Archives de catégorie : Chronique

[CHRONIQUE] The Gems – Phoenix

Né en 2023 suite à leur départ mouvementé de Thundermother, The Gems s’introduit début 2024 au monde avec un premier album, au titre formidablement bien trouvé, « Phoenix ». Une galette hard rock qui sent bon les eighties, et pour laquelle on ne pensait vraiment pas craquer.

« Il n’y a qu’un oiseau qui se renouvelle et se redonne à lui-même la vie; les Assyriens l’appellent phénix. » Cette citation d’Ovide, issue des Métamorphoses, pourrait décrire la trajectoire des The Gems de ces derniers mois : Guernica Manicini (chant), Emlee Johnsson (batterie) et Mona Demona » Lindgren (guitare et basse) étaient, jusqu’à il y a encore peur, membres du groupe Thundermother. Et une énorme brouille entre la fondatrice de ces derniers Filippa Nässil et Mancini a conduit à une séparation.

Et si les jeunes femmes avaient tout de suite annoncé la création d’un nouveau groupe à trois, il n’était pas gagné qu’elles se fassent remarquer, au vu de la popularité de leur désormais ancien groupe. Pourtant, désormais libre de tout joug, quel qu’il ait été, The Gems nous livre un album sans concession, bluffant de maîtrise.

L’album est construit tel un voyage initiatique, avec en fil rouge, une rage de vivre, une puissance associée à un sentiment de liberté dominant toute la fin de l’album.

Les guitares sont lourdes, ravageuses, incisives. Le chant de Mancini est, comme à son habitude, de haute volée. Par ailleurs, niveau paroles, elle s’en tire bien mieux que Nässil, donnant une belle valeur ajoutée à cet album. Seule Johnsson se contente de faire le job derrière les futs. S’il est bien loin d’être mauvais, on aurait aimé peut-être un peu plus de fantaisie de sa part.

Les trois musiciennes de The Gems démontrent donc avec cet album qu’il faudra toujours compter sur elles, même sans l’aura qu’a Thundermother. L’album résume à lui seul ce qu’on aime dans le heavy : de la puissance, des riffs à n’en plus finir, et un chant qui viendra juste vous faire frémir de plaisir. Le Phénix renaît de ses cendres et est prêt à tout ravager sur son passage. La belle surprise de ce début d’année.

9,5/10

[CHRONIQUE] Weapons Of Mass Seduction – Lord Of The Lost

On sait l’amour que porte les Lord Of The Lost, en particulier son chanteur Chris Harms, pour la pop. D’ailleurs, le dernier album en date du groupe, « Blood And Glitter », faisait déjà dans les jolies covers (on pense à cette reprise de « The Look » de The Roxette qui a fait l’objet, dernièrement, d’un clip déjanté). Cette nouvelle galette, « Weapons Of Mass Seduction », vient à point nommé pour les fêtes, comme un petit bonbon à savourer délicatement.

Car oui, l’album de reprises est, en tout cas de notre côté, notre petit plaisir coupable de ce début d’année. On apprécie toutes les saveurs de cet album, aux sonorités très eighties, y compris pour les morceaux plus récents (« Unstoppable » en tête). Les Lord Of The Lost se réapproprient parfaitement l’ensemble des chansons, leur insufflant une vibe glam rock, parfois même indus, chère au groupe.

Seul la reprise de Keane est en deçà du reste de l’opus : elle reste trop proche de l’original, et la comparaison entre Harms et Tom Chaplin semble inévitable, alors que les deux frontmen ont une voix et un chant diamétralement opposés. Au contraire, la reprise de « Smalltown Boy » est merveilleuse car sonne complètement différente, tout en gardant l’âme du morceau originel.

On notera aussi un travail inverse sur la chanson de Judas Priest, pour le coup plus « popisé » contrairement au reste de l’album.

Bref, en ce début d’année, on a certes un album de reprises, mais ce bonbon très bien produit, hyper-divertissant, (mais aussi que Lord Of The Lost montre tout le plaisir qu’il a pris en faisant cette galette) ne peut que vous mettre en joie. Et en cette période sombre et morose, une telle éclaircie est plus que bienvenue.

9/10

(CHRONIQUE) STUBORA – Ecorché Vif

Un peu moins de trois ans après la sortie de leur dernier EP « Vision Obscure », les Stubora reviennent aux affaires avec un nouvel album cette fois, « Ecorché Vif », qui ne va pas que reprendre les mêmes recettes que ces prédécesseurs, mais plutôt faire évoluer sa mixture. 

