Bulletproof » soit la meilleure des manières de commencer notre album. Je pense que ça aurait également bien marché avec « Brotherwood » par exemple. Je vois toutes nos chansons de manière totalement égale, mais c’est vrai que « Bulletproof » est une excellente introduction

Que peux-tu me dire sur « The Man They Couldn’t Hang », plus particulièrement sur les paroles et ce long break instrumental ?

L’idée était d’écrire cette chanson comme on le faisait dans les années 1990 ! J’ai toujours adoré ce rythme * joue le rythme principal* et j’étais en train de le jouer comme ça, et j’ai trouvé ensuite le riff que tu entends dans la chanson, même si je ne sais pas trop comment il est arrivé dans ma tête (rires) . Et donc j’ai commencé à écrire le morceau, et je me suis dit ensuite qu’elle serait d’enfer avec une partie orchestrale ! Cela la rendrait plus spicy, elle irait dans une direction plus prog mais tout en restant assez heavy. J’ai donc bidouillé quelques parties orchestrales mais avec mon PC et mes deux doigts comme ça (rires). Cela ne rendait pas vraiment très professionnel. Et j’ai un bon ami en Suisse qui m’a proposé de m’aider avec ça, et qui a programmer tout cette partie, notamment avec les claviers, pour avoir un excellent rendu final. Et je crois que ça parle du fait que tout le monde a des problèmes dans sa vie et que, parfois, on a envie de tout abandonner. La chanson te dit donc de te relever, de ne rien lâcher, reprend-toi et avance.

Pourquoi avoir choisi de faire une reprise de The Killers ?

On fait de nombreuses reprises depuis nos débuts en tant que Sinner, qui ne sont pas forcément en adéquation avec notre direction musicale : on a repris durant toute notre dernière tournée, par exemple, « Message In The Bottle » de The Police. On s’est attaqué aussi à Janet Jackson, … donc des trucs opposés et totalement différents. J’écoute moi-même de la country, Slipknot, Pink Floyd, donc je suis quelqu’un de très ouvert musicalement. Et je suis également fan de The Killers, je trouve leurs morceaux vraiment exceptionnels. Et j’ai proposé l’idée de reprendre celle-là et d’y donner en passant une petite touche Sinner. Et Mat a trouvé notre enregistrement avec Alex surprenament bon et allant bien avec les autres morceaux de l’album. Donc au départ, on voulait en faire une bonus track mais elle a fini sur l’album.

Au niveau des concerts, des choses de prévues ?

Actuellement, nous sommes en train de discuter avec un tourneur pour programmer des dates cet hiver. Mais on ne sait pas si cela se fera à cause de la pandémie. Trouver des dates en ce moment est compliqué car tout le monde est sur les routes en ce moment, tout le monde doit jouer. Et en plus de nombreuses salles ont du fermer durant les différents confinements …. Donc c’est assez difficile en ce moment. Mais on fera tout pour partir en tournée, car on adore jouer en live, et on voudrait présenter nos nouvelles chansons à notre public

Quels sont tes plans avec Primal Fear ? Et en solo peut-être ?

On va jouer avec Primal Fear au Summerbreeze, et espérons, au Metal Hammer Festival en Novembre. On est déjà en train de composer – Rolf et Alex ont déjà quelques chansons d’écrites – et on espère rentrer en studio au début de l’année prochaine, pour sortir un nouvel album dans le courant de cette même année. J’ai également fondé un nouveau groupe, avec lequel j’espère pouvoir enregistrer rapidement. Vous en saurez plus en septembre ou en octobre.

Un dernier mot ?

Bonjour à nos fans français ! Faîte bien attention à vous, soyez en bonne santé, célébrez la vie ! On espère vous revoir bientôt en tournée ou en festival autour d’une bonne bière fraîche ou un bon petit vin.

Retrouvez notre chronique de « Brotherwood » ici.

[Interview] JP (After Us) :  » il ne fallait pas qu’on se pose trop de questions »

After Us est un groupe fondé en 2019, dont une certaine pandémie a pas mal ralenti leur activité naissante ! Les confinements appartenant désormais au passé, le groupe a pu se retrouver autour d’une jolie mise en bouche, « Breaking The Dark », en attendant la sortie prochaine d’un album. Jean-Philippe a accepté de nous en dire plus au cours d’un entretien téléphonique.

Metal Actus : Comment s’est passé cette période assez particulière pandémique ?

Jean-Philippe Dumas (Batterie) : Plutôt bien, même si certains ont été frappés par la Covid. Léo (guitariste rythmique) est le seul à être passé au travers des mailles du filet. C’est plutôt sur le plan mental que ça n’allait que moyennement.

Peux-tu nous rappeler la genèse d’After Us ?

After Us a été créé par Céline (chant) et François (guitare) en 2019, en compagnie d’Olivier, qui a quitté le groupe depuis. Je suis, pour ma part, rentré dans le groupe fin 2019. La Covid a fortement ralentit notre activité entre temps et pour recruter notre bassiste Guilhem, cela s’est finit sur zoom (rires). On vient tous de Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines et vu les confinements, on a tout d’abord travaillé de chez nous avant de se retrouver en répète ou en résidence. On peut dire d’ailleurs, à ce propos, que le Barde Atomique est devenu notre deuxième maison (rires).

