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[INTERVIEW] Junior (Except One) « Quand tu es passionné, tu créé tes propres opportunités »

Ils ont bien évolués les Except One ! Après la sortie de deux EP et quelques concerts (pour certains complets) dans toute la France, le groupe nous livre enfin son premier album, « Fallen ». Junior, guitariste du groupe, a accepté de nous en dire plus sur cette galette tant attendue.

Metal Actus : Vous avez eu des premiers retours sur « Fallen », votre premier album sorti fin 2018 ?

Junior : C’est positif, puisque les chroniques qu’on a pu avoir sont plutôt sympas et très honnêtes. Les gens sont étonnés, aussi, du changement qu’il pouvait y avoir sur l’album par rapport aux EP d’avant. Mais ça se passe vraiment très bien, on a même des professionnels qui nous contactent.

Quel genre de professionnel ?

Du manager, du label, des gens qui veulent faire des trucs avec nous … C’est cool ! On ne s’y attendait pas. On est nous-même étonnés! C’est deux, trois ans de travail qui paient.

Vous avez sorti deux EP auparavant. Pourquoi avoir choisi de franchir le pas et de sortir un album cette fois ? C’était le bon moment pour vous ?

On était prêts ! Que ce soit en terme de visuels, de structure du groupe – on est cinq et il faut trouver la bonne formule pour tomber tous d’accord – on avait écrit assez de chose et on ne voulait surtout pas faire quelque chose de pressé.

Tu dis « et pas faire quelque chose de pressé » : cela explique donc pourquoi vous avez mis autant de temps pour faire quelque chose qui est aussi abouti que « Fallen » ?

Nan, on s’est lancé quand on s’est senti prêt. C’est un an de composition, l’album ! Notre dernier EP étant sorti en 2015, on a eu un changement de line-up début 2016, et on a commencé à composer avec ce line-up en novembre 2016. Si tu regardes la jaquette, on a enregistré en novembre 2017. Il n’y eu qu’un an durant lequel on a enregistré, on a tourné des clips, on a fait des photos, on a fait pleins de choses qui allaient autour ! L’album devait sortir initialement en mai 2018 et on a décidé de le retarder pour ne le sortir qu’au mois de novembre, par rapport à notre actualité et aux choses qu’on aurait pu signer.

Pourquoi avoir choisi de nommer votre album « Fallen » ?

Le titre représente bien tous nos écrits qu’on peut avoir dans l’album. L’éthymologie du mot « Fallen » peut être interprétée de pleins de façons : le côté guerrier, le côté société, voir celui juste personnel – ça peut arriver – …. On considère que cet album est censé aider à ouvrir les yeux – bon ici les oreilles plutôt – des personnes. C’est quelque chose d’assez engagé pour nous, on ne s’en cache pas, on est à s’engager, on souhaite un réveil, que les gens s’aiment les uns et autres, s’il-vous-plaît ! (rires).

Est-ce que tu pourrais mettre cette signification en corrélation avec ce qui se passe aujourd’hui, les gens qui s’attaquent un peu les uns et les autres, notamment avec l’émergence des gilets jaunes ?

On n’y a pas pensé. On l’avait peut-être senti mais on n’y avait pas pensé. Malheureusement, l’album est la représentation exacte dans les paroles aujourd’hui alors que nous l’avons composé il y a deux ans. On ne l’a pas prédit mais nous, on le sentait. On est choqué de ce qu’il se passe, on est déçu de ce qu’il se passe. On ne voulait pas que ça en arrive à là, on ne voulait pas que l’album soit l’exacte représentation du terrain qu’on a maintenant.

Pourquoi avoir sorti « Nothing » en tant que clip ?

Parce que je me voyais mal mettre en scène le fait de taper les forces de l’ordre (rires). « Break The Wall » est violente, très violente et très naturelle dans les paroles. « Nothing », à contrario, représente tout ce qui se passe dans l’album, tu as plusieurs riffs que tu peux retrouver dans l’album et, plus important, tu as nos intentions musicales : tu peux t’identifier à cette petite fille un peu paumée qui essaie d’avancer par elle-même. Et tu peux te dire «Ok, maintenant, je dois agir, je dois m’exprimer ». Au final, nous ne sommes que des enfants ! Je ne pense pas qu’on devienne un jour des adultes et on ne fait qu’avancer comme on peut.

On reste des enfants toute notre vie ?

Je pense. Peter Pan represents ! (rires) Mais je pense qu’on est des enfants parce qu’on nous a enlevé cette capacité à choisir notre vie. C’est aussi ce qu’on dit dans la galette : on prend sur soi. C’est la société qui nous dit quoi faire, comment nous habiller, ce qu’on doit manger….et on l’obtient car on veut rentrer dans ce moule. C’est une facilité de vie dans laquelle on ne se reconnait pas aujourd’hui.

Que peux-tu me dire sur « Monster » ?

Il y a un bon passage hardcore et moi, je viens de cette scène ! (rires) « Monster », elle est vraiment passe-partout, tu peux l’entendre dans tous les milieux metal. Et il y a cette intro où on prend un chouille de temps (rires). Au niveau des paroles, ça dit « je suis un monstre par rapport à moi-même » donc je deviens donc le monstre que je ne voulais pas que tu sois en fait car à force de t’empêcher de quelque chose, tu le deviens. Les gens savent très bien que nous avons tous un monstre en nous voire autour de nous. C’est un monstre puissant, il faut savoir le maîtriser, se battre contre lui et parfois l’utiliser. Alors ce n’est pas forcément une mauvaise chose car c’est par rapport à quelqu’un mais c’est juste un ressenti. C’est très dur de mettre des mots par rapport à ça. Quand on la joue en live, c’est le bordel tout de suite. Tout le monde devrait l’écouter je pense.

Vous avez assurés deux premières parties à la fois prestigieuses et pour le moins étonnantes : celle de Lacuna Coil et celle de Lovebite. Comment vous vous êtes retrouvés sur ces deux dates, plus particulièrement sur celle de Lovebite qui est arrivée assez sur le tard ?

Nous travaillons maintenant avec un bookeur, un manager. Cette structure travaille très bien et nous a pris sous son aile. C’était donc des dates de test pour nous. Lovebite, j’en garde un souvenir de dingue et c’est eux qui nous ont dit « oui », comme Lacuna Coil. Puis elles sont super adorables même si le problème des différences culturelles se posaient (elles sont japonaises). C’est un show ! Tout est millimétré, mais on à beaucoup appris. Faire la première partie de Lacuna Coil, c’était juste monstrueux. Et ils étaient tout gentils. Ce sont des amours en fait, mais tous ! Que ce soit les musiciens, toute la structure technique derrière, c’est juste cool. Et te dire que des gens aussi simples, qui n’ont pas besoin de mentir sur ce qu’ils sont, sur ce qu’ils font, soient si haut, ça te fait sentir te pousser des ailes en fait. On se dit qu’on peut y arriver.

Ils sont donc été une source de motivation ?

C’est clair. Aujourd’hui, Except One, c’est 45 concerts depuis que ça existe. Ce n’est pas grand chose car ça fait depuis 2012 qu’on joue.

Mais depuis la dernière fois que je vous aie vu (en 2015 au Studio Campus en première partie des anglais De Profundis) vous avez fait une impressionnante évolution !

Je pense que ce n’est que du travail, et quand je te disais plus tôt qu’on était prêts à sortir l’album, et bien avec le line-up qu’on est, il n’y a pas de secret : c’est de l’investissement personnel, du travail, de la volonté. Et c’est compliqué de s’impliquer quand tu as à côté un boulot lambda qui paie.

Comme beaucoup de monde !

Mais ouais ! Quand tu es passionné, tu créé tes propres opportunités! Et par rapport à tout ça on ne s’est pas mis de pression sur le futur du groupe, on s’est juste demandé comment on allait parvenir à intéresser les membres de notre bande. Comment faire en sorte et convaincre ceux qui sont intéressé de sacrifier une partie de leur vie pour ça.

En parlant du coup de line-up, le vôtre à pas mal évolué depuis ces dernières années. Comment vous vous êtes ajustés pour pouvoir, justement, avancer ?

Il faut garder à l’esprit que concernant les membres originels restant, il n’y a plus qu’Estelle et moi. Quand on a changé de session rythmique, c’était très compliqué parce que tu changes à la fois de batteur et de bassiste. Et on a pu les recruter rapidement. On a eu de la chance, celle du musicien, de trouver des personnes qui s’entendent vachement bien, qui sont hyper proches des uns des autres, qui ne se connaissaient pas d’avant. Au niveau de l’intégration, c’est assez simple : tu postules, on te fait faire un test de manière honnête et on passe du temps avec toi, pour voir si ça matche. Et je pense qu’une nouvelle fois, c’est une sorte d’aimant, on a attiré les bons profils. Quand on a commencé à composer, on est parti de Paris, on s’est enfermé plusieurs week-ends de suite à la campagne, tous ensemble. Et c’est du coup devenu plus que des amis, c’est devenu de la famille. Après, ça aurait pu ne pas marcher, mais ça l’a fait et on est très heureux de ça.

