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[INTERVIEW] Jack Driessen (MaYan) « Collaborer avec un vrai orchestre est très excitant ! »

Quatre ans après la sortie de « Antagonise », Mark Jansen et Jack Driessen reviennent aux affaires avec « Dhyana », le nouvel album de leur projet commun MaYan ! Metal-Actus a pu s’entretenir avec l’ancien claviériste des After Forever pour en savoir plus sur cette galette hautement savoureuse.

Metal-Actus : Qui a eu l’idée de ce titre ?

Jack Driessen (claviers) : Mark Jansen ! Ce nom “Dhyana” est un terme hindou qui invite à méditer, à se focaliser sur soi, sur une seule chose à la fois.

Ce n’est pas un concept album ?

Non, car on n’a pas de sujets, pas d’histoire. Je dirai par contre qu’on a une sorte de fil rouge tout au long de l’album, une philosophie en quelque sorte : arrêtons de courir tête baissée et n’oublions pas de prendre le temps d’aimer, afin d’être de nouveau heureux.

Qui est derrière l’artwork ?

…. Mince comment il s’appelle déjà ? (rires) C’est gênant, je crois que j’ai oublié son nom ! En plus on a collaboré par le passé, c’est la honte … (pause) Ah ! C’est Heile Mania ! (rires) Il a pris également quelques photos promos durant notre tournée en Belgique.

Au niveau du groupe, comment vous vous organisez au niveau de la composition ?

On part à trois puis on invite les autres à se joindre à nous , notamment cette fois Marcella (Bovio) et Ariën (Van Weesenbeek). C’est un vrai challenge pour nous de laisser à tous un petit peu de place pour s’exprimer !

Pourquoi avoir choisi « The Rythm Of Freedom » en tant que premier single ?

On trouvait que c’était un bon morceau d’introduction à l’album, avec ce mélange entre l’orchestre et les guitares électriques ! Cela raconte l’histoire d’un homme occupé par ses pensées chaotiques et le chemin qu’il devra faire pour s’en libérer. Nos fans aimeront la combinaison entre le symphonique et le death metal.

Que penses-tu de « Dhyana » ?

Ce titre, c’est la raison même de l’album. Nous en avons fait d’ailleurs une vidéo. J’adore la dualité entre les voix de Marcella et Laura (Macri) Là encore, on reprend le même principe que je t’expliquais tout à l’heure, à savoir méditer pour se concentrer sur qui tu es vraiment. On l’a écrite dans un style opéra.

Que peux-tu me dire sur « Set Me Free » ?

C’est un titre très rapide sur la fin. On a pris un gros risque avec ce titre qui est en dehors des clous pour nous.


Pourquoi avoir choisi de collaborer avec l’orchestre philarmonique de Prague ?

Ils ont fait des enregistrements pour Star Wars !! (rires) Plus sérieusement, ils se sont fait un nom dans le domaine de la musique de film, et font beaucoup de collaborations avec des groupes de heavy metal. C’est un peu comme se retrouver dans une boutique de bonbons ! Collaborer avec un vrai orchestre est très excitant car, auparavant, on utilisait un software pour avoir ce genre de sons. On en est donc très fiers !

Un concert regroupant tout ce beau monde se produira un jour ?

Je l’espère bien ! Ce serait un gros challenge pour nous, que ce soit musical ou logistique. On garde l’idée à l’esprit.

Que peux-tu me dire des concerts prévus ?

Nous en avons quatre de prévus pour l’instant pour 2019 ! On en fera deux en France au moins, l’un à Lyon, l’autre à Paris sur un bateau si j’ai bien compris (NDLR : il parle du Petit Bain). On aura plus de matériel, donc on devrait, je l’espère, faire plus de concert.

Qu’attendez-vous de cette tournée ?

De s’amuser tous ensemble ! On a ce goût commun de tout ce qui est épique dans la scène Metal. Mais c’est plus comme des grandes vacances pour nous !

Et pour les concerts, vous tournez au niveau des musiciens ? Qui peut se déplacer en général ?

Cela dépend des agendas de chacun. Par exemple, Merel Bechtold, qui officie également dans Delain, ne pourra pas être avec nous sur nos dates françaises. Mais nous sommes une petite communauté, et, en général, quand l’un d’entre nous manque à l’appel, on retrouve rapidement quelqu’un d’autre pour le remplacer.

Un dernier mot ?

Un grand merci à tous pour votre soutien ! Et à très vite sur les routes.

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[INTERVIEW] Pierre Le Pape – Melted Space

Melted-SpaceTrois ans après la sortie de leur dernier album « The Great Lie », Melted Space revient avec une nouvelle galette ma foi tout à fait savoureuse, « Darkening Light ». Metal-Actus s’est entretenu avec son fondateur, Pierre Le Pape, à son propos …

Metal-Actus : Peux-tu nous expliquer l’origine du titre du nouvel album de Melted Space, « Darkening Light » ?

Pierre Le Pape (Melted Space) : C’est avant tout une impression, dans le sens où c’est un album qui est basé sur une sorte d’équilibre entre le clair et l’obscur, entre le positif et le négatif. Quand on a terminé l’album et qu’il était en phase de mixage, on s’est posé la question du titre. C’est la chose, en général, que je fais en dernier, une fois que j’ai vécu l’expérience jusqu’au bout. Et c’est vrai que je raconte cette histoire, une création d’un monde avec l’homme qui rejette les dieux, où au final ils doivent créer un monde pour survivre. Donc tu vois, il y a du positif mais surtout du négatif, c’est assez pessimiste en fait le regard que j’ai sur l’homme en tant que tel, son action sur l’univers que je ne trouve pas nécessairement bénéfique. Et puis, ça parle aussi de création, donc quelque chose de positif. Donc c’est une espèce de balance entre les deux et du coup, « Darkening Light » était aussi une façon d’exprimer de façon un peu plus poétique ce côté gris clair/gris foncé.

Après le succès du dernier album de Melted Space, était-il évident pour toi de repartir sur une nouvelle œuvre ?

Après cet album, on est parti en tournée, et quand on est rentré, on a fait un clip et des remixes. Et puis il a fallu s’y remettre (rires). En fait, l’album était prévu à la base pour fin 2017, et comme il me faut environ une année de travail, il a fallu s’y remettre, une fois les concerts terminés, il a fallu redéclencher le processus créatif en se disant « voilà, il faut raconter une histoire, réfléchir à des personnages, à la direction que tu veux prendre, et c’est vrai que je me suis posé la question de « qu’est-ce que tu veux raconter ? La suite de ‘The Great Lie ‘? Une mythologie que tu n’as pas encore exploré ? ». C’est là que j’ai décidé de partir sur un truc partant des origines : la création de l’Homme, l’Homme rejettant les dieux et pour finir ces dieux qui survivent dans un monde fictif. Et du coup, j’ai l’impression aujourd’hui d’avoir un univers étendu où les albums sont connectés entre eux, et où finalement il y a une cohérence dans tout ça. Et maintenant, je peux potentiellement partir sur autre chose, sur une page blanche, en sachant que j’aurai cette base-là, à laquelle me référer et avec un univers déjà bien riche et développé.

Tu me confirmes donc que ce sont bien des dieux ? Les noms que tu leur as attribué jettent la confusion…

Et bien justement ce n’est pas complètement vrai dans le sens où c’est l’Homme qui en a fait des dieux. Mais ce sont surtout des concepts généraux, des divinités, des êtres impalpables, et le chaos, l’harmonie, le début et la fin qui sont finalement la vie et la mort. J’ai fait pas mal de recherches en bibliothèque : j’ai lu des livres de cosmologie, de Stephen Hawking, .. pour synthétiser une histoire de la création en reprenant des archétypes qu’on retrouve un peu partout notamment dans notre culture. J’ai synthétisé tout ça en une légende de la création que j’ai fait validé par des connaissances que j’ai, bien calées en Histoire et en cosmologie. Donc c’est cohérent, ça tient la route. Et c’est comme ça que j’ai pu partir sur cette histoire-là.

Attardons-nous un peu sur l’artwork : on voit un grand bâtiment dans lequel vivent les dieux, avec un grand symbole lumineux. Douze points sont reliés. Pour les douze dieux donc ?

Exactement. L’artwork représente parfaitement ce que je voulais faire avec l’album : établir un lien entre mes personnages, mais aussi, et c’est ce que je disais tout à l’heure, un lien avec les autres albums de Melted Space . En fait, quand tu écoutes les albums qui existent, on a un seul et même univers et c’est vrai que cet espèce de grand portail, avec tous les points qui sont interconnectés, représente parfaitement cela.

Comment as-tu choisi tes chanteurs pour cet opus !

Ah le choix des chanteurs ! (rires) Lorsque j’écris mon histoire, que je la découpe en actes, je fais des fiches pour les personnages, comment ils vont évoluer, ce qu’ils vont avoir comme caractère et je me met à imaginer quelle voix ils auront. Et le nom des chanteurs vient tout naturellement.

Et tu ne t’ai pas heurté à un ou plusieurs refus ?

