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[CHRONIQUE] Gorod – The Ember Gone (Coup de Cœur)


Il va faire parler cet album ! Les bordelais de Gorod viennent de sortir leur toute nouvelle galette, « The Ember Gone ». Ils avaient annoncé un opus repoussant encore plus les limites de la transcendance, après l’avoir expérimenté dans le dernier opus du combo (« The Orb » sorti en 2023). On ne se serait pas doutés du gros virage progressif que prennent les – jusque là peut-être ? – maîtres incontestés du death technique.

L’album a un côté très mélodique. transcendant , et moins « brut de décoffrage » : exit le rentre-dedans en continu, les mélodies plus mélancoliques, plus posées, avec une ambiance qui n’est pas sans rappeler Opeth par moments, prennent de plus en plus de place. Gorod nous avait habitué à des excellents albums, la qualité est toujours au rendez-vous avec une galette taillé dans le diamant, travaillée à l’extrême, n’omettant aucun détails. Si l’ambiance est plus planante, l’agressivité n’a pas disparue….Elle est juste plus subtile.

D’ailleurs, face à cette mélancolie, difficile de ne pas faire le lien avec les récents incendies en Gironde, dont sont originaires les membres du groupe : si l’album porte sur les méga-feux de 2022, l’actualité de cette année a rattrapé « The Ember Gone » à un point qu’il revêt une profondeur particulière, juste et frémissante.

Il y a aussi (et nouveauté) beaucoup de chant clair – avec une belle voix grave, harmonieuse et triste à la fois selon les morceaux. Mais là encore Gorod ne renie pas ses racines et Nutz nous assène toujours de son growl massif, en particulier sur « Forgiveness » qui te remuera le bide tout en te donnant un sourire béat d’admiration. Côté rythmique, notre morceau préféré reste l’incroyable (oui oui, on t’assure, c’est le mot) « Regret », et on t’assure, tu vas oublier tout le reste du morceau tellement K’roll (batterie) et Benoît Claus (Basse) y sont tout bonnement HALLUCINANTS.

Enfin côté grattes, ce changement de ton permet, selon nos ressentis, une plus grande liberté d’expression et de mouvement pour Matthieu Pascal et Nicolas Aberny, avec parfois des riffs post rock, parfois plus death, mais toujours au service de la mélodie, toujours avec la virtuosité qu’on leur connaît : « Crimson » est certainement l’un des nombreux morceau qui nous accroche par cette technicité certes, plus accessible, mais qui va carrément te faire dresser les poils.

Avec « The Embers Gone », on a un album de death progressif, à la technicité toujours aussi impressionnante, qui te pètera les cervicales à force de tourner la tête mais aussi qui te fera t’arrêter net pour apprécier le frisson provoqué par la mélancolie amère de certains morceaux. Ce n’est pas parce que tu pars dans une nouvelle direction que tu renies forcément à ton ADN. Un album parfait, d’une maîtrise instrumentale de bout en bout. Respect, messieurs.

10/10

[A GARDER OU A JETER] Five Finger Death Punch – A la recherche de l’évolution perdue

Dix ans… Dix ans que les américains de Five Finger Death Punch appliquent la même recette, des morceaux à la structure similaire… et qui marchent pourtant bien aux Etats-Unis grâce à des textes patriotiques . Une façon pour Ivan Moody et ses comparses de faire oublier leurs récentes frasques et de revenir avec du neuf !

Legacy ne fait donc pas exception à la règle, et l’enchaînement des morceaux nous semble assez indigeste tant la similarité entre eux est grande ! Le style est très (trop) balisé, et les américains ne vont pas faire l’effort d’évoluer d’un iota.

En même temps, si la formule fonctionne …. Pourquoi la changer ?

En revanche si tu aimes la musique et l’univers du groupe, tu ne seras pas déçu : riffs friendly, gros refrains très catchy, chant et rythme gras comme un big mac … On ne le nie pas, le groupe met une bonne mandale, c’est sucrée et ça s’écoute très facilement.

