Archives de catégorie : Chronique

[CHRONIQUE] Sinsaenum – Repulsion For Humanity

Un autre supergroupe, ça vous branche ? Les Sinsaenum, projet death metal de Frédéric Leclerq (Dragonforce), Stéphane Buriez (Loudblast), Joey Jordisson (Vimic, ex-Slipknot), Heimoth (Seth), Attila Csihar (Mayhem) et Sean Zatorsky (Daath), ont sorti ce vendredi leur deuxième album, « Repulsion For Humanity » chez earMusic. Après un premier jet réussi avec « Echoes Of The Tortured » en 2016, prouvant ainsi aux critiques et au monde qu’il ne s’agit pas d’un énième coup marketing, le groupe confirme-t-il avec sa nouvelle galette ?

Première chose qui saute à nos oreilles, la production impeccable ! Les instruments sont tous parfaitement audible et la voix de Zatorsky est particulièrement bien mise en valeur (et à des moments semble même semblable à celle du chanteur des Amon Amarth, Johan Hegg). Un album à l’opposé du dernier Obscura, acclamé mais à la production trop brouillonne.

Pour le reste, l’album s’inscrit dans la continuité du précédent : les morceaux sont à mi-chemin entre un black metal sombre et violent, presque comme sorti d’outre-tombe avec un death metal surpuissant. Une dualité, plus timide sur le premier opus, qui prend là une ampleur toute nouvelle, pour notre plus grand plaisir. Sinsaenum, sur cet album, semble être le fruit d’une union terrible entre Marduk et Morbid Angel. A noter, à quelques moments de l’album, de bons passages thrashs qui tâchent, avec des riffs à la guitare entêtant et surpuissants (notamment sur « Final Resolve »).

C’est un album sans faille et brut de décoffrage que nous livre aujourd’hui Sinsaenum avec « Repulsion For Humanity ». Les morceaux feront du bien à vos cages à miel et vous permettront de vous dégourdir les tifs. Un indispensable.

9/10

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[CHRONIQUE] The Night Flight Orchestra – Sometimes The World Ain’t Enough

The Night Flight Orchestra est un supergroupe formé en 2007 par Björn Strid et David Andersson de Soliwork, au genre plus particulier puisqu’ils font une musique sortie des Seventies/Eighties. Rafraîchissant !

Je dois vous faire une confession chers lecteurs : je n’ai jamais voulu jeter une oreille sur la musique de The Night Flight Orchestra jusqu’à aujourd’hui. Une peur du terme « Supergroupe » qui est lié, pour moi en tout cas, à des coups marketings foireux et à une musique pas franchement réussie. Je remercie donc certains de mes potes qui m’ont aidé à ouvrir les yeux.

The Night Flight Orchestra revient à une musique plus légère et plus insouciante des années 1970 et 1980 : donc non chers lecteurs, il ne s’agit pas de pur metal ici, mais soit d’un grand délire, soit d’une grande déclaration d’amour à une époque musicale plus ou moins révolu. Et le tout est complètement assumé par Sharlee D’Angelo (Arch Enemy) David Andersson et Björn Strid (Soilwork). Ce dernier est d’ailleurs à des kilomètres de son habituel répertoire, et démontre une dextérité insoupçonnée dans sa voix. A noter également ce travail remarquable de Richard Larsson aux claviers, véritable structure de tous les morceaux. La guitare de David Andersson, aux riffs plus modernes et plus metal, sonne comme le seul lien renvoyant à notre époque actuelle.

Si leur nouvel album, « Sometimes The World Ain’t Enough » s’inscrit dans la continuité du précédent opus, « Amber Galactic », notamment par les thèmes évoqués (à savoir le voyage spatial), on remarque une grande diversité au milieu de toutes ces paillettes : « Turn To Miami » pourrait être le générique de films des années 1980 (genre « Flashdance » et compagnie), « Barcelona » semble plus contemporain et trouverait facilement sa place sur la bande-son des « Gardiens de la Galaxie ».

Nous avons donc affaire à un projet musical réfléchi, regroupant des musiciens de différents horizons assumé qui embarquera même le plus rustre des metalleux.

L’album est très bien produit, le concept est assumé jusqu’au bout et les musiciens ont l’air de tellement prendre du plaisir qu’ils nous filent le sourire pour toute la journée. Un album à découvrir !