Non du tout. J’ai de la chance d’avoir un manager qui sait bien vendre le projet (rires).

En 2014, je te demandais si tu envisageais un grand concert regroupant tout le monde, tu me disais que tu aimerais beaucoup. Du coup, Est-ce resté au stade de l’idée ou as-tu avancé là-dessus ?

J’ai commencé à tâte le terrain, à rencontrer des gens à ce sujet. Mais c’est un gros projet d’envergure qui met un à deux ans à se construire. Et ce n’est pas vraiment le moment d’y penser : d’abord, parce que l’album m’a épuisé, et ensuite parce qu’il faut avoir les moyens pour le faire, et là je parle en temps et en argent. Il faut avoir faire plusieurs dates, avoir tout le monde de disponible …. et ça prend du temps. Mais ça se fera un jour !

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien !

[INTERVIEW] Johnar Håland (In Vain) : « On se pose juste en tant qu’observateurs du monde »

Formé en 2003, In Vain est devenu rapidement le groupe émergeant de metal extrême à suivre de très près. En faisant un enchaînement entre des titres plus courts et des morceaux assez longs sur son nouvel album, « Currents », le groupe veut pouvoir contenter tout le monde, les fans de la première heure comme un public neuf qu’il espère pouvoir toucher. Contacté par Johnar Håland, guitariste, compositeur et parolier de In Vain, nous avons pu convenir d’un entretien téléphonique dont le résultat se lit ci-dessous…

Metal-Actus : Votre nouvel album, « Currents » est sorti au mois de Janvier 2018. Êtes-vous heureux du résultat ?

Johnar Håland (guitares) : On l’est ! C’est d’ailleurs exactement ce que nous voulions en terme de résultat. On voulait instaurer plus de dynamique entre des morceaux courts et des titres plus longs. L’album s’inscrit dans la continuité de ce qu’on a fait avant.

A quoi fait référence « Currents », le titre de votre album ?

Il fait référence aux gros changements actuels mondiaux, que ce soit culturel ou autre. Il ne s’agit ni d’un concept-album, ni d’un CD à pur caractère politique, ce n’est pas notre genre. On se pose juste en tant qu’observateurs ! Sur cet album, on a essayé d’établir une connection entre les différents titres, instaurer une sorte de fil rouge en fait ! Le titre de l’album est arrivé à la toute fin de notre travail.

C’est une idée qui se retrouve sur votre artwork ?

Oui : ces migrants sont au milieu de vagues. Ces dernières sont le mirroir d’événements à la fois actuels et historiques. L’artwork a été fait par Costin Chioreanu et on est juste époustouflé par le résultat : ça colle parfaitement à ce qu’on a voulu dire dans cet album, à nos paroles.

Pourquoi avoir choisi de révéler le titre « Seekers Of The Truth » en premier ?

Je ne suis pas un grand fan des singles : je trouve qu’ils ne sont pas assez représentatif de l’album, de son homogéinité. Mais il fallait qu’on fasse ce choix de premier extrait – le label nous le demandait – pour faire la promotion de notre album. « Seekers Of The Truth » s’est imposé comme une évidence : c’est un morceau court et catchy. Et c’est l’un de mes préférés : elle porte notre signature rythmique, et contient à la fois nos riffs les plus heavy et des passages en choeur typiques d’In Vain.

Pour « Soul Adventurers », vous avez fait appel à Matt Heafy, de Trivium ! Comment s’est déroulé la collaboration ?

En fait on le connaît depuis des années, c’est un chouette type ! Et on s’était dit qu’on ferait un titre ensemble, donc c’était là l’occasion ! Donc oui, ça s’est super bien passé ! Le chant clair de Matt et Sindre (chant) est juste incroyable !

Que peux-tu me dire de « En Forgangen Tid » ?

Il s’agit de la suite de « Times Of Yore », morceau présent sur notre précédent album « Aenigma ». Enfin, plus, en quelque sorte, d’une Il a d’ailleurs servi de base pour la composition de « En Forgangen Tid », c’est le même sujet qui est traité. Cela fait office de lien entre nos deux albums.

Vous revenez d’une tournée avec Orphaned Land. Comment avez-vous été accueilli, malgré le fait que vous n’étiez pas en tête d’affiche ?

Très bien ! On a passé un excellent moment avec les Orphaned Land, et on a adoré la chaleur du public, qui comme tu l’as dit, ne venait pas forcément pour nous à la base. Cela nous a fait du bien d’ailleurs : après quelques temps sans donner de concert, quel fut pas notre plaisir de retourner sur les routes ! Quand tu es un groupe, il faut que tu tournes, que tu fasses des concerts. Sinon, tu ne décolleras jamais, tu ne te feras pas connaître du public.

Tu viens de dire que vous n’avez pas donné de concerts pendant un bon moment. Je voulais du coup revenir sur votre absence longue de cinq ans. Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre du recul ?

Plusieurs choses : si j’ai commencé à écrire cet album en 2014, à la suite de « Aenigma », il a fallu que je fasse une longue pause : j’ai eu des problèmes d’ordre personnel, j’étais plus occupé dans mon travail…. je m’étais en plus investi dans un autre projet musical, Solefald. Bref on a repris l’album qu’en 2017. « Currents » devait d’ailleurs sortir cette année là, mais le label nous a demandé de repousser sa parution à janvier 2018.

Quels sont vos autres projets de concerts ?

On devrait tourner essentiellement en Norvège, faire quelques festivals au mois de Mai. On va également participer au Tons Of Rock Festival. Mais rien d’autre à l’horizon … J’espère vraiment qu’on va pouvoir monter une autre tournée ! On aimerait beaucoup partir vers les pays de l’est, et, bien évidemment, revenir en France !

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien ! Et écoutez notre dernier album « Currents » ! On espère qu’il vous plaira !

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Notre chronique de « Currents » (In Vain)

[INTERVIEW] Etienne (Shaârghot) : « S’il n’y a plus de créature, il n’y a plus d’univers »

Après leur succès, surprise pour eux, de leur premier album, les Shaârghot nous offre une petite friandise, l’EP « Break Your Body » ! Etienne, chanteur de la formation, est revenu sur cette courte galette mais aussi sur l’avenir de son enfant terrible, sa créature …

Metal-Actus : Votre nouvel EP, « Break Your Body », est sorti au mois de novembre dernier. Avez vous eu des premiers retours ?

Etienne (chant) : Oui. Les retours ont été positifs, mais à chaque fois pour des raisons différentes : les gens y trouvent un peu ce qu’ils veulent dedans, que ce soit par rapport à l’aspect visuel, aux sonorités … les gens ne sont jamais d’accord sur cet EP ! (rires) A chaque fois que je rencontre des gens, je découvre de nouvelles choses sur ce qu’on a fait ! Alors c’est bien, ça me donne de nouveaux points de vue !

Sur cet EP, j’ai l’impression que vous vous êtes bien lâchés par rapport au premier album !

Cela a toujours été le cas, Shaârgot étant une sorte de chimère. Et je dirai que le premier album est aussi dans le même ton. En fait, il ne devait même pas avoir de suite : c’était quelque chose de très brut qu’on voulait poser. On ne pensait pas qu’il aurait rencontré le succès. On avait très peu de moyens, très peu de bandes de synthés différentes, donc on s’est retrouvé très vite limités mais on a essayé de créer quelque chose. Sur le deuxième, on s’est retrouvé avec beaucoup plus de matos qu’avant, notamment grâce à l’arrivée de Clémix dans nos rangs, et là on a pu expérimenter vachement plus de choses. On reste toujours dans quelque chose de dance-floor électro avec des sons de grattes, et à chaque fois, on a exploré des choses très différentes. Tout bonnement parce que je n’aime pas faire deux fois le même truc.

Un deuxième album est donc prévu ?

Un deuxième album est prévu, cette année normalement. Il devrait se composer de 14 titres.

Pourquoi alors avoir choisi de sortir « Break Your Body », un EP ?

Il y a eu de la demande. Beaucoup de demande. On a joué le titre « Break Your Body » pour la première fois il n’y a pas loin d’un an maintenant, pour voir simplement comment ces nouveaux titres passaient sur scène. Et on s’est pris un formidable retour des gens qui nous disaient, « vas-y, où est-ce qu’on peut l’écouter ? » (rires). Donc voici un EP avec quatre titres et un cinquième bonus qui ne figurera pas sur l’album. Voilà. Biscuit quoi ! (rires). Donc rongez-le jusqu’à l’os car on ne pourra pas sortir le reste tout de suite. On ne va pas faire de deuxième EP en attendant l’album, non, non (rires),

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant « Break Your Body » ? Est-ce parce que vous l’avez joué il y a un an et qu’il a été fortement demandé ?