Un dernier mot ?

C’est grâce à vous le public, que tout ça nous arrive. Continuez de lire, continuez d’écouter tout ce qui se passe autour de vous. C’est hyper important, il y a de vraies pépites ! Avec Except One, je vis un rêve de gamin, on a fait plus que beaucoup de groupes français et c’est grâce à vous. Donc, merci mille fois !

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[INTERVIEW] Martin Lopez (Batterie) et Joel Ekelöf (voix) de SOEN : « Il y a du bon dans chacun de nous »

Si Soen ne vous dit rien, il est urgent de vous ruer sur leur discographie ! Fondé par un ancien des fameux Opeth, Martin Lopez, en 2005, le groupe continue sa exploration dans le metal progressif avec la sortie de « Lotus », leur quatrième galette. Le célèbre batteur et le chanteur de la formation, Joel Ekelöf, ont accepté de nous rencontrer à ce sujet.

Metal-Actus : Avec votre nouvel album, « Lotus », on a l’impression que vous êtes plus positifs, que vous avez envie de croire en l’avenir. Pouvez-vous m’en dire plus ?

Martin Lopez (batterie) : Pour moi, On doit essayer de se dire que tout ira mieux dans l’avenir. Mais si on n’est pas optimiste, quel est le but de la vie, de tout ? Tu sais, je pourrais juste accepter de regarder le monde et dire « le monde, c’est de la merde, et ce sera de pire en pire ». Et le seul moyen de contrecarrer ce genre de pensée est de se persuader qu’on va pouvoir changer les choses. Il y a du bon dans chacun de nous. Donc il faut qu’on essaie d’aller au-delà de notre individualité pour faire en sorte que les choses aillent mieux.

Et ce mot, « Lotus », est-ce que cela veut dire toutes ces choses pour vous ?

ML: Oui ! On peut prêter plusieurs interprétations à cette fleur, qui grandit, dans un environnement assez hostile, et devient magnifique : l’art, la création, les gens qui font de belles choses comme de la musique, ou de la peinture… Ou même vivre dans un environnement qui n’est pas le meilleur pour vous à cause de la négativité qui vous entoure.

En écoutant « Lotus », j’ai l’impression que vous aviez plus envie d’une musique plus frontale, plus violente et lourde que ce que vous aviez fait auparavant, notamment par rapport à votre dernier opus. Est-ce que vous pouvez me confirmer cette impression ?

Joel Ekelöf (chant) : Je pense qu’on a toujours voulu avoir ce son que tu peux entendre sur « Lotus ». Je dirais même que nous avons essayé sur chacun des albums de Soen de parvenir à obtenir cette musique. Je ne suis pas sûr que « Lotus » soit plus violent que notre précédent opus, mais je pense qu’effectivement qu’il est plus heavy que ce qu’on a déjà fait.

C’est votre premier album avec Cody Ford. Comment ça s’est passé avec lui ?

Tous les deux : Super !

JE: ça n’aurait pas pu mieux se passer. Il est très gentil, et a de chouettes compétences.

ML: On se demande même comment on a pu se passer de lui jusque là (rires).

Durant vos précédentes interviews, vous aviez déclaré que le mot qui définirait le mieux votre musique était « émotion ». Est-ce que cela peut s’appliquer également à « Lotus » ?

ML: Tout à fait, même si je trouve que définir un album en un seul mot est un peu injuste (rires). Mais oui, « émotion » est notre maître-mot puisque le but de notre groupe est de vous faire, à tous, ressentir des choses. C’est ce qui nous décrit le mieux.

JE : Cette émotion nous donne le courage de nous battre pour nos valeurs, de parler de nos expériences personnelles de manière sérieuse, et non de manière plus légère comme le feraient d’autres groupes. On ne parle pas non plus de thèmes ironiques. Et d’une certaine manière, je pense que cela nous rend imprévisible, et plus particulièrement sur « Lotus ». Tu parles avec ton coeur et tu dois accepter de l’ouvrir au monde… ainsi tu auras le sentiment d’avoir accompli une prouesse.

Et pensez-vous, au contraire, que le rôle de la musique, comme beaucoup de groupes et d’artistes le pensent, est de dire aux gens ce qui ne va pas dans nos sociétés actuelles ?

JE: Nous ne pensons pas que nous sommes en mesure de dire aux gens quoi faire. On peut écrire des paroles à propos de choses qui nous frustrent dans nos sociétés, et que nous devrions agir pour changer cela, mais pas de la manière « faites pas ci faites pas ça ».

ML : Tu ne peux pas te prendre pour un politicien face au monde. Nous ne pouvons dire à personne comment vivre leur vie car tu n’es qu’un être humain parmi tant d’autres; et même ces groupes qui pensent avoir le monopole de te dire quoi faire le sont tout autant que toi. En tant que musicien, tu ne dois pas partir du principe que les gens vont forcément t’écouter. Si tu peux juste rendre ton public heureux, c’est le principal. Après c’est très humain de regarder autour de soi et de se dire « je ne pense pas que ça marche ça » : honnêtement, c’est une partie de ce qu’on fait; C’est une partie de ce qu’on a à dire car on a besoin de transmettre une certaine valeur. Le but de notre groupe n’est pas seulement de faire des textes poétiques avec des mots bien jolis…. c’est bien plus que ça.

A propos du clip de « Martyrs » – et je sais que le sujet a du revenir assez souvent (rires) – comment est venu cette idée, et est-ce que vous vous attendiez à des réactions, positives et négatives, aussi fortes, extrêmes ?

JE : C’est étrange, en 2018, que les gens se mettent en colère à propos d’une vidéo montrant des mecs heureux habillés en drag queen avoir un bon moment. Je trouve cela vraiment étrange et effrayant. Et ces gars sont juste libres, libres de faire ce qu’ils veulent !

ML : Et je pense que c’est aussi pour provoquer ce genre de réactions qu’on a fait cette vidéo ! A l’époque, on s’est rassemblé pour décider de ce qu’on allait faire comme clip pour « Martyrs ». Et ce sujet est venu sur la table tout de suite. On a pensé évidemment à ces gens qui allaient flipper à la vue de la vidéo, et suite à cela, automatiquement, on s’est dit « ok, on va le faire ». Car ces personnes, si elles paniquent en 2018 sur un sujet qui devrait être accepté, si elles ne peuvent pas s’ouvrir à la tolérance, alors c’est une chose qu’on doit faire. On s’attendait donc aux réactions outrées de ces gars qui jurent ne plus jamais vouloir nous écouter suite à cela. Et si, cinq mecs, habillés en femmes, chantant nos chansons, c’était tout ce que c’était ? Nous n’avons pas de but politique, mené par un quelconque lobby. Mais nous soutenons ces personnes, bien sûr ! Faites ce qui vous chante du moment que vous ne blessez qui que ce soit physiquement, que vous ne brisez aucune loi ! C’est du bon sens, c’est logique de défendre quiconque qui veut vivre librement. En attendant ça nous fait des vues sur Youtube ! (rires). Je remarque aussi que les femmes sont les seules qui n’ont fait aucune remarque désobligeante. C’est comme si c’était trop compliqué à comprendre pour les mecs (rires).

Que pouvez-vous me dire sur « Covenant » ?

ML : « Covenant » a une dominante batterie/guitare que nos fans devraient apprécier. Elle a été assez rapide à composer. On en fera d’ailleurs une vidéo, qui sortira à ma fin du mois de janvier je pense.

Que pouvez-vous me dire sur « Lunacy » ?

ML (à Joel) : C’est ton tour mon grand (rires) !

JE: Il y a beaucoup de guitares dedans…

ML: Oui on sait ! (rires) On l’a écrite chez moi celle-là. On en était très content, et puis genre un jour avant l’enregistrement, Joel m’a montré qu’il avait rajouté un bon gros verset. Et ce verset est dans la version de l’album, et ça a rallongé le morceau. Le morceau parle des maladies mentales et comment on découvre qu’on en est atteint. C’est très sombre! Et c’est le genre de titre qui se suffit à lui même, avec les paroles et la voix de ce mec (montrant Joel)

On vous compare beaucoup à Tool. Est-ce une comparaison qui a lieu d’être selon vous, et plus particulièrement avec la sortie de ce nouvel opus ?

ML: On a aimé être comparé à un aussi grand groupe que Tool, je te l’accorde. Mais aujourd’hui, cette comparaison n’a plus lieu d’être : nous ne sonnons plus du tout comme eux. On est très inspiré par ce groupe, mais aussi par Pink Floyd, Opeth, et par un million d’autre choses. Mais les chansons de notre premier album sonnent très Tool. Et les gens ont fait le rapprochement, la comparaison, qu’ils ne lâchent plus aujourd’hui.

