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[INTERVIEW] Mikko Siren (Apocalyptica) : « Chaque morceau a sa propre identité, mais fait partie de quelque chose de plus grand »

A l’occasion de la sortie de « Cell-0 », qui marque le retour (bref) du groupe à du 100% instrumental, Metal-Actus a pu s’entretenir avec le batteur d’Apocalyptica Mikko Siren et évoquer le concept particulier de cette cellule imaginaire.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’aimerai que tu reviennes sur l’immense tournée que vous venez d’achever à l’occasion de l’anniversaire de la sortie de «Plays Metallica By Four Cellos». Quel regard portes-tu sur ces années très intenses ?

Mikko Siren (Batterie) : C’était génial ! Nous avions initialement prévu de faire une trentaine de dates sur cette tournée – essentiellement en Europe – pour célébrer la sortie de cet album il y a 20 ans. On comptait revenir après en studio pour enregistrer notre nouvel album. Et tout ça remonte à 2015 (rires). Après nos premiers concerts, les promoteurs et nos fans à travers le monde ont été emballé par l’idée, et on a reçu une immense demande de faire plus de shows ! Donc effectivement, il se trouve que c’est notre plus grande tournée, avec un passage dans au moins 45 pays à travers le monde.
Et nous étions de retour à nos débuts, quand nous n’avions que les violoncelles, et ensuite la batterie. Nous avons ainsi pris conscience à quel point nos fans adorent nos morceaux instrumentaux, voire plus que ceux avec des chanteurs. Ainsi, on a pris la décision de faire «Cell-0» en pleine tournée !

Cette réaction de votre public est celle qui vous a poussé à revenir au tout instrumental sur cet opus donc ?

Exactement !

Que veux dire ce titre «Cell-0» ?

On parlait, durant notre tournée, de musique, et de la vie en général – ce qu’il se passait dans nos société, dans notre monde, sur Terre. Nous avons imaginé cette particule imaginaire, « Cell-Zéro», qui est le départ de toute chose sur cette planète : ça peut être un simple atome tout comme quelque chose de plus puissant, qui a créé la vie. C’est aussi quelque chose dont manque actuellement l’humanité, car cet élément améliore les sentiments des êtres humains, et les rend plus doux, plus compatissants. Beaucoup de personnes manquent de respect envers les autres, envers notre terre et la nature.

Je trouve que votre musique est bien plus agressive et plus rentre-dedans que sur vos deux précédents albums. D’autres groupes vous ont-ils influencé ?

Beaucoup de choses se sont passé en cinq ans, entre la sortie de notre précédent album «Shadowmaker» et aujourd’hui, et cela a eu une influence sur notre musique, peut-être pas forcément voulue. Eicca (Toppinen) et Perttu (Kivilaakso) sont les deux compositeurs principaux du groupe : musicalement, ils sont tous les deux assez ouverts à différents types de musique, du classique au plus thrash à la Slayer.
Sut «Cell-0», on se rapproche des émotions que peuvent ressentir chaque individu, on les «kidnappe» en quelque sorte pour les porter aussi loin que possible, de les approfondir, de les développer, et d’en faire ressortir leur beauté, malgré cette sur-agressivité apparente.

Ces émotions sont au coeur de votre album donc ?

Oui. Nous voyons chacun des morceaux comme une peinture : chaque morceau a sa propre identité, mais fait partie de quelque chose de plus grand. Tu peux le constater sur notre artwork d’ailleurs. On essaie alors de faire quelque chose de cohérent, d’avoir une histoire continue du début à la fin de notre album.

Le clip de «Rise» est-il la projection de cette peinture que tu décris ?

Non, car il s’agit de l’interprétation de notre réalisatrice, Lisa Mann. C’est drôle car quand j’ai pour la première fois entendu «Rise», la seule chose qui m’est venu à l’esprit est le terme de «lumière», dans le sens que c’est quelque chose de positif, qui améliore les choses. Lisa travaille depuis un moment avec nous – elle a réalisé certains de nos clips dont «Not Strong Enough» ou encore «Cold Blood» – et elle nous connaît bien maintenant. On lui a donc fait écouter la chanson tout en lui demandant de nous réaliser le clip. Et on lui a laissé carte blanche. C’est donc sa propre interprétation de notre musique même si elle se rapproche beaucoup de la nôtre !

Donc vous ne lui avez donné aucune directive ?

Juste quelques indices ! Mais c’est elle qui a choisi l’histoire, la photographie, qui a utilisé les danseurs…. Cette vidéo est sa vision, en tant qu’artiste, du morceau. On voulait lui donner la possibilité de s’exprimer. Et c’est aussi notre façon de la remercier d’être avec nous depuis toutes ces années.

Que peux-tu nous dire sur «Call My Name»?

Il s’agit d’une composition de Perttu, et elle devait être à l’origine chantée par un guest. On a du la retravailler pour qu’elle passe mieux en instrumentale. C’est un titre épique, qui se rapproche beaucoup des bandes-sons des jeux vidéos – ce qui n’est pas étonnant, Perttu étant un fan de jeux vidéos, il a pu piocher quelques éléments dans ce genre de musique. C’est un mélange entre du dark metal et quelques accords mineurs, qui sonne à des moments plus pop, mais dont la puissance ne fait que monter pour à la fin exploser. Un bon morceau de metal en gros (rires). Au niveau de la thématique, le morceau retranscrit les cris que la Terre adresse à l’Humanité : «Que m’avez-vous fait ? Vous m’avez ruiné, vous avez détruit la nature et ses habitants».

Que peux-tu me dire sur «Beyond The Stars» ?

Elle a été écrite par Perttu, et il était déjà prévu qu’elle occuperait la dernière place de notre tracklist. Il retrace l’histoire d’un satellite, dans lequel l’humanité a mis ce qu’elle savait faire de mieux : la musique, les arts … et elle l’a envoyé dans l’espace dans le but que quelqu’un en retrouve son contenu. Il s’agit de sa vision que, inévitablement, l’humanité devra quitter un jour notre planète, qu’on devra la laisser derrière nous après des années à la maltraiter. C’est aussi le morceau qui réunit tous les autres de l’album – toutes ces particules se mettent enfin en place ensemble.

Je voulais revenir sur votre début de collaboration avec Sabaton : après votre cover de «Fields Of Verdun», vous avez sorti une autre cover, «Angels Watching» et vous êtes montés sur scène avec eux le temps de cinq titres. Qu’est-ce que vous attendez pour l’album de duos ? (Rires)

Je ne peux pas vraiment te répondre (rires). On aime beaucoup collaborer avec Sabaton, et leur façon d’être avec les autres, les fans … Et ils ont toujours tout pleins d’idées ! On espère juste pouvoir faire plus de choses avec eux. On a, pour commencer, cette formidable tournée qui nous attend avec Amaranthe ! On se rejoindra les uns et les autres sur scène, pour passer une bonne soirée, avec tous nos fans réunis. Et puis peut-être qu’il y aura autre chose, un jour, à un moment donné. (rires)

Es-tu heureux de revenir sur les routes aussi tôt ? J’ai l’impression que votre dernière tournée s’est achevée hier !

Oui ! Effectivement, on ne fait que courir depuis la fin de la dernière tournée, entre les nouveaux concerts à préparer, la composition de l’album, les enregistrements à Stockholm, à Los Angeles, la promotion partout en Europe….On n’a plus le temps d’être à la maison, et c’est dommage car j’aime bien être chez moi (rires). Mais je suis content de repartir jouer !

Comme sur les deux précédentes tournées, est-ce que vous aurez un chanteur avec vous sur scène ?

Sur la prochaine tournée, on profitera de la présence d’Elize Ryd (Amaranthe) qui viendra avec nous sur quelques morceaux. Concernant les concerts qu’on va donner aux Etats-Unis, Frankie Perez sera de la partie.

Et pour ce qui est des festivals cet été ?

On en fera quelques uns, mais on se consacrera surtout à nos propres tournées en salle. On fera beaucoup plus de festivals à l’été 2021.

Un dernier mot ?

Merci pour votre incroyable soutien et votre patience pour la sortie de ce nouvel album studio. On en est super fiers et c’est en partie grâce à vous qu’on l’a réalisé.

Notre chronique ici.

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[INTERVIEW] Mick (StuBorA) : « «Horizon Noir» résumait bien les thèmes généraux abordés »

Dans le sillage de la sortie de leur opus « Horizon Noir » à la fin du mois de novembre 2019, on a pu s’entretenir avec Mick, l’une des deux têtes pensantes des sympathiques StuBorA !

Metal-Actus : Comment s’est passé le travail autour de cet album « Horizon Noir » ?

Mick (chant et basse) : On est deux compositeurs, Cyril et moi-même, et, même si on se retrouve sur une base et des influences communes, on peut avoir aussi des goûts qui sont complètement différents. On ne voulait pas se fixer de limites : on voulait jouer ce qu’on avait envie de jouer en essayant tout de même de trouver une homogénéité dans tout ça – il ne faut pas non plus que ça soit des styles qui n’aient rien à voir les uns avec les autres. Nos morceaux, sur cet album, ont une vraie couleur, avec de vraies palettes. Après, forcément, on a toujours des concessions à faire : Cyril va, parfois, ne pas proposer certaines choses et à l’inverse, certaines de mes compositions ne vont pas convenir au groupe.

Et ce n’est pas trop compliqué de tout mettre en commun si vous avez des influences si différentes ? Il n’y a pas eu de clashs ?

Il y en a eu (rires), c’était déjà le cas sur le précédent album. Mais ça se passe bien : on a la chance, avec Cyril, d’être d’abord des amis puisqu’on se connaît depuis qu’on est gamin, et d’avoir conscience du talent de chacun – on sait que nous avons cette même motivation. Après, on est tellement passionné par ce qu’on fait que, parfois, on peut se montrer un petit peu moins ouvert sur les propositions de l’autre. Cela a pu générer quelques petites tensions qu’on a été capables de surmonter. L’enjeu est que, malgré cette différence, c’est de réussir à aller dans la même direction et que chacun s’y retrouve.

Est-ce que Niala à la batterie, il essaie de proposer des choses ?

Niala n’est pas dans la composition. Par contre, il intervient beaucoup sur l’aspect rythmique des chansons, sur les arrangements. A la base, on travaille beaucoup avec Cyril – on s’envoie des fichiers, on se propose nos morceaux sur lesquels on intéragit, on fait des suggestions, … et tout ça est fait en amont. Une fois qu’on est d’accord sur le principal – l’ossature, les mélodies – on amène ça à Niala en répétition. Il pensera à des rythmes, à des choses qui nous feront rebondir et parfois même réorienter le morceau dans une autre direction. Son jeu de batterie et sa maîtrise de l’instrument nous permet de glisser et de faire le lien, justement, entre nos influences diverses.