9/10

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[CHRONIQUE] Amorphis – Queen Of Time

Amorphis linéaire ? Ou Amorphis un brin trop original ? Difficile pour les fans de se mettre d’accord tant il y a des partisans pour chacune des périodes du groupe : ceux qui dénoncent le caractère un peu trop redondant du groupe depuis l’arrivée de Tomi Joutsen en 2005, et sont ravis du virage entrepris avec la sortie de l’album « Under The Red Cloud » en 2015, et ceux, au contraire, qui affirment que les finlandais perdent leur identité musicale avec cette prise de risque et regrettent l’époque des « Silverbride » et autres « Sampoo ».

« Queen Of Time » pousse encore plus loin ce virage débuté avec « Under The Red Cloud » sans pour autant s’inscrire dans sa continuité : si le deuxième restait plus brut dans le son, « Queen Of Time » a un côté plus solennel, voire dithyrambique, grâce, notamment, au boulot de leur producteur, Jens Borgen, qui y appose sa propre patte : on retrouve des arrangements de cuivres, de choeurs et de cordes venant envelopper la musique d’Amorphis, et plus particulièrement le travail de Santeri Kallio aux claviers, qui est, du coup, particulièrement bien mis en valeur. Un épisme amplifié au service d’un album traitant de sujets plus mythologiques, la naissance et la chute de civilisations anciennes. Mais de ce fait, il en devient plus dense, et peut-être moins accessible que les autres.

L’album a un caractère bipolaire : doux d’un côté, avec des titres aux envolées lyriques tels que « The Bee » (avec en guise d’introduction une voix envoûtante féminine), voire presque sans grunt (« Wrong Direction »), violent de l’autre avec, notamment, le très sombre « Daughter Of Hate » qui montre un Tomi Joutsen très impressionnant vocalement, prenant une voix bien plus aîgue et agressive qu’habituellement. Amorphis arrive encore à nous surprendre avec des compositions variés, qui ne se ressemblent pas. En écoutant « Queen Of Time », on peut s’imaginer un film, défilant sous nos yeux. Un côté cinématique particulièrement cohérent avec la direction plus épique et progressive que prend le groupe aujourd’hui.

Seul petit reproche, le titre « Amongst Stars », situé en avant-dernier, ne colle pas au restant de l’album, et vient casser la dynamique mise en place par les autres morceaux : lancinant, ennuyeux, semblant avoir été taillé uniquement pour de la diffusion Youtube et avec une guest star de luxe, Anneke Van Griesbergen, qui fait le strict minimum.

Un petit mot pour terminer sur le packaging de l’album : soignée avec une pochette dorée, des dessins délicats et un livret bien fourni. En ces temps modernes où le téléchargement (illégal ou légal) fait légion, de plus en plus de musiciens investissent pour faire de leur galette un objet de collection de qualité. Si on peut trouver dommage le fait d’en arriver à ce point, c’est un technique qui marche et qui fait plaisir aux fans.

Bref, Amorphis arrive encore une fois à nous surprendre avec un opus dense, soigné, varié et de qualité. On sent que le groupe évolue lentement mais sûrement vers de nouveaux horizons qui ne peuvent être que bénéfiques vu le résultat qu’on a ici. Un album à regarder, à écouter, à lire et à dévorer.

9/10

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[CHRONIQUE] TesseracT – Sonder (COUP DE COEUR)

Deux après la sortie de « Erren », TesseracT revient avec un album moderne et épuré, « Sonder ». Il ne dure que 37 minutes. Court peut-être mais assez intense. TesseracT semble se concentrer sur l’essentiel et vient nous livrer un ensemble cohérent, qui ne va que dans une direction. Du lourd.

Les maîtres du Math-Djent Progressif publient cet album deux ans après un décevant « Erren ». Un style plus épuré (en témoigne cet artwork) pour une musique d’une durée minimale de 37 minutes. Cela permet à TesseracT de livrer un ensemble cohérent, évitant ainsi à leur musique de s’éparpiller partout. Elle suit une seule direction.

Encore une fois, on retrouve cette émotion dans la complexité de leur musique. « Juno » est une pure merveille sur ce point là : le combo batterie basse permet à la guitare de faire de véritables envolées lyriques et à la sublime voix de Daniel Tompkins de montrer l’étendue de sa tessiture vocale.

Les riffs d’un autre côté, sont plus massifs que sur « Erren » (en témoigne le premier titre « Luminary »). A noter aussi le titre « King », sorti en tant que premier single et faisant très Devin Townsendien plus particulièrement sur le chant et l’atmosphère, faisant irrémédiablement penser à l’album « Terria » (sorti en 2001).