« Legacy » est donc un opus dans la digne lignée des précédents, et fait du fan-service auprès d’un public déjà acquis à sa cause. Mais en contrepartie, Five Finger Death Punch a perdu une partie de ses fans, qui pensaient, à juste titre, avoir le droit à une approche artistique différente et à de la variété.

Et donc pour toi ? A garder ou à jeter ?

[CHRONIQUE] Untitled With Drums – Made Flesh (coup de cœur)

On ne s’y attendait nous même pas ! Le groupe clermontais Untitled With Drums, après la sortie l’année dernière d’un excellentisme EP « Symbols » revient avec cette fois un album, « Made Flesh » qui prend, un risque peut-être, en n’y incorporant pas les quatre titres de la précédente galette. Une créativité libérée, qui nous a bien séduit !

Il faut dire qu’on a là un excellent album de postcore : les thématiques soulevées sont très noires et difficiles (relations toxiques, dépression, suicide … ) qui te provoquent des émotions extrêmement fortes ! La musique peut parfois sembler joyeuse (à l’instar du très bon « Space ») mais elle retombe très vite dans le noir. Le ton est plus américains, avec des gros riffs acérés sur une ambiance très planante.

A vrai dire, c’est comme si Deftones et Swallow The Sun avaient eu un bébé !

Le son est bien plus moderne que celui de Deftones, et moins pesant (quoi que au niveau des paroles on peut se poser la question !). Le tout saupoudré d’un petit côté doom qui distingue Untitled With Drums de ses deux aînés.

On a donc là avec « Made Flesh » de nouveau, un album de qualité, au son à la fois moderne, lourd, avec une très grosse touche de noirceur. Une belle pépite à écouter , mais je dois te prévenir, tu n’en ressortiras pas indemne. Du tout.

9,5/10

[AGENDA] Les concerts de Septembre

Oui on sait, la rentrée ça pue ! Pourtant c’est le retour des concerts en salle, et rassure-toi, il y en a MOULTES ! (c’est le cas de le dire !). D’autant que de plus en plus de festivals jouent les prolongations ! On fait le topo ?

Le 05/09 à Nantes
Le 06/09 à Paris
Le 15/09 à Lille

Le 12/09 à Strasbourg
Le 14/09 à Lyon
Le 15/09 à Bordeaux
Le 17/09 à Paris
Le 17/09 à Metz
Le 18/09 à Mulhouse
Le 21/09 à Paris
Le 22/09 à Nantes
Le 22/09 à Paris
Le 23/09 à Nantes
Le 27/09 à Montpellier
Le 28/09 à Toulouse
Le 29/09 à Lyon
Le 22/09 à Paris
Le 24/09 à Mulhouse
Le 25/09 à Paris
Le 26/09 à Grenoble
Le 28/09 à Paris
Le 28 septembre à Paris
Le 29 septembre à Lille
Le 30 septembre à Paris

[CHRONIQUE]Future Palace – Resurgence

Le groupe berlinois avait fait forte sensation avec son album paru en 2022, « Run » : Future Palace, toujours très constant dans les sorties, revient avec un tout nouvel opus, « Resurgence » moins versé dans le Metalcore, plus personnel, mais avec plus de sonorités urbaines.

Et non seulement l’opus est plus urbain, mais aussi et surtout plus sombre, et plus violent : on est moins dans la mélodie, (parfois même frisant le nu avec des paroles rapées (oui oui)) malgré les refrains qui sont toujours autant catchy et accessibles.

On note beaucoup d’éléments électros par rapport au dernier opus, ce qui peut en rebuter beaucoup en toi, mais la sauce prend pourtant et nous fait secouer les tifs comme jamais ! Il y a aussi

Les morceaux sont courts et violent, de manière à vous envoyer uppercuts sur uppercuts. Si le meilleur titre reste, et de très loin, « Desintegrate » (quel morceau bon dieu de bois !), on retiendra aussi « The Shades » qui allie parfaitement la violence brute à la mélancolie douce-amère, le très metalcore « Nixy » qui fait beaucoup penser au début de carrière du groupe.