Pour plusieurs raisons : pour ce côté dancefloor que j’aimais bien, qui lui donne ce petit côté single. Après il y a le message qu’on veut faire passer : nous ce qu’on veut voir en live, ce sont des personnes qui se « break their body » (NDLR : « Se casser le corps » en français) justement. On veut des gens qui bougent, qui soient vivants, qui dancent, qui pogotent, qui font des walls of death, qui font des circles pits, qui se retrouvent dans des situations intenses et violentes. Lâchez-vous ! Pour le troisième sens, c’est plus lié à la créature elle-même, et c’est directement destiné à son créateur : « si je te retrouve, je t’éparpille façon puzzle ». Voilà (rires)

C’est ce sens qu’on retrouve dans l’artwork ?

Alors l’artwork est, ni plus ni moins, qu’une scénette de la vie quotidienne du Shaârghot.

Il a une vie fort trépidante ce garçon !

(Il prend le CD)

Donc on est dans la petite cave du Shaârghot. On voit de nouveaux Shadows en cours de création. On voit Scarskin qui se fait maltraiter comme d’habitude….il s’en prendra toujours plein la gueule (rires). Le pauvre ! Mais il a signé pour ! Il n’est pas malheureux de son sort (rires).

Il aime ça donc ?

Je ne veux pas savoir pourquoi, mais oui, il doit aimer ça (rires) Et depuis longtemps ! Trois ans qu’il s’en prend plein la tronche, il est même déjà arrivé que le public s’y mette aussi, mais bon, il survit (rires).

Que peux-tu me dire sur « Doomsday » ?

C’est une référence, ni plus ni moins au jeu « Doom ». Je pense que ça se retrouve un peu dans les sonorités. Au début, les espèces de sons sourds que tu entends c’est un peu comme un appel, une invitation à ouvrir les yeux, à ouvrir la porte de chez toi et à te rendre compte qu’en fait, le monde entier est littéralement en flammes. On est rentré dans la tête du Shaârgot : on est enfin dans son rêve ultime, on est au moment de l’apocalypse, où la terre s’ouvre, d’où les Shadows vont envahir la ville. Ils peuvent faire tous ce qu’ils veulent, dans la liberté la plus totale. Et le Shaârghot se balade dans les cendres du monde, qui est en train de s’écrouler sous ses pieds. C’est vraiment son plus grand fantasme, c’est le moment de destruction qu’il attendait. C’est un rêve du Shaârghot. On n’y est pas pour de bon.

Cela ne m’étonne absolument pas de lui (rires)

Oh il commence de moins en moins à m’étonner le bonhomme. Il va falloir qu’il fasse des efforts.

Est-il possible un jour pour ton groupe de laisser de côté ce personnage du Shaârghot ?

Non, ce n’est pas envisagable. Le groupe va de pair avec la créature. S’il n’y a plus de créature, il n’y a plus d’histoire, il n’y a plus d’univers. Je ne pourrai me détacher de lui. Si je m’en détache, c’est que le groupe sera terminé. L’histoire évoluera, sur les différents albums, à chaque fois, il y aura un pas de franchi, dans sa psycologie ou dans son univers. L’univers restera le même avec des ajouts à chaque fois. Et il y aura une fin, même si je ne sais pas encore laquelle.

Tu parlais d’un deuxième album en préparation. Tu peux nous lâcher quelques infos dessus ?

On en est à un stade où la psycologie du Shaârghot … enfin il va littéralement péter les plombs une bonne fois pour toute (rires). Dans le premier album, il était plus dans un stade découverte du monde qui l’entourait, il cherchait un peu ses repères, il venait de naître faut dire ! Il faut savoir qu’il est vierge de souvenirs mais avec toutes les capacités motrices d’un humain de son âge. Il était dans une découverte plus ou moins malsaine, comme l’enfant qui découvre la fourmilière autour de lui, et qui écrase les fourmis par plaisir pour jouer. Jusqu’au moment où il découvre que certaines fourmis peuvent mordre, et ça ne lui plaît plus du tout. Et il part chercher le spray et le briquet pour en finir avec la fourmilière. C’est pareil pour le Shaârghot : il veut passer à la vitesse supérieure et de tout démolir une bonne fois pour toute. Donc les thèmes abordés sont beaucoup plus violents, les sonorités sont plus dures, le chant est vachement plus agressif, … On retrouvera toujours quelques trucs à la Buster Keaton, bien entendu. Mais ce sera plus « In Your Face »;

On peut l’attendre pour fin 2018 ?

Il y a des chances. On est en train de se faire un bon petit programme de travail, et à mon avis, il y a bien moyen que vous l’ayez cette année.

Pour la scène, qu’avez-vous prévu ?

On est toujours en évolution permanente, à chaque live, on fait le point et on cherche quelques petits trucs qu’on peut rajouter de çi de là. Alors, après, les contraintes qu’on rencontre sont liés au budget, bien entendu, à ce qu’on peut amener dans une salle ou non : la pyrotechnie, c’est bien compliqué surtout pour un groupe qui n’est pas encore une machine de guerre du niveau de Rammstein. On est donc obligés de composer avec ça : on essaie d’expérimenter de nouvelles choses à chaque fois sans pour autant piquer dans le budget de ce qui va servir pour la production de l’album … On a de nouvelles idées donc avec notamment Mr Scarskin pour la mise en scène sur les prochaines dates.

Que penses-tu de ces groupes qui veulent à tout prix donner du professionnalisme au détriment du sourire, et de ceux qui sont dans la contestation contre le système ? Bref, ceux qui ne comprennent pas les autres ?

Alors j’ai un message tout con, on peut faire n’importe quoi mais pas n’importe comment : de la rigueur et de la discipline, oui, ça, il en faut, surtout si tu fais de l’indus qui est une musique particulièrement carrée avec pleins de machines dont tu es tributaire – une fois que tu as fait « Play », elles jouent ce qu’elles doivent jouer et elles ne t’attendront pas. Une fois que tu es sur scène, tu peux faire le grand guignol, il n’y a pas de soucis … Mais il faut qu’il y ait du travail derrière. Sinon tu seras juste un abruti. Alors après oui il ne faut pas oublier qu’on est là aussi pour s’amuser. Faire les choses sérieusement, c’est très bien, mais avant tout, la musique, c’est un métier, mais aussi un plaisir et une passion. Il ne faut pas perdre de vue que si on est là, c’est qu’on a des choses à transmettre aux gens, on est là pour leur donner du plaisir, un instant de bonheur. Il faut leur permettre d’oublier leur quotidien et de venir s’amuser ensemble. On n’est pas là pour faire un concours de technique .
Pour ce qui est des groupes politiquement engagés, alors on a toujours eu un peu de mal avec ça, je n’aime pas le côté moralisateur et donneur de leçons qu’ont certains groupes. Très souvent, je trouve ça assez démago. C’est un petit peu dommage car entre chaque morceau tu vas te taper cinq minutes de discours anticapitaliste. Si je voulais un meeting de Mélanchon, j’irai, pourquoi pas (rires), mais là je suis venu écouter de la musique. Il y a un temps pour la politique, et un temps pour la musique. On peut faire les deux effectivement mais moi ce n’est pas ma came. Dixit un mec qui a fait un titre qui s’appelle « Traders Must Die », mais bon (rires).

Un dernier mot ?

Dindon. (rires)

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Clip de « Break Your Body » :

[INTERVIEW] Nick Fuelling (Pop Evil) : « C’est notre son, c’est nous-même sur cet album »

Alors que le nouvel album éponyme de Pop Evil est d’ores et déjà acclamé dans le monde entier, nous avons pu nous entretenir avec Nick Fuelling, guitariste de la formation, à propos de ce nouveau jet ! Un entretien délicieusement Evil….

Metal-Actus : Pourquoi avoir choisi un titre éponyme pour votre album ? Parce que quand j’ai eu connaissance de votre artwork, avec cette immense tête de lion, je pensais que ce serait plutôt « Waking Lions » …

Nick Fuelling (guitare lead) : On y a passé beaucoup de temps sur cet album – huit mois – à écrire, à faire de la préproduction, à enregistrer, à travailler notre son… Et au fur et à mesure qu’on avançait, qu’on voyait tout notre taff, on avait vraiment l’impression d’être de plus en plus liés, ensemble sur ce projet. Et c’est devenu une évidence que cet album devait s’appeler « Pop Evil ». Et pourtant, on en a essayé d’autres titres (rires). Mais cela nous semblait être une excellente idée. C’est notre son, c’est nous-même sur cet album.

C’est un peu comme ces albums iconiques, du genre le black album des Metallica par exemple ?

Ouais. Bon ça n’a rien de comparable avec le Black Album musicalement (rires) Mais tu sais, on a l’impression qu’on tient le bon bout avec cet album ! C’est notre collection de sons!

Que peux-tu me dire sur cet artwork, cette tête de lion géante avec tout plein de choses à l’intérieur ?

Le lion en lui-même est un symbole de courage et de force et tout spécialement d’individualité. C’est le fait de dire ce que tu as envie de dire, en affrontant les gens que tu dois affronter. Chaque personne peut avoir quelque chose qui ne va pas, avoir quelque chose en tête, et c’est l’idée d’assumer toutes ces choses, qui vont te faire prendre de l’expérience dans la vie.