TesseracT nous livre donc avec « Sonder » un ensemble plus que cohérent qui touche son but et son public. Son atmosphère unique, assez différentes des autres albums du groupe, en fait l’un de ses meilleurs, par la quantité de titres ecclectiques, à la fois plus accessible et plus complexes. TesseracT a réussi un numéro d’équilibriste avec « Sonder », entre Metal progressif, voire doom par moments. Un sublime délice pour nos oreilles. Indispensable !

10/10

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[CHRONIQUE] A Perfect Circle – Eat The Elephant

A Perfect Circle fait partie de ces groupes dont on attend toujours un nouvel album avec impatience. Mais si d’autres de leurs collègues publient un album tous les deux ans, par pur esprit créatif ou pour faire plaisir à leur fans, la troupe menée par Maynard James Keenan a tendance à prendre son temps. Beaucoup trop, me diront certains de leurs admirateurs les plus obstinés. Il y a 14 ans sortait « eMotive », leur précédent album studio. Vendredi est sorti « Eat The Elephant », leur nouvelle galette. On vous en parle juste en dessous.

« Eat the Elephant » a déjà une première petite caractéristique assez troublante qui est son artwork : tranchant avec les précédents, bien plus sobres, donnant matière à toutes les interprétations, la cover montre un homme grimmé tenant un coeur semblant palpitant. Une petite prise de risque, une belle provocation qui aura fait jaser de nombreux fans. Je ne la trouve pas dérangeante, juste plus directe que les précédentes.

Pour ce qui est musical, « Eat The Elephant » se montre des plus versatiles : un coup assez sombre et atmosphérique (« The Doomed »), un autre coup plus accessible (« TalkTalk », « So Long And Thanks For All The Fishes »), parfois même les deux (« Disillusioned »). A Perfect Circle s’amuse des frontières et fait tomber les barrières entre les différentes choses jouées durant sa carrière. Le début de l’album peut même surprendre : le morceau-titre « Eat The Elephant » est plutôt jazzy, avec une batterie plus douce et un piano lancinant. A noter aussi « Hourglass », qui vient juste après la toute douce et instrumentale « DLB », et qui se détache des autres : plus agressif et plus direct tout en gardant sa touche atmosphérique qui caractérise autant A Perfect Circle. Le chant particulier, très rapide, semble parfois plus parlé que chanté.

Le reste de l’album reste bon : « So Long And Thanks For All The Fishes » sort réellement du lot, par son côté très catchy aussi bien musicalement qu’au niveau des paroles. On peut néanmoins regretter une réelle prise de risque de la part d’un groupe aussi attendu. Si quelques titres sont mémorables, le reste de l’album a un trop gros air de déjà-vu, certains titres ayant pu se retrouver sur les deux dernier opus en date, « eMotive » et « Thirteen Step ». Si la production et la qualité musicale restent excellentes et divertissantes pour les amateurs que nous sommes, il nous paraît que A Perfect Circle n’a pas trop voulu se fouler en nous proposant que peu d’originalités. Dommage !

« Eat The Elephant » reste donc une très bonne galette pour tous les amateurs de A Perfect Circle qui se respectent. Malgré une sensation de redite dans les morceaux, beaucoup de chansons restent gravées dans nos mémoires que ce soit par leurs côtés catchy ou par un brin d’originalité. A moins que ce ne soit la magie du groupe qui opère, une nouvelle fois.

9/10

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[CHRONIQUE] « Automata I » – Between The Buried And Me

Créé dans les années 2000 en Caroline du Sud, USA, les Between The Buried And Me peuvent se vanter d’une carrière plus écclectique, créative et risquée que ses compatriotes. « Automata I » ne fait pas exception à la règle. Première partie d’un album conceptuel, ce disque enthousiasmera autant qu’il divisera.

Il faut dire que Between The Buried And me s’éloigne des sentiers battus : les titres parfois très classiques (« Condemned To The Gallows »), certains assez catchy (« Millions »), d’autres à la complexité tout bonnement ahurissante (« Yellow Eyes »). En point d’orgue de cette galette, le morceau « Blot » qui la conclut, zigzaguant tellement vers toutes les directions, toutes les influences ! Elle est l’étirement mental du concept de Tommy Rodgers, celui de pouvoir voir les rêves des autres sur grand écran. Tout un programme, encore une fois fort, qui vient servir une musique passionnante et passionnée, qu’on découvrira et redécouvrira avec grand plaisir.

Le seul problème de « Automata I » est son goût inachevé. C’était le risque à prendre pour un album scindé en deux. Il n’y a aucune conclusion, « Blot » ne laissant que présager ce qu’il y a en plus derrière. Bref 35 minutes qui s’interrompent de manière assez abrupte. Une idée, marketing ou non, pas si bonne que ça.