Pourquoi ce titre d’album ?

C’est une phase de la chanson « City Lights », une « presque » autobiographie de Céline, qui est en adéquation avec notre artwork. On avait envie de changer des codes « dark » du metal par cette phrase lumineuse et positive qui nous avait plu.

D’ailleurs, pourquoi avoir mis « City Lights » en avant ?

Ce morceau, c’est de la pop métalisée (rires). Le choix a été unanime, car c’est la plus posée et la plus accessible.

Que peux-tu nous dire sur l’artwork ?

C’est un tatouage de notre ex-comparse Olivier, et le studio, Seven 8 Tattoo, nous a gentiment donné l’autorisation de l’utiliser.  On voulait montrer ce que c’est d’avoir quelque chose qui nous colle à la peau.

J’aurai pensé que c’était une représentation de Céline !

Non mais ça aurait pu effectivement !

Que peux-tu me dire sur « Get Out » ?

Clippé en deuxième, il raconte l’histoire d’un monde qui finit mal. On l’a sorti le soir de la Saint Valentin, histoire de bien plomber l’ambiance (rires). Et on l’avait tourné une semaine avant, dans la maison de l’un d’entre nous.

D’ailleurs je remarque que ce morceau est complètement différent de « City Lights » ! Comment arrivez-vous à faire ressortir les influences de chacun ?

On a appris à se connaître, surtout dans un premier temps, via les software musicaux (rires). Avec la sortie du Covid, il ne fallait pas qu’on se pose trop de questions et qu’on se retrouve, pour poser tout ce qu’on avait fait, passer du virtuel au réel. Ce mélange est naturel, on part juste du principe que le point principal de la musique est qu’il doit être le bras armé de la mélodie. Après si c’est du stoner ou du hard, si ça convient…. Mais cela donne lieu à de nombreux échanges, parfois mêmes des engueulades ! (rires) Après, on a remarqué que nos influences propres ressortaient le plus en live !

Que peux-tu me dire sur « Home Again » ?

C’est le titre qu’on a composé en dernier et qui ouvre pourtant notre EP. Il est plus positif, avec ce tempo en médium, et l’utilisation des claviers et de l’électro le rend plus digeste, plus accessible. C’est celui qui nous pose aujourd’hui le moins de problème, maintenant qu’il est gravé dans le marbre (rires).

Qu’en est-il de la sortie d’un  album ?

On va rentrer en studio normalement au mois de novembre 2022. On aura quatre titres de l’EP qui seront remasterisé, sur un total de 10 ou 11 titres. Il y en a 7 qui manquent, car aujourd’hui trois sont composés et terminés, et un en cours de travail.

Je remarque que vous n’avez pour l’instant aucune date de concert, que ce soit passée ou à venir…

On ne veut pas se poser trop de soucis. Les concerts, on aimerait bien mais on ne veut pas le faire n’importe comment. Il faut qu’on travaille nos sets avant de nous relancer sur les routes. Mais il n’y a rien de pressé pour nous !

Quel est l’avenir pour After Us ?

Tout d’abord un clip, « Last Goodbye », qui sortira cet été (NDLR : Finalement ce sera le 13 mai). On reste ensuite sensible aux opportunités.

Un dernier mot ?

Merci à tous pour vos super retours, et suivez-nous sur nos réseaux pour du contenu et des surprises

[INTERVIEW] Eliott (Stengah) : « C’est une autopsie de l’esprit humain »

Metal Actus : Comment vous vous portez, malgré ces temps incertains ?

Eliott (batterie) : Bien, bien….

Max (guitare): On a l’impression qu’on en voit le bout ! On a des dates qui commencent même à tomber, et si tout se passe bien, on va bientôt en être à la sortie.

Vous avez bien choisi votre moment puisque vous sortez votre premier album studio, « Soma Sema ». D’ailleurs, qu’est-ce qui vous a poussé à sauter le pas ?

E : C’était plutôt une décision de notre label (NDLR : Mascot Label Records) afin de pouvoir lancer une tournée suite à la sortie de l’album.

Eliott, peux-tu nous raconter la genèse de Stengah ? Comment as-tu su t’entourer afin de lancer ce groupe ?

E : Comme tu le dis, il faut tout d’abord savoir s’entourer. Il faut tout monter de zéro et faire des choses inédites, dont rassembler des musiciens avec lesquels je n’avais pas eu encore l’occasion de jouer. Il était donc important pour moi de repartir sur du neuf. Dans un premier temps, ça a été Max et Benoît – notre bassiste – qui avons formé un noyau et sur lequel s’est greffé un second guitariste, et beaucoup plus tard le chant. Ça a été assez difficile de définir un type de chant. On ne s’est pas dit au départ quand on a monté le groupe qu’on voulait faire ce style de musique là, mais on s’est dit voilà, on va juste faire de la musique, on va voir comment ça évolue, et la musique metal s’est imposée d’elle-même, au fur et à mesure d’avoir essayé plusieurs chanteurs. Nicolas (Queste) a un chant puissant et donnait vraiment une ligne directive et définitive à notre musique.