JE : j’ai l’impression surtout qu’on fait ce genre de commentaire car on est tous les deux chauves avec Maynard (rires).

ML : Et tu portes un long manteau noir comme Maynard dans le temps ! (rires)

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[INTERVIEW] Funny Ugly Cute Karma : « L’étiquette ‘Metal à chanteuse’, je n’en pouvais plus »

Dans un monde où chacun aime apposer des étiquettes sur d’autres, Chaos Heidi surprend son monde et lance son propre projet, Funny Ugly Cute Karma ! A des années lumières du metal symphonique qui a couronné ses débuts, les morceaux de leur EP, « Before It Was Cool » surprennent autant qu’ils séduisent. Nous nous sommes entretenu avec la chanteuse pour discuter de cette belle évolution.

Metal-Actus : Expliques- nous la génèse du projet Funny Ugly Cute Karma !

Adeline « Chaos Heidi » Bellart (chant) : Comment on a créé ça ? C’est un peu inhabituel je pense ! Après avoir quitté mon précédent groupe, Asylum Pyre, j’ai été en contact pendant quelques mois avec un projet qui recherchait une chanteuse. Je me suis dit « tiens, pourquoi pas » et on a commencé à bosser ensemble. Au bout de quelques mois, ça ne l’a pas fait – ce qui arrive souvent – mais moi j’avais déjà fait pas mal de contenus. Je me suis dit que c’était bien dommage car j’étais bien contente de ce que j’avais fait, j’y croyais et je me disais que ça aurait pu être bien cool. Et j’en ai parlé à Dorian, ami de longue date, qui avait envie de participer à un projet de ce genre. Les grands esprits se rencontrent! Je lui ai donné quelques idées comme ça, et il allait se débrouiller avec. Ce n’est pas un taf facile, d’aller créer la musique à partir de chants qui étaient déjà fait. Et le projet s’est lancé comme ça, avec un planning, avec l’envie de produire quelque chose alors que c’était, à la base, juste un test. Et tout ça date de printemps 2017.

Tout un monde te sépare de ton dernier groupe, Asylum Pyre… on a l’impression que tu as libéré quelque chose. D’ailleurs je pense voir un petit tacle aux groupes lyriques dans votre clip « On The Run ». Peux-tu m’en dire plus ?

Ce côté-là de moi a toujours été là en fait ! Ce qui est marrant, c’est que j’ai ressorti des idées qui datent d’il y a plus de dix ans : ça prenait la poussière dans un coin de l’ordinateur (rires). Et puis il y a eu cette période avec Asylum Pyre que je ne renie absolument pas, ça convenait à ce que je recherchais à ce moment-là. Mais j’ai quitté le groupe car j’ai eu l’impression d’être arrivée au bout de quelque chose et que ça ne correspondait plus à la façon dont j’avais évolué. Il a fallu que ça mature, que ça prenne un peu de temps. Avec ce projet, je vais, quelque part, réclamer ce qui était mon premier élan. J’ai aussi acquis plus d’expérience, plus de maturité … Je pense que c’est aussi ce qui me permet de me mettre en avant aujourd’hui alors que dix, douze ans en arrière, ce n’était pas le cas. Il y a parfois des chemins qu’il faut prendre pour arriver à un point en particulier. Après on reste bon enfant dans le clip : la chanteuse qui fait le guest avec moi est dans le Metal Sympho, donc elle vient en quelque sorte jouer son rôle de façon hyper parodique. Il n’y aucune méchanceté dedans, ce n’est que de l’humour ! Mais là où je veux bien admettre la rupture c’est que tout cet univers, dans lequel ce que je produisais portait l’étiquette « Metal à chanteuse » je n’en pouvais plus (rires). Pour moi ça n’a aucun sens, c’est n’importe quoi ! Ce n’est pas un genre, c’est même condescendent.

Sur l’EP, déjà, pourquoi l’arraignée ?

(Rires) C’est moi qui a fait la photo en fait ! Je suis assez fan de macrophotographie et je prend beaucoup les insectes. J’étais à la base arachnophobe, et c’est en prenant les insectes, en m’y intéressant, que je me suis un peu guérie de ça, que j’ai commencé à les trouver intéressants.

Autre chose : pourquoi chanteuse de salle de bain ? (rires)

Ça part d’une petite blague car on parle souvent de « chanteur de salle de bain » !

Tu fais d’ailleurs beaucoup de selfies dans ta salle de bain ! (rires)

Oui ma salle de bain va devenir très célèbre (rires). Mais oui, c’est pour la blague, on dit de Dorian qu’il est « guitariste de la Comté » car on le prend pour un Hobbit avec son look, les cheveux frisés et tout ! (rires) C’est histoire de se moquer un peu et de nous tourner en dérision !

Pour votre premier single, qu’est-ce qui t’a porté sur le choix de « On The Run » ?

Effectivement il a fallu faire un choix. Tous les titres ont leur propre personnalité, donc ce n’était pas un choix anodin à faire. On pense que « On The Run » est représentatif de l’EP. « Shelter » et « Nuage De Mots » sont plus lourds et ils leur manquent le côté plus léger que ce titre a. On ne voulait pas trop passer à côté de ce côté plus péchu et enjoué, elle rassemble bien des influences et des choses qu’on est capables de faire.

Et qui est celui ou celle qui a eu l’idée géniale de ce clip complètement barré ?

Alors c’est le résultat d’une assemblée disons collégiale. Tu vois, l’intro du clip avec le brainstorming ? Elle s’est passée en vrai ! Il y avait même la réalisatrice, qui n’était pas du tout la même personne que dans le clip. Avec Dorian, on s’est marré rien qu’en imaginant le truc !

Que peux-tu me dire sur « Shelter »?

Ah Ha … Ha Ah ! (Rires) Alors ça, c’est un morceau énervé, un morceau d’automne – et ça a son importance – qui est un peu exutoire, lâchage, où tu as un côté un peu pesant, mais en même temps, avec un bon groove. Dedans, je hurle, je lâche vraiment un truc. Alors sur les paroles, on n’est pas sur un truc hyper hyper heavy, cela décrit juste le sentiment d’être engluée, et de chercher un abri, « shelter » en anglais donc.

Concernant votre reprise de System Of A Down, vous avez opté pour « Radio/Video » qui n’est pas la plus connue du groupe. Pourquoi ce choix ?

On a fait le tour des morceaux de System Of A Down – parce qu’on aime tout n’est-ce pas ? (rires) – et on en a cherché une sur laquelle on retrouverait une alternance entre le chant clair et le chant saturé, où on pouvait aller apporter notre patte d’une manière ou d’une autre. -On l’a fait en transformant l’intro en son 8-bits – Il fallait que le morceau soit facilement transposable par une voix féminine – on a monté un tout petit peu la tonalité pour que ça sonne plus facilement – Après il fallait savoir sur laquelle on peut facilement aller exprimer au mieux quelque chose, de ne pas coller bêtement à l’original et de ne pas se coller en difficulté avec des histoires d’intentions ou de tonalités qui seraient compliquées. Personellement, j’adore le morceau « Toxicity », mais en l’état il est difficile avec ma tessiture : il commence beaucoup trop bas. Et je le regrette ! (rires).

On s’éloigne un peu du projet pour évoquer 22 Acacia Avenue, ton tribute band à Iron Maiden. Comment ça se passe ?

Et bien on est toujours là ! Iron Maiden est ma maison de coeur, c’est mes origines de métalleuse donc je m’éclate à faire ça. Le groupe a repris doucement l’activité à la rentrée, ça répète et il y aura probablement des dates. C’est le côté plaisir, il n’y a pas le même enjeu avec un groupe de cover !

A l’époque où je t’avais interviewé avec Asylum Pyre, je t’avais demandé si cela ne te dérangeait pas de chanter les morceaux dont les paroles ont été signées par quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, quelle serait ta réponse à cette question ?

C’est différent ! Il faut dire que j’avais une place dans Asylum qui m’allait, dont je m’accommodait. En plus, à l’époque, je ne me sentais pas encore capable de me lancer dans l’écriture. Je me suis lancée et c’est agréable aussi : je peux triturer les choses comme je veux! Il est très important pour moi dans la manière dont j’écris d’avoir une bonne cohérence musicale dans le texte et la musicalité. Si j’ai envie de dire un truc mais que le mot ne va pas dans ma phrase, je ne vais pas insister, quitte à retourner la phrase ou à chercher un autre mot, je recherche toujours une prépondérance de la musicalité sur le texte. Et ça m’apporte une liberté car je fais ce que je veux avec mes paroles (rires).

Ton souhait pour l’avenir c’est toujours plus de concerts? Toucher toujours plus de petits fans ?