Le titre de l’album, «Horizon Noir» est très évocateur : «horizon» donc futur et «noir» sombre, pessimiste. Pourtant, je perçois dans les morceaux que vous vous raccrochez à quelques notes d’espoir, de vie. Je voulais savoir avoir choisi un titre aussi sombre pour représenter votre album alors que justement, ce que vous dépeignez n’est pas si noir ?

Tout le monde ne perçoit pas forcément ces touches d’espoir, certains journalistes ne les ont pas décelé et ont trouvé que c’était assez sombre en général. On écrit également les paroles chacun de notre côté avec Cyril et on s’est rendu compte au résultat qu’on abordait des thèmes qui n’étaient pas finalement très joyeux. C’est juste un constat qu’on fait. Mais le résultat est que cette couleur noire ressortait un petit peu, et donc «Horizon Noir» reprend bien cet aspect un peu sombre qu’il peut y avoir dans pas mal de paroles de cet opus. Et puis c’est aussi une manière d’attirer l’attention : «Horizon Noir», ça interpelle, ça paraît pessimiste comme ça et finalement ça peut permettre de mettre l’accent sur certaines choses qui ne vont pas et qu’on veut améliorer. Mais on a toujours une part d’ouverture et heureusement d’espoir, sinon, ce serait bien triste de ne plus avoir foi en l’humanité !

Tu me confirmes que, sur la plupart des chansons présentes sur cet album, vous vous basez sur du vécu ?

Oui tout à fait ! Il y a des choses qui vont être des constats de société, sur le monde qui nous entoure, et il y a vraiment des textes qui sont liés à des expériences intimes personnelles : des décès, des choses sentimentales, … avec toujours une certaine pudeur et en essayant de faire des paroles qui ne soient pas trop précises, ce qui pourra permettre à chacun de s’y retrouver et d’y faire son interprétation.

A propos de deux des premiers morceaux que vous avez balancé, à savoir «Ténèbres Eternelles» et «Identité», je m’interroge car ce dernier est particulièrement accrocheur et aurait fait un très bon premier single ! «Ténèbres Eternelles» est bien plus bourrine et moins facile d’accès ! Pourquoi ce choix ?

«Ténèbres Eternelles» est l’un des morceaux que nous avons finalisé en premier. Mais c’est aussi un titre qui fait le lien avec ce que nous avions proposé sur l’album précédent. Comme sur «Horizon Noir», on s’est autorisé à aller dans des directions un peu plus poussées, dans des styles que nous n’avions pas abordé jusqu’à maintenant, on voulait, entre guillemets, rester sur du classique avec ce morceau et ainsi ne pas perdre ceux qui nous suivent. Et puis pour les deux suivants, dont «Identité», en terme de mélodie, ils proposent quelque chose de fort, et de différent, qui représentait bien la diversité de l’album. En attendant, pour nous, ces trois morceaux restent assez forts et on a voulu les mettre en avant par les clips.

Que peux-tu me dire sur «Cerveau Limité» ?

C’est moi qui l’ai écrite. Les paroles portent sur un sujet dont on parle un peu plus en ce moment, mais c’est quelque chose qui m’a toujours interpellé : la perception machiste de certains hommes par rapport aux femmes et à leur droit à la féminité. J’ai une fille qui a 15 ans qui s’était interdit de porter des jupes durant toutes ses années de collège sous peine de se faire traiter de pute. J’ai une épouse qui se fait siffler dans la rue. Alors oui, je pense que certains hommes ont un gros problème d’éducation, de gestion de leur frustration et autres. C’est un truc qui me répugne, et donc j’avais envie d’aborder ce sujet. On nous a fait souvent la remarque, que ce n’était pas forcément un thème souvent abordé dans le Metal, qui peut lui-même avoir une connotation machiste. Mais je pense que le Metal-rock a aussi évolué : on n’est plus dans ces stéréotypes qu’on pouvait avoir dans les années 1980/1990.

Que peux-tu me dire sur «Hors De Lui» ?

On a utilisé plusieurs accordages différents sur cet album, cela nous permet, une nouvelle fois, de nous renouveler en terme de propositions et de sonorités et, du coup, nous permettre de trouver une inspiration nouvelle. C’est le cas de «Hors De Lui» qui a un style qu’on n’avait pas fait jusque là, avec une ambiance un peu lourde. On garde toujours le souci de la mélodie dans le refrain, un point commun sur lequel on s’est attaché à travailler sur toutes nos compos.Cela donne quelque chose d’accrocheur. Il a une petite inspiration doom – et d’ailleurs son titre de travail était «Doom» (rires). C’est un morceau composé par Cyril qui a des influences un peu plus extrêmes et metal que moi .

Vous étiez en compétition pour faire la première partie du concert parisien de Sidilarsen. Pas trop déçu d’avoir perdu ?

Alors on n’est pas foncièrement déçus même si, oui, on aurait bien aimé le faire. Dans une salle parisienne aussi connue avec un groupe comme ça, ça aurait été sympa. Mais bon, on ne perd pas espoir et on travaille vraiment là-dessus pour 2020, à essayer de se trouver des dates dans ce genre-là, décrocher des petits festivals ou des premières parties. Le but de notre album, c’est aussi nous ouvrir ce genre de portes.

Un dernier mot ?

Essayez de porter une oreille sur l’album ! Il n’est peut-être pas facile d’accès pour certains, le chant en français peut en rebuter certains. On est satisfait du résultat, on pense qu’on propose quelque chose de qualité, avec des bons riffs et de chouettes mélodies. Donc on espère que les auditeurs et les chroniqueurs y trouveront leur compte !

Notre chronique de « Horizon Noir » à retrouver ici.

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[INTERVIEW] Robin (Dog’n’Style) : « L’album a une maturité complètement différente par rapport à nos précédentes galettes »

Né en 2013 dans nos belles contrées vosgiennes, les Dog’n’Style ont largement su s’imposer grâce à un son à la fois puissant et hybride qui sait fédérer tout le monde. A l’occasion de la sortie de leur nouvel album, « Only Stronger », nous avons pu nous entretenir avec un groupe haut et fort.

Metal-Actus : Vous avez sorti il y a très peu de temps, «Only Stronger», votre nouvel album. Satisfait du résultat ?

Robin Robs (Basse/Choeur) :(Rires) C’est une très bonne question. On n’est jamais pleinement satisfait du résultat, mais pour l’instant, à titre personnel, je manque un peu de recul sur ce qu’on a fait.

«Only Stronger», c’est parce que vous avancez de plus en plus forts ?

Oui, c’est un peu près ça. Cet album est la continuité de celui d’avant, c’est-à-dire toujours plus haut, toujours plus fort même s’il t’arrive des merdes, même si tu as des hauts et des bas. Il faut toujours garder ce côté un peu fort et bomber un peu le torse (rires).

Comment vous avez travaillé autour de cet album ?

On a beaucoup travaillé avec Rudy Lenners, l’un des premiers batteurs de Scorpions, qui s’est occupé de tout ce qui est direction artisitique. Quand on s’est retrouvé tous ensembles après «Pub’s Calling», on a composé trente morceaux. On a rencontré Rudy en cours de route, pas tout à fait au hasard parce qu’on l’a un peu provoqué (rires). Et il nous a fait changer notre méthode de travail : on a du refaire énormément de choses, des arrangements ont été créés … Du coup l’album a mis un peu de temps à sortir mais il a une maturité complètement différente par rapport à nos précédentes galettes.

Tu dis «changement de méthode». Tu peux nous en dire un peu plus?

Il était très sur les arrangements. Pour les albums précédents, on composait tous les quatre, en répète, de manière assez spontanée. Lui nous a permis de faire plus attention à ce que j’appelerai le fil directeur, donc de garder toujours l’idée de base de l’album complet, sans pour autant se répéter. Il avait le recul nécessaire, par rapport à nous qui avions la tête dans le guidon, pour pouvoir émettre un jugement critique objectif, pour nous permettre de retirer le meilleur des compos. Sur trentes compos, on en a gardé que dix.

Les vingts autres, on pourra les entendre un jour ?

Très bonne question ! On verra ça au prochain album, si on ressort des trucs des tiroirs ou si on repars sur du neuf.

Pourquoi avoir choisi «Feed Your Devil» comme premier clip ?

On l’a prise car, vu notre évolution, on ne voulait pas prendre un titre trop rock, ni trop metal pour ceux qui nous découvrent. On a tapé donc dans le style «Metal mais pas trop»pour toucher un maximum de monde et garder la fan-base qu’on avait.

Et qu’est-ce qui a motivé cette légère évolution dans votre style ?

C’est plus la façon de composer, par rapport à l’album d’avant : on avait alors plus de riffs heavy. Sur celui-là, on a plus laissé de place au chant. On l’a sublimé, on lui a laissé une place un peu plus importante, surtout au niveau des refrains, avec des mélodies beaucoup plus accrocheuses, plus percutantes sans en mettre dix mille fois trop. La mélodie principale y perdrait en efficacité. On a donc allégé les autres parties, particulièrement celles à la guitare et à la batterie.

Vous avez eu l’air de bien vous marrer sur votre clip et sur vos photos promos. J’ai pu percevoir un petit côté « Machete ». Pourquoi ?

Disons que le côté Tarantino/Rodriguez, qu’on retrouve aussi dans le clip, sont nos influences principales culturelles, qui valent ce qu’elles valent. C’est le côté un peu fun qu’on voulait mettre en avant. Et puis on ne s’est pas trop posé la question : nous, cela nous paraissait naturel (rires). On a bien aimé l’idée donc on y est allé à fond dedans.

Que peux-tu me dire sur «Rivals» ?

Je ne sais pas si tu a vu le petit livret de l’album, qui est constitué comme un roman graphique : les paroles sont illustrées avec des images, des photos, … Cela a un petit côté décalé assez théâtral. La chanson dit que notre pire ennemi, c’est nous-même. C’est la bagarre schizophrénique qu’on peut avoir avec notre égo. Sur la plupart des morceaux de cet opus, on parle de choses qui nous sont arrivés, des situations plus ou moins bien, auquels les gens peuvent aussi s’identifier.

Que peux-tu me dire sur « Do We Have A Deal ?» ?

(Rires) Celui-là aussi est en rapport avec des choses qui nous sont arrivées. Le titre fait allusion aux expériences que nous avons pu avoir avec le groupe : par exemple ne pas faire confiance à n’importe qui quand tu signes un truc (rires). C’est quelque chose qui peut arriver à tout le monde en signant un contrat : il faut toujours faire gaffe aux vampires. Il faut bien lire les paroles, car on crache un petit peu très légèrement la haine de façon un peu humoristique sur les têtes de mort qui nous casse les couilles en gros.

