Archives de catégorie : Chronique

[CHRONIQUE] Jiro – Adrift In Silence

Jiro, voilà un nom qui commence de plus en plus à se faire une petite place sur la scène française. Pourtant, on va t’étonner en te disant que cette formation francilienne a été fondé en 2023, donc il y a trois petites années seulement ! Et c’est avec leur tout premier effort, « Elevate Spirit » (sorti fin 2024) que le groupe a su séduire critiques et public.

C’est donc de nouveau un EP que nous propose Jiro, avec en fil rouge général, un ton à la fois plus énervé et plus groovy. Le premier titre, « Worth It » en est le parfait exemple, et peut-être même le meilleur morceau de tout l’EP. On notera aussi dans la même veine « You Keep The Silence », aux relents très Lamb of Godiens avec des gimmick vocaux empruntés au black metal, qui saura vous séduire, paradoxalement, par son originalité et sa violence extrême.

Le reste des titres n’est pas en reste : « Shattering » est un titre à la violence silencieuse et insidieuse, lourde, et peut-être l’une de leur composition musicale les plus réussies. « The Ascendent Fall » surprend par son début très électro, mais la suite du morceau fait penser – à s’y méprendre d’ailleurs – à un certain groupe de Death Mélodique issu de la scène Suédoise.

Il manque aussi un petit brin de folie : l’EP est propre, bien produit, avec un son lourd à l’américaine, et des compositions dans la veine de toute cette vague française de Metalcore qui déferle sur l’Europe depuis trois ans. Néanmoins, on aurait aimé une plus grosse prise de risque, comme par exemple aller plus loin dans l’ajout d’éléments inattendus, pour en faire un EP inoubliable.

Malgré tout, on passe un excellent moment avec cet EP « Adrift In Silence » : ça groove, ça envoie du riff violent, et ça nous fait secouer les tiffs de gauche à droite (ou de droite à gauche). Cinq titres puissants taillés pour le live, qu’on a hâte de voir par nous-même.

8,75/10

[CHRONIQUE] Skindred – You Got This

Vrai ovni hybride par excellence, et unique en son genre (quelqu’un a dit « Nu Reggae » dans l’assistance ?), Skindred, avec son neuvième album, prouve au monde ce que nous (et surtout eux) savaient déjà : ils sont les maîtres pour faire bouger les petites fesses du plus stoïque des métalleux.

« You Got This » ne va pas révolutionner la musique de Skindred, si ce n’est que l’opus est bien plus joyeux que son prédécesseur, avec des textes positifs, mais surtout une portée fédératrices : on y trouve de véritables hymnes, le morceau titre en tête, « Can I Get a A », « Do It Like This » ou encore « This Is The Sound ». Clairement, il y a eu une volonté de faire des choses taillées pour le live, qui seront repris, la bouche en cœur, par des centaines de chevelus barbus !

Le groupe britannique, toujours emmené par un Benji Webbe au sommet de sa forme et de son art, arrive toujours à trouver le point d’équilibre entre le reggae et le metal : parfois les riffs acérés prennent le pas (le rugueux « Born Fe Dis » avec une fusion très frontale), parfois les messages et les intonations reggaes prendront le dessus (« Broke »). On notera aussi l’excellent « Smile », positif, violent, court et efficace (que demande le peuple ?) l’album se terminera enfin sur une note plus calme, « Give Thanks » qui agit comme un vrai appel au calme et est la parfaite conclusion d’un album coloré, festif, à l’énergie débordante. Et c’est d’ailleurs le morceau parfait pour faire oublier la brièveté de l’album, d’un petit 33 minutes !

Un album certes court mais qui manquera aussi de coups d’éclats : Skindred se contente de proposer ce qu’il maîtrise le mieux, ça marche très bien, mais on ne peut s’empêcher d’éprouver un tout petit regret, de n’avoir pas ce « petit truc en plus » qui en aurait fait un album exceptionnel. Malgré cette absence de prise de risque, les britanniques, avec « You Got This », réussiront à vous faire trémousser comme jamais avec des hymnes hyper fédérateurs, beaucoup d’énergie festive et une ambiance colorée qui vous fera oublier le marasme ambiant. L’album parfait pour s’éclater cet été.

