Archives de catégorie : Chronique

[CHRONIQUE] Gorod – The Ember Gone (Coup de Cœur)


Il va faire parler cet album ! Les bordelais de Gorod viennent de sortir leur toute nouvelle galette, « The Ember Gone ». Ils avaient annoncé un opus repoussant encore plus les limites de la transcendance, après l’avoir expérimenté dans le dernier opus du combo (« The Orb » sorti en 2023). On ne se serait pas doutés du gros virage progressif que prennent les – jusque là peut-être ? – maîtres incontestés du death technique.

L’album a un côté très mélodique. transcendant , et moins « brut de décoffrage » : exit le rentre-dedans en continu, les mélodies plus mélancoliques, plus posées, avec une ambiance qui n’est pas sans rappeler Opeth par moments, prennent de plus en plus de place. Gorod nous avait habitué à des excellents albums, la qualité est toujours au rendez-vous avec une galette taillé dans le diamant, travaillée à l’extrême, n’omettant aucun détails. Si l’ambiance est plus planante, l’agressivité n’a pas disparue….Elle est juste plus subtile.

D’ailleurs, face à cette mélancolie, difficile de ne pas faire le lien avec les récents incendies en Gironde, dont sont originaires les membres du groupe : si l’album porte sur les méga-feux de 2022, l’actualité de cette année a rattrapé « The Ember Gone » à un point qu’il revêt une profondeur particulière, juste et frémissante.

Il y a aussi (et nouveauté) beaucoup de chant clair – avec une belle voix grave, harmonieuse et triste à la fois selon les morceaux. Mais là encore Gorod ne renie pas ses racines et Nutz nous assène toujours de son growl massif, en particulier sur « Forgiveness » qui te remuera le bide tout en te donnant un sourire béat d’admiration. Côté rythmique, notre morceau préféré reste l’incroyable (oui oui, on t’assure, c’est le mot) « Regret », et on t’assure, tu vas oublier tout le reste du morceau tellement K’roll (batterie) et Benoît Claus (Basse) y sont tout bonnement HALLUCINANTS.

Enfin côté grattes, ce changement de ton permet, selon nos ressentis, une plus grande liberté d’expression et de mouvement pour Matthieu Pascal et Nicolas Aberny, avec parfois des riffs post rock, parfois plus death, mais toujours au service de la mélodie, toujours avec la virtuosité qu’on leur connaît : « Crimson » est certainement l’un des nombreux morceau qui nous accroche par cette technicité certes, plus accessible, mais qui va carrément te faire dresser les poils.

Avec « The Embers Gone », on a un album de death progressif, à la technicité toujours aussi impressionnante, qui te pètera les cervicales à force de tourner la tête mais aussi qui te fera t’arrêter net pour apprécier le frisson provoqué par la mélancolie amère de certains morceaux. Ce n’est pas parce que tu pars dans une nouvelle direction que tu renies forcément à ton ADN. Un album parfait, d’une maîtrise instrumentale de bout en bout. Respect, messieurs.

10/10

[CHRONIQUE] Untitled With Drums – Made Flesh (coup de cœur)

On ne s’y attendait nous même pas ! Le groupe clermontais Untitled With Drums, après la sortie l’année dernière d’un excellentisme EP « Symbols » revient avec cette fois un album, « Made Flesh » qui prend, un risque peut-être, en n’y incorporant pas les quatre titres de la précédente galette. Une créativité libérée, qui nous a bien séduit !

Il faut dire qu’on a là un excellent album de postcore : les thématiques soulevées sont très noires et difficiles (relations toxiques, dépression, suicide … ) qui te provoquent des émotions extrêmement fortes ! La musique peut parfois sembler joyeuse (à l’instar du très bon « Space ») mais elle retombe très vite dans le noir. Le ton est plus américains, avec des gros riffs acérés sur une ambiance très planante.

A vrai dire, c’est comme si Deftones et Swallow The Sun avaient eu un bébé !