« Ebb And Flow » est le morceau le plus beau de l’album, avec des paroles particulièrement splendides (« Running toward something I can reach, Aiming high but still falling so deep, Acting tough, but feeling weak, I’m a paradox of defeat« … yep, ça a fortement résonné en moi) . D’ailleurs, puisque le sujet de l’album est l’introspection, prépare-toi à être un brin bousculé dans tes petites émotions !

« Nightfall », quant à lui, est très versé dans le black Metal (Dimmu Borgir n’aurait d’ailleurs pas renié le titre).

Petit point faible, il y a deux morceaux (« Symphony Of The Clouds » et « Tidal Waves »), qui sont beaucoup assez mauvais par rapport au reste de l’album : peu d’énergie, des refrains mous du genou, bref on ne sait pas trop ce qu’ils font là, mais le titre suivant « Cyclone », est exceptionnel, et permet de finir tout de même la galette en apothéose !

On a donc un très bon opus assez inégal avec d’excellentes choses, comme de très mauvaises ! S’il n’est pas évident de se démarquer parmi tous les nouveaux et nombreux groupes émergeant versés dans le Metalcore, « Resurgence relève haut la main le défi avec un album qualitatif, qui viendra parfois te pousser dans tes retranchements, et qui saura te combler à presque tous les niveaux.

8,75/10

[A GARDER OU A JETER ? ] Electric Callboy : les blagues les plus courtes sont les meilleures ?

Electric Callboy sort « Tanzneid », nouvel album très attendu après l’énorme succès, il y a quatre ans, de « Tekkno ». Malgré tous les efforts des teutons, il sera impossible de reproduire le même éclat de ce précédent opus, l’effet de surprise étant déjà passé, le groupe reprenant les exactes même recettes utilisées sur son précédent opus.

Et pourtant, ce « Tanzneid » n’est pas un mauvais album, bien au contraire – si on reste dans les standards du metalcore. On apprécie notamment « Revery » qui fait penser aux débuts du groupe (à l’époque où il s’appelait encore « Eskimo »), « Still Waiting » et « Let The Good Time Roll », très bon mix entre deux univers (rock américain et metalcore) et qui prouvent que le groupe sait s’ouvrir à d’autres horizons. On apprécie aussi le côté très décalé dans ses sonorités de « Tanzneid » et « Elevator Operator ».

Alors c’est quoi le souci ?

C’est désormais l’absence de l’effet de surprise, qui avait tant servi à « Tekkno », qui manque. A un point que « Tanznied se retrouve, sans être non plus un mauvais album, absolument quelconque. Les différents duos sont, certes, bien ficelés, mais il n’y a plus aucun coup d’éclat !

L’album suit en plus la même construction que « Tekkno », avec les mêmes types de morceaux (on pense à la grosse similitude entre « Hurricane » et « The Way You Are »).

De plus, et jusque là, le groupe produisait des clips délurés particulièrement bien chiadés, et ils reproduisent cette même direction artistique en concert. Le capital sympathie du groupe est donc, évidemment, énorme, et l’univers semble tout à fait correspondre à l’Eurovision.

Néanmoins, c’est tout ce qui les distingue des autres groupes de Metalcore, et, en cela, ce « Tanzneid » est décevant pour moi. Les clips passés, la musique d’Electric Callboy ne montre plus grand intérêt, à quelques exceptions prêts. Et cette façon d’en mettre « plein la vue » visuellement (pour, je vais être franche, faire le buzz) me déplaît de plus en plus. On crie au génie, mais finalement, le groupe ne souhaite-t-il juste pas surfer sur le succès de buzz en buzz ?

Et toi, que penses-tu de cet album d’Electric Callboy ? A garder ou à jeter ?

[LIVE-REPORT] Kave Fest 2026 @ Gisors

Le Kave Fest est de nouveau revenu en force dans le parc du Château de Gisors, avec une programmation pour le moins éclectique mais surtout plus prestigieuse ! Retour sur cet événement, qui devient un immanquable des débuts d’été !