C’est ce que souhaite n’importe quel groupe ! Là on a choisi de sortir un EP en premier car on voulait un peu tâter le terrain, et sortir quelque chose pour sortir des bases. Se constituer une fan-base donc mais aussi passer l’année à continuer à composer l’album, et jouer un maximum pour aller rencontrer des gens. Le metal est une musique vivante, il faut donc se créer un maximum d’opportunités pour ça. Une fois que c’est lancé, si on voit que ça suit, que ça fait plaisir à des gens de nous écouter, on va prendre encore plus de plaisir à continuer.

Un dernier mot ?

Venez nous rencontrer ! On a hâte de tous vous voir, de vous rencontrer et de partager !! Et si ça vous plaît, parlez-en autour de vous, pour un nouveau groupe, c’est hyper-important !

Retrouvez notre chronique de l’album ici.

Le groupe sera en concert le 1er février au MCP APACHE de Charleroi (Belgique) avec Skeptikal Minds et le 9 février à la Boule Noire de Paris, en première partie de Dead Bones Bunny et avec Not Bad.

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« On The Run » :

« Radio/Vidéo » (System Of A Down cover) :

[INTERVIEW EXPRESS] Olof Mörck – Amaranthe : « On était assez détendu »

A l’occasion de la sortie de « Helix », leur nouvel album, Metal-Actus a pu s’entretenir avec Olof, guitariste et tête pensante des Amaranthe ! L’occasion pour nous d’évoquer non seulement cette nouvelle galette mais aussi la vie du groupe après le départ du chanteur historique, Jake E.

Metal-Actus : Pourquoi avoir nommé votre album « Helix » ?

Olof Mörck (guitariste) : On peut donner à ce nom différentes interprétations, mais pour nous, il signifie avant tout un retour aux sources, à l’ADN qui faisait Amaranthe à ses débuts.

Comment s’est passé le processus d’écriture de cet album ?

Très vite à vrai dire ! (rires) On a mis deux à trois mois pour tout mettre en boîte ! Et sans nous mettre la pression, on était assez détendu !

Après le départ de Jake E, comment s’est passé l’intégration de Nils Molin ?

On l’avait dans notre radar depuis pas mal de temps déjà en fait. On l’a recruté pour trois concerts en Suède l’année dernière et ça s’était super bien passé. Il était donc tout naturel de lui proposer le poste à plein temps ! Et il s’est adapté très vite, comme s’il était depuis toujours dans notre groupe !

Pourquoi avoir choisi « 365 » en tant que premier single et premier clip ? Et pourquoi avoir de nouveau fait appel à Patrick Ullaeus pour la réalisation de la vidéo ?

On considère « 365 » comme la meilleure chanson, et de loin, de notre album et celle qui le vendrait le mieux. Pour ce qui est de Patrick Ullaeus, nous le connaissons bien, nous avons collaboré plusieurs fois ensemble, alors le choix était évident ! C’était comme retrouver un vieil ami, ça a donc rendu les choses plus faciles, plus cools.

Que peux-tu me dire sur le morceau « Dream » ?

Et bien pour tout te dire, je n’étais, au départ, pas très emballé par « Dream » (rires). Je trouvais le morceau trop simple. Une première impression un peu étrange … Mais quand j’ai commencé à poser mes lignes de guitare dessus, j’ai enfin su quelle direction prenait le morceau, et ça m’a plus emballé. Le morceau, malgré ses paroles simples, nous est très personnel.

Que peux-tu nous dire sur « Momentum » ?

Ce titre est un hommage à notre début de carrière, notamment à la sortie du premier et du deuxième album. Son ton assez old school nous renvoie directement en 2008, c’est lié à ce que nous avons réalisé auparavant.

Des concerts sont-ils prévus ?

Oui, le prochain aura même lieu à Paris, le 25 octobre prochain, et une tournée européenne suivra.

Que peut-on attendre de cette nouvelle tournée ? A part la nouvelle set-list bien sûr !

On aura le droit à quelques décors – on bénéficiera d’une plus grosse production que les années précédentes. En dehors de ça et des nouveaux titres bien sûr, rien de neuf.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

De toujours pouvoir faire de la musique, faire ce qu’on aime.

Enfin, un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien, et on espère tous vous voir bientôt en concert !

 

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[INTERVIEW] Raph (AcoD) : « On est sûrs de là où on veut aller ».

Fondé en 2009 et arpentant les scènes de France et de Navarre, AcoD ont bien évolué depuis quelques années : victoire au tremplin « The Voice Of Hell », tournées couronnées de succès, signature avec Sony Jive Music … « The Divine Triumph » est le premier concept-album du groupe, fait à trois. Raph, batteur de la formation, a accepté de discuter de cette galette avec nous !

Metal-Actus : Imaginais-tu en arriver à là avec ton groupe ?

Raph (Batterie) : Non, absolument pas. C’est clair que ce qui nous est arrivé depuis « Inner Light » (NDLR : sorti en 2009) est juste incroyable, c’est un « rêve de gosse » même si l’expression reste clichée (rires). C’est juste fou !

Dirais-tu qu’aujourd’hui AcoD a une vraie patte, un caractère propre ?

Je dirai qu’aujourd’hui, on a juste pu exprimer les bases de cela car ce n’est que le premier album où on est tous les trois dans le même sens. Nous ne sommes qu’aux balbutiements de ce que nous sommes réellement. On est sûrs de là où on veut aller. C’est un vrai plaisir de pouvoir, enfin, atteindre un objectif commun. Car les albums d’avant étaient un peu épars, ça partait un peu dans tous les sens. Avec « The Divine Triumph », ça nous permet d’aller plus loin.

Comment a été prise la décision de faire un concept album ?

C’est apparu très rapidement dans la création même de l’album. C’était quelque chose qu’on s’empêchait de faire. On est ultra-fans des années 1980/1990 du metal traditionnel : Horror Dissection, Morbid Angel … ça nous parle et ça nous passionne. Encore aujourd’hui, on écoute les albums et on ne les lâchera jamais. Et on s’est dit « Merde, ils l’ont fait, on va le faire ». Et il y a du contenu, il y a toute une histoire qui a été écrite et qui s’est transformé ensuite en paroles. A côté de ça, Jérôme et moi avons bossé sur la composition : on a taillé les morceaux, on est revenu dessus, chose qu’on ne faisait pas avant, on composait plus à l’instinct – Il y a un univers. Enfin on a fait quelque chose de plus réfléchi.

D’où vient cette histoire ?

C’est Fred qui a commencé à rédiger les premières ébauches de l’histoire. Pour nous, il était évident d’avoir un rapport aux mythologies. C’est l’histoire d’un mec qui a perdu sa femme et sa fille et qui petit à petit voit les abysses grandir, chose dans laquelle il refusait de tomber, mais il va tomber au coeur de ces dernières et il va rencontrer des chimères. Mais tout cela est très métaphorique, puisque tu peux le comparer avec ce qu’il se passe dans ta vie de tous les jours : tu peux te voir à travers le « héros » et te dire que ça peut être un sale moment qui se passe dans cette vie. C’est forcément quelque chose de noir.

Peux-tu nous parler de l’artwork ?

C’est Paolo Girardi, un artiste italien, qui a l’habitude de faire beaucoup dans le metal extrême, comme par exemple pour Inquisition : donc des trucs blasphématoires comme des pentacles, des Satans … Nous, on ne voulait absolument pas ça. On lui a dit quelques mots clefs, si tu veux, comme « Enfer de Dante », « Divinités », des choses simples et précises pour ne pas trop le noyer d’informations – c’est un artiste lui aussi, il a sa patte. On n’a pas eu de nouvelles pendant trois semaines et puis on a eu la pochette finie direct. Et il a tapé dans le mille directement. C’est un vrai tableau qu’il a fait, il est assez grand et il nous a envoyé la photo du tableau – le tableau lui appartenant. Donc toi tu payes le fait d’utiliser ce tableau. Pour le reste du digipack, tout est lié par trois, maintenant qu’on est trois. On avait déjà en tête le symbole du trident qu’on a choisi comme emblème. C’est aussi une arme mythologique, il y a un petit côté occulte.

Comment vous vous êtes retrouvés autour de la composition ?

Jérôme souvent apporte un premier jet et moi à la batterie, je vais l’orienter. On voit les articulations ensemble. On se voit dans notre local de répète pour un premier jet, puis après chacun chez soi bosse sur l’ordinateur, on s’envoie des choses. Petit à petit, on travaille, on revient sur des parties qui nécessitent d’y revenir, on revoit, on remodifie des choses. Fred est très indépendant de tout ça : lui est beaucoup plus sur ses paroles, sur ses textes, et il s’adapte par rapport à ce qu’on fait. Après sont venues les orchestrations.

Que penses-tu de « L’Ascension Des Abysses » ?