Donc tu me confirmes que tout ce qui se dit dans la chanson vous est réellement arrivé ?

Ouais. Je pense que ça valait le sujet d’une chanson de l’album (rires).

Vous avez récemment fait la première partie de Phil Campbell And The Bastards Son au Café de la Danse de Paris. Comment ça s’est passé ? Ce genre de concert n’est-il pas à double tranchant, vous frottant à la fois à une meilleure exposition, mais aussi aux fans de la mort de Phil Campbell et de Motörhead ? (rires)

Tu as absolument raison là-dessus. C’est vrai qu’avant le concert, on voyait tous les fans arborant leurs tee-shirts de Motörhead, et on s’est dit «Ok, ça passe ou ça casse» (rires). Mais qui ne tente rien n’a rien ! Notre set était un peu court, de 20-25 minutes. Les gens étaient un peu durs au début : tu arrives comme ça, et tu te rend compte qu’il faut envoyer le sec rapidement. Et ça été très très bien accueilli, J’ai été même surpris que ça prenne autant. Je m’attendais à ce qu’il y est plus de réticence au niveau du chocs des styles puisqu’on a un style assez rétro hard-rock, avec de l’énergie tout en ayant des mélodies accrocheuses : ça m’inquiétait un peu mais je ne me faisais pas trop de mouron là-dessus.

Vous allez également vous rendre pour la troisième fois en Espagne…

Ah l’Espagne ! C’est toute une histoire d’amour (rires). C’est vraiment un chouette pays : il y a de la bonne bouffe, de la bonne bière, des bons concerts… Nous, il ne nous en faut pas plus (rires). Plus sérieusement, ils sont très accueillants, ils adorent le metal, le rock et tout ça, donc du coup il y a quelques endroits où on a déjà joué donc ils nous attendent avec impatience !

Combien de tenues hawaïennes vous disposez pour les tournées ?

(Rires) Alors ça dépend du degrés de connerie de chacun (rires) : quand on est prévoyant comme moi, on en a quatre, et quand on est un connard comme mon chanteur on en a zéro (rires). Du coup, je lui en passe deux et j’en ai plus que deux (rires). Chacun prévoit sa logistique à sa juste valeur. Sinon les autres ils ont ce qu’il faut, même s’ils en ont qu’une quand même. Je trouve que ce n’est pas très très logistique tout ça (rires). Ce serait bien qu’on soit plus carré dans nos nombres de tenues, comme ça on pourrait changer tous les soirs ! (rires). Mais je ne vais pas en racheter pour tout le groupe, il ne faut pas déconner non plus ! (rires).

Un dernier mot ?

Je meurs de soif ! (rires)

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[INTERVIEW] Sofie Von Kelen (Welcome To Hell(fest)) : « En 2013, on s’est dit qu’on allait faire un album BD »

C’est en 2013 que la journaliste Sofie Von Kelen et le dessinateur Johann Guyot ont décidé de faire un album BD sur – ni plus, ni moins – que le Hellfest. L’ouvrage, édité dans toutes les bonnes librairies du coin aura fait forte impression sur la population metal, mais aussi sur quelques lecteurs curieux. Six ans et trois albums plus tard, les instigateurs de ce chouette projet ont besoin de soutien sur Ulule pour publier une Intégrale. Nous avons rencontré Sofie, qui va vous la présenter dans l’entretien qui suit :

Metal-Actus : Comment avez-vous eu cette idée de BD ?

Sofie Von Kelen : De 2009 à 2012, j’écrivais pour «Abus Dangereux», qui est un gros fanzine papier plutôt branché rock indé. Ils m’avaient embauché pour mettre une petite touche de Metal dans leur ligne éditoriale. Tous les ans, j’allais au Hellfest leur faire un live-report . Et au bout de trois ans de ce régime-là, à faire quatre pages de textes avec des photos, je me suis dit que ce serait plus drôle en BD. J’ai travaillé dans le milieu, en tant que critique, pendant 14 ans : je voyais donc ce qu’on pouvait faire en tant que «carnet de voyage». J’ai donc appelé mon ami Johann Guyot, dessinateur de BD et fan de metal, et je lui ai demandé si ça le branchait de faire ça avec moi. «Ouais mais par contre je ne suis jamais allé en festival» il m’a répondu (rires). Il a une énorme culture mais il préfère écouter ses disques chez lui. La foule, ce n’est pas son truc (rires). Je lui ai donc proposé «Ecoute, tu viens la première année, on ne planifie rien, on ramasse de la matière et tu vois ce que ça donne. Et si ça te plaît, on continue, si ça ne te plaît pas on arrête». Et on a continué. Au début, on pensait proposer une rubrique à des magazines, mais au bout de la deuxième édition, en 2013, on s’est dit qu’on allait faire un album BD. Le premier tome contient trois années, car on a mis un an ou deux à trouver notre rythme et notre format.


Donc ce côté de Johann, plutôt pantouflard et très râleur envers les festivaliers, c’est totalement vrai ?

Totalement. En fait, ça a été un atout inattendu, la bonne surprise, que son côté non
festivalier complètement halluciné de ce qu’il se passait au Hellfest faisait un excellent contre-point au mien – non pas blasé – mais habitué : je vais dans des festivals depuis que j’ai 16 ans, je suis allée sur la dernière année du Furyfest, j’ai fait quasiment toutes les éditions du Hellfest, sauf deux ou trois,.. Du coup ça a été la petite surprise que nos points de vue se répondent comme ça.

Comme on peut le voir dans la BD, vous avez pu rencontrer de nombreux musiciens. Leur avez-vous expliqué le projet ?

Oui, même s’il a fallu bien choisir les gens à qui on s’adressait : il fallait qu’ils soient sympas humainement, dont on aimait la musique, et que ce ne soit pas de trop gros groupes – on voulait des gens avec qui on aurait pu avoir des contacts privilégiés. Et ils ont tous été super curieux, ils ont adoré et ont trouvé que ça changeait. On a eu un excellent accueil de la part des groupes. Vraiment.

Comment s’en est sorti Johann pour ses dessins ? Je sais qu’il a fait quelques croquis sur place …

Effectivement, mais il n’en a pas fait énormément. Lui il récupère sa matière en faisant des croquis, en prenant des notes, avec des vagues zigouigouis (rires) qu’il retravaille après chez lui. Il y a quelques croquis qui sont d’origine. Les conditions étaient difficiles, surtout de nuit. Il faisait donc une prise de notes graphique (rires).

C’est quelque chose qu’il faisait aussi sur le premier tome ? Je trouve que son style de dessin est passé du spontané à l’affirmé.

Oui mais pas que pour «Welcome To Hell(Fest)», mais dans tout son boulot de dessinateur : il a eu une évolution dans son style de dessin à ce moment là. Sur le tome 1, il y avait beaucoup plus de croquis et des crayonnés. Sur le tome 2, il était dans une période encre, pour permettre de faire un noir et blanc assez contrasté, et sur le tome 3 il a commencé à faire des lavis, donc des encres diluées, donnant un aspect gris. C’est quelque chose qui se voit très mal sur le tome 3 car nous avons eu de gros problèmes avec l’impression, Tout ça va être retravaillé pour l’Intégrale afin que les images en lavis rendent justice à toutes les illustrations plus subtiles qu’il a fait.

Le tome 1 va garder cet aspect croquis ? Qu’est-ce que tu peux me dire sur les autres changements, les ajouts ?

Non, la seule chose qu’on va retoucher, ce sont les niveaux de gris. En ce qui concerne les autre changements, la mise en page va évoluer – on va associer des formats carrés à des formats rectangulaires, et donc on va un peu bouger les illustrations. Sinon, rien ne bougera, on va les renettoyer un peu, les traces de gomme, les notes oubliés, les trucs comme ça… Au niveau des ajouts, il y aura pratiquement 40 pages de bonus avec un retour sur les années 2018-2019, une petite incursion sur les autres festivals – le Motocultor, le Fall Of Summer – et un cahier graphique : on a pas mal de belles illustrations qui n’ont pas pu être mises sur les éditions précédentes.

Pourquoi avoir choisi Ulule pour financer votre intégrale ?

J’ai pu rencontrer Dominique Clair (à revérifier), l’un des dirigeants d’Ulule, au festival «Quai des Bulles» à Saint-Malo. Il m’a suggéré de passer par sa plateforme si jamais on avait besoin de lancer un financement participatif. Du coup on l’a pris au mot (rires). Nous sommes passé par ce biais car, tout bonnement, nous n’avons pas l’argent pour l’imprimer : on compte faire un bouquin de 300 pages, avec une couverture cartonnée et du beau papier, des choses qui ont un certain coût. C’est pour cela que ce Ulule est fondamental pour nous, car si on n’a pas ce montant là, l’Intégrale n’existera pas.

Aviez-vous décidé d’une trilogie de BD ?

Cela ne s’est pas décidé mais imposé, car on avait de plus en plus de matière au fur et à mesure des éditions. Et on a décidé d’arrêter car on avait l’impression d’avoir tout dit et on n’avait pas envie de se répéter. On s’est donc attaqué à l’Intégrale, elle va sortir pour les quinze ans du Hellfest histoire de marquer le coup. Et après, on passe à autre chose.

Avez-vous l’impression que votre BD sert, en quelque sorte, à vulgariser et expliquer le Hellfest au citoyen plus lambda disons ?

Ce n’était à la base pas notre intention de base, même si nous voulions quelque chose de très accessible et non élitiste. Nous avons d’ailleurs remarqué que beaucoup de non-metalleux achetaient notre BD, surtout sur nos stands dans des festivals comme Angoulême ou Saint-Malo ! Et quand on leur demande s’ils connaissent le Hellfest ou s’ils écoutent du metal, ils répondent par la négative ! On est content que ça plaise à tout le monde.

A propos de l’homme à poil en début de tome 1…

(Rires) Oui, ça a beaucoup étonné Johann, qui n’avait jamais mis les pieds dans un festival de Metal. Il a halluciné à quel point les gens pouvaient s’y balader à poil, les hommes comme les femmes. Il a beaucoup exprimé son étonnement sur le tome 1. Et on raconte vraiment notre vision du festival, sans essayer de faire un truc objectif.

Vous vous différenciez d’une certaine émission TV, qui va plus montrer des culs que de la vraie musique lors de ses reportages du Hellfest. On ressent la spontanéité de Johann.

A chaque fois qu’il y avait un truc qui étonnait Johann, comme les mecs qui se roulaient dans la boue, les costumes de vache, … il était là et me disait «Je ne comprend pas, il y a des trucs que je ne comprend pas (rires)».. Il faut savoir qu’il n’a quasiment pas d’amis métalleux en fait , et ce malgré sa culture métallique énorme : il a une immense collection de disque, et son père vend des disques rares, principalement des vieux trucs psychédéliques des années 1960-1970. Mais Johann ne va pas dans les bars metal, ne se traîne pas les fesses dans des festivals metal …

Et ça a changé depuis ?