Alors qu’ils nous avaient habitué au sombre et à une vision incertaine de l’avenir, Stubora vient nous surprendre avec ce nouvel album : si la noirceur est toujours d’actualité, le ton, plus rageur et violent, assorti à des textes plus vindicatifs mais aussi et à notre grande surprise, plus positifs. Incitant les jeunes à se révolter, à se battre pour un avenir meilleur, le groupe se fait plus positif et lumineux qu’à l’accoutumée. 

On peut le voir comme une évolution, une continuité par rapport aux deux précédentes galettes, l’album « Horizon Noir » et l’EP « Vision Obscure » : l’avenir y était alors dépeint de manière très sombre, très noire. Sauf qu’aujourd’hui, l’avenir on y est, on ne peut plus s’échapper, et il faut se battre désormais pour avoir un meilleur futur, et trouver, pour sa santé mentale, son propre équilibre. Une évolution qui fait sens, en adéquation avec les questionnements actuels de la société (et plus particulièrement des jeunes)…

Côté musique, on reste sur les bases qui font le succès de Stubora : rythmique hard rock à la Lynyrd Skynyrd, passant même carrément à des moments la frontière avec le Doom (« So Sad » en tête), solos bien agencés typique de la fin des années 1980/début des années 1990, le tout toujours avec la voix rocailleuse qu’on aime tant de Mick ! Une chose majeure change en revanche : le mix et la qualité du son, nettement supérieurs aux précédents albums … on voit que plus de moyens ont été mis dans ce nouvel opus studio. 

C’est un album surprenant que nous offre les Stubora cet automne – dans le bon sens du terme – puisque le groupe s’offre une jolie évolution, tout en gardant leur aspect hard rock noir qui fait tant leur charme. Un opus original, qui vous fera secouer mes tiffs, et qui ne pourra que vous faire réagir. A découvrir, encore et encore tant l’opus regorge de petits détails. 

9,5/10

[CHRONIQUE] Annisokay – The Abyss Pt. 1

Le groupe teuton de Metalcore Annisokay, habitué à recevoir les auréoles de la critique, mais moins celles du public, sort la première partie d’un projet, « The Abyss », sous le format EP.

Et le groupe mise une nouvelle fois sur des mélodies envoûtantes et pénétrantes pour nous faire succomber. Le groupe, qui a deux chanteurs, (Christoph pour les voix claires et Rudi pour la voix saturée) sait parfaitement accentuer ce « Clair-Obscur » qui plaît tant à la critique. Et dans cet album, les deux éléments combinés, on se croirait au beau milieu d’un poème de William Blake, dont certains écrits décrivent le sublime, cette notion qui allie le beau et le laid et semble inatteignable.

Alors certes, l’EP a bien évidemment un goût d’inachevé (et c’est pour cela qu’ils auraient du faire un album bon dieu de bois), mais il pousse encore plus loin ce concept de post-hardcore qu’Annisokay explorait déjà à la sortie de « Aurora » en 2021.

La production soignée, l’univers exploré et l’atmosphère instauré nous fait oublié la brièveté d’un EP qui aurait mérité d’attendre d’être un album. Mais quoi qu’il en soit, qu’on soit fan du genre ou pur néophyte, ce « Abyss Pt. 1 » ne saura que vous séduire, si vous êtes à la recherche de quelques choses qui sort des sentiers bien délimités du metal.

« Abyss Pt .1 » est un bel objet, accessible, qui saura ravir les fans d’Annisokay de la première heure et ceux qui sont totalement étrangers à la discographie du groupe. Si nous reprochons la brièveté d’une galette qui aurait mérité un peu plus de patience et de moyens pour devenir un bel album, la beauté noire de cet EP, qui vint côtoyer les limites du sublime, ne vous feront que succomber. A se procurer de toute urgence.

(CHRONIQUE) Molybaron – Something Ominous (Coup de coeur)

Les Molybaron ne chôment pas et sortent déjà leur troisième opus studio, intitulé « Something Ominous », profitant de la hype de la scène actuelle autour du groupe. Si l’opus nous a, à la première écoute, décontenancé, la voix envoûtante de Gary, alliée à la qualité des compositions, moins accessibles et polissées que sur les deux précédentes galettes, ont achevé de nous convaincre.