Vous avez sorti deux clips, « Waking Lions » et « Color Bleeds » qui sont complètement opposés ! Pourquoi ce choix ? Etait-ce pour montrer les différentes facettes de l’album ?

L’album en lui-même est une vraie collection éclectique de sons. Aucun morceau ne va exactement sonner comme un autre. On voulait être sûrs que les gens le sachent, même si tu peux retrouver des similitudes avec d’autres morceaux par moments. On souhaitait faire une sorte de communiqué avec la sortie de cet album !. Et puis on dénonce aussi des choses qui se passent actuellement, les séparations qui déchirent le monde, ces gens qui essaient de se dominer les uns et les autres. Mais au lieu de se battre, on devrait s’aider mutuellement à se relever. C’est le sens de « Colors Bleed ».

Mon interprétation du morceau « Colors Bleed » me laisser penser à une dénonciation de la politique de Trump aux Etats-Unis. Ce n’est donc pas du tout le message que vous portez ?

Ce n’est même pas politique. C’est juste un ressenti en tant que personne. On se sépare sur nos conditions sociales, notre race, notre égalité. Et la chanson et la vidéo sont juste sur comment mettre un terme à ces conflits.

Est-ce que vous sortirez une autre vidéo ?

Oui. On n’a encore rien filmé mais il va y avoir d’autres vidéos. On ne sait pas encore quelles seront les titres traités.

Que peux-tu me dire sur « The Art Of War » ?

Durant le processus créatif de cet album, on s’est retrouvé dans cette maison dans le Michigan, enfermé, et on voulait juste voir ce qu’il en ressortait de cette session, musicalement parlant. Et tous les quatre on a commencé juste avec cette ligne de guitare que j’ai sorti, un peu bizarre. Les autres étaient là à me demander « Mec, c’est quoi ce riff? » (rires), mais ils m’ont dit de continuer à le jouer, on y ajouté un peu de groove, on a commencé à monter en quelque sorte une structure autour de ça, et on a réussi à la présenter à notre manager et à l’enregistrer dans notre studio, histoire que ce soit « propre » (rires). On a passé du temps dessus, on a changé deux trois choses , on a essayé tout un tas de mélodies, de concepts …Et à un point, on enregistrait les voix dessus, avec toutes les guitares déja enregistrées, et notre chanteur, …, nous a fait : « Hé, je crois que j’ai une idée sur ce titre ». Et il a commencé à chanter dessus. A la réécoute, je me suis rendu compte que c’était complètement différent de ce que j’avais en tête. C’était inattendu. Niveau thème, on était de retour sur ce que je disais, cette idée de dénoncer les divisions de l’humanité, ce genre de choses; c’est similaire à « Colors Bleed » au niveau du concept.

Que peux-tu me dire sur « Birds Of Prey » ?

C’est une chanson qu’on a écrite dans cette même maison, et c’est une idée de Dave, notre guitariste. Il a apporté ce titre, avec quelque choeurs dessus. Et on a tous accroché. Et on s’est attelé au reste des arrangements, on a fait par exemple d’autre choses à la guitare, et on l’a retravaillé, réenregistré avant de la proposer à notre manager. Pour les voix, ça nous a pris quelques essais. Et on avait donc « Birds Of Prey » sur ce fort appel à la prière. Et c’est un fort concept sur ce que tu peux faire pour rester ensemble. En plus, elle est venue clôturer notre passage en studio.

A propos de la tournée, es-tu content de revenir sur les routes ?

Oh oui ! On va en débuter une aux Etats-Unis. On va se faire un truc assez costaud, on a 50 dates au programme, avec Palais Royal et Black Map pour nos premières parties. On veut laisser parler notre concept, laisser parler notre musique. C’est juste à propos d’apporter notre musique aux gens et leur donner une pause, loin de leurs tracas quotidiens.

Donc tu es d’accord pour dire que le live reste quelque chose de primordial dans la vie d’un groupe ?

Oh oui ! C’est probablement la partie la plus importante dans la vie d’un groupe. Tu sais, de nos jours, quiconque se disant musicien peut faire son propre truc et le balancer sur Youtube. Et c’est génial, je pense que ce sera le futur moyen pour un groupe de se faire connaître. Et si tu peux faire ça en live, ramener les gens, faire en sorte qu’ils s’amusent et qu’ils ressentent l’énergie et la passion sur la scène, tu vas t’améliorer, et prouver que tu crois vraiment en la musique.

Je dois demander car j’ai rencontré bon nombre de groupes qui refusent de se produire sur scène ou qui ne font plus de tournées. Comprend-tu ces groupes ?

Je peux les comprendre surtout dans notre monde actuel, où il est difficile pour des petits groupes de pouvoir se produire. Mais je pense que c’est important de sortir se présenter au monde. Il y a tellement de musique partout en ce moment que si tu ne tournes pas, si tu ne fais pas de concerts, tu seras facilement oublié. C’est malheureusement la manière dont ça marche aujourd’hui.

Vous faites d’immenses tournées. Mais vous ne passez pas en France …

En fait on est en pourparlers pour le Download France Festival. Mais à part ça, on aimerait beaucoup revenir en France et jouer. On aimerait même revenir en tant que première partie, pour nous faire découvrir à des personnes qui n’auraient pas pensé venir à nos concerts. En tant que tête d’affiche, on n’aura pas autant de personnes qu’on le voudrait. Mais cela ne dépend pas uniquement de nous.

Un dernier mot ?

Ecoutez notre dernier album ! Je pense que c’est notre meilleure production à ce jour. On y a passé beaucoup de temps, on y a versé nos larmes, notre sueur et notre sang (rires). J’espère que vous l’apprécierez !

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[INTERVIEW] Valentin Gondouin (guitare/chant – INSOLVENCY) : « On s’organise comme une entreprise qui fonctionnerait à distance »

Après un EP remarqué par la critique, Insolvency revient cette fois avec un album, « Antagonist Of The Soul ». L’occasion pour Metal-Actus de s’entretenir avec Valentin Gondouin, l’une des têtes pensantes de ce projet musical !

Metal-Actus : Vous sortez votre premier album « Antagonist Of The Soul ». Pourquoi avoir attendu 5 ans pour le sortir ?

Valentin Gondouin (Guitare/chant) : On est effectivement né en 2012, mais ce n’est qu’en 2014 que Bruno est arrivé dans le groupe. A ce moment là, on a eu l’idée de sortir notre EP : une fois ce dernier sorti, on a voulu pousser plus loin la démarche avec un album. Donc début 2016, on commeçait à contacter les studios pour son enregistrement. En plus, tout le processus accompagnant ce genre de projet, la préproduction, le pressage … font qu’il ne sort que maintenant.

Il a été facile de repartir dans ce processus après votre EP ?

On le devait. Cet EP était du fait maison. On voulait, avec ça, démarcher des labels et essayer de se faire connaître. Mais on a rencontré d’autres gens qui nous ont dit que ce n’était pas forcément la bonne marche à suivre : il faut surtout s’entourer de professionnels et essayer de se créer un bon réseau. Et on voulait un rendu le plus professionnel possible pour pouvoir se démarquer du lot justement. Quand on s’est rendus compte qu’avec notre EP, on ne pouvait aller bien loin, on s’est décidé de créer un album. On retrouve trois morceaux qui étaient sur notre EP, qu’on aime vraiment beaucoup. On les a réenregistré et remixé pour l’album : ça nous a fait plaisir aussi de les retrouver dans une nouvelle version et de pouvoir les partager avec notre public.

Comment s’est passé justement ce processus ?

On a plus ou moins un processus de création qui s’est installé dans le groupe. C’est, de base, plus Pierre et moi qui apportons des idées, les squelettes de nos morceaux. On pose nos idées sur le logiciel Guitar Pro. Et on propose ça à Bruno et Mickaël qui eux, du coup, viennent apporter des propositions complémentaires, dire ce qui va et ce qui ne va pas. On écrit les paroles – c’est plus Pierre qui s’en charge – et on pose le chant sur nos compositions. Ce qui a été plus compliqué est la distance entre nous car, si on vient tous de la même ville, on est tous répartis pour le besoin de nos vies: Pierre et moi on est à Nancy pour nos études, Bruno habite sur Paris et notre batteur Mickaël habite à Troyes. Donc ça s’est fait par Internet : on s’envoie des tablatures, des compositions, des enregistrements, on travaille tout ça chacun de notre côté et ensuite on met en commun.

Internet n’a donc pas été une barrière pour vous ?

Non. Internet nous a permis de pouvoir tout partager. Tous les soirs, on parle par rapport au groupe, on a même une Dropbox où on stocke nos fichiers, on prévoit nos répètes,… on s’organise comme une entreprise qui fonctionnerait à distance. C’est notre passion, ça nous prend aux tripes, donc peu importe si on est à 10000 kilomètres, on arrive toujours à trouver un moment pour pouvoir se synchroniser.

Pourquoi avoir choisi ce titre, « Antagonist Of The Soul » ?