Et toi Max, comment tu as embarqué dans cette aventure ?

M : On se connaissait déjà un petit peu, on avait été étudiant dans la même école de musique, on avait même pu jouer un peu ensemble. Quand il m’a appelé pour monter un projet, ça m’a tout de suite branché, et pareil pour Ben – j’ai déjà joué avec lui – et du coup on était chaud. Voilà comment on a embarqué, et comment on l’a entouré (rires).

Vous existez depuis assez longtemps et pourtant c’est votre premier album. Dans plusieurs de vos communiqués et sur votre site internet, vous évoquiez ce sens du détail. Est-ce quelque chose de primordial pour vous ? Et comment ne pas céder à la pression des proches, des labels, de l’industrie dans un monde où tout va très, parfois trop, vite ?

E : Il y a eu plusieurs étapes qui ont contribué au fait que nous prenions autant de temps : d’abord, on voulait avoir un line-up complet, donc si on s’est bien lancé en 2013, nous n’étions pas totalement lancé. On a sorti une première démo en 2016, on a fait quelques shows, et le line-up était assez frais : on va dire que cela ne faisait que quelques mois qu’on jouait ensemble. On est resté comme ça pendant deux trois ans, notamment pour trouver le bon chanteur. Ensuite, on a eu une période où on a fait des concerts, dans des clubs, on a eu aussi la période Wacken Metal Battle (NDLR : remportée par le groupe en 2017) qui a été assez importante, et ensuite on est rentré dans ce processus d’enregistrement de l’album où, là, on a pris notre temps, avec ensuite le mixage mastering. Et puis il y a eu la phase de démarchage qui a abouti au partenariat avec Richard Gamba (Sphere Manage), notre manager, et ensuite à la signature avec le label juste avant la pandémie, ce qui a rajouté un ou deux ans. A partir de ce moment là, on n’avait pas du tout de pression, et on a pris le luxe de prendre notre temps.

Pourquoi ce titre d’album, « Soma Sema » ?

E : C’est une expression philosophique qu’on emprunte à Platon… qui n’a pas de traduction, ou en tout cas, pas de traduction juste selon moi. C’est, de mon point de vue, un jeu de mot, qui parle du corps comme d’une espèce de tombeau de l’âme. C’est l’idée que l’esprit est complètement incarcéré dans ce corps. On est parti là-dessus pour illustrer la thématique de l’album, à savoir la dualité entre deux opposés qui, en même temps, se complètent. Par exemple ce qu’on projette de soi et ce qu’on est à l’intérieur. Il y a beaucoup de thèmes dans ce genre là, comme le bon et le mauvais… Je pense aussi à la confrontation entre des mondes réels et des mondes rêvés. C’est une autopsie de l’esprit humain! On observe la manière dont les gens s’adaptent à leurs propres émotions, selon le contexte. On a un personnage qui revient régulièrement dans les trois clips qu’on a sorti, une espèce de créature de chiffon, qui représente un bagage, une sorte de passager noir que chacun se traînerait .

Que pouvez-vous me dire sur l’artwork, dont je perçois pas mal de références iconographiques, dont « Le Cri » de Munch ou encore quelques tableaux de Dali ?

E : C’est rigolo parce que j’ai déjà travaillé sur ce tableau là en arts plastiques, dans mes années lycée, et il m’avait beaucoup marqué à l’époque, car cette image fait ressortir énormément de chose, elle est à la fois figée et violente. Et pourtant, au moment de la conception de cet artwork, je n’avais absolument pas ce tableau en tête. Je ne peux même pas dire qu’il y ait eu une influence ou une inspiration . Dali, j’aurai plus tendance à te dire que oui, c’est une inspiration, car c’est un peintre que j’aime énormément par rapport au fait – et j’interprète peut être trop – qu’il y ait beaucoup de silences dans ses peintures qui perdurent et deviennent oniriques, immatérielles. Il y a justement cette espèce de profondeur dans cette cover avec cet espèce de monstre au loin qu’on voit apparaître, plus les petits personnages qui partent vraiment très très loin. Etant donné qu’il a une extension sur le côté, on peut voir il y a quelque chose à la fois de gigantesque et de très centré, et justement très figé alors qu’il y a ce mouvement de visage tout de même assez agressif.

Par rapport au clip de « He And The Sea », inspiré par le livre « La mer et lui » d’Henri Meunier et Régis Lejonc, qu’est-ce qui vous a inspiré pour en faire un morceau, et puis un clip après ?