S’il y a des lecteurs plus assidus que d’autres dans l’assistance, vous savez ce que nous reprochons assez fréquemment à Molybaron : une musique, certes, belle et bien exécutée, mais sans spontanéité : c’est un peu comme si leur musique criait à la surface du monde « Salut on est Molybaron, désolés de déranger ».

Mais avec « Something Ominous », c’est différent. 

Le ton se fait plus grave, plus incisif, plus sauvage même (avec quelques riffs tout à fait dignes de The Dillinger Escape Plan surtout sur « Billion Dollar Shakedown »). La voix de Gary, se fait toujours autant exceptionnelle – et sérieusement, comment ce gars peut ne pas se considérer comme un véritable chanteur maintenant ? – et les titres s’enchaînent avec intelligence, les titres plus « calmes » (comme ce somptueux « Breakdown » avec cette intro toute douce au piano ) étant les bienvenus pour respirer.

Car sur ce « Something Ominous », le groupe semble bien plus ordonné, le propos se fait plus direct et percutant. On note qu’il prend ENFIN des risques et va explorer des tonalités différentes : « Vampires » en tête, avec des notes sombres empruntées au black metal, « Pendulum » et son refrain hyper heavy, « Set Alight » avec son rythme saccadé et changeant complètement fou et sa mélodie hyper entêtante, « Billion Dollar Shakedown » et son côté hardcore à la sauce new-yorkaise…. On sent que le groupe se relâche enfin et se permet d’aller explorer d’autres horizons, tout en sachant garder cette patte « molybarienne » qui caractérise le groupe depuis ses débuts.

« Something Ominous » nous aura donc fait changer d’avis sur Molybaron : de « trop poli », on voit désormais émerger une formation sûre d’elle, mature, qui nous livre un album de haute qualité qu’on retiendra longtemps, très longtemps au sein de la scène metal française mais aussi internationale. Le propos est concis, les musiques sont percutantes, les refrains addictifs ! Et on ne s’ennuie pas à l’écoute de cette galette, tant l’originalité (et parfois même une complexité assez tarabiscotée) s’étale dans chacun des morceaux. Molybaron, avec cet album, s’assume pleinement désormais. Au point qu’on aimerait beaucoup les revoir malgré notre récente douche froide du Motocultor 2022.

Et pour finir (et excusez mon langage) : bordel, qu’il est bon cet album !

10/10

[CHRONIQUE] Primal Fear – Code Red

Après avoir quelques peu divergé, les teutons de Primal Fear reviennent à la base : le speed metal qui a tant fait leur renommée. Et c’est peut-être en proposant un travail plus qualicatif qu’évolutif qui fait de ce « Code Red » est un bien meilleur album qu’attendu. Cinq ans après le redouté et conspué « Metal Commando », le groupe s’offrirait-il une nouvelle jeunesse ?

Qu’il est bon de retrouver un bon speed metal des familles ! C’est en tout cas le pari qu’on fait les teutons de Primal Fear : on sent que les membres du groupe ont travaillé leurs morceaux, mais dans le style qu’ils connaissent et dans lequel ils excellent, pour offrir aux fans, les titres les plus aboutis qui soient.

Il n’y qu’à voir le morceau d’ouverture de « Code Red » : « Another Hero » mettent à mal vos cervicales pendant un peu moins de cinq minutes. Excellente mise en bouche qui nous ouvre l’appétit et nous donne envie de découvrir l’album.

Et si la plupart des morceaux sont plus attendus, deux sortent particulièrement du lot : mon petit préféré, « Steelmelter », à vous secouer les tiffs dans tous les sens, et aussi et surtout « Cancel Culture », d’une puissance exceptionnelle que ce soit par les riffs ou les paroles, percutantes, chose rare chez Primal Fear. Et on pourrait facilement la comparer à des standards du genre, comme ceux d’Helloween ou de Gamma Ray.

Mais c’est surtout la production, le soin apporté à l’album, qu’on retiendra davantage : Primal Fear, nous offre avec ce « Code Red », de la qualité. Le groupe ne prend clairement pas ses fans pour des pigeons !

Et petite note au passage : quelle immense voix ! Le temps n’a pas l’air d’avoir d’emprise sur le frontman de la formation, Ralf Scheepers, qui approche de la soixantaine – déjà – le bougre!