Le son est bien plus moderne que celui de Deftones, et moins pesant (quoi que au niveau des paroles on peut se poser la question !). Le tout saupoudré d’un petit côté doom qui distingue Untitled With Drums de ses deux aînés.

On a donc là avec « Made Flesh » de nouveau, un album de qualité, au son à la fois moderne, lourd, avec une très grosse touche de noirceur. Une belle pépite à écouter , mais je dois te prévenir, tu n’en ressortiras pas indemne. Du tout.

9,5/10

[CHRONIQUE]Future Palace – Resurgence

Le groupe berlinois avait fait forte sensation avec son album paru en 2022, « Run » : Future Palace, toujours très constant dans les sorties, revient avec un tout nouvel opus, « Resurgence » moins versé dans le Metalcore, plus personnel, mais avec plus de sonorités urbaines.

Et non seulement l’opus est plus urbain, mais aussi et surtout plus sombre, et plus violent : on est moins dans la mélodie, (parfois même frisant le nu avec des paroles rapées (oui oui)) malgré les refrains qui sont toujours autant catchy et accessibles.

On note beaucoup d’éléments électros par rapport au dernier opus, ce qui peut en rebuter beaucoup en toi, mais la sauce prend pourtant et nous fait secouer les tifs comme jamais ! Il y a aussi

Les morceaux sont courts et violent, de manière à vous envoyer uppercuts sur uppercuts. Si le meilleur titre reste, et de très loin, « Desintegrate » (quel morceau bon dieu de bois !), on retiendra aussi « The Shades » qui allie parfaitement la violence brute à la mélancolie douce-amère, le très metalcore « Nixy » qui fait beaucoup penser au début de carrière du groupe.

« Ebb And Flow » est le morceau le plus beau de l’album, avec des paroles particulièrement splendides (« Running toward something I can reach, Aiming high but still falling so deep, Acting tough, but feeling weak, I’m a paradox of defeat« … yep, ça a fortement résonné en moi) . D’ailleurs, puisque le sujet de l’album est l’introspection, prépare-toi à être un brin bousculé dans tes petites émotions !

« Nightfall », quant à lui, est très versé dans le black Metal (Dimmu Borgir n’aurait d’ailleurs pas renié le titre).

Petit point faible, il y a deux morceaux (« Symphony Of The Clouds » et « Tidal Waves »), qui sont beaucoup assez mauvais par rapport au reste de l’album : peu d’énergie, des refrains mous du genou, bref on ne sait pas trop ce qu’ils font là, mais le titre suivant « Cyclone », est exceptionnel, et permet de finir tout de même la galette en apothéose !

On a donc un très bon opus assez inégal avec d’excellentes choses, comme de très mauvaises ! S’il n’est pas évident de se démarquer parmi tous les nouveaux et nombreux groupes émergeant versés dans le Metalcore, « Resurgence relève haut la main le défi avec un album qualitatif, qui viendra parfois te pousser dans tes retranchements, et qui saura te combler à presque tous les niveaux.

8,75/10

[CHRONIQUE] Dominum – Night Is Calling (la bonne surprise de cet été)

Tout jeune (2020) groupe venant, une nouvelle fois, d’Allemagne, Dominum n’a pourtant pas chômé : trois albums en trois ans ! Avec « Night Is Calling », les teutons passent la vitesse supérieure et commencent (tout doucement certes) à passer d’un power metal plus généraliste à un zombie metal réfléchi et décapant !

Même si, pour moi, tous les groupes de power metal ont tendance à se ressembler, les Dominum arrivent avec un concept de « Zombie Metal » assez rafraîchissant et divertissant.