On avait peur que la chaleur persiste, dieu météo était avec le Kave Fest puisque le festival s’est déroulé sous des températures bien plus clémentes ! Un temps idéal pour un carton plein, le festival ayant fait sold out le dimanche !

Organisation

On va commencer par les points négatifs : il y peut-être un petit souci de communication (ne serait-ce que pour l’horaire pour les sorties définitives, définitivement à communiquer en amont du festival plutôt qu’au niveau des entrées/sorties, personne ne revient par là du festival …) que ce soit au niveau des festivaliers comme au niveau des médias (je comprend que je puisse être écartée du pit photo au profit de personnes pouvant toucher un très large public… néanmoins vu le nombre de photographe réellement présents dans le pit, j’ai un peu moins compris sur place).

Autre petit point mais pouvant là aussi être facilement amélioré : le stand nourriture doit absolument avoir plus de monde (histoire d’éviter un burn out de l’équipe et aussi de la nourriture froide pour le public). Je salue d’ailleurs la chaleur et la bonne humeur de tout le krew de manière générale, gardant le sourire en toutes circonstances, même dans les situations plus tendax.

Le reste était sinon top : mention spéciale pour les changements de plateaux extrêmement efficaces, le nouveau point merchandising qui nous évite de parcourir tout le site pour trouver l’album du groupe que tu viens de découvrir, la Basse-Kour pour souffler un peu loin du tumulte des guitares saturées, et la carte des boissons qui ne cesse de s’étoffer avec des bières toutes excellentes ! Les stands, quant à eux, étaient également assez variés, avec mes salutations à Rock Octopus (mes gosses adorent leurs badges !!), Poulettes Sisters (un jour je me prendrai cette veste !) et Geobscura ( qui avait, miracle, le même bracelet que mon fils a détruit il y a de cela deux ans !).

Groupes

Kozoria, vainqueur du tremplin du Kave Fest, a parfaitement rempli sa mission en ouvrant les hostilités de la journée : son metal fort inspiré de Gojira aura fait mouche auprès de nombreuses personnes de l’assistance (jusqu’à provoquer deux wall of death) ! Un an tout juste après son premier show dans ce festival, mirabelle. est revenu, cette fois, plus confiant, enflammant la fosse de son punk ravageur ! Solitaris m’aura surpris, quelques années après un set que j’avais trouvé brouillon et désorganisé. Le groupe a peaufiné son image, semble plus cohérent et professionnel : le concert s’en est ressenti, plus bourrin, mieux maîtrisé. Et j’aime beaucoup maintenant.

C’est auréolé du succès rencontré par l’album « Chimera » que Ashen se présente de nouveau sur la scène du Kave, avec l’intention de tout dégommer sur son passage ! Et quel show ! Mention spécial à Nathan à la basse, vraie bouffée d’oxygène sur scène, avec un présence de dingue !!! Ensuite, et ils se font rares sur les scènes européennes, c’était le tour des américains de Dying Wish avec un show carré mais qui manquait de spontanéité. Dommage ! Concernant Resolve, et étant donné que c’est la quatrième fois que je les vois, je ne vais pas être des plus objectives mais encore un show divin, quoique un poil en dessous du Trabendo, mais j’ai senti les membres du groupe plus détendu. Et une belle découverte pour certains qui ne connaissaient pas avant (tu te reconnaîtras!) (Resolve par contre, si on pouvait avoir un ou deux CD au merch ?)

Le dimanche a vu la réapparition de revenants : 6:33 ! C’est devant un public plus nombreux qu’à l’accoutumée (surtout qu’ils ont commencé à 12:30 soit très tôt pour un troisième jour de festival !). Le groupe, en grande forme et heureux d’être sur scène, aura fait danser tout le public avec non seulement des standards, mais aussi une petite nouveauté ! Hâte d’avoir un prochain album entre les mains ! Ckraft aura profondément divisé : si certains (dont je fais humblement partie) ont complètement adhéré au délire metal jazz core du groupe, d’autres ont été excédés par le côté strident des morceaux, peut-être aussi trop expérimentaux pour eux ! Un gros risque pour la formation française, dont l’univers ne se prête que difficilement à un festival ! Silhouette en revanche aura plus rassemblé les foules : il faut dire que leur black metal ambiant, envoûtant, d’une qualité rare, remporte de plus en plus de succès ! Seul problème pour moi : le grunt de son chanteur m’est totalement insupportable et je suis littéralement passé au travers de leur concert.