Pas vraiment (rires). A part les gens qu’il rencontrent quand nous sommes sur les déplacements, mais non, il est resté fidèle à son cercle d’auteurs de BD.

Du coup la veste à patch est vraiment obligatoire ? (rires) Car sinon, je suis hors-la-loi (rires).

Non mais ça aussi ça l’a surpis ! Il a toujours eu des vestes à patchs, mais il ne les mettait qu’en concert. Mais ça l’a étonné qu’il y en ai autant, surtout des rigolotes faites sur des chemises haiwaïenne, des trucs comme ça.

Vous avez obtenu un stand sur le Metal Market du Hellfest il y a trois ans (et que vous avez toujours).

Tout à fait. Nous le partageons avec Metal Maniax. Le régisseur des stands sur le Hellfest, Guillaume, nous soutiens beaucoup, et fait en sorte que nous ayons notre stand tous les ans.
Et c’est génial d’avoir ça car cela nous permet d’avoir un rapport privilégié avec les gens. Et puis on forme une sorte de famille avec les autres stands du Market : on les revoit d’une année sur l’autre, ils ramènent leurs exemplaires dédicacés et nous les montre, ils nous présentent leurs amis, leurs enfants, ils nous amènent des bières (rires)… C’est vraiment un truc à part !

Du coup, comment allez-vous gérer l’après ? Tu vas revenir à «L’Avis Des Bulles» ?

Alors j’y suis toujours et je vais continuer mais en tant que pigiste ! Et je n’y retournerai pas en tant que rédactrice permanente, j’ai fait ça pendant 14 ans, donc ça suffit (rires). J’ai une biographie de Led Zeppelin en projet – je cherche d’ailleurs un dessinateur pour faire le côté BD. Quant à Johann, il illustre des moments clefs du rock pour un autre bouquin et travaille avec un auteur de Bordeaux, sur les anecdotes occultes du rock. On a un autre projet tous les deux du même genre, qui ne se fera pas avant un an ou deux sur le nouveau heavy, ou comment le british blues est devenu Black Sabbath.

Un dernier mot ?

Soutenez-nous sur Ulule ! On en a vraiment besoin, car on a vraiment envie que ce livre existe. Et ça va être un beau bouquin !

Pour les soutenir, rendez-vous sur leur page Ulule ici. (Fin de la campagne ce 25 octobre)

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[INTERVIEW] Clémentine Delauney (Chant-Visions Of Atlantis) : « Ce n’est pas parce qu’on est dans l’exploration sans un but précis qu’on est perdu »

S’il y a bien un groupe actuellement super actif, c’est Visions Of Atlantis ! Une petite année seulement après la sortie de « The Deep And The Dark », le groupe revient déjà avec « Wanderers », opus lumineux et mélodique ce mois d’août. Sa chanteuse, Clémentine Delauney, a accepté de nous en dire un peu plus.

Entretien réalisé en juillet 2019

Metal-Actus : Vous sortez «Wanderers», votre nouvel album, le 28 août prochain. Il y a une citation de J.R.R. Tolkien sur votre communiqué de presse «Not all who wander are lost». Peux-tu me dire à quel point elle correspond à votre album ?

Clémentine Delauney (chant) : Cette citation résume le mieux notre album, dans un sens où on voudrait inciter tous les gens à errer un peu pour mieux se retrouver. Ce n’est pas parce qu’on est dans la découverte, l’exploration sans un but précis, qu’on est perdu. Et cette citation nous correspond bien, on l’avait déjà utilisée sur l’un de nos tee-shirt avant la sortie de cet album. Un petit teaser de notre album à venir !

«Wanderers» traite aussi du voyage introspectif, initiatique sur la mer. C’est un thème qui a été à de maintes fois traité par des groupes, le dernier en date étant Evergrey, l’année dernière, avec «The Atlantic». Difficile, parmi ses sorties de sortir encore du lot, même si c’est votre thème de prédilection.

Nous ne dirons pas que nous sommes les meilleurs là-dessus. Le thème marin est quelque chose qui se retrouve dans nos compositions, et depuis le dernier album et celui-là, j’en ai fait une métaphore, celle de l’introspection. Du coup, quand on parle du Kraken par exemple, si on prend la chanson au premier degrés, on y voit juste l’animal mythologique, mais il y a un deuxième degrés de lecture : cela représente tout nos doutes, nos propres monstres, les obstacles que nous avons sur notre chemin qui nous empêchent d’être nous-même et de vivre notre vie pleinement. Toutes les chansons de Visions Of Atlantis traitent de voyage, mais pour moi, le voyage auquel il faut faire référence, c’est celui au fond de soi, pour se découvrir. Et vivre pleinement sa propre identité loin des standards et des codes.

C’est aussi l’interprétation du groupe ou c’est la tienne ?

C’est devenu l’interprétation du groupe. Déjà, j’ai fait valider le concept avec Thomas (NDLR : Caser, batterie), le fondateur de Visions Of Atlantis. Et c’est quelque chose qu’il traverse aussi : cela fait deux ans qu’il a un tatouage «Wanderer» sur son poignet (rires). Son évolution spirituelle personnelle et la mienne étaient un peu emmêlées. Du coup, cela m’inspirait aussi, car je n’étais pas toute seule dans ce processus. C’est un thème suffisamment fort pour transporter l’ensemble du groupe.

Vous avez fait vos photos promotionnelles sur Quibéron, avec un petit air de Pirates des Caraïbes des temps modernes. Qui en a eu l’idée ?

J’ai eu la chance qu’on me confie toute la direction artistique visuelle sur cet album ! J’ai donc choisi une très bonne amie à moi, Emilie Garcin, en temps que photographe, l’endroit, une autre de mes amies a fait les tenues – toutes sur mesure à partir de notre concept – et vu que j’en étais la maîtresse avec mes paroles, je voulais vraiment une cohérence, un lien entre ces deux éléments. On a choisi des vêtements un peu intemporels, qui ne reflètent pas forcément plus une période qu’une autre, qui ont été usés par le voyage, appartenant soit au passé, soit au futur. A chacun de décider ! Je ne voulais pas que ce soit des vêtements mais je voulais qu’on voit un concept.. Et je ne voulais surtout pas de noir car j’en ai marre (rires) (sic), je voulais m’en affranchir, surtout que notre message est positif : le coucher de soleil, la mer … Je voulais quelque de plus naturel, de plus vrai, de plus sobre aussi. Nos tenues sont sans fioriture, plutôt brutes de décoffrage.

Vous avez publié il y a quelques heures (rires) une lyric-vidéo pour le titre «Heroes Of The Dawn». Pourquoi avoir choisi de le mettre en avant ?

C’est un titre qu’on aime bien – bon on les aime tous mais celui-là tout particulièrement (sourire) – et on voulait présenter quelque chose caractéristique à Vision Of Atlantis : des mélodies très marquantes, un petit côté exotique avec cette flûte qui nous plonge dans un monde celtique … c’est un morceau qui t’embarque déjà dans un univers un peu différent, et qui met bien en valeur nos deux voix – Michele (NDLR : Guaitoli) ayant rejoint notre navire il n’y a pas si longtemps que ça. Et c’est une chanson qui a une histoire, avec deux personnes qui dialoguent. En faire une lyric-vidéo avait du sens car je voulais que les gens comprennent de quoi ça parlait. Et il y a beaucoup de textes sur cette chanson.

Que peux-tu me dire sur «A Journey To Remember» ?

Quand j’ai entendu ce morceau pour la première fois, j’avais envie de prendre mon sac, de monter sur un bateau et de crier «C’est là-bas ! « (rires). Il y a un petit aspect pirate du groupe qui ressort ici : il y a une super énergie – quand on le joue en live d’ailleurs, c’est incroyable – et les paroles ont facilement été écrites. Et c’est un morceau qui m’a donné pas mal de fil à retordre sur le refrain au niveau du chant, particulièrement haut (rires). Un morceau très libérateur, qui fera l’objet d’une vidéo.

Peux-tu nous expliquer les paroles de «A Silent Scream» ?

C’est une chanson qui compte beaucoup pour moi parce que c’est la première fois que j’ose parler d’écologie dans l’un de nos morceaux, et de manière beaucoup plus directe que ce que j’ai pu faire par le passé. Et c’est venu naturellement – c’est ce que m’a inspiré la musique. J’espère que, quelque part, on pourra la mettre en valeur, d’une telle manière que les gens puissent se retrouver dans ce message, et qu’on puisse aussi participer, à notre manière, à aider à croître une sensibilité au fait que ce qu’on a autour de nous n’est pas acquis et qu’il faut vraiment qu’on commence à le faire des choses concrètes pour changer nos habitudes, histoire que nous puissions survivre et faire survivre le monde merveilleux qu’on a démoli.

Vous faîtes actuellement la tournée des festivals, et vous vous arrêterez au Bang Your Head Festival en Allemagne où vous avez prévu un concert avec un orchestre. Pourquoi le faire dans un festival et non dans une salle de concert ? Y-aura-t-il un DVD ?

En fait, ça devait se faire l’année dernière ! Finalement, le festival avait été annulé. Et comme tout était déjà mis en place avec l’orchestre, il fallait juste qu’on reporte sur une autre date. Le cadre du festival permet qu’on n’ait pas à se soucier du lieu, à savoir de devoir relouer une salle, ce qui entraînerait des frais et une logistique supplémentaire. Et dans un festival, tout est déjà en place ! Il fallait juste en convaincre un de pouvoir nous permettre de le faire. Le festival Bang Your Head était super ravi et a facilité les choses. Et oui, il y aura un Bluray et un DVD ! Il devrait sortir l’année prochaine.

Tu l’as dit plus tôt, Michele Guaitoli est arrivé en 2018 au chant, mettant fin ainsi à de nombreux mouvements de line-up. Sur cette dernière chose, quel est ton regard ?

Je souhaitais revenir sur le départ de Siegfried, qui est resté avec nous pendant cinq ans : une vie peut évoluer sur une si longue période et on s’est séparé en de très bons termes. Il ne voulait pas continuer dans une aventure qui lui demandait de plus en plus d’implication personnelle, et le sacrifice de ses congés. Bien sûr, j’étais triste sur le coup car ça se passait vraiment bien et je pense qu’on aurait pu continuer ensemble longtemps. Et rechercher quelqu’un d’autre n’est pas moralement facile, surtout quand tu croyais tenir le bon bout.. Mais je pense que les choses devraient bien se passer avec Michele : c’est quand ça repose sur de l’humain, et sur des gens qui décident de s’investir que les choses avancent. Michele est très motivé, ça s’est très bien passé sur l’album, Il y a pleins de choses qui nous attendent ! Et lui veut tourner et être sur scène. Donc tant qu’on remplit notre contrat, il restera avec nous (rires)..