Il représente assez bien le thème général qu’on essaie d’avoir, dans les paroles de l’album : le but est de dire que chacun d’entre nous passe par des moments sombres, des moments tristes, des moments qui font mal, et que, justement, ce mal peut être un bien nécessaire, pour pouvoir évoluer et avancer dans la vie. On peut faire le parralèle avec le yinyang : le mal serait complémentaire du bien et ferait partie intégrante de chacun de nous. C’est en quelque sorte la division de l’âme, c’est un peu ce qu’on ressent face aux différentes situations.

Sur votre artwork, vous avez choisi de représenter une femme. Qu’est-ce qu’elle symbolise ?

C’est Mytika, une Suicide Girl, qui est l’amie d’une amie à Bruno. On cherchait quelqu’un pour pouvoir représenter une personne dans la douleur, dans la souffrance. Elle est dans la division de sa personnalité quelque part ! Et Bruno lui a parlé de ce projet. On a fait des tests photo; et son charisme et sa personnalité collait bien à ce qu’on voulait représenter dans l’album et sur le visuel de notre album.

Pourquoi avoir choisi de mettre « Death Wish » en vidéo ?

Parce que c’est l’un de nos derniers morceaux composé, et on trouve qu’il est plus représentatif de notre style actuel. On voulait vraiment le mettre en avant et pouvoir le montrer aux gens. Il représente, comme on peut voir dans le clip, un enfant qui se fait martyriser par son père. C’est assez représentatif de la division de l’âme : il est dans la souffrance constante mais il entrouvera la lumière de la vie. En gros, il est quelque part dans une joie de vivre même si tout va mal dans sa vie : il garde quand même son âme pure.

D’autres projets de clip ?

Oui, dans un mois, on va tourner un clip sur Paris, pour « Antagonism Of The Soul » justement. Il devrait sortir d’ici mars-avril.

Que peut-tu me dire d’ailleurs sur ce morceau ?

C’est un morceau qui nous a vraiment permis de nous prouver en tant que musiciens. Niveau technicité, c’est l’un des plus compliqué pour moi. On s’est tous dépassé en terme de musique. C’est aussi un morceau dans lequel on retrouve toutes nos influences, que ce soit le heavy metal, le metal core … On a pu réunir justement des passages un peu plus mélodiques, avec le piano, et des passages plus bourrins. On est très fier de ce morceau. C’est vraiment un de nos tubes, à mon avis (rires)

Avez-vous prévu une petite tournée ?

Alors, on a déjà prévu un concert à Reims en mars, et les autres dates sont sur notre Facebook. Bon, elles vont arriver (rires). On essaie aussi, dans le courant de 2018, d’organiser une mini-tournée et essayer de choper pleins de concerts à côté de festivals.

Est-ce que pour toi, la partie live est quelque chose d’essentielle à un groupe ?

Ouais, c’est hyper-important. On compose aussi certaines parties pour le live ! On se dit « Ouah en live on va vraiment faire bouger les gens dessus » (rires). On veut vraiment donner une certaine ambiance, certaines émotions ; les concerts, c’est là pour partager avec ton public directement. Et que dire de ceux qui découvrent ta musique sur scène, au hasard d’un festival ! Vraiment, le live est une partie indéniable du groupe, et pour moi, on ne peut pas faire l’impasse dessus.

Un dernier mot ?

Que les gens prennent autant de plaisir à écouter notre album que nous avons pris plaisir à le composer !

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[INTERVIEW] CyLeW nous dit tout sur « Mot3l », leur nouvelle galette !

A l’occasion de la sortie de leur nouvel album, « Mot3l », au mois de décembre dernier, Arno, guitariste des CyLeW, a accepté de répondre à quelques questions sur cette galette mais aussi sur l’avenir de son groupe !

Metal-Actus : Vous sortez votre nouvel album « MoT3L ». Pourquoi avoir choisi ce thème en particulier ?

Arno (guitare) :
Plus l’album a avancé dans sa composition, plus on l’a défini dans un road trip en fait ! Et où est-ce que tu t’arrêtes en général quand tu es en plein road trip ? Dans un motel ! Comme on a plus ou moins tous une relation avec les Etats-Unis, Lady Cylew qui a grandi en Californie, notre lien avec la nature et les espaces, cette idée de road trip, de motel, a vraiment germé, et on a trouvé ça complètement approprié, de développer notre histoire autour de ça.

On remarque une cassure nette avec vos anciennes compos, puisque les morceaux de « Mot3l » sont bien moins torturés. Qu’est-ce qui vous a fait évoluer ?

Une fois que tu as essayé de faire comprendre aux gens que ce monde n’est pas bien – et il y a plusieurs lectures que tu as envie d’adapter – soit tu continue à te morfondre, soit tu te dit « Ok ce n’est pas rose, ce n’est pas cool, mais on va essayer de le véhiculer autrement ». C’est aussi une volonté d’aller mieux même si, passer son temps à se plaindre, finalement, c’est légitime, quoi qu’on est relativement chanceux dans notre hémisphère vu la vie qu’on a. Mais une chanson comme « Like You », par exemple dans l’album, parle d’enfants soldats. Quand on va jouer un titre come « Save You Save Me », là c’est plutôt en rapport avec l’introspection, c’est-à-dire jusqu’où es-tu prêt à sacrifier ton bonheur pour celui de quelqu’un d’autre, qui refuse, lui, de sortir du sien.

Tu dirais donc que c’est moins centré sur vous-même, plus vers le monde extérieur ?

C’est forcément centré sur nous, puisque c’est nous qui parlons. Mais c’est notre regard sur la société qui a évolué. Et on décrit un monde, qui n’est pas rose, mais d’une manière moins dramatique.

Vous avez sorti un premier single « Jupiter’s Crash ». Que peux-tu me dire sur ce titre ?

Ce titre parle de gens qui contrôlent, veulent contrôler, veulent faire croire qu’ils contrôlent alors que ça ne dépend que de nous-même. Il est très facie de choisir sa propre voie, et d’avoir ses propres crédos : on n’est pas obligés d’écouter quelqu’un afin d’au final, vivre sa vie par procuration.

Il s’agit également de votre premier clip ! Est-ce que vous avez d’autres vidéos en préparation ?

C’est une vidéo qu’on a fait nous-mêmes. Par contre, on a vraiment envie de scénariser beaucoup plus un prochain titre. Il y en a trois sur lesquels on hésite pour l’instant. On recherche à avoir les moyens aussi. Mais on a la chance d’avoir, dans notre entourage proche, quelques réalisateurs qui soutiennent le projet et qui nous pousseront et nous aideront à trouver le moyen d’aller plus loin sur ce sujet.

Revenons un peu sur cet album. Vous commencez à avoir une petite carrière derrière vous. Est-ce que vous avez eu plus de mal à bosser sur cet album ?

C’est tout le contraire justement ! Cela vient du fait qu’on a tout fait à trois : il y a eu une espèce de relais entre nous, à chaque moment quelqu’un était moteur de l’avancée du projet. Du coup, artistiquement, tu te nourris des autres, de chaque partie musicale que quelqu’un va proposer, que ce soit la voix, la batterie ou le son de mes propres guitares. On a vraiment travaillé ensemble là-dessus. Donc cet album n’a été que le déclencheur et la solidification de ce noyau dur. Ne serait-ce que par rapport à ça, je peux dire qu’il y aura un quatrième album.

Et tu penses que c’est comme ça que vous fonctionnez le mieux, à trois ?

Non je pense qu’il faudrait qu’on trouve quelqu’un, même si la personne qui nous accompagne en live pourrait aussi faire le job. Mais il sera difficile pour cette personne d’intégrer notre noyau : on est arrivé à un stade où on n’a pas besoin de se parler, on fait juste les choses autant sur le plan artistique qu’au niveau des décisions stratégiques. Et il faudra qu’il partage nos intérêts, l’ouest américain ou le sport. Mais honnêtement, ce qui se passe à trois est déjà très très fort, et c’est la première fois que je ressens ça au sein d’un groupe : on n’est pas fermé donc, mais il faut que ça se passe aussi bien.

Tu as dit que le disque était une autoproduction ?

Oui. En fait c’est mon métier d’enregistrer des disques. Je fais ça depuis une quinzaine d’années maintenant.

La plupart des groupes français dernièrement ont un son de meilleur qualité actuellement. A quoi c’est dû ?

Bah, à force de nous rabâcher qu’on était mauvais, on a travaillé (rires). Dans les années 2000, quand j’ai commencé réellement à faire ce métier, systématiquement les majors proposaient aux groupes de partir un an aux Etats-Unis ou dans un autre pays étranger faire son disque. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais partir en Angleterre ou au Etats-Unis pour faire un album, les trois-quart du temps chanté en français car les maisons de disques le demandent en règle générale, et travailler avec un américain qui ne parle pas un mot de français, il y a quand même un petit décalage à mon avis. Quand tu vois ça de l’extérieur, en tant qu’ingénieur du son et producteur de rock français, tu es un peu dégoûté, car tu te dis que tu as le matos, et les techniques n’évoluent pas franchement. Aujourd’hui, notamment avec la démocratisation de nos studios, je pense que tout ça n’a plus lieu d’être. On est arrivé à l’uniformisation des qualités de production. Et les américains ayant un standard si tu veux qui est toujours très difficile à bouger… Regarde ce qu’il se passe avec Gojira ! C’est un des plus gros groupes de metal du monde, ils sont installés pour de bon !