Vient maintenant Akiavel pour lesquels, une fois encore, je ne vais pas être très objective vu que c’est la troisième fois que je les vois. Encore un show complètement fou du groupe qui a suscité de nombreux slams (y compris chez les plus jeunes, un petit sera même invité sur scène avec son papa à la fin du set) pogos et autre mouvements de foule. Le groupe se donne à fond, Auré en tête d’ailleurs, et les titres du dernier et excellent Scelestvs, tous joués, passent très très TRES bien en live. A noter que le groupe s’est longuement prêté au jeu des autographes et des photos avec leurs fans après le show !

Difficile de passer après un tel concert , surtout que Blackbriar est le seul représentant du week-end dans son genre, le metal symphonique moderne(donc aucun rapport avec les précédents) Pourtant, malgré un démarrage assez faible, le groupe fait monter doucement la pression pour finir en apothéose ! Une belle démonstration de force des néerlandais ! Un groupe d’ailleurs qui s’est montré accessible, se baladant dans le festival et acceptant volontiers les photos avec les fans !

J’attendais tellement la prestation de Sowulo !! Grand ensemble de folk pagan, le groupe aura mis tout le Kave Fest en transe ! Et avec un son exceptionnel pour du Open Air, on s’est régalé ! Je suis tellement contente de les avoir vu (bon maintenant, ils n’ont pas intérêt à revenir dans dix ans !) Dans un autre registre, Equilibrium m’aura particulièrement surprise avec un concert endiablé et un frontman énergique, impliqué et exceptionnel ! S’ils avaient une image un peu pète-sec jusqu’ici, elle a définitivement volé en éclats ce soir.


Enfin Lacuna Coil débarque avec leur Metal Moderne efficace : si le dernier album, le très bon « Sleepless Empire » est le plus mis à l’honneur, les italiens régaleront les fans de la première heure avec des standards comme « Comalies » ou encore leur reprise de Depeche Mode !

C’est sur cette prestation (et avec le regret de louper Vestige mais promis les gars, je me rattrape très très vite !)que nous quittons le Kave Fest : un festival familial (à en juger par les familles et par le nombre hallucinant de jeunes enfants qui ont slammé seuls pendant le week-end) (et oui c’est génial) à la programmation variée et prestigieuse, mais surtout où il fait bon vivre, par son ambiance, (à quelques exceptions près) et surtout sa jauge réduite. Je l’ai bien senti, la dépression post-fest.

A l’année prochaine Kave Fest 🙂

[CHRONIQUE] Dominum – Night Is Calling (la bonne surprise de cet été)

Tout jeune (2020) groupe venant, une nouvelle fois, d’Allemagne, Dominum n’a pourtant pas chômé : trois albums en trois ans ! Avec « Night Is Calling », les teutons passent la vitesse supérieure et commencent (tout doucement certes) à passer d’un power metal plus généraliste à un zombie metal réfléchi et décapant !

Même si, pour moi, tous les groupes de power metal ont tendance à se ressembler, les Dominum arrivent avec un concept de « Zombie Metal » assez rafraîchissant et divertissant.

En plus d’une qualité de son tout à fait RE-MAR-QUABLE (à lire avec l’accent de Valérie Lemercier), « Night Is Calling » offre une grosse variété et une belle palette de ce dont est capable le groupe. Dans le très bon, on retrouve le eighties « Doctor Doctor », « Nosferatu », la reprise de Michael Jackson « Thriller » – qui trouve parfaitement sa place, pour une fois, au beau milieu de la tracklist, « Jack The Ripper » ou encore le déluré « The Circus Is In Town », excellent morceau qui sort des frontières du Power Metal. Juste dommage de ne pas entendre d’autres morceaux de cet acabit dans l’album…

Mais ce n’est qu’un petit détail tant les titres présentent un univers différent à chaque fois ! Seuls deux morceaux restent en dessous : « I Don’t Drink Wine », pas mauvais en soi mais trop standardisé, mais aussi le morceau titre « Night Is Calling », plus poussif.