Artistiquement, pour trouver quelqu’un qui puisse s’accorder à ta voix, comment ça se passe ?

On avait déjà une première contrainte : on ne voulait pas qu’il soit trop loin, car cela veut dire tout de suite de prendre des billets d’avion, de ne pas pouvoir répéter facilement ..Moi-même je suis handicapante car je ne suis pas non plus à côté – même si ça va changer dans l’année qui va venir. Donc le périmètre était restreint à l’Autriche, la Suisse et l’Italie. Et forcément, il n’y a pas beaucoup de monde dans ces zones-là qui pouvaient remplir le job. On a pensé rapidement à Michele, il avait envoyé ses démos qui nous avait bien plût et Thomas l’a eu au téléphone plusieurs fois afin de s’assurer qu’il était dans le bon état d’esprit, sur la même longueur d’onde. Et après, il faut faire avec! S’il y avait vraiment eu un problème de deux voix qui ne collent pas du tout, on n’aurait pas poursuivi, mais comme c’est un très bon chanteur et qu’il a une bonne voix, qui s’harmonise bien avec la mienne, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas.

Qu’en est-il de tes projets en cours ? Et d’Exit Eden ?

Exit Eden sortira un nouvel album l’année prochaine ! Après pour mes projets, ça fait un petit moment que je souhaite sortir quelque chose sous mon propre nom. car j’ai beaucoup de musique sur mon dictaphone qui ne trouvera pas écho chez Vision Of Atlantis. Je manque cruellement de temps, et la direction est encore floue. Je pense que ça viendra quand j’aurai davantage de morceaux finis et que je verrai avec quel producteur je travaille. Je bosse aussi avec des amis sur de la musique qui n’a rien à voir, une sorte de projet-trip hop. Et il n’y a pas longtemps, j’ai entendu dire que Melted Space pourrait reprendre du service !

Un dernier mot à ajouter ?

Merci à toutes les personnes qui continuent à suivre Vision Of Atlantis malgré les péripéties sur les changements de line-up, qui aurait pu vous faire perdre notre foi en nous.

« Heroes Of The Dawn » :

« A Journey To Remember » :

« Nothing Lasts Forever » :

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Le groupe sera en concert le 22/04/2020 au Backstage By The Mill de Paris.

Image d’en-tête par Emilie Garcin.

[INTERVIEW] Zoe (Herrschaft) : « On essaie d’aborder un univers beaucoup plus cynique »

Après une période de six ans, et quelques ajustements nécessaires dans le groupe, les Herrschaft reviennent en duo et avec un nouvel opus, « Le Festin Du Lion », dans lequel ils nous présentent deux bons samaritains, Satan et son associé. Petit entretien avec Zoé, l’une des deux têtes pensantes du groupe !

Metal-Actus :Votre nouvel album est sorti depuis deux semaines (21 juin) au stand Season Of Mist du Hellfest. Avez-vous eu des premiers retours ?

Zoé H. : On a eu quelques premiers retours, même si avec cette journée promo, on s’attend à en avoir davantage par la suite. Les premières chroniques sont très positives, on est donc très contents car on aime savoir que notre album provoque les autres, que les gens en parlent. Et cela nous fait très plaisir car, tant qu’il n’est pas sorti, au sein de notre petit monde, on ne sait pas franchement ce que ça donne.

Je reviens rapidement sur le Hellfest. Vous avez fait toute la promo, et une bonne partie du festival, en tenues de scène. Pas trop chaud ? (rires).

Si mais un univers si chaud est idéal pour Satan ! Nous étions comme des poissons dans l’eau (rires). C’était parfait !

Pourquoi ce titre, «Le Festin du Lion» ?

Alors «Le Festin Du Lion» est, pour nous, le titre qui ressortait parmi les autres car c’est l’un des morceaux phares de notre album. Et bizarrement, même s’il n’a pas forcément de lien avec la pochette en apparence, on peut y trouver une forte connotation : pour nous, le lion est une entité qui attend son heure, sous son arbre, que ses ouailles et ses individus lui ramènent les résultats de la chasse et il va se servir en premier. Et sur cette pochette c’est la même chose. Alors, on n’a pas un lion à proprement parler, ce n’est pas non plus terre à terre (rires). On a ce Satan et son assistant qui regardent l’humanité, et cette dernière les implore de l’aider. Et quand tu viens voir Satan, c’est que tu arrives vraiment au bout de tout. C’est une question d’emprise d’un individu sur d’autres de son espèce. C’est ce que véhicule tout cet album, c’est le fil rouge.

Comment vous êtes vous retrouvés en duo ?

Nous avons commencé cette aventure à trois. Le noyau dur se composait de Max (qui est en promo aussi aujourd’hui) et de MzX qui était le chanteur à l’époque. Et en 2014, ce dernier a choisi de quitter le groupe et on a décidé de faire bande à part. Et avec Max, on s’est recentré à deux : on s’est beaucoup concertés pour finalement rester en binôme car on fonctionne bien mieux ainsi, que ce soit pour la composition que pour le live.

Que peux-tu me dire sur «The White Russians» ?

C’est le morceau particulier. Il a une histoire un peu moins drôle, un peu moins fun que tout les autres. «New World Order», par exemple, fait partie intégrante de notre fil rouge, avec tout ce cynisme qu’on a pu aborder. «The White Russian» est un morceau qu’on a composé en hommage à un ami, Mika Bleu, qui est décédé il y a deux ans pratiquement jour pour jour dans des conditions tragiques. Sa famille et ses amis ont décidé de créer une compilation et ont demandé à ses amis les plus proches de composer un morceau en son hommage. On a décidé donc de le créer tel qu’a été sa vie, c’est-à-dire à cent à l’heure qui se finit brutalement. Cela nous touche beaucoup, c’était quelqu’un qui avait une place immense chez Season Of Mist, il a participé aussi aux tournées de Shining … c’était un mec qui avait une joie de vivre incroyable et il fait partie des meilleurs qui sont partis trop tôt. Et ça nous tenait beaucoup à coeur de lui rendre hommage. Et ça nous tient toujours à coeur de jouer ce morceau en live pour lui rendre hommage à chaque fois, car il est un peu avec nous comme ça. C’est très important d’avoir ce morceau, même si c’est le seul qui ne suit pas le fil rouge de l’album.

Pourquoi avoir choisi de faire un clip pour «How Real Men Do» en 2015, pour lequel je perçois un petit doigt de cynisme ?

Tu as mis le doigt dessus (rires). Il y a effectivement un petit brin. Ce n’était pas forcément le cas sur nos albums d’avant mais aujourd’hui, on essaie d’aborder un univers beaucoup plus cynique, voire décapant, voire grotesque. C’est quelque chose qui nous change, alors qu’on avait cet aspect plus glacial et terre à terre. On a décidé d’assumer de faire de l’entertainment, qu’il fallait qu’on s’amuse avec ça, et si ça amuse les autres, tant mieux. On ne prend pas non plus les choses avec beaucoup plus de légèreté, ce n’est pas non plus la fête à saucisse (rires). Mais on veut prendre les choses avec plus d’amusement, c’est une petite liberté qu’on s’autorise, égoïste peut-être.

Vous allez faire une tournée en compagnie de Shaarghot. Est-il important pour vous de tourner avec des gens de votre scène locale ?

Déjà, il est important de tourner (rires). Après, ça fait 15 ans qu’on écume les salles, dont on aimerait bien pouvoir sortir un peu des frontières de la France. On a commencé l’année dernière au Wacken Open Air en Allemagne, avec le bel horaire de passage qu’est 19h. Après, l’électro-metal-indus a eu une traversée du désert durant ces dernières années où c’était très compliqué de jouer, tiraillé entre nos deux genres. Les choses sont en train de changer : il y avait un bon indicateur au Hellfest cette année avec plus d’électro représenté : Combichrist, Punish Yourself, Ice Breacher, Shaarghot évidemment … Donc on espère que les organisateurs ont été sensibles au fait que beaucoup de monde était sous les tentes pendant leurs shows. Evidemment, on adorerait y jouer l’année prochaine, mais cela n’est pas de notre ressort non plus. On aimerait jouer plus, on a d’ailleurs un nouveau tourneur, Black Speech, qui essaie de nous caler out ça. Au niveau des prochaines dates, on peut juste annoncer qu’on sera à Nantes le 1er novembre prochain à la Warehouse avec une belle affiche et on a très hâte d’y être. On apporte un effort particulier à la scénographie, avec des projections, des costumes de scènes, et on aimerait le présenter plus car cela fait à 50% partie de l’essence de Herrschaft.

Tu disais que vous avez mis six ans pour faire un nouvel album. Beaucoup d’autres groupes pensent que les gens les oublient dans ces cas-là.

Je suis d’accord, et nous-même on le vit à chaque opus puisqu’on met à chaque fois ce même temps environ, à un an près, entre deux albums. On sait que nous n’aurions pas eu la même trajectoire de carrière que si on sortait un album tous les deux ans. On a bien conscience que cela nous porte préjudice et on aurait un autre succès si on était un peu plus actifs. Mais on se doit d’attendre que notre album soit parfait, qu’on en soit à 200% satisfait pour le présenter au public. Et ça prend du temps. Et pourtant, on a pris ses six années pleines, sans aucune pause, pour bosser sur cet album !

Un dernier mot ?

Merci pour votre temps et votre intérêt. Et je voudrais dire aux gens qui lisent cette interview et qui aiment les groupes d’indus d’allez les voir en concert. C’est important pour eux, cela leur permet de continuer et d’avoir envie de refaire des albums.

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[INTERVIEW] Joakim Broden (SABATON) : « Si on reste un groupe de metal, nous sommes tous passionnés d’Histoire »

Machine à tube au succès de plus en plus phénoménal, les Sabaton reviennent ce week-end avec un nouvel opus, « The Great War », consacré entièrement, comme son nom l’indique, à la Première Guerre Mondiale. A cette occasion, nous avons pu nous entretenir avec Joakim Broden, chanteur et leader hautement charismatique de la formation. Voici le résultat d’un entretien très passionné.

Réalisé le 15/05/2019 à Paris – Merci à Olivier Garnier de Replica Promotion.

Metal-Actus : C’est la seconde fois que vous vous focalisez sur une période particulière, après « Coats Of Arms » (2010). Qu’est-ce qui vous a poussé vers la Première Guerre Mondiale ?

Joakim Broden (chant) : Je pense que c’est une question de timing : on avait déjà traité quelques événements de cette guerre sur nos précédents album, et depuis 2014, on avait cette idée de sortir tout un opus dessus. Mais il fallait juste trouver le temps et les moyens de pouvoir le faire. On a réuni une fabuleuse équipe et on s’y ait mis à une date symbolique, le 11 novembre 2018 ! .