Mais ils chantent en anglais (rires)

Oui mais avec ce chant très guttural ça marche bien ! Et je ne me suis jamais posée la question de savoir si Joe Duplantier est français ou américain. Il fait de la musique, c’est tout !

Des groupes s’expatrient encore aujourd’hui pour faire un album …

C’est un peu jeter son argent par la fenêtre selon moi. Je pense qu’en restant que France, tu en économiseras plus, et tu en dépenseras sur la promotion ou tous les à-côtés. Bon après, je dis ça, mais c’est facile de faire un disque aujourd’hui. Nous, ça nous a coûté du temps. Stratégiquement, actuellement, il faut savoir surtout en autoproduction où il faut placer ses billes. Il faut savoir écrire des bonnes chansons, et non faire passer un visuel avant, par exemple. Mais ça c’est encore autre chose (rires).

Un dernier mot ?

On va annoncer des dates de live prochainement ! On a très envie de faire partager notre nouvel album sur scène. Venez nous voir en live quand on passera près de chez vous !

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[INTERVIEW]Conversation avec Cédric et Kévin de The Walking Dead Orchestra

Après une absence assez remarquée, The Walking Dead Orchestra a livré son deuxième album, « Resurrect », en octobre 2017. Le groupe reprend son personnage phare de l’Architecte, dans un déluge de violence musicale. Cédric, batteur du groupe, et Kévin, guitariste, nous en parlent plus longuement en interview !

Metal-Actus : Déjà, histoire d’évacuer la question posée un milliard de fois : votre nom est-il tiré du célèbre comic au même nom ?

Cédric (batterie) : Au moins toi tu le fais de la manière la plus originale (rires) : effectivement les gens font souvent l’amalgame avec la série. C’est bien dommage d’ailleurs car on parle beaucoup plus de la série que de la BD, alors que cette dernière est vraiment exceptionnelle. Quand on s’est rencontré en 2011 avec Jean-Baptiste, on lisait tous les deux la BD, et un soir, en tripant, on s’est dit « Le death metal, c’est le metal de la mort » et voilà, on a fait un amalgame. Et de fil en aiguille, on s’est dit que The Walking Dead, ça claque comme nom ! Et sa grand-mère (montrant Kévin) nous demandait toujours « Alors l’orchestre, ça avance ? « (rires) Et on a voulu lui faire un clin d’oeil.

Kévin (guitare) : Et quand on était gosses, c’était ça : elle prenait des nouvelles de l’orchestre, mais jamais du groupe (rires).

C :
On avait envie de garder ce côté délire familial. Mamie n’est plus là aujourd’hui, mais c’est l’hommage qu’on lui porte.

Lors de l’élaboration de l’album, était-il convenu de faire quelque chose dans la continuité ?

C : On n’a pas voulu cette scission – dans la durée je parle – entre nos deux albums. On voulait continuer sur l’histoire de ce personnage, l’Architecte, qu’on voulait garder pour nos histoires, qui sont très axées science-fiction, en mode post-apocalypse. On veut parler de sa relation avec la nature humaine, de comment il va se construire face aux gens, les conflits … Ce sont des sujets qui sont d’actualité de nos jours. Pour la création musicale, on a voulu rester dans un death metal mais sur ce deuxième album, on a le sentiment d’avoir livré quelque chose de plus fourni. Peut-être qu’on a acquis une certaine maturité, à force d’avoir joué ensemble !


Sur l’artwork de « Resurrect », on a l’impression que votre personnage, l’Architecte, incarne le futur…

C : Alors ce n’est pas tout à fait le futur : pour rappel, il est en très mauvaise posture sur la fin du précédent album, sur le champ de bataille, et le premier morceau de « Resurrect », « Resurrect The Scourge », est sur la récupération de son corps par deux scientifiques, qui décident de le transformer un peu en une sorte d’écorché mutant. Ils lui font bénéficier d’une sorte d’amélioration à son environnement, mais lui vit très mal le fait de se retrouver dans une sorte de monstre. Ce sont des manipulation génétique qui vont lui être utile, mais qui, au final, lui font perdre son humanité presque dans son apparence.

K : Ce deuxième album raconte donc l’évolution de ce personnage sous cette nouvelle forme. Chaque morceau raconte une histoire de ce qu’il vit à partir de son opération jusqu’à la vengeance qu’il a envie d’avoir face aux gens qui lui ont fait subir ça, et à ceux qui se sont imposés comme des entités plus importantes que lui, qui doivent lui dicter ce qu’il doit faire, et ça, il ne peut pas l’accepter.

Pourquoi donc ne pas avoir sorti « Resurrect The Scourge » en premier clip ?

K : On a eu l’idée il y a pratiquement un an de faire le clip. On voulait faire quelque chose avec un décor, pour mettre le morceau en scène.

C : Notamment avec ce qu’on peut retrouver sur la pochette !

K :
On voulait filmer cette opération, le fait qu’il soit écorché, en se mettant en scène à la place de l’architecte dans le clip. Mais ça a été un long travail. On s’est dit en plus au début q’uon pourait faire ça nous même, et puis on s’est mis à travailler avec des professionnels, notamment sur les parties décoratives, et on s’est vite rendus compte que cela représentait un travail colossal.

C : Un boulot de malade.

K : Donc on a quasiment mis cinq mois à monter le décor, avec eux. On a tout tourné en trois jours et et on a eu beaucoup de travail de montage derrière. C’était vachement intensif, on a tourné de nuit et tout …

C : C’est pour ça que ce projet, il est sorti après même si il devait arriver avant.

K : L’autre clip était techniquement beaucoup plus simple à réaliser et même si on l’a fait après, il a pu être sorti avant. On avait tourné sur fond banc, tout le travail se faisait en post-production.

C : Oui c’était de l’incrustation.

Pourquoi d’ailleurs l’avoir appelé « L’Architecte » ?

C : C’est un personnage qui veut refaçonner les choses, pour que ce soit stable. L’architecte, tu fais appel à lui quand tu veux avoir de bonnes fondations. Il amène les siennes pour fédérer les gens, pour aller plus loin dans son émancipation ou son envie d’avidité, de prise de pouvoir. C’est le nouveau bâtisseur en fait ! Lui, son objectif, c’est d’être entre un homme et un dieu. Dans le monde, il y a la politique, la religion, la guerre et les scientifiques. Et lui, pour se différencier des autres, il fallait bien qu’il ait sa propre appellation.


Que pouvez-vous dire sur « Demoligarchie » ?

C : Comme je te disais, il a décidé de combattre ces entités, parce que, au début, ce sont les scientifiques qui s’occupent de lui. Elle contrôlent tout. Je ne sais pas si tu as suivi un peu les artworks qu’on propose sur les articles de merchandising, avec des têtes bizarres, et bien ce dessin, c’est l’un d’entre eux justement ! Tu en as un qui représente la science, donc les deux scientifiques qu’on voit dans « Resurrect The Scourge », un qui représente la politique, et le dernier la guerre. Dans « Demoligarchie », il dit « Je vais faire en sorte que mon armée puisse démolir tout ce qui a été mis en place par ces gens-là. Donc il faut démanteler ce réseau, transmettre le savoir aux jeunes embrigadés, donner une formation parce qu’il faut, quand même, qu’ils soient aptes à aller au combat, et après aller à la confrontation.

Ce sont donc des hommes politiques ! (rires)

C : C’est totalement ça ! C’est la manipulation humaine, l’avidité de pouvoir et le fait de vouloir se comparer à Dieu. Tu peux même faire le parallèle avec des sectes. Ils s’élèvent à un rang qui ne sera jamais le notre en fait, ils sont complètement au delà de ce que peut être l’être humain. Et lui, qui est là-dedans, ne peut pas concevoir que des gens peuvent être contre lui, car il doit être à l’origine de tout le renouveau, car il a connu ce qui c’était passé avant ; dans le premier album, il sait ce qu’il s’est passé avant l’Apocalypse !

A part les dates annoncées, avez-vous d’autres projets de concert ? Vous étiez partis en Equateur dans le cadre d’un festival, l’expérience pourrait-elle se renouveler ?

C : On était partis en Equateur en 2012 car Eduardo, premier bassiste de TWDO, est équatorien, et est reparti vivre là-bas rejoindre sa famille et travailler. On s’était dit « Le jour où on a un projet en commun, on se regroupe et on part en Equateur ». Là-bas, il y a une scène metal de malade qui se mobilise à fond : ils sont capable de faire douze heures de bus de nuit pour faire un concert et repartir juste après le concert dans l’autre sens. Alors que chez nous, on ne va pas au concert car il pleut, il fait froid, il y a une raclette (rires) … alors que c’est à côté de chez nous. Ils ne le vivent pas de la même façon que nous.
Et on est en train d’essayer de s’établir, que le groupe puisse faire connaître vraiment cet album pour qu’on puisse avoir accès à des dates – d’ailleurs on a démarché beaucoup de festivals d’été, auxquels on aimerait bien participer.