En plus d’une qualité de son tout à fait RE-MAR-QUABLE (à lire avec l’accent de Valérie Lemercier), « Night Is Calling » offre une grosse variété et une belle palette de ce dont est capable le groupe. Dans le très bon, on retrouve le eighties « Doctor Doctor », « Nosferatu », la reprise de Michael Jackson « Thriller » – qui trouve parfaitement sa place, pour une fois, au beau milieu de la tracklist, « Jack The Ripper » ou encore le déluré « The Circus Is In Town », excellent morceau qui sort des frontières du Power Metal. Juste dommage de ne pas entendre d’autres morceaux de cet acabit dans l’album…

Mais ce n’est qu’un petit détail tant les titres présentent un univers différent à chaque fois ! Seuls deux morceaux restent en dessous : « I Don’t Drink Wine », pas mauvais en soi mais trop standardisé, mais aussi le morceau titre « Night Is Calling », plus poussif.

Dominum nous dévoile là un petit album bonbon, aux saveurs d’Halloween avant l’heure. La petite surprise rafraîchissante de cet été.

9/10

[CHRONIQUE] Evergrey – Architects Of The New Wave (coup de cœur)

Alors que le groupe semblait ne plus vouloir proposer des choses audacieuses, en témoigne le triptyque commencé par « Escape The Phoenix » (2021), larmoyant, trop classique, donc pas sensationnel, Evergrey, toujours mené par un Tom S. Englund indéboulonnable, revient avec un nouvel album aux sonorités plus pop et heavy, « Architects Of A New Wave », qui va en surprendre plus d’un !

Il a toujours été étrange de surnommer Evergrey « les maîtres du mélancolisme » alors que le groupe s’est toujours déclaré positif… Ou alors est-ce peut-être l’inverse ? En tout cas, depuis l’excellent « The Storm Within » sorti en 2016, je trouvais que les suédois, (ou plutôt Tom S. Englund, puisqu’il reste aujourd’hui le seul membre d’origine aux commandes) s’étaient enfermé dans une spirale trop routinière : une musique vide, sans passion, plus faite pour remplir les part d’un contrat que par unique passion. Et j’ai lentement, mais sûrement décroché.

Alors cet « Architects Of The New Wave » porte-il bien son nom, et est synonyme de renouveau pour la formation ?

Si on retrouve bien la patte du groupe, des morceaux courts, avec un côté très lyrique et tout en émotion, on sent que les Evergrey ont voulu prendre au pied de la lettre le terme « prog » pour proposer des palettes assez inédites, et parfois surprenantes: avec ce côté très pop sur la première partie de l’album, voir même disco comme sur « Leaving The Emptiness ». Le groupe se met en entonner des refrains – doublé parfois par des gros chœurs – qui feraient fureur au sein d’un stade. Le pas avec le pop-rock et des célèbres U2 n’est pas si éloigné que ça ( » A Burning Flame ») !

Mais attention, le groupe ne renie pas ses origines, que nenni ! Sur une deuxième partie, le groupe se met à être plus rentre-dedans, parfois djent, parfois heavy (Henrik Denhage s’est bien fait plaisir et a produit des riffs de haute volée), parfois même doom avec une basse très lourde. « The World Is On Fire » est d’ailleurs la meilleure chanson de l’album, avec à la fois ce côté complexe, mais court et direct, qui m’aura fait décrocher les cervicales (véridique). La très calme « The Prophecy », avec cet orgue et ce piano, permet à Tom S. Englund de donner de sa superbe voix, et termine l’album de façon magistrale ! Seul petit bémol, le morceau « Call Of Lions », très redondant, sans fantaisie, et un poil ennuyeux.

Avec ce quinzième album, Evergrey prouve qu’il en a encore sous le coude en livrant des morceaux, certes plus accessibles, mais percutants, rythmés, avec de belles fantaisies tout en gardant son identité de metal progressive lyrique qui a fait tant leur renommée. Si l’album fait penser par moment à l’excellentissime « Glorious Collision » (2011) (un des meilleurs albums du groupe, pas de débat possible), il a aussi des sonorités nouvelles que le groupe prend plaisir à explorer, pour notre plus grand bonheur. On pensait qu’ils allaient définitivement se reposer sur leurs lauriers, Evergrey se montre désormais sous un nouveau jour, prêt à évoluer.