9/10

[CHRONIQUE] No Terror In The Bang – Existence (Coup de cœur)

C’est l’histoire d’un gros changement d’opinion…. Bref on t’expliquera un peu plus dans le texte qui va suivre !

Seulement deux ans après la sortie de leur dernier EP « Heal », les Rouennais de No Terror In The Bang réitère avec une nouvelle galette 5 titres, « Existence » à la production impeccable et à la maîtrise parfaite du début à la fin.

Si tu ne les connais pas encore No Terror In The Bang est un groupe de Metal Cinematic créé en 2019 autour du batteur Alexis Damien et la chanteuse Sofia Bortoluzzi. Ils sont très vite rejoint par Etienne Cochin, Clément Bernard (guitare) et Brice Bouchard. Sur le papier la promesse était belle : du metal moderne habité, réfléchi, ou chaque éléments vient servir la cause du groupe : provoquer des images sombres et envoutantes dans la tête de son auditeur, tel un petit film donc. D’ailleurs, le nom du groupe va rendre directement hommage à un grand nom du cinéma : Alfred Hitchcock. Avec les publications successives de « Eclosion » (2021) et « Heal » (2024), la formation commence à se construire une petite, mais solide, notoriété.

Bien entendu je ne connais rien de tout cela encore quand je me rend l’année dernière au Kave Fest, en grosse touriste (c’est-à-dire que je ne me renseigne sur aucun des groupes histoire de me réserver la surprise de la découverte, c’est d’ailleurs très chouette à faire sur une affiche aussi éclectique métalliquement parlant que le Kave Fest, mais on digresse).Et on me vend No Terror In The Bang comme, je cite « un futur grand groupe en devenir inspiré par les films d’Alfred Hitchcock ». Bref, je ne te cache pas que je me suis retrouvée fort déçue et bien ennuyée devant un set qui m’a laissé de marbre

Mais n’étant pas arrêtée sur une idée, et surtout voyant tout autour de moi l’engouement autour de ce groupe, je me décide à lui accorder une nouvelle chance à l’occasion de la sortie du nouvel EP, « Existence ».

Et je ne vais pas être déçue du voyage.

Ce cinq titres est dense, mouvant, d’une production impeccable qui vient souligner tous les petits détails de la musique (et ça gagne en clarté, …Bref, enfin une production à la hauteur du talent de ce groupe !)

Et ce talent se démontre non seulement par l’incroyable voix de Sofia (d’un chant limite cristallin à une voix plus rauque, parfois limite soul, à un cri guttural dévastateur) mais aussi par les guitares qui alternent savamment entre les parties plus technique et les refrains très catchy. La section rythmique vient renforcer le tout au marteau-piqueur, donnant la force et la violence nécessaires aux différents morceaux (notamment sur « Heroine »).

Et d’ailleurs quels titres ! Le groupe se fait plaisir et ne se refuse rien : on entend du metal tech, limite progressif sur « Moon », du hardcore catchy sur « Heroines » ou encore des sons très jazzy sur « Chiasm ». Mais c’est surtout deux morceaux qui vont retenir mon attention : « Goat », morceau généreux, djent et mélancolique, sombre et léger, dont les différentes textures, ambiances et mouvements en font pour moi le meilleur titre de No Terror In The Bang. A chaque réécoute je découvre quelque chose de nouveau ! « Human Race Kill » est certes, très court, mais tape en plein dans le mille avec des mélodies dignes d’une musique de film et un chant qui se transforme et montre de nombreuses facettes, qu’on ne peut que rester admiratif.

La magie a donc opéré avec cet impressionnant EP : « Existence » propose des thèmes forts (la chute de l’humanité) et un récit parfaitement fignolé, qui donne une dimension parfois épique, mais aussi oppressante, à la musique de No Terror In The Bang. Le tout est souligné par des compositions soignées et détaillées, et une production digne des plus grands groupes du moment. Une excellente surprise, à avoir absolument dans sa playlist !

Et j’attend de revoir le groupe en live (mais aussi et enfin un album !) pour confirmer ce brutal changement d’avis !!