« Automata I » est une galette à la fois dense et passionnante qui se différencie (mais c’est habituel chez Between The Buried And Me) des autres albums du groupe. Elle ne plaira pas à tout les fans ! Malgré le goût d’inachevé laissé par ce qui reste une première partie, il nous tarde de pouvoir jeter une oreille à « Automata II », prévu pour cet été.

8,5/10

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[CHRONIQUE] Yossi Sassi & The Oriental Rock Orchestra – Illusion Of Choice

Quatrième étape de son voyage musical, « Illusion Of Choice » est la nouvelle galette de Monsieur Yossi Sassi (oui oui c’est une marque de respect) et de sa troupe de musiciens nommée « The Oriental Rock Orchestra ». Un opus aux multiples facettes qui mérite amplement d’être découvert !

Que de chemin parcouru pour Yossi Sassi ! Depuis son départ d’Orphaned Land, groupe qu’il avait lui-même fondé, il a publié trois albums, tous acclamés par la critique, mais moins connus du grand public, en tout cas en France.
Il faut dire que Sassi s’est un brin éloigné de l’univers de son ancien groupe , n’en gardant, effectivement, que le côté oriental de la musique. A cela s’ajoute un côté plus progressif à la Dream Theater. Même si, rassurez-vous, les morceaux ne sont pas aussi longs que ces derniers !

Ainsi, chaque morceau de « Illusion Of Choice » sonne différemment. Chacun de ses titres comporte une particularité à saisir. Il faut plusieurs écoutes pour bien assimiler cet album : une production aux petits oignons, soulignant à la perfection chacun des instruments de musique, vous fera apprécier tous les petits détails de cette musique, cachés ou non, et ce, à chacune de vos écoutes.

Et il y en aura pour tous les goûts : de la complexe « Orient Echoes » (sans doute la meilleure de l’album selon moi, avec un superbe break bouzoukitara (hybride du bouzouki et de la guitare inventé par Sassi)/choeurs masculins) à l’envoûtante « Akrotiri » (certainement la plus orientale de l’album, qui vous fera voyager sans bouger de votre fauteuil) en passant par la plus catchy « Reveal » (qui laisse toute la place à Ross Jennings (Haken) de bien pousser de la voix). Yossi Sassi And The Oriental Rock Orchestra se sont mis à explorer d’autres horizons, parfois plus rock, parfois plus folk, en ne reniant en rien ses racines, son identité musicale.

« Illusion Of Choice » est un opus à multiples personnalités, mais gardant toujours son fil conducteur, l’oriental. C’est un album riche, à découvrir et redécouvrir. Un album qui saura résister au temps, aux modes éphémères. Indispensable.

9/10

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Yossi Sassi & The Oriental Rock Orchestra – Illusion Of Choice
Sortie le 04/04/2018
Autoproduction

« Reveal » feat Ross Jennings (Haken) :

« Maktoob » :

[CHRONIQUE] In Vain – Currents

Ce début d’année 2018 a été prolifique d’un point de vue sorties : entre les coups de coeur (Orphaned Land), les déceptions (Avatar) et les surprises, on aura eu de quoi faire, nous chroniqueurs ! In Vain fait partie des groupes attendus ! Surtout que ça faisait cinq ans qu’ils n’avaient rien produits ! Mais difficile de passer derrière un opus tel que « Aenigma » ! « Currents », leur nouveau bébé, se montre-t-il donc à la hauteur ?

Le début de l’album peut nous dérouter : « Seekers Of The Truth » a le début d’un morceau de Slayer et le refrain d’un titre d’Amon Amarth ! Cette introduction laisse place à des morceaux d’un raffinement rare comme sur « And Quiet Flows The Schelt ». Concernant ce morceau, l’utilisation du saxophone, décrié pourtant par bon nombre de mes collègues, reste pourtant anecdotique et y ajoute une petite touche d’originalité.

Encore une fois, un travail incroyable a été fait sur les voix ! Le morceau le plus parlant est « En Forgangen Tid (Times Of Yore Pt II) où on passe d’un grunt (plus grave et moins variant que d’habitude) à de véritables envolées lyriques dignes d’un opéra ! »Currents » trouve son équilibre entre un black metal progressif et du melodeath avec un brin de pagan metal. Avec des arrangements travaillés et des riffs particulièrement denses, les chansons sont phénoménalement épiques !