E : C’est l’histoire d’un marin qui a finit sa vie de pêcheur, sa vie de marin, et qui veut retourner sur la terre pour de bon. Et c’est tellement pénible pour lui qu’il décide d’emmener la mer avec lui. C’est tout un deuil, sur le lâcher prise, … Et on l’a retranscrit en se basant sur l’idée d’un enfant, qui deviendrait adulte d’un seul coup, sans la transition de l’adolescence : cet enfant, qui a encore un esprit un peu naïf, innocent, qui s’amuse de tout et de n’importe quoi – d’ailleurs, dans le clip, il y a beaucoup de jeux, avec ce manège qui est là entre autres – et en même temps, son autre lui, qui lui fait face, est déjà un adulte et qui doit assumer les conséquence de ses actes et les responsabilités qui vont avec. On retrouve notre dualité car, à la fois, il y a une espèce de séparation obligatoire et en même temps il y a quelque chose qui les réunit toujours au monde.

D’ailleurs j’ai remarqué que les clips de « He An The Sea » et « At The Behest Of Origins » peuvent assez facilement s’interchanger !

E : C’est deux morceaux superposés dont l’histoire est liée, avec deux clips superposés. C’est-à-dire que ce qu’il se passe dans « He And The Sea » est en fait ce qu’il se passe dans la tête, le cerveau du personnage du clip de « At The Behest Of Origins », d’où le fait que le personnage féminin revienne dans les deux clips, mais sous une forme différente. On est dans la dissection de l’esprit humain : le manège qui tourne représente allégoriquement le vortex des pensées.

M : Et puis ça renforce notre envie de paradoxe : pourquoi donc faire un clip de « He And The Sea » à la mer ? (rires)

E : C’était un titre évocateur, on aurait pu s’attendre à quelque chose de très ouvert, en pleine nature, et là non, on est enfermé dans une espèce de hangar gigantesque, et dans le noir ! On a pris le contre-pied de ce qui était attendu !

Que représentait de base les deux personnages féminin et masculin ? J’avais pensé au Yin et au Yang personnellement …

E :J’aime beaucoup ta lecture ! C’est ce que je recherchais quand j’ai écrit le clip, à en donner plusieurs. Je met évidemment beaucoup de moi-même dans mes paroles, mais de façon à ce que chacun puisse s’identifier à tout ça et que ce ne soit pas non plus trop intime, sinon les gens ne s’y retrouvent plus. Cette idée de Yin et Yang est intéressante parce que c’est deux personnages que tout oppose, jusqu’à leurs couleurs de peau. Ils vont vouloir à la fois se séparer, se courir après, se réunir, et à un moment donné c’est un équilibre qui est recherché en permanence. Ce troisième personnage qui n’est pas apparu dans la vidéo de « At The Behest Of Origins », a un rôle encore différent, pour représenter une nouvelle facette de notre personnage principal.

Comment avez-vous rencontré Pascal Duquenne, qui joue ce personnage principal dans « At The Behest Of Origins » ?

E : Et bien on a un manager qui est là pour ça ! Il a la faculté d’être à la fois très professionnel et très méthodique. Donc il sait expliquer un projet, de manière très précise. On a pu, grâce à lui, rencontrer quelqu’un du prestige de Pascal, mais aussi, plus généralement, d’avoir accès à ces contacts-là ! On a fait le choix d’avoir un acteur porteur de handicap, pour démontrer que son personnage n’est pas défini par son handicap ! Il renvoie une image très forte qui donne, dans un premier temps, un avis sur sa condition, sur son handicap, avant qu’on ne se rende compte que c’est lui le guide. Il vient en opposition à la danseuse qui apporte une espèce de mouvement très léger mais aussi de très anxieux puisque tout est anticipé, alors que chez lui, il y a quelque chose de très apaisé, confiant.

Que pouvez-vous me dire sur « Swoon » ?

M : Il est particulier, surprenant effectivement – et je pense surtout à un passage au milieu très mélodique. On est dans une recette un peu plus commune, identifiable au metal en général et il est vrai que ce passage là est plus groovy. On aime, dans notre univers, intégrer d’autres influences qui ne viennent pas seulement du metal. Cette chanson est fun à jouer, elle donne le sourire, elle est plûtot joyeuse, mais elle dénote aussi avec des côtés plus sombres.

E : C’est marrant, parce que paradoxalement, c’est l’un des textes les plus torturés de l’album. C’est l’histoire d’un personnage qui tombe amoureux de son propre idéal. Il cherche du coup à devenir ce qu’il n’est pas. Il y a donc une espèce de romance qui se créé, qui est totalement impossible puisque c’est un problème de personnalité, qui mène à la fin à l’auto-destruction. Mais je suis d’accord qu’il y a un aspect très lumineux, qui vient contrebalancer une certaine noirceur. Tu parlais de Yin/Yang tout à l’heure, et on retrouve cette idée dans le morceau. C’est la dualité en permanence notre album (rires). Mais on tend toujours vers quelque chose de très positif : on ne cherche pas forcément la destruction ! Il y a toujours ces moments où on vient agripper des choses plus colorées et moins glauques.