C’est le portail, c’est l’ouverture, c’est la découverte au loin, c’est l’accompagnement, le cheminement qui va t’amener, justement, au devant de cette pochette. Ce sont les premières secondes qui sont essentielles à ton abysse. C’est le morceau que tu dois écouter dès le début pour profiter de ton expérience. C’est une introduction pas inutile : il y en a trop qui ne servent à rien, ou qui sont là pour dire « ouais il y a une introduction » (rires) et à chaque fois tu la zappes. Si tu n’écoute pas la nôtre, l’album, ce n’est pas la même chose.

Que peux-tu me dire sur « Fleshcell » ?

C’est un de nos morceaux préférés. C’est un morceau 100% sincère, complètement différent, et c’est un gros risque qu’on a pris parce que c’est une balade limite dans les schémas black metal, mais aussi le morceau le plus noir qu’on ait pu faire. Tu peux entendre des voix féminines, un choeur qui est surtout en référence aux vieux Cradle Of Filth. Vu que c’est un concept album, si tu n’as pas une balade dedans, ce n’est pas un bon concept album : au bout d’un moment, il y a une cassure, le morceau qui va être différent, pesant, lourd, c’est un besoin, c’est nécessaire avant de pouvoir repartir.

Pourquoi avoir choisi de sortir « Road To Nowhere » ?

Pour nous, « Road To Nowhere » est le morceau le plus global de ce que peut être « The Divine Triumph ». Tu retrouve de tout dedans mais c’est aussi celui qui est le plus accessible.

Vous avez déjà sorti deux clips. D’autres sont-ils prévus ?

Pas à l’ordre du jour. Peut-être une lyrics-vidéo par la suite, mais pour l’instant non.

Au niveau concerts, qu’est-ce qui est prévu ?

Alors on l’a appris hier et notre booker, K Productions, nous a autorisé à le sortir aux journalistes : on fera la première partie de Decapitated sur les dates françaises début 2019. Et on sera également présents sur des festivals. Alors je ne peux pas trop rentrer dans les détails pour l’instant, car même nous on ne les as pas (rires); Mais on est dans le processus, c’est déjà ça.

De plus en plus de groupes sortent des concepts albums. Beaucoup pensent qu’il s’agit juste d’une énième tendance qui passera avec le temps. Que réponds-tu à ça ?

Ce n’est absolument pas volontaire. On en a rien à foutre à vrai dire de suivre une quelconque tendance. Aujourd’hui, on peut le faire ce concept album. Avant, on ne pouvait pas. Avec les membres du groupe qu’on avait, on était en quelque sorte « bridés ». On le fait donc car on en a envie, et ce n’est pas pour copier qui que ce soit. Non. Dans les années 1990, ça se faisait comme ça, c’est ce qu’il nous plaît et c’est ce qui nous a marqué au collège/lycée.

Un dernier mot ?

On a énormément de chance de tout ce qui nous arrive. On a grandement envie de dire merci à toute l’équipe qui nous entoure, Sony Jive Epic, K Productions, Replica et Roger, merci aussi à toutes les personnes qui ont acheté l’album, aussi bien sur les plates-formes qu’en physique ! Et merci pour tous vos retours positifs !

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[INTERVIEW] Jack Driessen (MaYan) « Collaborer avec un vrai orchestre est très excitant ! »

Quatre ans après la sortie de « Antagonise », Mark Jansen et Jack Driessen reviennent aux affaires avec « Dhyana », le nouvel album de leur projet commun MaYan ! Metal-Actus a pu s’entretenir avec l’ancien claviériste des After Forever pour en savoir plus sur cette galette hautement savoureuse.

Metal-Actus : Qui a eu l’idée de ce titre ?

Jack Driessen (claviers) : Mark Jansen ! Ce nom “Dhyana” est un terme hindou qui invite à méditer, à se focaliser sur soi, sur une seule chose à la fois.

Ce n’est pas un concept album ?

Non, car on n’a pas de sujets, pas d’histoire. Je dirai par contre qu’on a une sorte de fil rouge tout au long de l’album, une philosophie en quelque sorte : arrêtons de courir tête baissée et n’oublions pas de prendre le temps d’aimer, afin d’être de nouveau heureux.

Qui est derrière l’artwork ?

…. Mince comment il s’appelle déjà ? (rires) C’est gênant, je crois que j’ai oublié son nom ! En plus on a collaboré par le passé, c’est la honte … (pause) Ah ! C’est Heile Mania ! (rires) Il a pris également quelques photos promos durant notre tournée en Belgique.

Au niveau du groupe, comment vous vous organisez au niveau de la composition ?

On part à trois puis on invite les autres à se joindre à nous , notamment cette fois Marcella (Bovio) et Ariën (Van Weesenbeek). C’est un vrai challenge pour nous de laisser à tous un petit peu de place pour s’exprimer !

Pourquoi avoir choisi « The Rythm Of Freedom » en tant que premier single ?

On trouvait que c’était un bon morceau d’introduction à l’album, avec ce mélange entre l’orchestre et les guitares électriques ! Cela raconte l’histoire d’un homme occupé par ses pensées chaotiques et le chemin qu’il devra faire pour s’en libérer. Nos fans aimeront la combinaison entre le symphonique et le death metal.

Que penses-tu de « Dhyana » ?

Ce titre, c’est la raison même de l’album. Nous en avons fait d’ailleurs une vidéo. J’adore la dualité entre les voix de Marcella et Laura (Macri) Là encore, on reprend le même principe que je t’expliquais tout à l’heure, à savoir méditer pour se concentrer sur qui tu es vraiment. On l’a écrite dans un style opéra.

Que peux-tu me dire sur « Set Me Free » ?

C’est un titre très rapide sur la fin. On a pris un gros risque avec ce titre qui est en dehors des clous pour nous.


Pourquoi avoir choisi de collaborer avec l’orchestre philarmonique de Prague ?

Ils ont fait des enregistrements pour Star Wars !! (rires) Plus sérieusement, ils se sont fait un nom dans le domaine de la musique de film, et font beaucoup de collaborations avec des groupes de heavy metal. C’est un peu comme se retrouver dans une boutique de bonbons ! Collaborer avec un vrai orchestre est très excitant car, auparavant, on utilisait un software pour avoir ce genre de sons. On en est donc très fiers !

Un concert regroupant tout ce beau monde se produira un jour ?

Je l’espère bien ! Ce serait un gros challenge pour nous, que ce soit musical ou logistique. On garde l’idée à l’esprit.

Que peux-tu me dire des concerts prévus ?

Nous en avons quatre de prévus pour l’instant pour 2019 ! On en fera deux en France au moins, l’un à Lyon, l’autre à Paris sur un bateau si j’ai bien compris (NDLR : il parle du Petit Bain). On aura plus de matériel, donc on devrait, je l’espère, faire plus de concert.

Qu’attendez-vous de cette tournée ?

De s’amuser tous ensemble ! On a ce goût commun de tout ce qui est épique dans la scène Metal. Mais c’est plus comme des grandes vacances pour nous !

Et pour les concerts, vous tournez au niveau des musiciens ? Qui peut se déplacer en général ?

Cela dépend des agendas de chacun. Par exemple, Merel Bechtold, qui officie également dans Delain, ne pourra pas être avec nous sur nos dates françaises. Mais nous sommes une petite communauté, et, en général, quand l’un d’entre nous manque à l’appel, on retrouve rapidement quelqu’un d’autre pour le remplacer.

Un dernier mot ?

Un grand merci à tous pour votre soutien ! Et à très vite sur les routes.

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[INTERVIEW] Pierre Le Pape – Melted Space

Melted-SpaceTrois ans après la sortie de leur dernier album « The Great Lie », Melted Space revient avec une nouvelle galette ma foi tout à fait savoureuse, « Darkening Light ». Metal-Actus s’est entretenu avec son fondateur, Pierre Le Pape, à son propos …

Metal-Actus : Peux-tu nous expliquer l’origine du titre du nouvel album de Melted Space, « Darkening Light » ?

Pierre Le Pape (Melted Space) : C’est avant tout une impression, dans le sens où c’est un album qui est basé sur une sorte d’équilibre entre le clair et l’obscur, entre le positif et le négatif. Quand on a terminé l’album et qu’il était en phase de mixage, on s’est posé la question du titre. C’est la chose, en général, que je fais en dernier, une fois que j’ai vécu l’expérience jusqu’au bout. Et c’est vrai que je raconte cette histoire, une création d’un monde avec l’homme qui rejette les dieux, où au final ils doivent créer un monde pour survivre. Donc tu vois, il y a du positif mais surtout du négatif, c’est assez pessimiste en fait le regard que j’ai sur l’homme en tant que tel, son action sur l’univers que je ne trouve pas nécessairement bénéfique. Et puis, ça parle aussi de création, donc quelque chose de positif. Donc c’est une espèce de balance entre les deux et du coup, « Darkening Light » était aussi une façon d’exprimer de façon un peu plus poétique ce côté gris clair/gris foncé.

Après le succès du dernier album de Melted Space, était-il évident pour toi de repartir sur une nouvelle œuvre ?