9,75/10

[CHRONIQUE] Samuraï Pizza Cats – Press Start (Coup de cœur)

Trois ans après un premier album dans les codes du Metal Core, mais qui ne transparaissait pas par son originalité, les Samuraï Pizza Cats (oui, c’est en référence au célèbre dessin animé japonais) frappent un très grand coup avec un deuxième album, « Press Start », aux allures d’hommage à la culture vidéo-ludique, avec des invités de marque mais aussi un son plus affiné. Le groupe allemand a l’air d’avoir trouvé sa voix.

On doit t’avouer lecteur qu’on n’avait pas prévu, de base, de chroniquer ce deuxième album des Samuraï Pizza Cats. Seulement au fur et à mesure des écoutes, on doit t’avouer qu’on a été de plus en plus emballé par cet opus sans prise de tête, léger et drôle. « Press Start » propose un univers atypique, coloré. D’une durée de 30 minutes qui passent très très (trop) rapidement, les teutons nous proposent d’avancer dans les morceaux à la manière d’un jeu d’arcade, passant les niveaux jusqu’au boss final, et la fin de partie.

Les différents duos (avec les espagnols d’Ankor et les australo-japonnais de Babybeard) font preuve d’une fusion des genres tout à fait fascinante et demeurant une porte d’entrée assez accessible aux plus newbies d’entre toi avant de plonger dans le metalcore le plus foutraque et jubilatoire qu’on a entendu depuis longtemps. Mention spéciale à ces énormes titres que sont « Error 808 » (avec ce début épique digne des plus grands « Call Of Duty ») « Fear No Slice » mais surtout, SURTOUT « Penguin Supreme » qui est le plus gros banger de l’album, et qui te fera décrocher les cervicales.

Au milieu de tout une tendance Metalcore, et à des lieux des grands Electric Callboys malgré les apparences, les Samuraï Pizza Cats signent avec ce « Press Start » un vrai coup de poing, à l’écriture et aux ambiances addictives. Une vraie bouffée d’air frais qui te mettra la patate dans un monde trop sérieux et parfois sinistre.

9,75/10

[CHRONIQUE] Primordial Black – Heterotopia

Après un premier album discret mais remarqué par certains membres de la communauté black metal francophone, les tunisiens de Primordial Black enfoncent le clou très rapidement (car moins d’un an sépare les deux sorties) mais avec un son bien plus travaillé.

« Heterotopia » n’est pas qu’un simple album de black metal : il se situe à la croisée des chemins, entre le black metal le plus froid et sinistre à la Celtic Frost et les mythes grandiloquents de Nile, avec le côté symphonique emprunté au passage à d’autres groupes comme SepticFlesh ou Dimmu Borgir. Les passages avec les chœurs, avant de repartir sur des riffs acérés, nous font rebrousser jusqu’au plus petit des poils de notre corps.

On adore particulièrement le growl de Yasser Bouzina, grave et percutant, qui sert particulièrement à l’instauration d’ambiances très travaillées, parfois lourdes, parfois très noire, limite lovecraftien. Niveau morceau, on a un très très gros coup de cœur pour « Le Horla » avec ce début très organique, faisant penser à l’époque « Aealo » (2010) des Rotting Christ avant de passer sur du heavy puis une ambiance plus doom metal. On passe par tous les aspects de la violence rien qu’en écoutant ce titre… Quel morceau mon ami ! Mais quel morceau !

C’est un son affiné, des ambiances plus noires ainsi que des textes plus profonds que nous offrent les Primordial Black avec un « Heterotopia » certes, classique par moment, mais qui va fortement t’emballer par son atmosphère divinemement black. C’est prometteur et c’est à découvrir !

9/10

[CHRONIQUE] Jiro – Adrift In Silence

Jiro, voilà un nom qui commence de plus en plus à se faire une petite place sur la scène française. Pourtant, on va t’étonner en te disant que cette formation francilienne a été fondé en 2023, donc il y a trois petites années seulement ! Et c’est avec leur tout premier effort, « Elevate Spirit » (sorti fin 2024) que le groupe a su séduire critiques et public.