M : je pense aussi que c’est quelque chose qu’on ne retrouve pas forcément que dans ce morceau-là en fait, mais dans presque tout l’album ! Il se passe beaucoup de choses pendant une chanson, on passe par beaucoup d’ambiances et on ne va pas forcément deviner où il va arriver, ni par quoi il va passer. Et ouais je pense qu’il y a des choses différentes : si on écoute « He And The Sea », par exemple, il a des passages très agressifs comme des passages beaucoup plus calmes, plus contemplatifs.

Un dernier mot ?

E: Rendez-vous en concert ! Venez-nous voir en live – ou pas ! … Regardez nous sur Youtube (rires) et restez chez vous !

M : Et bien on a hâte que ça sorte ! De faire partager ça !

[INTERVIEW] Naty (Except One) : « Toute notre production s’est retrouvée orientée (…) par la période pandémique et les confinements.»

Quatre ans après la sortie de « Fallen », les Except One, forts de leurs expériences passées, reviennent avec un deuxième album, « Broken », dont un des thèmes principaux reste la situation sanitaire et tout ce qu’elle a engendré dans nos caboches. On a pu s’entretenir avec Naty, batteur du groupe, pour en savoir plus.

Metal-Actus : Déjà, comment tu vas ?

Naty (Batterie) : très bien ! On s’apprête à sortir de ce merdier, alors j’espère et je reste confiant.

« Broken », votre deuxième album, est sorti il y a maintenant un mois. Quels sont les premiers retours dessus ? J’ai vu d’ailleurs une petite chronique élogieuse sur le magazine Rolling Stone !

On a été agréablement surpris, surtout que notre genre n’est pas, habituellement, la cible de RollingStone ! On est hypers contents surtout, c’est un peu un rêve de gamin qui se réalise. Concernant les autres chroniques, on a eu plusieurs retours de différents webzines qui sont très positifs, et on est contents et soulagés. C’est ton bébé et tu le donnes au monde pour qu’il soit disséqué, ce n’est pas simple ! (rires)

Cet album est encore une autoproduction. Est-ce un choix de ne pas passer par un label « classique », du moins pour l’instant ?

On n’a pas eu l’occasion de discuter avec un label en accord avec nos valeurs. Et puis le fait de ne pas passer par une maison de disque nous permet de contrôler à 100% notre production, comme se faire entourer des personnes qu’on souhaite, à l’instar de notre directeur artistique.

Pourquoi avoir choisi ce titre « Broken » ?

Il faut savoir qu’on l’a composé avant le confinement, on a pris le temps de se poser et d’explorer toutes nos failures. On a utilisé plus de samples notamment, et on a donné à notre musique une dimension différente. « Broken », si on suit la blague, c’est normal que ce soit brisé après être tombé, en référence à « Fallen » (rires). Ce titre fait référence à une période où on était tous un peu cassé, et très frustré. Ce titre est donc venu tout naturellement, et toute notre production s’est retrouvée orientée, avec un côté très brut de décoffrage, par la période pandémique et les confinements.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « In Nomine » via un clip ?

C’est le premier morceau que nous avons composé pour cet album, avec un chant clair cohérent. Elle a aussi été assez simple et rapide à imager. On voulait quelque chose de visuellement impactant et cette track faisait parfaitement l’affaire.

Que peux-tu me dire sur « Blood Of The Underdog » ?

C’est un de mes titres préférés, qui est venu lui aussi assez tôt dans la phase de composition. Il montre qu’on est à la fois capable de faire du groovy, du thrash, du chant clair, et en plusieurs parties.

Que peux-tu me dire sur « Seeds Of Revolt » ?

C’est le titre death mélodique de l’album, elles peuvent faire penser à « Break The Wall » de l’album « Fallen » ou être considérée comme son équivalent.

Avez-vous réussi à reprogrammer votre release party du 15 janvier ? Avez-vous pu obtenir des dates de concerts, des festivals ?

Non, et on réfléchit à plusieurs dates. On en a plusieurs autres concerts à annoncer mais c’est toujours compliqué vu la situation sanitaire. De plus, il y a tous les groupes qui devaient jouer en 2020 et en 2021 qui passent en priorité.

Avez-vous des ambitions plus européennes avec la sortie de cet album ?

Oui, on a apprécié d’aller à la rencontre de notre public européen en tournée, on s’est donc fixé comme but d’être le plus international possible.

Un dernier mot ?

Venez écouter notre album et suivez-vous sur nos réseaux sociaux. C’est ici qu’on fait la plupart de nos annonces, et promis, il y a de belles choses qui arrivent.

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[INTERVIEW] Emile (Beyond The Styx) : « On devient tous, quelque part, des esclaves de la technologie »

Fort d’un dernier opus salué par la critique, les Beyond The Styx sortent « Sentence », opus teinté de rage et dont certains thèmes ont été influencés par notre politique actuelle. Emile, chanteur du groupe, a accepté de nous accorder quelques mots et de revenir sur cet opus furieux.

Metal-Actus : Après le gros succès de « Stiigma » en 2018, est-ce que cela a été évident de repartir sur la composition d’une nouvelle galette ? (en terme d’inventivité comme de pression autour de vous ?)