Après cet album, on est parti en tournée, et quand on est rentré, on a fait un clip et des remixes. Et puis il a fallu s’y remettre (rires). En fait, l’album était prévu à la base pour fin 2017, et comme il me faut environ une année de travail, il a fallu s’y remettre, une fois les concerts terminés, il a fallu redéclencher le processus créatif en se disant « voilà, il faut raconter une histoire, réfléchir à des personnages, à la direction que tu veux prendre, et c’est vrai que je me suis posé la question de « qu’est-ce que tu veux raconter ? La suite de ‘The Great Lie ‘? Une mythologie que tu n’as pas encore exploré ? ». C’est là que j’ai décidé de partir sur un truc partant des origines : la création de l’Homme, l’Homme rejettant les dieux et pour finir ces dieux qui survivent dans un monde fictif. Et du coup, j’ai l’impression aujourd’hui d’avoir un univers étendu où les albums sont connectés entre eux, et où finalement il y a une cohérence dans tout ça. Et maintenant, je peux potentiellement partir sur autre chose, sur une page blanche, en sachant que j’aurai cette base-là, à laquelle me référer et avec un univers déjà bien riche et développé.

Tu me confirmes donc que ce sont bien des dieux ? Les noms que tu leur as attribué jettent la confusion…

Et bien justement ce n’est pas complètement vrai dans le sens où c’est l’Homme qui en a fait des dieux. Mais ce sont surtout des concepts généraux, des divinités, des êtres impalpables, et le chaos, l’harmonie, le début et la fin qui sont finalement la vie et la mort. J’ai fait pas mal de recherches en bibliothèque : j’ai lu des livres de cosmologie, de Stephen Hawking, .. pour synthétiser une histoire de la création en reprenant des archétypes qu’on retrouve un peu partout notamment dans notre culture. J’ai synthétisé tout ça en une légende de la création que j’ai fait validé par des connaissances que j’ai, bien calées en Histoire et en cosmologie. Donc c’est cohérent, ça tient la route. Et c’est comme ça que j’ai pu partir sur cette histoire-là.

Attardons-nous un peu sur l’artwork : on voit un grand bâtiment dans lequel vivent les dieux, avec un grand symbole lumineux. Douze points sont reliés. Pour les douze dieux donc ?

Exactement. L’artwork représente parfaitement ce que je voulais faire avec l’album : établir un lien entre mes personnages, mais aussi, et c’est ce que je disais tout à l’heure, un lien avec les autres albums de Melted Space . En fait, quand tu écoutes les albums qui existent, on a un seul et même univers et c’est vrai que cet espèce de grand portail, avec tous les points qui sont interconnectés, représente parfaitement cela.

Comment as-tu choisi tes chanteurs pour cet opus !

Ah le choix des chanteurs ! (rires) Lorsque j’écris mon histoire, que je la découpe en actes, je fais des fiches pour les personnages, comment ils vont évoluer, ce qu’ils vont avoir comme caractère et je me met à imaginer quelle voix ils auront. Et le nom des chanteurs vient tout naturellement.

Et tu ne t’ai pas heurté à un ou plusieurs refus ?

Non du tout. J’ai de la chance d’avoir un manager qui sait bien vendre le projet (rires).

En 2014, je te demandais si tu envisageais un grand concert regroupant tout le monde, tu me disais que tu aimerais beaucoup. Du coup, Est-ce resté au stade de l’idée ou as-tu avancé là-dessus ?

J’ai commencé à tâte le terrain, à rencontrer des gens à ce sujet. Mais c’est un gros projet d’envergure qui met un à deux ans à se construire. Et ce n’est pas vraiment le moment d’y penser : d’abord, parce que l’album m’a épuisé, et ensuite parce qu’il faut avoir les moyens pour le faire, et là je parle en temps et en argent. Il faut avoir faire plusieurs dates, avoir tout le monde de disponible …. et ça prend du temps. Mais ça se fera un jour !

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien !

[INTERVIEW] Johnar Håland (In Vain) : « On se pose juste en tant qu’observateurs du monde »

Formé en 2003, In Vain est devenu rapidement le groupe émergeant de metal extrême à suivre de très près. En faisant un enchaînement entre des titres plus courts et des morceaux assez longs sur son nouvel album, « Currents », le groupe veut pouvoir contenter tout le monde, les fans de la première heure comme un public neuf qu’il espère pouvoir toucher. Contacté par Johnar Håland, guitariste, compositeur et parolier de In Vain, nous avons pu convenir d’un entretien téléphonique dont le résultat se lit ci-dessous…

Metal-Actus : Votre nouvel album, « Currents » est sorti au mois de Janvier 2018. Êtes-vous heureux du résultat ?

Johnar Håland (guitares) : On l’est ! C’est d’ailleurs exactement ce que nous voulions en terme de résultat. On voulait instaurer plus de dynamique entre des morceaux courts et des titres plus longs. L’album s’inscrit dans la continuité de ce qu’on a fait avant.

A quoi fait référence « Currents », le titre de votre album ?

Il fait référence aux gros changements actuels mondiaux, que ce soit culturel ou autre. Il ne s’agit ni d’un concept-album, ni d’un CD à pur caractère politique, ce n’est pas notre genre. On se pose juste en tant qu’observateurs ! Sur cet album, on a essayé d’établir une connection entre les différents titres, instaurer une sorte de fil rouge en fait ! Le titre de l’album est arrivé à la toute fin de notre travail.

C’est une idée qui se retrouve sur votre artwork ?

Oui : ces migrants sont au milieu de vagues. Ces dernières sont le mirroir d’événements à la fois actuels et historiques. L’artwork a été fait par Costin Chioreanu et on est juste époustouflé par le résultat : ça colle parfaitement à ce qu’on a voulu dire dans cet album, à nos paroles.

Pourquoi avoir choisi de révéler le titre « Seekers Of The Truth » en premier ?

Je ne suis pas un grand fan des singles : je trouve qu’ils ne sont pas assez représentatif de l’album, de son homogéinité. Mais il fallait qu’on fasse ce choix de premier extrait – le label nous le demandait – pour faire la promotion de notre album. « Seekers Of The Truth » s’est imposé comme une évidence : c’est un morceau court et catchy. Et c’est l’un de mes préférés : elle porte notre signature rythmique, et contient à la fois nos riffs les plus heavy et des passages en choeur typiques d’In Vain.

Pour « Soul Adventurers », vous avez fait appel à Matt Heafy, de Trivium ! Comment s’est déroulé la collaboration ?

En fait on le connaît depuis des années, c’est un chouette type ! Et on s’était dit qu’on ferait un titre ensemble, donc c’était là l’occasion ! Donc oui, ça s’est super bien passé ! Le chant clair de Matt et Sindre (chant) est juste incroyable !

Que peux-tu me dire de « En Forgangen Tid » ?

Il s’agit de la suite de « Times Of Yore », morceau présent sur notre précédent album « Aenigma ». Enfin, plus, en quelque sorte, d’une Il a d’ailleurs servi de base pour la composition de « En Forgangen Tid », c’est le même sujet qui est traité. Cela fait office de lien entre nos deux albums.

Vous revenez d’une tournée avec Orphaned Land. Comment avez-vous été accueilli, malgré le fait que vous n’étiez pas en tête d’affiche ?

Très bien ! On a passé un excellent moment avec les Orphaned Land, et on a adoré la chaleur du public, qui comme tu l’as dit, ne venait pas forcément pour nous à la base. Cela nous a fait du bien d’ailleurs : après quelques temps sans donner de concert, quel fut pas notre plaisir de retourner sur les routes ! Quand tu es un groupe, il faut que tu tournes, que tu fasses des concerts. Sinon, tu ne décolleras jamais, tu ne te feras pas connaître du public.

Tu viens de dire que vous n’avez pas donné de concerts pendant un bon moment. Je voulais du coup revenir sur votre absence longue de cinq ans. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre du recul ?

Plusieurs choses : si j’ai commencé à écrire cet album en 2014, à la suite de « Aenigma », il a fallu que je fasse une longue pause : j’ai eu des problèmes d’ordre personnel, j’étais plus occupé dans mon travail…. je m’étais en plus investi dans un autre projet musical, Solefald. Bref on a repris l’album qu’en 2017. « Currents » devait d’ailleurs sortir cette année là, mais le label nous a demandé de repousser sa parution à janvier 2018.

Quels sont vos autres projets de concerts ?

On devrait tourner essentiellement en Norvège, faire quelques festivals au mois de Mai. On va également participer au Tons Of Rock Festival. Mais rien d’autre à l’horizon … J’espère vraiment qu’on va pouvoir monter une autre tournée ! On aimerait beaucoup partir vers les pays de l’est, et, bien évidemment, revenir en France !

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien ! Et écoutez notre dernier album « Currents » ! On espère qu’il vous plaira !