C’est donc de nouveau un EP que nous propose Jiro, avec en fil rouge général, un ton à la fois plus énervé et plus groovy. Le premier titre, « Worth It » en est le parfait exemple, et peut-être même le meilleur morceau de tout l’EP. On notera aussi dans la même veine « You Keep The Silence », aux relents très Lamb of Godiens avec des gimmick vocaux empruntés au black metal, qui saura vous séduire, paradoxalement, par son originalité et sa violence extrême.

Le reste des titres n’est pas en reste : « Shattering » est un titre à la violence silencieuse et insidieuse, lourde, et peut-être l’une de leur composition musicale les plus réussies. « The Ascendent Fall » surprend par son début très électro, mais la suite du morceau fait penser – à s’y méprendre d’ailleurs – à un certain groupe de Death Mélodique issu de la scène Suédoise.

Il manque aussi un petit brin de folie : l’EP est propre, bien produit, avec un son lourd à l’américaine, et des compositions dans la veine de toute cette vague française de Metalcore qui déferle sur l’Europe depuis trois ans. Néanmoins, on aurait aimé une plus grosse prise de risque, comme par exemple aller plus loin dans l’ajout d’éléments inattendus, pour en faire un EP inoubliable.

Malgré tout, on passe un excellent moment avec cet EP « Adrift In Silence » : ça groove, ça envoie du riff violent, et ça nous fait secouer les tiffs de gauche à droite (ou de droite à gauche). Cinq titres puissants taillés pour le live, qu’on a hâte de voir par nous-même.

8,75/10

[CHRONIQUE] Skindred – You Got This

Vrai ovni hybride par excellence, et unique en son genre (quelqu’un a dit « Nu Reggae » dans l’assistance ?), Skindred, avec son neuvième album, prouve au monde ce que nous (et surtout eux) savaient déjà : ils sont les maîtres pour faire bouger les petites fesses du plus stoïque des métalleux.

« You Got This » ne va pas révolutionner la musique de Skindred, si ce n’est que l’opus est bien plus joyeux que son prédécesseur, avec des textes positifs, mais surtout une portée fédératrices : on y trouve de véritables hymnes, le morceau titre en tête, « Can I Get a A », « Do It Like This » ou encore « This Is The Sound ». Clairement, il y a eu une volonté de faire des choses taillées pour le live, qui seront repris, la bouche en cœur, par des centaines de chevelus barbus !

Le groupe britannique, toujours emmené par un Benji Webbe au sommet de sa forme et de son art, arrive toujours à trouver le point d’équilibre entre le reggae et le metal : parfois les riffs acérés prennent le pas (le rugueux « Born Fe Dis » avec une fusion très frontale), parfois les messages et les intonations reggaes prendront le dessus (« Broke »). On notera aussi l’excellent « Smile », positif, violent, court et efficace (que demande le peuple ?) l’album se terminera enfin sur une note plus calme, « Give Thanks » qui agit comme un vrai appel au calme et est la parfaite conclusion d’un album coloré, festif, à l’énergie débordante. Et c’est d’ailleurs le morceau parfait pour faire oublier la brièveté de l’album, d’un petit 33 minutes !

Un album certes court mais qui manquera aussi de coups d’éclats : Skindred se contente de proposer ce qu’il maîtrise le mieux, ça marche très bien, mais on ne peut s’empêcher d’éprouver un tout petit regret, de n’avoir pas ce « petit truc en plus » qui en aurait fait un album exceptionnel. Malgré cette absence de prise de risque, les britanniques, avec « You Got This », réussiront à vous faire trémousser comme jamais avec des hymnes hyper fédérateurs, beaucoup d’énergie festive et une ambiance colorée qui vous fera oublier le marasme ambiant. L’album parfait pour s’éclater cet été.

9/10

[CHRONIQUE] No Terror In The Bang – Existence (Coup de cœur)

C’est l’histoire d’un gros changement d’opinion…. Bref on t’expliquera un peu plus dans le texte qui va suivre !