Tu le sais peut-être, la Deuxième Guerre Mondiale est bien plus connue et parlé dans des médias et la pop culture que la Première. Pense-tu que ce nouvel album de Sabaton saura mettre en lumière cette période ?

Je l’espère dans un sens. Si tu regardes les documentaires, jeux vidéos, films, un sur dix doit être sur la Première Guerre Modiale alors que tous les autres sont sur la Deuxième ! Mais avec l’avancée de la technologie, j’espère qu’on pourra faire plus de recherches dessus. La Deuxième Guerre Mondiale a cet avantage d’être très bien documentée et- c’est bizarre à dire, et j’espère que tu ne le prendras pas dans le mauvais sens – elle est plus sexy (rires) car il est plus facile de pointer les bon gentils et les grands méchants. L’image que cette guerre renvoie est très « blanche ou noire ». C’est dommage car ce sont des guerres où il s’est passé beaucoup de choses politiquement, géographiquement,…. La carte de l’Europe n’est d’ailleurs plus la même aujourd’hui qu’avant : vous aviez l’Empire russe, austro-hongrois, germanique, ottoman … qui étaient autrefois de grandes nations mais qui n’existent plus aujourd’hui.

Y a-t-il eu certains événements que vous n’avez pas pu traiter, alors que vous le vouliez ?

Non. Et comme on a fait une chanson sur l’Holocauste, on estime qu’on peut aller vers n’importe quel sujet maintenant (rires). Mais quelques unes de nos histoires favorites n’ont pas pu être incluses dans l’album car elles ne collaient juste pas au reste des morceaux musicalement parlant. Par exemple, je pensais vraiment pouvoir faire quelque chose sur l’occupation de Bruxelles ou encore me focaliser sur le Hellfire Corner.

Peux-tu m’en dire plus sur l’artwork ?

Oui il s’agit d’un gars hongrois, Peter Sallaí, avec qui nous collaborons régulièrement. Il était d’ailleurs consultant sur ce film nommé « Lord Of Chaos », il s’assurait que les choses dites étaient vraies ou fausses (rires). On a commencé par voir le dessin de ce soldat au milieu, se couvrant le visage. Et dans un premier temps, si j’ai beaucoup aimé ce que cela renvoyait émotionnellement, j’ai détesté visuellement cet artwork. Je pensais que ce n’était pas le bon dessin à utiliser, ni même les bons tons de couleurs, que je trouvais trop proches de nos précédents artworks, particulièrement « The Last Stand », notre dernier en date.

Vous vouliez donc du changement ?

Oui. Mais en regardant toutes les idées que nous avions pour l’améliorer et cette réponse émotionnelle que nous avions tous eu, et que nous ne pouvions ignorer, on s’est dit qu’il fallait étoffer cet artwork et rajouter un arrière-plan, pourquoi pas un champ de bataille donc. Et on a développé tout ce que tu peux voir sur l’artwork d’aujourd’hui. Bien évidemment on va perdre en sexitude avec nos tee-shirts (rires) Mais la réponse émotionnelle dégagé par cet artwork et le fait qu’il colle parfaitement à notre musique me satisfait amplement.

Je m’interroge sur la sortie il y a quelques semaines de « Bismarck », qui est, si je ne m’abuse, un vaisseau de première classe chez les nazis. Le sortir au même moment que l’annonce de votre nouvel album était plutôt cocasse (rires).

On est très mauvais en communication ! En fait cela coïncidait avec notre vingtième anniversaire et nos fans nous réclamaient la sortie d’un box-set. Mais on n’avait pas envie de les pousser à la consommation (s’interromps) … Ah attend ce n’était pas ce que je devrais dire… (fait un grand sourire) ACHETEZ TOUT NOS TRUCS ! (rires), voilà qui est fait ! (rires). Plus sérieusement, nous n’avons pas envie de ressortir les mêmes albums encore et toujours, alors que les gens ont déjà la version simple chez eux. On ressortira un opus avec une bonne raison, des réenregistrements ou un remastering. « Bismarck » est l’un des sujets les plus demandés par nos fans. On s’est donc dit qu’on allait écrire cette chanson, tourner un chouette clip et mettre le tout, gratuitement, sur internet. C’était, à la base, une façon de remercier nos fans pour nos vingt ans de service. Mais ils sont trop honnêtes et ont voulu acheter ce morceau ou l’écouter sur Spotify (rires). Du coup on l’a mis en vente, il sera disponible d’ici deux semaines. On a été surpris de la réaction des gens qui voulaient l’acheter ! (rires). Mais suite à cette histoire, je pense qu’on peut réfléchir au financement d’un de nos albums par Kickstarter : on dirait juste quels seront les sujets abordés et on proposerait plusieurs versions de ce même opus

De plus en plus de groupes font ce genre de chose d’ailleurs !

Oui Oui ! Cela démocratise tout le processus autour de la production d’un album. Mais c’est nous qui restons à la barre d’un point de vue créatif. Mais je ne pense pas que nous devrions contrôler la façon dont les gens écoutent notre musique. C’est eux que ça regarde.

Autre petite chose un peu cocasse : pourquoi une cover d’Apocalyptica de votre premier single, « Fields Of Verdun » est sortie … avant le vrai single ? (rires)

On aime bien faire des teasings loufoques donc (rires). Faire faire une cover par Apocalyptica est un bon moyen pour faire de la promotion pour nous comme pour eux d’ailleurs. Et on les aime beaucoup alors ça s’est fait rapidement. On avait bien conscience que la sortie de « Bismarck » a un peu décontenancé tout le monde (rires). Mais on a fait ce pari ! Et puis on aime bien demander aux gens qui l’ont écouté s’ils avaient plutôt bien imaginé le vrai single, quelles étaient les principales différences qu’ils avaient notées … On a un peu cassé ce mythe qui veut qu’une cover soit forcément celle d’une très vieille chanson (rires).

Vous avez lancé votre promo en avril dernier en vous rendant sur les véritables champs de Verdun, en France ! Est-ce important pour vous, de vous rendre sur les lieux où l’action s’est déroulée ?

Oui et il y a deux raisons à cela : la première est de pouvoir vivre un rêve de gosse, dans les limites du respect posée par ce lieu. Nous entendions il y a quelques années l’existence de releases party plutôt cools dans des lieux atypiques, avec une écoute programmée et des journalistes vous collant aux basques reportant vos moindres faits et gestes (rires). Et moi gamin j’étais en mode « Je veux être là-bas !! Je veux entendre Twisted Sister ou Deep Purple avec le groupe et pleins de gens cools ! » (rires). Mais on ne l’avait pas fait jusque là donc c’était une première pour nous, même si on est dans le milieu depuis assez longtemps. Et avec cette opportunité d’organiser quelque chose sortant encore plus de l’ordinaire, on a foncé. Et deuxièmement, même si on reste un groupe de metal, nous sommes tous passionnés d’Histoire. C’est pour moi une valeur ajoutée aux morceaux et à l’univers de Sabaton. Bien sûr, il y en aura qui voudront juste un groupe de metal lambda, assister à des concerts, et boire des bières jusqu’à plus soif. Je n’ai rien contre ça. Mais s’il y a des personnes qui s’intéressent à nos paroles, à ce qu’elles racontent, et vont faire leurs recherches sur ce dont on parle, alors on aura rempli une partie de notre mission. A cette release party, nous avions distribué pour l’écoute des ipads avec l’explication de chacune des chansons en guise d’introduction. Et aujourd’hui, nous collaborons avec Indy Neidell qui nous aide à tenir notre chaîne youtube dédiée à l’Histoire, Sabaton History. C’était un de ces projets que nous voulions mettre en place depuis pas mal de temps aussi. On voulait apporter aux gens une meilleure compréhension de notre histoire, et du contexte à nos paroles.

En parlant de contexte, quel est celui de « The Attack Of The Dead Man » ?

C’est un titre intéressant musicalement parlant. Chris (NDLR : Rörland, guitariste) a dû la composer je pense en 2013. Elle est donc passée par plusieurs versions pour finir sur celle que tu as écouté. On aime beaucoup cette histoire, assez agressive, de ce blindé russe qui va charger et faire peur aux troupes allemandes. Mais cette chanson a fait consensus auprès de notre entourage et du groupe, notamment auprès de Pär (NDLR: Sundström, à la basse) : il aimait beaucoup nos couplets – les meilleurs qu’a produit Sabaton selon ses propres mots – mais détestait ce son de synthé. Ce son est là pour une raison, pour donner une ambiance lourde et malsaine au morceau. C’est un élément contextuel qui rend le titre différent pour nous, même si ça reste du Sabaton. Tu nous reconnaît, mais ce n’est pas ce que tu attends de nous.

Et « The Great War » ?

Alors là c’est le morceau qui sonne le plus Sabaton ! (rires) Surtout avec cette intro ! (chante l’intro), Mais quel groupe cela peut-il bien être ? (rires) Elle nous introduit de manière très discrète (rires) Les paroles ont été écrites par Pär, et aborde de multiples histoires : le regard du soldat sur le bien fondé de sa mission, le retour d’un autre auprès de sa famille après la mort de ses deux frères… C’est à moi de la chanter sur les divers tons qu’elle requiert. Je dois puiser profondément dans mes ressources vocales et émotionnelles.

Je vous ait découvert en 2010 au Hellfest où vous jouiez devant 200-300 personnes à peine. Trois ans plus tard au Summerbreeze, vous étiez l’une des têtes d’affiche et aviez joué devant des milliers de personnes. Votre succès ne fait maintenant que s’accroître. T’y attendais-tu ? Comment l’expliques-tu ?

Quand nous avions débuté Sabaton, nous n’étions pas de très bons musiciens… Nous aimions le heavy metal, nous voulions faire comme nos idoles, mais on était de sacrés débutants ! A l’époque, on avait juste notre EP à trois titres, « Fist For Fight », avec notamment « Primo Victoria » dessus. Et puis on a été repéré par ce petit label suédois, qui nous a pris sous son aile pendant pas mal de temps mais qui ne pouvait pas nous pousser en dehors de nos frontières. Et quand, en 2010, nous avons signé chez Nuclear Blast, nous avions un peu de bouteille derrière nous. Nous étions devenu compétitifs et prometteurs (rires). Grâce à eux, on a pu gagner en exposition à un moment clef de notre carrière où nous étions assez expérimentés. Je dirai même que Sabaton a réellement débuté en 2006, tellement on n’était pas bons avant. Si tu regardes d’ailleurs les vidéos de nos concerts de cette époque, tu te rend compte qu’on y survit au concert, et non qu’on le vit (rires). La première fois que je me suis senti fier d’une de nos prestations, c’était justement en 2006.