Dominum nous dévoile là un petit album bonbon, aux saveurs d’Halloween avant l’heure. La petite surprise rafraîchissante de cet été.

9/10

Samson (Unexpected Calibrations) : « on a pu prendre notre temps et vraiment bien définir ce qui allait devenir notre musique »

A l’occasion de la sortie (aujourd’hui !) de leur nouveau morceau et clip « Albatross », on a eu le plaisir d’interviewer son chanteur, Samson, au sujet de cet excellent projet musical qui va conquérir ton petit coeur tout dur ! Un bel échange à retrouver juste en-dessous !

Metal-Actus : Peux-tu nous expliquer la génèse du projet ?

Samson (chant) : On a fondé Unexpected Calibrations juste avant le confinement, avec Léna : on s’est d’ailleurs rencontré autour d’un tee-shirt Opeth (rires). Elle était dans la musique et s’est essayé à pleins de styles différents. Moi, je venais de me décider à prendre des cours de chant et de growl. Elle m’a montré ses compositions, j’ai posé ma voix dessus. Et voilà comment tout a commencé.

Le confinement est arrivé juste après, ce n’était pas trop compliqué par la suite ?

Non car finalement, la distance nous a permis de vraiment échanger sur ce qu’on voulait vraiment, mais aussi sur ce qu’on ne voulait pas (rires). Et puis on a pu prendre notre temps et vraiment bien définir ce qui allait devenir notre musique. « Impermanence », qui sort cette année, sera notre premier EP, donc oui, on a mis un peu de temps ! Depuis 2020, on sort des singles et on teste différentes choses, on s’entraîne aussi pour la promo ! Et surtout, on affine notre son ! Il s’en ai passé des choses depuis notre premier titre « Broceliande » (2020) !

Pour quand est prévu le format physique de l’EP ?

Pour le 23 octobre prochain.

Il y a eu aussi pas mal de mouvements de line-up, qui ont joué non ?

On devait commencer notre premier EP, qui devait sonner entre le stoner et le doom, puis on a eu plusieurs départs successifs. Mais c’était très formateur, dans le sens où nous avons pu profiter de l’expérience de chacun et en tirer le meilleur, même si rien n’est sorti tout de suite. Cela nous a même donné un coup de boost et grâce, notamment, l’arrivée de Manuel à la basse, qui nous a permis d’explorer d’autres possibilités que nous n’avions pas envisagé.

Pourquoi ce terme, « Impermanence » ?

C’est un mot qui revient dans les cinq morceaux de l’EP : il questionne notre place en tant qu’individus. On sent qu’on doit agir mais en même temps nous somme tellement petits face au monde ! Bien évidemment, nous ne sommes pas fermés aux différentes interprétations que peuvent avoir notre public !

Quel a été le retour sur votre premier single ?

On a eu de bons retours du public et des autres groupes qu’on a pu côtoyer. Niveau clip, Lena étant monteuse, on a de la chance de pouvoir tout faire nous même. On a d’ailleurs tourné toutes nos vidéos en même temps, dont « Albatross », qui arrive ce 12 juin et « Insignificance » arrivera, lui en septembre.

Et d’ailleurs, que peux tu me dire sur ce nouveau single « Albatross » ?

Il a plus de nuances, avec des passages calmes et des autres plus prononcés. Il y a plus de contraste et d’ailleurs, moi je le trouve plus agréable à chanter, et il a un côté très primal

Quels sont vos prochaines dates ?

S’il n’y a encore rien d’officiel, notre date annulée de ce printemps au Tchou Tchou Charbon sera reporté et devrait être notre prochain concert. Après, nous travaillons sur quelque chose cet automne, qu’on ne peut pas encore annoncer.