Seulement deux ans après la sortie de leur dernier EP « Heal », les Rouennais de No Terror In The Bang réitère avec une nouvelle galette 5 titres, « Existence » à la production impeccable et à la maîtrise parfaite du début à la fin.

Si tu ne les connais pas encore No Terror In The Bang est un groupe de Metal Cinematic créé en 2019 autour du batteur Alexis Damien et la chanteuse Sofia Bortoluzzi. Ils sont très vite rejoint par Etienne Cochin, Clément Bernard (guitare) et Brice Bouchard. Sur le papier la promesse était belle : du metal moderne habité, réfléchi, ou chaque éléments vient servir la cause du groupe : provoquer des images sombres et envoutantes dans la tête de son auditeur, tel un petit film donc. D’ailleurs, le nom du groupe va rendre directement hommage à un grand nom du cinéma : Alfred Hitchcock. Avec les publications successives de « Eclosion » (2021) et « Heal » (2024), la formation commence à se construire une petite, mais solide, notoriété.

Bien entendu je ne connais rien de tout cela encore quand je me rend l’année dernière au Kave Fest, en grosse touriste (c’est-à-dire que je ne me renseigne sur aucun des groupes histoire de me réserver la surprise de la découverte, c’est d’ailleurs très chouette à faire sur une affiche aussi éclectique métalliquement parlant que le Kave Fest, mais on digresse).Et on me vend No Terror In The Bang comme, je cite « un futur grand groupe en devenir inspiré par les films d’Alfred Hitchcock ». Bref, je ne te cache pas que je me suis retrouvée fort déçue et bien ennuyée devant un set qui m’a laissé de marbre

Mais n’étant pas arrêtée sur une idée, et surtout voyant tout autour de moi l’engouement autour de ce groupe, je me décide à lui accorder une nouvelle chance à l’occasion de la sortie du nouvel EP, « Existence ».

Et je ne vais pas être déçue du voyage.

Ce cinq titres est dense, mouvant, d’une production impeccable qui vient souligner tous les petits détails de la musique (et ça gagne en clarté, …Bref, enfin une production à la hauteur du talent de ce groupe !)

Et ce talent se démontre non seulement par l’incroyable voix de Sofia (d’un chant limite cristallin à une voix plus rauque, parfois limite soul, à un cri guttural dévastateur) mais aussi par les guitares qui alternent savamment entre les parties plus technique et les refrains très catchy. La section rythmique vient renforcer le tout au marteau-piqueur, donnant la force et la violence nécessaires aux différents morceaux (notamment sur « Heroine »).

Et d’ailleurs quels titres ! Le groupe se fait plaisir et ne se refuse rien : on entend du metal tech, limite progressif sur « Moon », du hardcore catchy sur « Heroines » ou encore des sons très jazzy sur « Chiasm ». Mais c’est surtout deux morceaux qui vont retenir mon attention : « Goat », morceau généreux, djent et mélancolique, sombre et léger, dont les différentes textures, ambiances et mouvements en font pour moi le meilleur titre de No Terror In The Bang. A chaque réécoute je découvre quelque chose de nouveau ! « Human Race Kill » est certes, très court, mais tape en plein dans le mille avec des mélodies dignes d’une musique de film et un chant qui se transforme et montre de nombreuses facettes, qu’on ne peut que rester admiratif.

La magie a donc opéré avec cet impressionnant EP : « Existence » propose des thèmes forts (la chute de l’humanité) et un récit parfaitement fignolé, qui donne une dimension parfois épique, mais aussi oppressante, à la musique de No Terror In The Bang. Le tout est souligné par des compositions soignées et détaillées, et une production digne des plus grands groupes du moment. Une excellente surprise, à avoir absolument dans sa playlist !

Et j’attend de revoir le groupe en live (mais aussi et enfin un album !) pour confirmer ce brutal changement d’avis !!

10/10