Ce « Code Red » est donc un bel objet, de qualité, et particulièrement beau, que nous offre Primal Fear : tous les fans du groupe en seront grandement satisfaits, et avec son retour aux racines speed du groupe, l’album constitue une belle porte d’entrée pour la découverte de la carrière exceptionnelle des teutons. Mais c’est sutout la démarche, de faire vraiment – parce que tellement de personnes le disent mais ne le font pas – un album travaillé et abouti, qu’on retiendra le plus : une belle marque de respect envers les fans du monde entier !

9/10

[CHRONIQUE] Kataklysm – Goliath

Kataklysm n’aura jamais fait autant douter son public ces derniers temps : trois ans après la sortie de « Unconquered » qui prend un virage bien plus épique qu’à l’accoutumée (Amon Amarth, si vous nous entendez), nos chers cousins remettent ça avec « Goliath », abandonnant un peu cet aspect grandiose pour plus de brutalité, chose qui ressemble bien plus au groupe.

J’ai une affection toute particulière pour ce « Goliath », qui est passé sous silence par l’ensemble des critiques. Pourtant, contrairement à certains albums des Kataklysm, je le trouve bien plus agréable à écouter, la production est vraiment bien fichue, et on peut apprécier tous les éléments à leur juste valeur.

Et si la mélodie est toujours assez dominante, on retrouve ici les blasts qui ont fait la renommée du groupe, et qui manquait cruellement à « Unconquered ». Des jolies harmonies avec en plus le retour de la violence : voilà de quoi faire un cocktail des plus explosifs qui vous fera bien secouer les tiffs… euh les cheveux pardon !

Alors si on sent que Kataklysm cherche encore à tâtons la meilleure façon possible d’évoluer, ce « Goliath » fait bien plus que le job demandé : vous remuer la tête et satisfaire vos besoins de rage. Une galette hyper divertissante malheureusement sous-côtée.

9/10

[CHRONIQUE] Nuclear Power Trio – Wet Ass Plutonium (Coup de coeur)

Les blagues les plus courtes sont toujours les meilleures ? Après un premier essai validé avec l’EP  » A Clear And Present Rager », le groupe d’apparence satirique Nuclear Power Trio revient trois ans plus tard, cette fois avec un album complet, le bien nommé « Wet Ass Plutonium ».

Et si le groupe fait le buzz en portant les masques de Vladimir Poutine (Nick Schendzielos à la basse), de Donald Trump, (Greg Burgess à la guitare) et de Kim Jung-Un (Pete Webber à la batterie), et passé le pied de nez à la politique internationale, on retrouve une formation solide, aux compositions d’une rare complexité, sans pour autant mettre de côté le petit grain de fun qui fait le charme du groupe. Sur Wet Ass Plutonium, la musique prend la direction des années 1980 avec un clavier digne de l’époque et un saxophone utilisé à bon escient, en opposition aux solos de guitare électrique, et de guitare sèche. De quoi se retrouver projeté dans Miami Vice.

La basse prend la majeure partie des compositions – on sent que Schendzielos a pris un malin plaisir à mettre bien en avant cet instrument (trop) souvent en arrière plan – et la guitare se fait à la fois stridente et puissante – parfois se supplantant aux paroles qu’on s’imaginerait dans nos petites têtes. Seule la batterie se fait discrète, presque en figuration…. Dommage car il y aurait tellement de choses à exploiter pour Webber !

Ceux qui ne voit qu’un énième groupe satirique se trompent lourdement : les Nuclear Power Trio montrent, avec ce « Wet Ass Plutonium », qu’ils ne sont pas là pour la déconnade mais bien pour s’inscrire durablement dans le paysage metal international. Les trois musiciens, exceptionnels, se hissent presque à la hauteur d’un Liquid Tension Experiment, déversant dans nos oreilles des tappings endiablées et des riffs mélodiques étincelants. On ressort de ce voyage dans l’Amérique des années 1980 époustouflés, émerveillés, parfois même songeurs. Une musique qui ne manquera pas de vous interpeller. A écouter !

9,5/10

[CHRONIQUE] Elvenking – Reader Of The Runes /Rapture (Coup de coeur)

« Rapture » est le deuxième volet d’une trilogie entamé par les Elvenking en 2019 : « Reader Of The Runes ». Un projet lourd et ambitieux, d’une excellente qualité, qui apportera, espérons-le, le succès tant mérité aux italiens.