En parlant de concert, vous aviez participé au concours de Just’N’Fest ! Content de votre classement ?

Nous sommes très honorés d’avoir terminé dans le premier quart aux côtés de grands groupes !

Que penserais-tu de recourir à un financement participatif pour les prochaines sorties ?

On l’envisage, mais ce serait sous certaines conditions : avoir une certaine légitimité, que les gens adhère à notre projet, et apporter quelque chose avec une rétribution originale, comme une apparition dans un clip. On donne beaucoup, et on aimerait qu’il ait un truc en plus, qu’il en ait pour leur argent !

Un dernier mot ?

Merci pour cette interview sur un sujet qui m’anime depuis 6 ans ! On a hâte de pouvoir échanger, créer, jouer, faire du bruit, mais aussi de passer un cap en ajoutant beaucoup de concerts cette année.

[CHRONIQUE] Evergrey – Architects Of The New Wave (coup de cœur)

Alors que le groupe semblait ne plus vouloir proposer des choses audacieuses, en témoigne le triptyque commencé par « Escape The Phoenix » (2021), larmoyant, trop classique, donc pas sensationnel, Evergrey, toujours mené par un Tom S. Englund indéboulonnable, revient avec un nouvel album aux sonorités plus pop et heavy, « Architects Of A New Wave », qui va en surprendre plus d’un !

Il a toujours été étrange de surnommer Evergrey « les maîtres du mélancolisme » alors que le groupe s’est toujours déclaré positif… Ou alors est-ce peut-être l’inverse ? En tout cas, depuis l’excellent « The Storm Within » sorti en 2016, je trouvais que les suédois, (ou plutôt Tom S. Englund, puisqu’il reste aujourd’hui le seul membre d’origine aux commandes) s’étaient enfermé dans une spirale trop routinière : une musique vide, sans passion, plus faite pour remplir les part d’un contrat que par unique passion. Et j’ai lentement, mais sûrement décroché.

Alors cet « Architects Of The New Wave » porte-il bien son nom, et est synonyme de renouveau pour la formation ?

Si on retrouve bien la patte du groupe, des morceaux courts, avec un côté très lyrique et tout en émotion, on sent que les Evergrey ont voulu prendre au pied de la lettre le terme « prog » pour proposer des palettes assez inédites, et parfois surprenantes: avec ce côté très pop sur la première partie de l’album, voir même disco comme sur « Leaving The Emptiness ». Le groupe se met en entonner des refrains – doublé parfois par des gros chœurs – qui feraient fureur au sein d’un stade. Le pas avec le pop-rock et des célèbres U2 n’est pas si éloigné que ça ( » A Burning Flame ») !

Mais attention, le groupe ne renie pas ses origines, que nenni ! Sur une deuxième partie, le groupe se met à être plus rentre-dedans, parfois djent, parfois heavy (Henrik Denhage s’est bien fait plaisir et a produit des riffs de haute volée), parfois même doom avec une basse très lourde. « The World Is On Fire » est d’ailleurs la meilleure chanson de l’album, avec à la fois ce côté complexe, mais court et direct, qui m’aura fait décrocher les cervicales (véridique). La très calme « The Prophecy », avec cet orgue et ce piano, permet à Tom S. Englund de donner de sa superbe voix, et termine l’album de façon magistrale ! Seul petit bémol, le morceau « Call Of Lions », très redondant, sans fantaisie, et un poil ennuyeux.

Avec ce quinzième album, Evergrey prouve qu’il en a encore sous le coude en livrant des morceaux, certes plus accessibles, mais percutants, rythmés, avec de belles fantaisies tout en gardant son identité de metal progressive lyrique qui a fait tant leur renommée. Si l’album fait penser par moment à l’excellentissime « Glorious Collision » (2011) (un des meilleurs albums du groupe, pas de débat possible), il a aussi des sonorités nouvelles que le groupe prend plaisir à explorer, pour notre plus grand bonheur. On pensait qu’ils allaient définitivement se reposer sur leurs lauriers, Evergrey se montre désormais sous un nouveau jour, prêt à évoluer.

9,75/10