Quelle sera la prochaine « guerre » de Sabaton ?

Je ne sais pas, on a plusieurs idées, qui se concrétisent en général au moment de la composition de nos morceaux. On va là où la musique nous remporte (sourire). Concernant le sujet, deux-trois sont sérieux sur une vingtaine envisagée.

ça fait beaucoup ! (rires)

Oui, ce n’est pas comme si on allait épuiser notre filon … je pense que même en faisant un album par an jusqu’à la fin de nos vies, on ne pourrait pas tout faire.

Un dernier mot ?

Juste merci !

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« 82nd All The Way » :

« Great War » :

« The Red Baron » :

« Fields Of Verdun » :

[INTERVIEW] Cédric (Tungs10) : « Nous avons tout fait nous-même jusqu’au mastering »

Tungs10 est un petit groupe breton avec une grande ambition ! Après un premier opus de mise en bouche, « Season One », ils reviennent à peine deux ans plus tard avec un opus plutôt bien affirmé, « The Lost Manuscript ». On a pu s’entretenir avec Cédric, guitariste du groupe, pour en savoir un peu plus sur cette galette !

Interview réalisée par mail le 14 juin 2019 – Merci à Roger de Replica Promotions

Metal-Actus : Bonjour ! Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer le sens de votre nom de groupe, « Tungs10 » ?

Cédric (Guitares et grunts) : Bonjour et merci de prendre du temps pour réaliser cette interview. En fait pour le nom du groupe, nous sommes plusieurs à travailler dans des domaines scientifiques et on cherchait un métal dans le tableau périodique des éléments avec une consonance sympa. Quand on est arrivé au Tungsten, on a tout de suite vu le petit jeu de mots. On a ensuite essayé de dessiner un logo : nous avons trouvé quelque chose qui nous plaisait très rapidement. Ça colle aussi bien au côté Steampunk/post apocalyptique qui est arrivé un peu plus tard.

Votre album, « The Lost Manuscript », est sorti le 24 mai. Quels sont les premiers retours ?

Pour le moment, la sortie est assez récente. Nous avons déjà eu deux très bonnes chroniques. Lors de la release, les retours étaient aussi excellents, il y a eu beaucoup de monde au stand de merchandising à la fin du concert pour faire dédicacer l’album. Ça nous donne un peu de confiance. Idem sur cette journée d’interviews ! On espère que ça va continuer dans ce sens.

Quel est le concept derrière ce deuxième album ?

L’album raconte en fait une histoire basée sur le roman de Mary Shelley sur le monstre de Frankenstein. C’est l’histoire d’un couple dont la femme va tomber malade. Son conjoint ne va pas accepter sa mort et va essayer de la ramener à la vie. Nos titres racontent les différents moments traversés par cet homme, notre personnage principal : de la perte de son âme sœur, à la recherche d’un manuscrit qui va lui permettre de la faire revenir. Tout ne va pas se passer comme il l’avait prévu.

Vous avez mis deux ans à le sortir. Comment l’avez-vous composé ? (peut-être durant la promotion de votre premier opus Season One ?)

La période entre les deux albums est effectivement assez courte. C’est principalement dû au fait que Madeleine est partie en voyage pendant un an. Nous ne voulions pas faire de pause, c’était donc une bonne raison pour commencer le travail sur un second album. L’album a été composé en deux mois environ, de mai à mi-juillet. Par la suite, nous avons fait environ 6 mois d’arrangements puis nous avons réalisé une pré-production suivie de l’enregistrement. Nous avons tout fait nous-même jusqu’au mastering. L’album a donc été composé d’une traite ce qui a facilité la cohérence entre les morceaux.

Vous avez eu une nouvelle fois recours à une campagne de crowndfunding pour le financement de cet album, comme votre premier album. Pourquoi ce choix, et ne pas vous tourner, de manière plus classique, vers des labels ?

La question s’est posée en effet. Nous avons beaucoup discutés avec des groupes professionnels signés. Pour nous, il n’était pas envisageable de payer un label, et ceux qui peuvent produire un album de A à Z se font rares. Aujourd’hui, on maîtrise intégralement notre budget : c’était donc plus intéressant de notre point de vue de passer par un attaché de presse pour en faire la promotion et de faire le reste nous-même. Le financement participatif est un très bon moyen pour récupérer de la trésorerie. Les gens commandent l’album en avance et on se sert de cet argent pour payer le pressage, faire imprimer le merchandising et limiter les avances de notre part. Nous avons toujours considéré Tungs10 comme un projet qui devait être à l’équilibre du côté des investissements.

Pourquoi ce look, à mi-chemin entre le steampunk traditionnel et Mad Max ?

Dans le métal l’image est importante. Nous voulions donc pouvoir dissocier nos vêtements portés tous les jours des tenues que nous utilisons sur scène. Personnellement, je suis généralement plus touché par des groupes avec un gueule et une grosse scénographie. Le fait d’avoir des costumes de scène est une étape assez importante pour nous dans cette direction. Le coté steampunk/post apocalypse est venu progressivement – on ne l’avait pas encore sur le premier clip par exemple. Cela nous apporte une certaine unité au sein de Tungs10 que ce soit au niveau des clips, des albums, des décors …. Et d’avoir aussi des photos intéressantes en concert !

Pourquoi avoir choisi « Wandering Around The World » comme premier clip ?

« Wandering Aorund The World » nous paraissait être un bon morceau pour un premier clip. Il arrive assez tôt dans la narration et permet de raconter le début de l’histoire. C’est aussi un morceau qui reprend pas mal de choses que l’on peut retrouver sur cet album avec une rythmique très syncopée, des choeurs d’opéra, des synthés assez électroniques, du scream, du growl, du chant clair. Ça fait beaucoup de choses dans un seul morceau mais nous le trouvions très cohérent pour représenter l’album. Et puis le refrain est assez accrocheur, on le retient facilement !

Que peux-tu me dire sur “This Morning Of November” ?

« This Morning Of November » est le premier morceau de l’album, avec une intro assez électro. Il raconte le jour ou le couple apprend que la femme est condamnée. Cette injustice, l’accompagnement dans la maladie mais aussi l’espoir un peu vain, que rien n’est terminé encore sont distillés dans ce titre. C’est un morceau assez mélodique qui permet de bien installer l’ambiance de l’album.

Que peux-tu me dire sur “The Machine Behind” ?

« The Machine Behind » est probablement mon morceau préféré. Ce morceau a été un vrai calvaire à composer, j’ai jamais autant galéré !! J’avais ce refrain dont je n’arrivais pas à me passer mais j’ai dû réécrire le reste au moins trois fois : je n’arrivais pas à trouver des couplets qui allaient avec au point qu’il aurait pu ne jamais figurer sur l’album. A force de persévérer et en travaillant tous ensemble dessus, on a réussi à en faire ce qu’on voulait. Le morceau a aussi un break après le second refrain qui a été pensé pour le live avec des synthés assez puissants. Il parle de la période ou le personnage principal a commencé à « réparer » le corps de sa compagne, en changeant certains organes mais surtout en cachant ce qu’il faisait aux yeux de son entourage. La machine c’est en fait sa femme, qui ressemble de plus en plus à un monstre qu’il cache dans sa cave !

Vous faîtes beaucoup de concerts. C’est une partie essentielle de votre travail en tant que groupe ?

C’est vraiment ce qui nous motive, jouer sur scène et accéder à des scènes de plus en plus grosses ! C’est pour cela qu’on sort des albums ! On tourne beaucoup pour un groupe régional mais nous avons beaucoup de difficultés à sortir de la Bretagne. Nous avons maintenant un réseau assez développé dans cette partie de France et nous espérons pouvoir jouer sur Paris mais aussi dans d’autres coins de notre pays avec la sortie de cet album.

Comment abordez-vous votre prochain concert au Hellfest OFF, dans un cadre assez particulier puisque c’est sur le parking du Leclerc de Clisson ?

Nous avons vraiment hâte d’y être ! On ne sait pas si il y aura du monde, il faut rester conscient que c’est un mercredi à 16h30… Mais on est déjà très heureux d’y être ! Nous aurons 30 minutes donc nous avons préparé un set réduit qui se focalisera sur les morceaux du nouvel album uniquement. Ce sera une première pour nous de jouer là-bas. On enchaînera trois jours plus tard avec une date à Guingamp avec les Ramoneurs de Menhirs.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Arriver à jouer en France de manière générale : aller sur Paris, Lyon, Lille, pourquoi pas aussi en Allemagne et en Belgique. Nous avons vraiment envie de faire connaître notre musique en dehors de Bretagne.

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« Wandering Around The World » :

[INTERVIEW] Ted (Amon Amarth) : « Il se pourrait qu’il soit notre meilleur opus à ce jour »

Un opus pour mieux avancer. Voilà ce qui ressort de notre entretien avec Ted Lundström (basse) sur le nouvel album des Amon Amarth, « Berserker » sorti aujourd’hui même. Si le musicien est fier de son album (et spoiler, il a de quoi), il espère que ce dernier pourra permettre à Amon Amarth de gravir quelques échelons. Voici notre entretien réalisé à cette occasion.

Metal-Actus : Vous avez sorti votre nouvel album « Berserker ». Après le grand succès rencontré par votre précédente galette, « Jomsviking », vous n’aviez pas trop de pression ?

Ted Lundström (Basse) : A vrai dire non car nous sommes très content du résultat qu’est « Berserker » : on est content des chansons, on est content de la production et on est content de le sortir. Il se pourrait qu’il soit notre meilleur opus à ce jour, alors non, je ne suis pas vraiment nerveux.

Ce n’est pas un album conceptuel cette fois, et chacun des morceaux explore quelque chose de différent. Est-ce pour cela que vous l’avez appelé « Berseker » ?

Cela aurait pu ! (rires) Plus sérieusement c’est parce que les sujets et les morceaux de cet album sont assez explosifs ! Quand on recherchait un titre d’album, on a pensé à quelque chose qui pouvait attirer l’oeil de nos fans. Et l’histoire derrière le morceau est assez puissante avec cet homme, ce guerrier ultime ! Celui que vous ne voulez pas croiser en pleine bataille ! On a donc choisi ce titre mais cela n’a effectivement rien à voir avec les autres morceaux : nos douzes titres sont assez différents les uns des autres !

Dirais-tu, qu’avec cet album, on a un tout nouveau groupe devant nous, un Amon Amarth 2.0. ?

Oui et on espère, avec cet opus, accéder à plus de choses : qu’il nous permettra de grossir, de nous améliorer, de nous renforcer…Nous voulons faire plus de concerts dans plus de pays, et ne pas sortir « juste » un DVD live dans ces mêmes pays. Alors on a travaillé dur sur cet album : on s’est associé avec un nouveau producteur, on a essayé plus de choses, en tout cas plus que sur le dernier album.