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Notre chronique de « Currents » (In Vain)

[INTERVIEW] Etienne (Shaârghot) : « S’il n’y a plus de créature, il n’y a plus d’univers »

Après leur succès, surprise pour eux, de leur premier album, les Shaârghot nous offre une petite friandise, l’EP « Break Your Body » ! Etienne, chanteur de la formation, est revenu sur cette courte galette mais aussi sur l’avenir de son enfant terrible, sa créature …

Metal-Actus : Votre nouvel EP, « Break Your Body », est sorti au mois de novembre dernier. Avez vous eu des premiers retours ?

Etienne (chant) : Oui. Les retours ont été positifs, mais à chaque fois pour des raisons différentes : les gens y trouvent un peu ce qu’ils veulent dedans, que ce soit par rapport à l’aspect visuel, aux sonorités … les gens ne sont jamais d’accord sur cet EP ! (rires) A chaque fois que je rencontre des gens, je découvre de nouvelles choses sur ce qu’on a fait ! Alors c’est bien, ça me donne de nouveaux points de vue !

Sur cet EP, j’ai l’impression que vous vous êtes bien lâchés par rapport au premier album !

Cela a toujours été le cas, Shaârgot étant une sorte de chimère. Et je dirai que le premier album est aussi dans le même ton. En fait, il ne devait même pas avoir de suite : c’était quelque chose de très brut qu’on voulait poser. On ne pensait pas qu’il aurait rencontré le succès. On avait très peu de moyens, très peu de bandes de synthés différentes, donc on s’est retrouvé très vite limités mais on a essayé de créer quelque chose. Sur le deuxième, on s’est retrouvé avec beaucoup plus de matos qu’avant, notamment grâce à l’arrivée de Clémix dans nos rangs, et là on a pu expérimenter vachement plus de choses. On reste toujours dans quelque chose de dance-floor électro avec des sons de grattes, et à chaque fois, on a exploré des choses très différentes. Tout bonnement parce que je n’aime pas faire deux fois le même truc.

Un deuxième album est donc prévu ?

Un deuxième album est prévu, cette année normalement. Il devrait se composer de 14 titres.

Pourquoi alors avoir choisi de sortir « Break Your Body », un EP ?

Il y a eu de la demande. Beaucoup de demande. On a joué le titre « Break Your Body » pour la première fois il n’y a pas loin d’un an maintenant, pour voir simplement comment ces nouveaux titres passaient sur scène. Et on s’est pris un formidable retour des gens qui nous disaient, « vas-y, où est-ce qu’on peut l’écouter ? » (rires). Donc voici un EP avec quatre titres et un cinquième bonus qui ne figurera pas sur l’album. Voilà. Biscuit quoi ! (rires). Donc rongez-le jusqu’à l’os car on ne pourra pas sortir le reste tout de suite. On ne va pas faire de deuxième EP en attendant l’album, non, non (rires),

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « Break Your Body » ? Est-ce parce que vous l’avez joué il y a un an et qu’il a été fortement demandé ?

Pour plusieurs raisons : pour ce côté dancefloor que j’aimais bien, qui lui donne ce petit côté single. Après il y a le message qu’on veut faire passer : nous ce qu’on veut voir en live, ce sont des personnes qui se « break their body » (NDLR : « Se casser le corps » en français) justement. On veut des gens qui bougent, qui soient vivants, qui dancent, qui pogotent, qui font des walls of death, qui font des circles pits, qui se retrouvent dans des situations intenses et violentes. Lâchez-vous ! Pour le troisième sens, c’est plus lié à la créature elle-même, et c’est directement destiné à son créateur : « si je te retrouve, je t’éparpille façon puzzle ». Voilà (rires)

C’est ce sens qu’on retrouve dans l’artwork ?

Alors l’artwork est, ni plus ni moins, qu’une scénette de la vie quotidienne du Shaârghot.

Il a une vie fort trépidante ce garçon !

(Il prend le CD)

Donc on est dans la petite cave du Shaârghot. On voit de nouveaux Shadows en cours de création. On voit Scarskin qui se fait maltraiter comme d’habitude….il s’en prendra toujours plein la gueule (rires). Le pauvre ! Mais il a signé pour ! Il n’est pas malheureux de son sort (rires).

Il aime ça donc ?

Je ne veux pas savoir pourquoi, mais oui, il doit aimer ça (rires) Et depuis longtemps ! Trois ans qu’il s’en prend plein la tronche, il est même déjà arrivé que le public s’y mette aussi, mais bon, il survit (rires).

Que peux-tu me dire sur « Doomsday » ?

C’est une référence, ni plus ni moins au jeu « Doom ». Je pense que ça se retrouve un peu dans les sonorités. Au début, les espèces de sons sourds que tu entends c’est un peu comme un appel, une invitation à ouvrir les yeux, à ouvrir la porte de chez toi et à te rendre compte qu’en fait, le monde entier est littéralement en flammes. On est rentré dans la tête du Shaârgot : on est enfin dans son rêve ultime, on est au moment de l’apocalypse, où la terre s’ouvre, d’où les Shadows vont envahir la ville. Ils peuvent faire tous ce qu’ils veulent, dans la liberté la plus totale. Et le Shaârghot se balade dans les cendres du monde, qui est en train de s’écrouler sous ses pieds. C’est vraiment son plus grand fantasme, c’est le moment de destruction qu’il attendait. C’est un rêve du Shaârghot. On n’y est pas pour de bon.

Cela ne m’étonne absolument pas de lui (rires)

Oh il commence de moins en moins à m’étonner le bonhomme. Il va falloir qu’il fasse des efforts.

Est-il possible un jour pour ton groupe de laisser de côté ce personnage du Shaârghot ?

Non, ce n’est pas envisagable. Le groupe va de pair avec la créature. S’il n’y a plus de créature, il n’y a plus d’histoire, il n’y a plus d’univers. Je ne pourrai me détacher de lui. Si je m’en détache, c’est que le groupe sera terminé. L’histoire évoluera, sur les différents albums, à chaque fois, il y aura un pas de franchi, dans sa psycologie ou dans son univers. L’univers restera le même avec des ajouts à chaque fois. Et il y aura une fin, même si je ne sais pas encore laquelle.

Tu parlais d’un deuxième album en préparation. Tu peux nous lâcher quelques infos dessus ?

On en est à un stade où la psycologie du Shaârghot … enfin il va littéralement péter les plombs une bonne fois pour toute (rires). Dans le premier album, il était plus dans un stade découverte du monde qui l’entourait, il cherchait un peu ses repères, il venait de naître faut dire ! Il faut savoir qu’il est vierge de souvenirs mais avec toutes les capacités motrices d’un humain de son âge. Il était dans une découverte plus ou moins malsaine, comme l’enfant qui découvre la fourmilière autour de lui, et qui écrase les fourmis par plaisir pour jouer. Jusqu’au moment où il découvre que certaines fourmis peuvent mordre, et ça ne lui plaît plus du tout. Et il part chercher le spray et le briquet pour en finir avec la fourmilière. C’est pareil pour le Shaârghot : il veut passer à la vitesse supérieure et de tout démolir une bonne fois pour toute. Donc les thèmes abordés sont beaucoup plus violents, les sonorités sont plus dures, le chant est vachement plus agressif, … On retrouvera toujours quelques trucs à la Buster Keaton, bien entendu. Mais ce sera plus « In Your Face »;

On peut l’attendre pour fin 2018 ?

Il y a des chances. On est en train de se faire un bon petit programme de travail, et à mon avis, il y a bien moyen que vous l’ayez cette année.

Pour la scène, qu’avez-vous prévu ?

On est toujours en évolution permanente, à chaque live, on fait le point et on cherche quelques petits trucs qu’on peut rajouter de çi de là. Alors, après, les contraintes qu’on rencontre sont liés au budget, bien entendu, à ce qu’on peut amener dans une salle ou non : la pyrotechnie, c’est bien compliqué surtout pour un groupe qui n’est pas encore une machine de guerre du niveau de Rammstein. On est donc obligés de composer avec ça : on essaie d’expérimenter de nouvelles choses à chaque fois sans pour autant piquer dans le budget de ce qui va servir pour la production de l’album … On a de nouvelles idées donc avec notamment Mr Scarskin pour la mise en scène sur les prochaines dates.

Que penses-tu de ces groupes qui veulent à tout prix donner du professionnalisme au détriment du sourire, et de ceux qui sont dans la contestation contre le système ? Bref, ceux qui ne comprennent pas les autres ?