Emile (chant) : La pression, on se l’est mise tout seul pour sortir un truc à la hauteur de « Stiigma » . Mais pour nous cet album est le symbole d’un renouveau pour Beyond The Styx puisque Victor, qui assurait la guitare lead, nous a quitté. On s’est alors beaucoup posé la question de continuer à cinq ou de former un nouveau guitariste. On a donc opté pour cette deuxième solution, même si cela n’a pas été simple. David, notre nouveau guitariste, a énormément travaillé, s’est beaucoup impliqué, et c’est tout ce qu’on attendait de lui.

Pourquoi « Sentence » comme titre d’album ?

On voulait juste un mot, avec un double-sens à la fois en français et en anglais. « Sentence », c’est donc à la fois une punition et une phrase. Il fait écho, quelque part, à notre nom, et on trouve que c’est un terme particulièrement fort. Et on l’a trouvé à une heure du matin, pendant l’enregistrement. Ce n’était pas une décision unanime au départ!

L’artwork de l’album est assez sensationnel. Peux-tu nous présenter son créateur ? Et quelle est toute la symbolique de ce dessin ?

C’est un dessin d’Ammo, un illustrateur français expatrié en Belgique. Il avait déjà bossé sur la couverture de « Stiigma » donc c’est tout naturel qu’on se soit tourné vers lui pour « Sentence ». Et dès le deuxième essai, il a eu tout bon ! Le dessin représente une jeunesse en proie à ses propres démons. On a cet adolescent, non genré pour que tout le monde puisse s’y identifier, avec un Cerbère, le gardien des enfers, assez menaçant au-dessus de lui. D’ailleurs, l’immeuble derrière peut aussi représenter l’entrée des enfers. La Lune, enfin, rend apocalyptique la scène. C’est un visuel assez dystopique.

Autre chose avec beaucoup de symbolique, le fameux clip de « Overload ». Peux-tu nous en donner la signification ?

C’est une chanson sur le burn out, et la frontière entre la vie privée et la vie professionnelle. A cause du confinement, on ne pouvait rien projeter comme projet personnel, loisir … on avait que le travail. Le vase autour du personnage principal dans notre clip représente le brouillard dans lequel on se trouvait tous, mais aussi le climat qui régnait à ce moment-là.

« Collateral » a un message particulièrement fort. Tu peux nous en dire plus ?

Avec « Collateral », on voulait montrer à chacun qu’on pouvait laisser son empreinte dans le réel, à l’heure où la plupart des gens trouvent refuge dans le virtuel. C’est d’ailleurs à ça que fait allusion le terme de « Digital Church » : on devient tous, quelque part, des esclaves de la technologie, domestiqués consciemment tous les jours. Je vais peut-être passer pour le boomer de service avec ce que je vais sortir (rires), mais je trouve que la promotion des concerts avant était mieux, on avait plus de curieux dans la salle, c’était plus spontané ! Aujourd’hui, on est obligés de faire la promotion des concerts par Facebook !

Sur « New World Disorder », vous êtes en featuring avec Luis Ifer, du tout jeune groupe Teething. Comment est venu l’idée de cette collab ?

On a connu le groupe par le bouche à oreille, et comme on est aussi tourneurs, on les a fait jouer deux fois à Tours. Luis, c’est un gars humainement en or ! Alors quand on a écrit cette chanson, plutôt engagée, j’ai pensé à lui pour un featuring. Et il m’a tout de suite suivi.

Que peux-tu me dire sur « ESC XIX » qui est intéressante par une certaine opposition entre les guitares bourrines et cette ligne de basse qui apporte un petit moment funky ?

C’est également une chanson qui parle du confinement, sauf que celle-ci est plus optimiste, laisse entrevoir une porte de sortie.

Que peux-tu me dire sur « Scorch AD », en featuring avec Guillaume D. (qu’on entend principalement j’ai l’impression) et avec un solo de guitare digne d’Arch Enemy ?

Ce n’est pas qu’une impression (rires), la voix de Guillaume étant plus grave que la mienne, et prenant beaucoup plus de relief ! Je me suis dit que c’était un bon moyen de lui rendre hommage, alors qu’il s’est investit à fond dans la création de ce morceau. C’est une chanson qui parle de cet interminable incendie qui a eu lieu en Australie, en faisant un pont avec ce qu’il se passait aussi dans la forêt d’Amazonie.

Vous avez pas mal de dates de concerts à partir du mois de mars. Êtes vous confiants quant au maintien de celles-ci et surtout êtes-vous content de retrouver le public ?

Clairement oui. Après j’ai un goût amer, car pour moi, on nous a menti sur l’état des choses pendant des années, sacrifiant ainsi des corps entiers de métiers dédiés à la musique live. Maintenant que les restrictions s’allègent et se lèvent, je vais tenter de rester optimiste, malgré ma méfiance. On en saura plus sur la tournée en fin de semaine, puisque nous avons besoin de garanties.

Un dernier mot ?