Loin d’être les « Rhapsody » bis, les Elvenking restent pourtant dans l’ombre de leurs illustres compatriotes. Ces derniers restant au même stade qu’à leurs débuts (sauf pour Luca Turilli, tellement en désaccord avec ses anciens comparses, qui a décidé de se lancer dans son propre « Rhapsody ») alors que les Elvenking évoluent, progressent, toujours dans la pénombre malheureusement.

Alors que ce « Rapture » est juste fabuleux, tant au point de vue de la musicalité que de l’histoire, commencé avec « Divination », sorti juste avant le Covid, en 2019. Et si ce dernier était plus dans la mélodie, dans le symphonique post-1990, « Rapture » est plus sombre, plus noir, avec, certes, toujours de superbes envolées mélodiques, mais aussi beaucoup de noirceur, de violence, notamment dans les riffs et les solos de guitare, qu’on croirait, à des moments, sortis d’un Kreator des grands jours. La voix de Damnagoras se fait particulièrement polyvalente, sans pour autant trop monter dans les aïgus (un peu comme le chanteur de Symphony X), mais va puiser parfois dans des graves surprenants, apportant la puissance nécessaire à la noirceur de cet album.

Enfin, s’il y a des morceaux ultra-accessibles qui restent en tête (la rédactrice de ce contenu se surprendra d’ailleurs à chantonner le refrain de « Bride Of Night » toute la journée), d’autres sont bien plus complexes à appréhender, et témoigne du savoir-faire d’un groupe qui sait faire évoluer son propre son : c’est le cas du très étonnant « Covenant », qui frôle les frontières avec un bon metal prog des familles (on sent d’ailleurs l’influence d’un certain Ayron !) , et ne sera peut-être pas compris de certains fans de la première école. De notre côté, nous, on trouve que ce titre apporte une atmosphère unique, à la limite du conte. Et qu’il donne un formidable coup de boost à tout l’album.

Vous l’aurez compris à la lecture de cette chronique, si « Rapture » n’est pas l’album de l’année, loin de là, on a, face à nous, un opus abouti, bien réfléchi, qui va faire en sorte de nous sortir, un peu, de notre zone de confort. La production est excellente, et on prend littéralement notre pied à l’écoute des morceaux qui composent cette galette. Un bel objet, à mettre dans toutes les mains pour faire découvrir, au plus grand nombre, le talent des Elvenking.

9/10

[CHRONIQUE] Lord Of The Lost – Blood And Glitter (Coup de Coeur)

Candidats malheureux (ou pas d’ailleurs) du dernier concours de l’Eurovision, les Lord Of The Lost sont pourtant bien loin d’être au creux de la vague : leur dernier album, « Blood And Glitter », a pris tout le monde par surprise. Et leur a apporté un succès assez inattendu.

Il faut dire que le groupe est très très largement sous-estimé (et à tort hein) sur la scène metal internationale : de base groupe de metal gothique indus (et on vous conseille très fort l’excellent « Judas », album sorti en 2021) fondé en 2007 en Allemagne par Chris Harms (actuellement au chant), la formation se balade entre collaborations prestigieuses, cover de grandes stars de la pop (Lady Gaga), albums aux connotations violentes transcendentes mais aussi à des albums plus poussés et plus risqués, comme ces trois opus d’auto-reprises par un orchestre classique !

Bref, le groupe aime surprendre là où on ne l’attend pas forcément. Et avec « Blood And Glitter », ils réussisent le tour de force de se rapprocher des origines musicales de Harms, à savoir le glam metal (lui qui a longtemps officié en tant que second chanteur et guitariste de The Pleasures) sans pour autant renier les origines gothico-indus de Lord Of The Lost. Mais s’ils s’aventurent dans un territoire plutôt connu, la prise de risque est énorme pour un groupe de la trempe des teutons, revitalisant une scène qui perd de sa superbe entre la redondance de Pain, le peu d’originalité des Deathstar, la trop grande intrônisation de Lindemann.

On s’est surpris à aimer ce vent de fraîcheur offert par le groupe, nous trémoussant à la fois le popotin et la tête, rêvant en même temps de violence et de paillette. Ce « Blood And Glitter » n’est peut-être pas parfait et fera perdre quelques fans plus férus de noirceur en cours de route. Ce sera dommage pour eux tant l’opus démontre la créativité d’un groupe qui ne cesse et ne cessera jamais de se réinventer. Les Lord Of The Lost réussissent à nous mettre la patate pour la journée, un grand sourire édenté sur le visage, grâce à une machine à tube efficace mais aussi de haute qualité. Et on en redemande encore.

9/10