Alors j’ai un message tout con, on peut faire n’importe quoi mais pas n’importe comment : de la rigueur et de la discipline, oui, ça, il en faut, surtout si tu fais de l’indus qui est une musique particulièrement carrée avec pleins de machines dont tu es tributaire – une fois que tu as fait « Play », elles jouent ce qu’elles doivent jouer et elles ne t’attendront pas. Une fois que tu es sur scène, tu peux faire le grand guignol, il n’y a pas de soucis … Mais il faut qu’il y ait du travail derrière. Sinon tu seras juste un abruti. Alors après oui il ne faut pas oublier qu’on est là aussi pour s’amuser. Faire les choses sérieusement, c’est très bien, mais avant tout, la musique, c’est un métier, mais aussi un plaisir et une passion. Il ne faut pas perdre de vue que si on est là, c’est qu’on a des choses à transmettre aux gens, on est là pour leur donner du plaisir, un instant de bonheur. Il faut leur permettre d’oublier leur quotidien et de venir s’amuser ensemble. On n’est pas là pour faire un concours de technique .
Pour ce qui est des groupes politiquement engagés, alors on a toujours eu un peu de mal avec ça, je n’aime pas le côté moralisateur et donneur de leçons qu’ont certains groupes. Très souvent, je trouve ça assez démago. C’est un petit peu dommage car entre chaque morceau tu vas te taper cinq minutes de discours anticapitaliste. Si je voulais un meeting de Mélanchon, j’irai, pourquoi pas (rires), mais là je suis venu écouter de la musique. Il y a un temps pour la politique, et un temps pour la musique. On peut faire les deux effectivement mais moi ce n’est pas ma came. Dixit un mec qui a fait un titre qui s’appelle « Traders Must Die », mais bon (rires).

Un dernier mot ?

Dindon. (rires)

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Clip de « Break Your Body » :

[INTERVIEW] Nick Fuelling (Pop Evil) : « C’est notre son, c’est nous-même sur cet album »

Alors que le nouvel album éponyme de Pop Evil est d’ores et déjà acclamé dans le monde entier, nous avons pu nous entretenir avec Nick Fuelling, guitariste de la formation, à propos de ce nouveau jet ! Un entretien délicieusement Evil….

Metal-Actus : Pourquoi avoir choisi un titre éponyme pour votre album ? Parce que quand j’ai eu connaissance de votre artwork, avec cette immense tête de lion, je pensais que ce serait plutôt « Waking Lions » …

Nick Fuelling (guitare lead) : On y a passé beaucoup de temps sur cet album – huit mois – à écrire, à faire de la préproduction, à enregistrer, à travailler notre son… Et au fur et à mesure qu’on avançait, qu’on voyait tout notre taff, on avait vraiment l’impression d’être de plus en plus liés, ensemble sur ce projet. Et c’est devenu une évidence que cet album devait s’appeler « Pop Evil ». Et pourtant, on en a essayé d’autres titres (rires). Mais cela nous semblait être une excellente idée. C’est notre son, c’est nous-même sur cet album.

C’est un peu comme ces albums iconiques, du genre le black album des Metallica par exemple ?

Ouais. Bon ça n’a rien de comparable avec le Black Album musicalement (rires) Mais tu sais, on a l’impression qu’on tient le bon bout avec cet album ! C’est notre collection de sons!

Que peux-tu me dire sur cet artwork, cette tête de lion géante avec tout plein de choses à l’intérieur ?

Le lion en lui-même est un symbole de courage et de force et tout spécialement d’individualité. C’est le fait de dire ce que tu as envie de dire, en affrontant les gens que tu dois affronter. Chaque personne peut avoir quelque chose qui ne va pas, avoir quelque chose en tête, et c’est l’idée d’assumer toutes ces choses, qui vont te faire prendre de l’expérience dans la vie.

Vous avez sorti deux clips, « Waking Lions » et « Color Bleeds » qui sont complètement opposés ! Pourquoi ce choix ? Etait-ce pour montrer les différentes facettes de l’album ?

L’album en lui-même est une vraie collection éclectique de sons. Aucun morceau ne va exactement sonner comme un autre. On voulait être sûrs que les gens le sachent, même si tu peux retrouver des similitudes avec d’autres morceaux par moments. On souhaitait faire une sorte de communiqué avec la sortie de cet album !. Et puis on dénonce aussi des choses qui se passent actuellement, les séparations qui déchirent le monde, ces gens qui essaient de se dominer les uns et les autres. Mais au lieu de se battre, on devrait s’aider mutuellement à se relever. C’est le sens de « Colors Bleed ».

Mon interprétation du morceau « Colors Bleed » me laisser penser à une dénonciation de la politique de Trump aux Etats-Unis. Ce n’est donc pas du tout le message que vous portez ?

Ce n’est même pas politique. C’est juste un ressenti en tant que personne. On se sépare sur nos conditions sociales, notre race, notre égalité. Et la chanson et la vidéo sont juste sur comment mettre un terme à ces conflits.

Est-ce que vous sortirez une autre vidéo ?

Oui. On n’a encore rien filmé mais il va y avoir d’autres vidéos. On ne sait pas encore quelles seront les titres traités.

Que peux-tu me dire sur « The Art Of War » ?

Durant le processus créatif de cet album, on s’est retrouvé dans cette maison dans le Michigan, enfermé, et on voulait juste voir ce qu’il en ressortait de cette session, musicalement parlant. Et tous les quatre on a commencé juste avec cette ligne de guitare que j’ai sorti, un peu bizarre. Les autres étaient là à me demander « Mec, c’est quoi ce riff? » (rires), mais ils m’ont dit de continuer à le jouer, on y ajouté un peu de groove, on a commencé à monter en quelque sorte une structure autour de ça, et on a réussi à la présenter à notre manager et à l’enregistrer dans notre studio, histoire que ce soit « propre » (rires). On a passé du temps dessus, on a changé deux trois choses , on a essayé tout un tas de mélodies, de concepts …Et à un point, on enregistrait les voix dessus, avec toutes les guitares déja enregistrées, et notre chanteur, …, nous a fait : « Hé, je crois que j’ai une idée sur ce titre ». Et il a commencé à chanter dessus. A la réécoute, je me suis rendu compte que c’était complètement différent de ce que j’avais en tête. C’était inattendu. Niveau thème, on était de retour sur ce que je disais, cette idée de dénoncer les divisions de l’humanité, ce genre de choses; c’est similaire à « Colors Bleed » au niveau du concept.

Que peux-tu me dire sur « Birds Of Prey » ?

C’est une chanson qu’on a écrite dans cette même maison, et c’est une idée de Dave, notre guitariste. Il a apporté ce titre, avec quelque choeurs dessus. Et on a tous accroché. Et on s’est attelé au reste des arrangements, on a fait par exemple d’autre choses à la guitare, et on l’a retravaillé, réenregistré avant de la proposer à notre manager. Pour les voix, ça nous a pris quelques essais. Et on avait donc « Birds Of Prey » sur ce fort appel à la prière. Et c’est un fort concept sur ce que tu peux faire pour rester ensemble. En plus, elle est venue clôturer notre passage en studio.

A propos de la tournée, es-tu content de revenir sur les routes ?

Oh oui ! On va en débuter une aux Etats-Unis. On va se faire un truc assez costaud, on a 50 dates au programme, avec Palais Royal et Black Map pour nos premières parties. On veut laisser parler notre concept, laisser parler notre musique. C’est juste à propos d’apporter notre musique aux gens et leur donner une pause, loin de leurs tracas quotidiens.

Donc tu es d’accord pour dire que le live reste quelque chose de primordial dans la vie d’un groupe ?

Oh oui ! C’est probablement la partie la plus importante dans la vie d’un groupe. Tu sais, de nos jours, quiconque se disant musicien peut faire son propre truc et le balancer sur Youtube. Et c’est génial, je pense que ce sera le futur moyen pour un groupe de se faire connaître. Et si tu peux faire ça en live, ramener les gens, faire en sorte qu’ils s’amusent et qu’ils ressentent l’énergie et la passion sur la scène, tu vas t’améliorer, et prouver que tu crois vraiment en la musique.

Je dois demander car j’ai rencontré bon nombre de groupes qui refusent de se produire sur scène ou qui ne font plus de tournées. Comprend-tu ces groupes ?

Je peux les comprendre surtout dans notre monde actuel, où il est difficile pour des petits groupes de pouvoir se produire. Mais je pense que c’est important de sortir se présenter au monde. Il y a tellement de musique partout en ce moment que si tu ne tournes pas, si tu ne fais pas de concerts, tu seras facilement oublié. C’est malheureusement la manière dont ça marche aujourd’hui.

Vous faites d’immenses tournées. Mais vous ne passez pas en France …

En fait on est en pourparlers pour le Download France Festival. Mais à part ça, on aimerait beaucoup revenir en France et jouer. On aimerait même revenir en tant que première partie, pour nous faire découvrir à des personnes qui n’auraient pas pensé venir à nos concerts. En tant que tête d’affiche, on n’aura pas autant de personnes qu’on le voudrait. Mais cela ne dépend pas uniquement de nous.

Un dernier mot ?

Ecoutez notre dernier album ! Je pense que c’est notre meilleure production à ce jour. On y a passé beaucoup de temps, on y a versé nos larmes, notre sueur et notre sang (rires). J’espère que vous l’apprécierez !

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