Pourquoi avez-vous choisi de délocaliser votre production à Los Angeles, aux Etats-Unis ?

Déjà pour Jay Ruston qui s’était déjà occupé du mix de notre dernier album live « The Pursuit Of Vikings » et dont on avait été satisfait du résultat… Et ensuite car nous voulions partir loin de l’Angleterre et de l’Europe pour aller dans un endroit chaud, avec de bons CDs de rock’n’roll et d’autres trucs du même genre (rires) . A L.A., il y a beaucoup de studios d’enregistrements, et c’est là où sont né de nombreux groupes aujourd’hui mythiques. C’était juste un rêve, un peu fou pour nous, de pouvoir nous rendre dans cette ville un jour. Alors quand Jay nous a offert l’opportunité d’y aller, on a dit oui ! Il nous a accueilli, on a démarché des producteurs, visité quelques studios… Et puis on s’est lancé ! Et on a aimé sa manière de travailler. On avait envie de nouveauté pour cet album, pour rendre les choses plus amusantes et plus inattendues. Quand tu collabore avec le même producteur depuis trois albums, tu as tendance à prendre tes aises (rires).

Beaucoup de groupes européens diraient la même chose que vous ! Est-ce aussi pour ouvrir d’autres perspectives, avoir un son plus américain selon toi ?

Pour beaucoup de groupes, Los Angeles n’est pas le seul endroit paradisiaque : j’ai vu beaucoup d’artistes enregistrer aux Caraïbes par exemple. Quand tu trouves un bon studio et que tu peux amener un bon producteur, cela peut être n’importe où. Mais je reconais que Los Angeles est une chouette ville pour des gars comme nous, donc normal que beaucoup de musiciens y aillent. In Flames, par exemple, y a enregistré ses deux derniers opus. Alors oui, je pense que beaucoup de groupes viendront à L.A. pour les perspectives que cela peut apporter.

Que peux-tu me dire sur « The Raven’s Flight » ?

C’est mon morceau favori de l’album ! Il est composé de beaucoup de choses différentes : on a, en guise d’introduction, ce riff mélodique à la guitare qui vous donne une immense énergie. Cette chanson est vraiment chouette à jouer et à écouter.

Peux-tu m’en dire plus sur « The Berserker At The Stamford Bridge » dont tu me parlais plus tôt ?

C’est une histoire très puissante, très héroïque à propos de ce personnage, le Berserker. Il s’agit d’une toute petite partie de la bataille de Stamford Bridge, qui s’est déroulée en 1066 entre les anglais et les vikings. Cet événement a été relaté dans des écrits britanniques, qui, malgré leur victoire, ont raconté l’histoire de cet homme qu’ils considèraient comme un grand guerrier.

Est-ce que vous faîtes ce genre de recherches pour tous les morceaux d’Amon Amarth ?

Quand on veut diffuser la culture et la mythologie de Scandinavie à travers le monde, il faut essayer de se baser sur des éléments réels, du moins la plupart du temps (rires). Johan (Hegg au chant) est celui qui fait les recherches puisqu’il lit énormément : ce qu’il retiens des livres, il essaie de les transformer en morceaux, en essayant de coller le plus possible aux faits. Bien évidemment, il lui arrive de partir dans de la fantaisie – cela dépend du morceau et des idées qu’on a sur le moment- mais la plupart des choses sont correctes.

Beaucoup de groupes surfent sur cette vague pagan/viking dont vous êtes les fers de lance, même si vous n’êtes pas les premiers à faire ce genre de choses. Cette culture viking s’étend même au-delà de la musique puisqu’il y a maintenant des séries comme « Vikings » même si je doute parfois de sa véracité. Que penses-tu de cette tendance ?

Effectivement, nous ne sommes pas les premiers à s’être lancé, même si effectivement on doit être l’un des rares à avoir su tirer notre épingle du jeu. Je serai honoré si plus de groupes ferait ça car je veux personnellement répandre cette culture, cette histoire. je pense que c’est une bonne chose si les gens du monde entier aime ce genre de chose. Nous ne pouvons pas le faire tout seul alors… Depuis que nous avons commencé Amon Amarth, il y a eu effectivement la série Vikings, des nouvelles, des séries, la mise en avant de Thor dans les Marvel (rires). Donc oui c’est assez populaire en ce moment dans pleins de choses différentes, ce qui est bon pour nous car sur certaines de nos chansons, les gens savent déjà de quoi on parle. Et c’est plus amusant.

Peux-tu me parler de vos futurs concerts ?

C’est un sujet assez délicat à aborder (rires). Je peux te dire qu’on va commencer aux Etats-Unis, en première partie de Slayer, pour ce qui semblerait être leur tournée d’adieu. Cela va durer un mois, après la sortie de l’album le 3 mai. Et cet été, nous ferons des festivals, quelques shows dans des clubs, … Et puis on est en train de se construire des choses pour nos concerts à venir. On a pleins d’idées et on a hâte de vous présenter nos nouveaux décors. On jouera aussi quelques shows en France cette année !

Un dernier mot ?

Ecoutez notre album et venez-nous voir en concert !

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[INTERVIEW] Clément (FRACTAL UNIVERSE) : « On accorde une certaine liberté de composition en naviguant d’un style à un autre »

Fondé en 2014 à Nancy, France, les Fractal Universe ne cessent de monter en puissance et de nous épater avec des morceaux toujours autant complexes. A l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Rhizomes Of Insanity » le 19 avril dernier, Metal-Actus a pu s’entretenir avec les membres du groupe….

Metal-Actus : Comment est né ce projet et pourquoi avoir choisi de le nommer Fractal Universe ?

Hugo (guitare) : Le projet est né de Vincent, ici présent. Il avait un autre groupe avant et au moment de sa séparation, on s’est rencontré. On a commencé à faire quelques morceaux, puis quelques concerts à deux. Fin 2014, on a enregistré un EP, on a fini par le sortir ce qui nous a permis de rencontrer Clément (batterie) et Valentin (basse), également ici présent.

Vincent (guitares et chants) : Le terme « Fractal Universe » est quelque chose qui nous plaisait, déjà, au niveau de sa sonorité, et on s’est mis à rechercher quelle était la théorie derrière tout ça. C’est assez lié à la théorie du tout d’Einstein qui cherchait à unifier l’infiniment grand et l’infiniment petit. C’est quelque chose qui est assez fascinant ! Et, au-delà de ça, l’aspect « Fractal » se retrouve, quelque part, dans notre musique : le fractal est une forme qu’on distingue à l’échelle macroscopique mais plus on zoome dessus, plus on y trouve des détails. C’est un peu comme ça qu’on compose notre musique, il y a des choses qu’on peut saisir la première fois. Et au fil des écoutes, on décèle de nouveaux détails auxquels on n’avait pas fait attention. C’est ça aussi, qui fait la richesse de notre musique, ce qu’on essaie de lui donner.

Vous êtes classés en tant que « metal progressif ». Cette appellation vous convient ?

Clément (batterie) : Cette appellation nous convient avec la musique qu’on fait : on a beaucoup d’éléments qui prennent racine dans le genre death metal mais on accorde une certaine liberté de composition en naviguant d’un style à un autre, que ce soit du metal ou autre chose : jazz, fusion … On entend pleins de choses et de remarque différentes à ce sujet là.

Pourquoi ce titre « Rhizomes Of Insanity » ?

V : Il s’agit d’un concept album sur le thème de la folie. Le rhizome est un terme en psychologie, en philosophie qui désigne une structure dans laquelle chaque élément peut influencer n’importe quel autre élément. Du coup cela reflète bien des systèmes complexes tels que le fonctionnement d’un cerveau par exemple. Par rapport au concept, après on a essayé d’aborder le thème de la folie sous différents aspects, qui sont justement, tous imbriqués les uns dans les autres. Et c’est par rapport à ça qu’on a choisi ce titre.

L’artwork suit donc ce concept sur la folie ?

C : Oui. Il y a un lien dans la nature du dessin. On a un personnage central qui symbolise la terre et le fait d’avoir trouvé la sagesse. Et autour de ça, on a plusieurs étapes de la folie qui sont représentées par les personnages secondaires. C’est aussi une métaphore qu’on retrouve dans l’un de nos morceaux : le personnage lit la folie dans les yeux du sage et la sagesse dans les yeux du fou. C’est un petit jeu qui vient des paroles, du thème de notre album.

Pourquoi avoir choisi « Oneiric Realisations » et « Masterpiece’s Parallelism » comme premiers singles ?

V: Le premier single, « Oneiric Realisations » reflète bien toutes les atmosphères différentes de l’album. C’est un morceau assez rapide, qui est assez extrêmes tout en ayant beaucoup de parties plus aérés. Il représente donc toute l’ambivalance qu’on peut retrouver dans l’album avec des parties qui s’opposent.
Pour le deuxième  » Masterpiece’s Parallelism », on voulait placer quelque chose dans la veine de ce qu’on faisait auparavant, pour faire un lien, en quelques sorte, avec l’album précédent.

Que pouvez-vous me dire sur « Parabola Of Silence » ?

V : C’est un des titres les plus intenses

C : A la batterie en tout cas oui ! (rires)

V : Il est donc à la fois très intense mais il a énormément de contrastes. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de cassures assez subites et cela lui donne une couleur assez particulière. Il a une ambiance, à la base, assez malsaine.

C : Assez glauque même !

V : Il est assez massif comme morceau, notamment avec le refrain.

C : Et à la fin, il y a tout un joli panel de contrastes !

H : A la guitare, effectivement, les accords du début sont très disconnants, donc effectivement très malsains. Le refrain est beaucoup plus épique.

C : Et l’intro est totalement instrumentale ! Entre de gros silences et de gros sons.

Que pouvez-vous me dire sur « Madness Arabesques » ?

V : Là, encore une fois, on est dans une couleur assez glauque, assez malsaine. Surtout pour le début ! On a donc une longue intro de guitare qui mine de rien, laisse place à la respiration. Malgré l’ambiance assez pesante, on a quelque chose d’assez aéré. Il faut savoir que c’est le dernier morceau de cet album là à avoir été composé. Donc il a été créé, quelque part, en ayant du recul par rapport à tous les autres titres. C’est un morceau un peu plus lent, plus mid-tempo donc assez progressif et c’est un peu comme ça que c’est orienté la composition de ce morceau.

H : On a des harmoniques, à la guitare, aux sonorités assez particulières, des rythmes à cinq temps assez déroutants.

Un dernier mot ?

C : Merci à tous ceux qui liront cette interview, et n’hésitez pas à faire un tour sur nos réseaux sociaux, à nous faire un retour sur l’album si vous l’écoutez et puis faites-nous un coucou si vous nous voyez en concert !

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