N’oubliez pas la place de la culture dans notre société, et surtout soutenez-là ! Posez-vous les bonnes questions et ne vous demandez pas si vous devez y aller, mais où vous devez aller. Puis soyez libre ! La vie vaut plus que le gain et le capitalisme.

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[INTERVIEW] Shawter (Dagoba) : « On a pu peaufiner les détails, préparer les risques à assumer »

Fort de son impressionnante carrière et de sa popularité grandissante dans l’Hexagone mais aussi partout dans le monde, les Dagoba reviennent avec un nouvel album, « By Night », qui rompt avec les les précédentes galettes par un ton plus audacieux et des sonorités plus originales. On a pu s’entretenir avec Shawter sur ce nouveau chapitre qui s’ouvre pour son groupe.

Metal-Actus : Le climat pandémique a-t-il eu un quelconque impact sur la production de « By Night », votre nouvel album ?

Shawter (chant) : Oui, mais de manière positive ! On a eu plus de temps pour travailler sur sa production, alors qu’on le fait entre deux tournées habituellement. On a pu peaufiner les détails, préparer les risques à assumer – car cet album est assez risqué pour Dagoba – et faire tout ce qu’il fallait pour être complètement satisfait du résultat.

Cet album sort chez Napalm Records. Il me semble que vous étiez chez Sony/Century Media pour « Black Nova ». Qu’est-ce qui vous a attiré chez Napalm Records ?

Nous n’avions qu’un contrat pour un seul album. Une fois « Black Nova » sorti, on est allé démarcher des gros labels de metal, ceux que nous connaissons tous. Napalm a tout de suite été très enthousiaste quant à nos projets, et nous a fait rapidement une proposition, axée sur le développement du groupe à l’international. Et comme nous étions déjà chez Napalm mais sur l’événementiel, le basculement a pu se faire rapidement. C’est finalement assez pratique pour nous. On a d’ailleurs signé pour trois albums.

Pourquoi ce titre « By Night » ?

Au moment de choisir le titre, on s’est posé et on a réécouté nos morceaux. Et nous avons tous eu la même image, dans une voiture roulant de nuit dans une ville d’aspect futuriste.

On remarque un aspect cinématographique très présent dans cet opus : déjà musicalement par ces sons très électros qui font penser aux BO de films de science-fiction (Blade Runner en tête) mais aussi avec le clip de « The Hunt » qui me fait personnellement penser à la scène de la discothèque dans le premier Matrix ou encore l’utilisation des lumières néon et la photographie qui me fait beaucoup penser au film Drive (Nicholas Winding Refn). Cette dimension cinématographique, que vous n’aviez pas ou peu à mon sens sur vos autre opus, c’était quelque chose que vous vouliez ? Pour avoir une valeur ajoutée ?

On pense qu’on était aussi cinématograhique avant, même si ce n’était que des images plus épiques. On a choisi d’utiliser le synthé, d’avoir des sons plus électros, qui font effectivement penser à des films comme Blade Runner. On n’avait pas d’idées particulières en tête, on voulait juste s’amuser avec ces sons, et créer quelque chose d’unique.

« On The Run » est de loin le titre le plus audacieux de l’album, et même de toute votre carrière. Comment a-t-il été conçu ? Et comprends tu qu’il divise les fans de Dagoba ?

Assez simplement : cela fait des années que je voulais qu’on propose une sorte de duo piano-voix, et on s’est dit que, avec cet album dans lequel on prend plus de risques, c’était la bonne occasion de le faire. Mais j’avais un souci sur les lignes de voix : mon chant n’allait pas sur les couplets. On a donc fait appel à une invitée, une chanteuse anglaise que nous connaissons, et avec laquelle on a été ravis de travailler. Et on est super contents du résultat. Sur les critiques qu’on a reçu, elles viennent principalement des mêmes personnes qui disent plus des choses négatives à notre propos que de se plonger véritablement dans notre univers, et, à vrai dire, cela me passe au-dessus maintenant. On fait de la musique pour nous.

Pourquoi la chanteuse présente sur ce morceau refuse pour l’instant de dévoiler son nom (NDLR : elle a demandé à pouvoir elle-même révéler son identité), maintenant plus d’une semaine après la révélation du clip ?

Elle travaille sur un projet qui doit bientôt aboutir, et elle voulait se servir de sa présence sur notre morceau pour communiquer dessus. Laissons-lui le temps de se révéler à nous !

Il y a en tout trois intermèdes instrumentaux, qu’on retrouve maintenant beaucoup chez Dagoba. Pourquoi avoir choisi de faire une pause au milieu, quand la plupart des morceaux sont des déchaînements de violence ?

Ces pauses ajoutent justement ce dont on parlait auparavant, à savoir une dimension cinématographique à l’ensemble de nos morceau. Ces instrumentaux définissent notre décor avant de repartir.

Tu me confirmes que la tournée européenne avec Infected Rain aura bien lieu malgré le contexte ? Content de revenir sur les routes européennes ?