Les morceaux de « Currents » restent cependant plus accessibles que « Aenigma », sans doute une volonté de la part du groupe de toucher un autre public. Enfin quelques morceaux ne mériteraient pas leur place sur cet album, par une orchestration à coucher dehors et une redondance gavante (l’exécrable « Ghost Path »).

Malgré ce défaut, « Currents » n’en demeure pas moins un très bon cru des In Vain, qui vous régalera sans fin. A écouter !

8,5/10

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[CHRONIQUE] Orphaned Land – Unsung Prophets And Dead Messiahs

Chaque album d’Orphaned Land est un événement. Il faut dire que les parutions du groupe sont relativement rares – six opus studios au compteur depuis 1991. Il s’agit aussi de leur première production sans Yossi Sassi, membre fondateur du groupe parti s’exercer en solo en 2014. « Unsung Prophets & Dead Messiahs », sorti ce 28 janvier, était donc attendu au tournant par de nombreux fans mais aussi critiques. Mais qu’en est-il maintenant que la galette est sortie ?

L’album s’ouvre sur un titre colossal (dans tous les sens du terme puisque c’est le plus long, avec plus de huit minutes) intitulé « The Cave ». « We choose to live in this darkened cave, far, far away from the light » : le morceau est inspiré d’un texte de Platon, L’Allégorie de La Caverne, dans lequel des hommes enfermés dans une grotte préfèrent retourner vivre dans celle-ci dès que l’occasion d’en sortir se présente. Morceau plus progressif du groupe, et le meilleur grâce à son orchestration, l’omniprésence du bouzouki, l’alternance des parties gruntés et claires de Koi Farhi (chant). « The Cave » est une bonne introduction à l’album car il rassemble tout ce qui le compose.

Le reste de l’album découle tout seul et très facilement : « We Do Not Resist » et « Only The Dead Have Seen The End Of War » sont les plus surprennantes, la première étant un retour à quelque chose de plus violent, faisant penser à la période pré-« Mabool »(2004), la seconde, par la voix de son invité, Tomas Lindberg, donne un aspect inédit à la musique d’Orphaned Land, presque Cannibal Corpse par moment.

Ecclectisme est donc le maître mot de « Unsung Prophets And Dead Messiahs » : même si, concrètement, le groupe n’apporte rien d’original à leur musique, chacun des morceaux reste très différents des autres. Une variété plus que bienvenue, par rapport à un « All Is One » que j’avais trouvé bien terne de ce côté là.

Cet album d’Orphaned Land ne laissera personne indifférent, que ce soit par ses paroles, une nouvelle fois très fortes, ou par sa musique, qui nous plonge directement dans un autre univers. « Unsung Prophets And Dead Messiahs » est certes, moins accessible que « All Is One », mais plus grandiloquent, plus rentre-dedans, avec une orchestration à couper le souffle. Indispensable!

9,5/10

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[CHRONIQUE] Molybaron – Album éponyme [Découverte de 2017]

Né fin 2014, Molybaron a pris son temps pour sortir son premier album, éponyme, en mars 2017. Un laps de temps qui peut surprendre. Mais cela n’entâche pas la qualité de l’album, étonnamment bon pour un premier jet !

Il faut dire que rien ne sonne comme Molybaron : à commencer par la voix assez particulière de Gary, leader irlandais d’un groupe à majorité français; une tessiture vocale originale, enrouée, grave et envoûtante. Elle fait, par moment, penser à celle de Daniel Gildenlöw (Pain Of Salvation). « Moly », le morceau phare de l’album, nous permet de constater toute l’étendue de son timbre vocal.

Les morceaux, musicalement, sont complexes et bien pensés : on notera les guitares de Gary et de Steven, au jeu à la fois puissant, brutal mais aussi mélodique.

Le groupe n’a rien à envier à toutes ces formations émergentes du rock progressif : pire encore, le groupe arrive avec une véritable identité sonore et visuelle, un fait rare pour un premier album. On retiendra « Let’s Die Together » emprunt d’une grande violence du côté des guitares et des paroles, prenantes, de Gary, et la douceur de « Mother », sublime titre acoustique qui clôt l’album. Des chansons qui représentent parfaitement les différentes facettes que peut avoir cet album.

Un petit titre se détache du lot : si « Dance (Addicted To The Disco) » est sombre, elle aussi, son ton musical tout droit sorti du film « Saturday Night Fever » en fait un morceau plus fun à écouter. Et qui dénote du reste de l’album.

On a donc affaire à un rock-metal progressif d’excellente qualité, avec une production aux petits oignons. Molybaron a frappé très fort avec cet album. On ne peut que vous inviter à vous le procurer de toute urgence !

9,5/10

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