K : On envoie beaucoup de choses. Mais peu de réponses pour l’instant.

C : On va envoyer l’Architecte, lui il obtiendra des réponses (rires). On aimerait bien aller sur des scènes comme le Hellfest, le Motocultor, le Sylak, le Fall Of Summer, le Wacken, le Summerbreeze … On en a démarché un certain nombre… On aime le live ! On fait cette musique là non pas pour se faire chier à répéter enfermé dans notre cave où on transpire à grosses gouttes mais pour le live où, effectivement, on transpire tout autant (rires) mais on communie avec des gens, et c’est hyper-important d’avoir ce genre de cosmos que tu peux créer avec ces gens. On n’est pas l’Architecte, on ne fédère pas les gens dans une espèce de dogme divin, on communie juste avec la musique, on passe des émotions. Pour l’instant, on est un peu dans l’attente, on a quelques dates qui sont déjà en train de se confirmer, les choses sont donc dans la boucle. On a une équipe avec nous, Zed Agenc, qui travaille sur le booking, nous aide à rechercher des dates. On le fait aussi de notre côté. C’est tellement un boulot titanesque que tous les jours tu es obligé d’envoyer des mails, c’est presque du rabâchage ! A la fin, tu as l’impression d’harceler les gens parce que tu relances, tu relances, mais ça fait partie de la vie d’un groupe en devenir.

Le mot de la fin ?

C : Merci à tous ! N’hésitez pas à venir à notre rencontre !

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[INTERVIEW] Constance d’Attraction Theory nous dit tout sur son groupe !

« Attraction Theory » est le nouveau projet musical de Constance Amelane (ex-Whyzdom) et Didier Chesneau (Headline…). A l’occasion de la sortie de leur premier EP, « Principia », la chanteuse a accepté de nous en dire plus sur ce groupe !

Metal-Actus : Peut-tu nous expliquer la genèse de ce projet ?

Constance (chant) : Ce projet a débuté par ma rencontre avec Didier (Chesneau) par le biais d’amis en commun. Il devait produire un groupe où je faisais les chœurs, mais cela n’a pas marché. Je l’ai recontacté ensuite car je devais faire un duo avec des britanniques. Et comme il a son propre studio, je me suis dit « pourquoi pas ! », et, depuis, ça a très bien accroché et l’idée de faire un projet ensemble a commencé à naître.


Pourquoi ce nom pour le groupe, « Attraction Theory » ?

Le nom « Attraction Theory », la théorie de l’attraction peut avoir différentes significations : celle, théorique, plus cartésienne et celle philisophique, d’attirer à toi ce que tu es. On peut donc dire que la première est plus masculine alors que la seconde est plus féminine (rires). C’est aussi une très bonne représentation de notre collaboration, à Didier et à moi-même.


Pourquoi avoir nommé votre album « Principia » ?

« Principia  » est en fait le principe d’Attraction Theory, la présentation des deux facettes que je viens de t’expliquer

Au sein de votre duo, en général, qui a l’idée créatrice en premier?

Personne en particulier. En fait, quand j’ai une idée, j’en parle à Didier et inversement. Notre création est spontanée et ouverte au niveau de la composition. Notre duo suit une certaine évolution du metal. C’est même moi qui, parfois, lui demande de mettre plus de guitares (rires). Rien n’est calculé, pas même notre style.

D’ailleurs, tu t’es mise à l’écriture ! Comment gère-tu ce nouveau rôle ?

C’est vrai que j’étais seulement interprète jusque là. Ecrire, c’est tout un travail, c’est trouver les bons mots. Sous la pression, je me suis retrouvée assez vite inspirée. On attache une réelle importance à la théorie de l’attraction. Le plus positif est qu’on garde la main sur nos textes, que je peux transmettre des valeurs positives sur l’album. Le moteur est la procession.

Que peut-tu me dire sur « The Eye » ?

The Eye est un titre catchy. Le regard peut dire beaucoup de choses ! C’est le premier titre qu’on a composé, dont l’évolution reste assez forte. La version coup de cœur, disponible en bonus sur l’EP, est mon coup de cœur ! Il faut savoir que Didier est un grand perfectionniste, et qu’il a voulu refaire les voix le jour du mix ! Sur le moment, je n’ai pas eu peur, car je ne devais pas réfléchir et foncer. C’était rock’n’roll, sacrée expérience ! (rires)

Je vois que vous avez repris « To France » de Mike Oldfield. Pourquoi ce choix ?

« To France » est un petit clin d’œil déjà au PPM festival, qu’on a énormément apprécié. On est un chouette pays, on est toujours bien accueilli aux USA, ils ont d’ailleurs un côté bienveillant. Enfin, parce que Mike Oldfield est une icône est que c’est notre hommage, modeste, à ce grand artiste.

Satisfaits donc de ce premier jet avec cet EP ?

On a été tout de suite satisfaits du résultat final. On est en train de finaliser l’album, mais on ne veut pas le sortir tout de suite, pour nous laisser le temps de promouvoir cet EP. Il arrivera donc dès 2018 ! On a également quelques propositions de tourneurs pour des concerts en France et à l’étranger.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Qu’on fasse de belles scènes, que notre groupe grandisse. Nos dates de concert arrivent bientôt, tout est en pourparlers.

Un dernier mot ?

Merci à tous ceux qui nous envoient des messages sur notre album ! On aime toucher et parler à différentes personnes. Et à bientôt sur les routes !

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[Interview] Molybaron nous dit tout sur leur premier album éponyme !

Après un concert couronné de succès en première partie d’Elyose au mois de décembre dernier, on vous fait découvrir Molybaron, presque nouveau-venu sur la scène française et irlandaise, notre coup de coeur du moment !

Metal-Actus : Vous avez sorti votre premier album, éponyme. Comment s’est déroulé le travail autour ?

Steven (guitariste) : L’écriture et l’enregistrement ont été assez rapides. Mais c’est le mixage, le pressage, bref, tout ce qu’il y a autour d’un album qui était assez long. En plus, nous avons dû réenregistrer la batterie, compte tenu du départ de notre précédent batteur. C’est un batteur de session qui a fait les records. Tout cela nous a pris deux ans et demi. Et en plus on a dû represser l’album car cela avait été mal fait … On ne pensait pas sortir notre album aussi tard, on s’est formé début 2015, quelques mois après ma rencontre avec Gary (chant).

Peut-tu nous raconter ta rencontre avec Gary ?

S : Gary est un irlandais qui vit et travaille à Paris. Il a eu envie de créer son propre groupe et ses propres chansons. Il a donc commencé à faire des démos, et à rechercher du monde pour s’entourer.
On a été mis en relation par un ami commun. Et quand il m’a envoyé les morceaux, j’ai juste répondu « ouais carrément » (rires). Seb à la basse nous a rapidement rejoint, et puis on s’est mis en quête d’un chanteur, une recherche qui a duré deux ans. Ce fut donc particulièrement laborieux… Au bout d’un moment, on s’est rendu compte que Gary savait chanter, et qu’il devrait chanter. Il a donc appris à chanter. Sa voix est très particulière; et on est content et fier car ça donne l’ambiance à l’album.
Pour le batteur, ce fut également une longue recherche de deux ans. On a commencé perdre espoir, on a sorti l’album en se disant « peut-être que ça fera venir un batteur ». Il y a six mois Raph a débarqué dans le studio et a mis tout le monde d’accord (rires). On a été bluffé. Un mois et demi après, on faisait enfin nos premiers concerts.

Raph, ça fait quoi d’être attendu comme le messie ?

Raphaël (batterie) : Il m’envoie des fleurs depuis ce matin (rires).

S : c’est vrai d’un côté (rires)

R : C’est un véritable rêve que je vis, alors que je ne suis encore qu’au conservatoire. Depuis que j’ai 14-15 ans, je cherche à jouer dans pleins de groupes. Après m’être lancé dans pleins de petits projets se cassant la gueule au bout de trois semaines, j’ai trouvé l’annonce de Molybaron en épluchant les sites. Elle faisait hyper pro et je sentais qu’elle constituait un vrai challenge. Je suis allé à l’audition. J’avais une petite appréhension, c’était la première fois que je jouais au métronum. Et j’ai su tout de suite que j’étais accueilli dans le groupe !

S : On n’avait de toutes façons pas le choix (rires).

Molybaron est ton premier projet sérieux ?

R : Non, j’ai un autre projet en parallèle. Et j’avais ce projet assez personnel, qui s’est terminé au bout d’un an avec départ soudain des deux guitaristes. Aujourd’hui, je suis épanoui dans Molybaron, et j’espère aller assez loin.

Vous avez tous des influences très différentes. Comment avez-vous réussi à en tirer la musique de Molybaron?