Pour l’instant je te confirme qu’elle est toujours d’actualité. Avec les restrictions sanitaires qui changent du jour au lendemain selon les pays, on fait un point tous les jours sur ce qui est ou non possible. On croise les doigts, on tient beaucoup à faire cette tournée.

Vous avez déjà trois festivals hors frontières de prévu cet été. Avez-vous d’autres plans ?

Oui même si ce n’est pas encore annoncé. Dagoba aura un planning très chargé cet été !

Un dernier mot ?

Merci à tous et prenez soin de vous et de vos proches !

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[INTERVIEW] Loris (Hopes Of Freedom) : « C’est gratifiant, galvanisant, et cela nous donne envie de jouer plus »

Près de dix ans après la parution de leur premier album éponyme, les Hopes Of Freedom tiennent à mettre à terme à cette triologie avec la parution de la partie finale de leur histoire, « Light, Fire & Iron ». Une occasion pour Metal-Actus de s’entretenir avec Loris et Lucas, respectivement bassiste et chanteur/guitariste de la formation.

Metal-Actus : Comment se porte Hopes Of Freedom, en ces temps incertains ?

Loris (basse) : On se porte bien, malgré la pandémie qui nous met les bâtons dans les roues. On n’a pas forcément morflé car on était en enregistrement, et les différents confinements nous ont permis de prendre plus de temps dessus, de nous attarder sur ses détails, et ça a été bénéfique. On a pu aller plus loin dans chaque étape grâce à cela. De plus, on a pu retomber sur nos pattes après un départ dans nos rangs : Charles à la guitare a quitté le groupe, et a été remplacé par Grégoire.

« Light Fire & Iron » est sorti fin 2021, quels ont été les retours pour l’instant dessus ?

Loris : Incroyablement positifs ce qui est, pour moi, un peu déroutant : ça parait toujours un peu irréel, alors que nous avons mis les petits plats dans les grands, on a tout fait pour monter d’un cran. On a travaillé donc pour mais avoir autant de retours positifs autour du monde, nous laisse pantois : c’est gratifiant, galvanisant, et cela nous donne envie de jouer plus.

Cet opus marque la fin d’une trilogie entamé avec votre album éponyme sorti en 2012. ça a été facile de mettre un point final à cette histoire ?

Loris : Ouais on en avait marre (rires). Cette trilogie « à l’envers », c’était une idée qu’on a eu après la sortie du premier album. Les étapes se sont faites naturellement. Il s’est passé du temps depuis, on a mûri, on a pris de l’expérience. L’histoire ne vient pas en un seul bloc puisqu’on l’a conçue au fur et à mesure, ce qui explique sa propre évolution. Donc oui, content d’avoir pu terminer ce chapitre, pour en débuter ensuite un nouveau.

Comment s’est passé l’enregistrement en ces temps particuliers ?

Loris : Tout s’est très bien passé, et nous n’avons eu aucun problème en particulier. On s’estime chanceux d’avoir pu bosser avec Max Morton (NDLR : qui est notamment le producteur des Jinjer) sur le mixage. C’était fabuleux, d’autant plus qu’on ne savait pas en premier lieu qu’il était fan de Power Metal et qu’il estimait ne pas en voir assez (rires).

Un clip doit bientôt paraître. Tu peux m’en dire plus ?

Loris : Sa sortie est maintenant une question de semaines. Il a été enregistré à la fin de l’année 2021, de la manière la plus éprouvante qu’il soit, comme on aime le faire (rires). Il est actuellement en post production.

Que peux-tu me dire sur « A Tale Of Glory (Part II) » ?

Lucas (Chant/guitare) : C’est un morceau que Charles a apporté avant son départ, avec un seul riff pour commencer. En deux partie, il contient de la cornemuse et quelques petites choses en plus. Il a un côté mid tempo très martial.

Que peux-tu me dire sur « The Ancient And Silent Force » ? Je crois d’ailleurs entendre du violon !

Lucas : C’est encore un morceau que Charles a apporté, sauf que là il a composé le morceau dans son intégralité. On y a ajouté ensuite les orchestrations. Quant à la présence du violon, on utilise des machines qui synthétise différents sons, donc il se peut qu’on puisse les interpréter différemment de nous !

Comment se sont passés vos concerts en 2021, notamment votre première partie d’Ultra Vomit ? Vous avez des projets pour 2022 ?

Loris : Cela n’a pas été évident de se booker des dates, mais comme on était en studio, on n’a pas été trop impacté. Tout s’est décanté en fin d’année, et on a pu faire quelques shows, notamment la release party et la première partie d’Ultra Vomit . Sur cette dernière date, c’était surtout un crash test pour nous, car si la salle était pleine, ce n’était pas pour venir nous voir évidemment (rires). Pourtant, les gens ont été super réactifs, cela a été une grosse et vraie réussite. Concernant 2022, on a quelques projets, en espérant que la pandémie ne fasse pas tout capoter encore une fois.

Un dernier mot ?

Loris : Suivez nous sur les réseaux pour toutes les news, annonces de concerts et quelques exclus ! C’est par ce biais que vous pourrez dans un premier temps nous soutenir.

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