S : On aime tous des choses assez différentes. Mais ce sont des influences inconscientes : par exemple, quand j’écoute un groupe particulier, je vais arriver avec une idée de riff ressemblant à ce groupe sans le vouloir. Ce sont des trucs évidents à notre oreille car on est tous des fans de musiques ultimes. On consomme de la musique comme des boulimiques ! (rires) Mais rien n’est calculé.

R : Quand tu fais de la musique, ce n’est pas terrible de se fermer et de se contenter que d’un artiste en disant que le reste est de la merde. Il faut écouter beaucoup de choses, comprendre ce qui a été fait avant, savoir d’où vient telle ou telle musique…. « Innover » est peut-être un grand mot, mais il faut pouvoir aller de l’avant, tout en respectant ce qui a déjà été fait. Mais il faut que ça nous plaise à tous quand on fait un morceau.

S : On fait la musique qui nous plaît avant tout. Il n’y a rien de calculé. Quand on jamme, c’est ultra spontané et instinctif. On n’a même pas besoin de se regarder pour savoir ce que va faire l’autre. . On a une complémentarité musicale épanouissante et très agréable. Je suis sûre que si on gardait nos jams, on pourrait en faire trois albums (rires).

L’artwork est logiquement de Gary. Là-dessus, a-t-il demandé vos opinions ?

S : Comme en musique et comme dans la vie, il fait très attention à ce qu’on pense. Il demande souvent à ma copine son avis sur telle ou telle chanson. C’est très important pour lui. C’est quelqu’un qui évolue.
Gary du coup dit que c’est un homme qui est en train de perdre son combat contre les médias et toutes les conneries qu’il peut regarder à la TV, qui sont en train de détruire son libre-arbitre, sa conscience. Et il se fait happer par cet orbe qui représente un peu les médias . Après, chacun aussi a sa propre interprétation ! Peut-être que dans le prochain album/EP, on continuera l’histoire, ou peut-être pas. On va voir comment le truc évolue. Mais c’est vrai qu’il n’y a pas de grand message grandiloquent, de prophètes ou de moralisateur.

Ce n’est pas un message que vous voulez faire passer ?

S : Non. Il y a un message que Gary veut faire passer mais ce sont juste des choses qu’il va ressentir, il n’y a pas de grands messages pour faire bouger la société, il n’y a même aucune prétention dans l’écriture des morceaux. Mais s’il peut faire bouger, ne serait-ce qu’un petit caillou, ce sera du bonus. L’artwork dénonce plus les corporations qui dirigent le monde, qui font des conneries, et à quel point, quand elles passent à la TV, peuvent nous happer. Mais il n’y a aucun discours moralisateur dans cette image : ce serait ridicule et mal venu de notre part en tant que jeune groupe de donner des leçons alors qu’on existe depuis très peu longtemps. Ce n’est pas notre but dans l’immédiat.

R : Pour moi, le truc le plus important dans la musique reste l’émotion. Bien sûr, il y a toujours des messages délivrés mais je pense que la vraie réussite est si on a réussi à exprimer les émotions qu’on voulait exprimer. Il y a toujours un message dans les paroles. Ce n’est pas juste « blablabla »(rires). Mais ce n’est pas pour prêcher un ordre moral ou mondial. C’est plus une émotion.

Et vous comprenez ces groupes qui disent que la musique est justement censée faire passer un message par exemple militant ?

S : Je la comprend et je la respecte totalement. Je suis un gros fan de Rage Against The Machine (rires). Mais je préfère qu’on se focalise sur nous et sur la musique tout en parlant de ce qu’on voit et de comment sont les choses sans forcément vouloir donner une leçon ou vouloir aller à la Bastille couper les têtes de nobles. Ce serait un peu mal venu pour nous, peut-être même un peu tôt aussi. Mais Gary pourrait mieux en discuter que nous. Je sais juste qu’il a écrit la majorité des chansons de l’album au moment ou Trump arrivait au pouvoir aux USA. Il avait besoin d’exorciser ce truc là et de dire ce qu’il en pensait dans les chansons. Et ça se ressent. Mais après, il ne va as prendre le micro et dire « Réveillez-vous, vous êtes tous des moutons ! « (rires)

Il y a malheureusement beaucoup de monde qui fait ça….

S : Je ne suis pas forcément pour ce genre de choses.

R : Gary il dit pareil : il dit qu’il ne prêche pas quoi que ce soit, il veut juste exorciser sa colère, il y a juste des trucs qui l’énervait ! (rires).

Pourquoi ce titre éponyme ?

S : On s’est longtemps demandé quel titre pourrait représenter l’album. Puis quel titre d’album conviendrait à notre album (rires). Et on s’est dit qu’on n’avait pas besoin d’aller plus loin, de marquer « Chapitre 1 » ou de prendre le titre d’une chanson. Je trouve que ça collait bien comme ça, je ne suis pas mécontent de ce choix. Et c’est un peu comme Metallica avec leur « Black album ». Il n’y a pas de nom.

R : Il y a aussi « Black Sabbath » pour l’album « Black Sabbath » avec le morceau « Black Sabbath » (rires)

S : Après, on ne compare pas. C’était évident pour nous.

Que pouvez-vous nous dire sur « Moly » ?

S : A la base, « Moly » ne s’appelait pas ainsi, mais « Divine Comédie ». Et on a commencé à partir sur l’idée de cette fille qui s’appellerait « Moly », qui aurait vécu durant la guerre, avec son mari qui disparaît en avion. Gary a commencé à écrire des paroles et on s’est dit que ça ferait une super bonne chanson en l’intitulant « Moly ». Elle représenterait un peu notre groupe aussi. Et puis c’est notre clip.
Après, au niveau du jeu et de la chanson elle-même, je pense que c’est l’une des moins évidente à jouer, il y a un vrai break au milieu qui n’est pas évident au niveau de la rythmique. C’est l’une des plus bourrines, elle démarre par une espèce d’explosion ; on ne comprend pas forcément ce qu’il se passe, on a l’impression que c’est juste un gros bordel, et à partir de la quatrième mesure, tout se met en place.

R : C’est l’une de mes préférées du groupe : j’ai tendance à plus écouter dans le metal des trucs assez violent et portés sur la rythmique. Et c’est celle qui me parle le plus. Elle a assez de dynamiques entre des passages à la double très énervés et aussi des passages plus calmes, où on doit jouer plus en finesse. C’est un challenge, c’est un des morceau que j’appréhende le plus, avec un début plus compliqué à jouer car il faut alterner ces différents passages.

Et sur « Dance » ?

S : Ah! J’adore ce morceau (rires) On a commencé à l’écrire avec Gary, et on l’a joué en répète… Au moment du refrain, on se dit qu’on va juste mettre des mots témoins histoire de placer la voix. Et Gary commence à faire « Dance  » (rires) « Addicted To The Disco » (rires). Et je lui dit « Mais c’est génial ! » (rires) J’adore l’idée, j’adore le décalage. C’est absolument extraordinaire. Je me suis dit qu’il fallait absolument garder ça ! Pour moi, c’est l’histoire d’un mec qui se lève le matin, un petit peu paumé, un petit peu rejet de la société, et ce soir, c’est la soirée disco, c’est son soir, et il se prépare. Et quand il va sur la piste de dance, tout le monde se fout de sa gueule, et se moque de lui. Mais lui en a rien à foutre parce que c’est son monde, il est complètement accro à la disco. Et plus il va danser, plus les gens vont se dire « ce mec, il est incroyable, il est génial, j’adore ! « J’ai des petits frissons rien qu’en parlant (rires). Il se met à danser, comme John Travolta dans « Saturday Night Ferver » et nous on jurerait dans le fond déguisés en Elvis des années 1970 en mode disco… Je trouve ce titre super, je trouve qu’il a un groove génial dans la ligne de basse. Et je ne suis pas peu fier de mon solo.
Quand on voulait faire notre premier, on était un peu en débat de savoir lequel on choisissait entre « Dance » et « Moly ». Et « Moly » était plus représentatif de ce qu’on fait, mais je ne désespère pas un jour de faire le clip de « Dance ». Je l’ai même plan par plan ! (rires) Je suis monteur vidéo, je pourrai le faire moi-même ! (rires).

R : J’aime beaucoup la ligne de basse du refrain. Ce morceau est génial, c’est un gros plaisir à le jouer. Il me fait aller sur la charley, ces petits roulements,… Je m’amuse bien ouais. Mais du coup il a moins le côté sérieux que peut voir « Moly ». C’est plus détendu.

S : Le morceau prouve aussi que parfois on ne se prend pas au sérieux, même si notre démarche l’est. On est les gens les plus gentils du monde et on est les premiers à dire des conneries.. Mais moi j’aime bien le coté décalé de cette chanson !

Que peut-on vous souhaiter aujourd’hui ?

R : D’aller le plus loin possible !

S : Qu’ils écoutent notre album ! C’est le plus dur, de demander 45 minutes d’attention. Même moi qui suis dans la musique, parfois, je n’écoute pas le groupe d’un pote ! On y a mis tellement d’énergie que si les gens prennent le temps de le découvrir, ce serait super !

molybaron-2017