10/10

[CHRONIQUE] Magoyond – Zeppelin (coup de cœur)


On ne pensait pas revoir Magoyond de sitôt, quelques années après la clôture de son arc de la fin du monde et la sortie de « Necropolis » (en 2022 très exactement). Pourtant, le groupe nous prouve sa volonté de continuer avec un nouvel EP, « Zeppelin » (à prononcer à la française), disque se voulant de « transition » pour atterrir (littéralement oui) dans un autre chapitre des (pas trop) gentils zombies.

Si on aime quelque chose chez Magoyond, c’est sa constance et son désir de faire évoluer son univers sans cesse. Le ton se veut plus tranchant, moins dans le festif, et les sujets sont plus sombres, puisque les zombies vont devoir affronter tout type d’épreuves à bord du Zeppelin,

L’EP débute sur « Le Départ », morceau aux faux airs de Batman la série (celle de Paul Dini voyons!) avec ses alarmes et son clavecin (on a raison hein ?) rendant le tout délicieusement gothique. « Necropolis est condamnée » dit la voix robotique…. « Nous passerons par les airs » lui répond le Mago avant d’enchaîner sur le morceau titre de l’EP.
Et c’est là que toute la dimension cinématographique prend de l’ampleur. Avec la montée du clavecin, les choeurs ensuite, et enfin les instruments électriques, on voit littéralement le Zeppelin prendre son envol avant que la terre ne s’effondre définitivement. Incroyable…. Et cela nous plonge définitivement dans l’EP sans que nous puissions en ressortir (et ce malgré les très rares faiblesses de l’EP).

Si c’est le côté très grandiloquent, avec plutôt des éléments gothiques et black mis en avant (on croirait presque que le Mago grunte son « Montez à bord! ») qui ressort sur « Zeppelin », on change légèrement de registre avec « Pavillon Noir » et des parties à la gratte (Excellent Vito !) qui font penser à Muse (surtout cette intro !). Un morceau résolument plus hard rock, composé tel un uppercut dans la face et qui fait automatiquement virevolter nos petits cheveux. D’ailleurs, pour le coup, on entend bien du grunt (léger, certes).

« Exil » est le morceau le plus long mais aussi le plus sombre de l’album, faisant référence au temps qui passe sur le navire volant, mais aussi au deuil d’une ancienne vie. Une belle composition, très dans la mélancolie, avec des éléments issus du metal progressif mais aussi du doom, qui étonne tant ce n’est pas le ton habituel du groupe. Mais il a bien toute sa place ici, tant au niveau de l’histoire déroulée par le groupe que par sa grande qualité d’écriture et de composition.

« Levianthan » retourne dans les gros riffs et les harmonies grandiloquantes, mais surtout, montre de belles facettes vocales du Mago, qui va puiser dans les tons de plus en plus graves, limite rocailleux.

Enfin, le voyage s’achève pour nos zombies avec un « We Come In Peace » plus festif – d’ailleurs, les cuivres font leur retour ici – et référence directe à un film mythique, « Mars Attack ». D’ailleurs, si vous connaissez bien le film, on a peut-être une petite idée de la suite.

Encore un tour de force signé Magoyond, bien produit, bien pensé, bien réalisé, mais surtout qu’on n’attendait pas après le majestueux « Necropolis ». Un opus de transition bien trouvé, savamment orchestré, et qui referme pour de bon cette dernière page. Un beau bonbon au goût de cerveau qu’on savoure encore et encore en attendant d’avoir la suite. Car Magoyond a prouvé aussi une chose, c’est qu’ils en ont encore sous le coude pour les prochaines années. Bravo !!!

9,75/10

[CHRONIQUE] Kreator – « Krushers Of The World » (Coup de cœur)

Le groupe de Thrash allemand revient en force avec un beau et soigné nouvel album, « Krushers Of The World », jalon entre un son old school et de la modernité, frôlant même les frontières de l’épique.

En voilà un groupe qui sait se réinventer ! Loin de se reposer sur ses lauriers, Kreator sort son (déjà!) seizième album « Krushers Of The World ». Et si on se fait surprendre par une entrée « plus calme » qu’est « Seven Serpents », cet opus regorge de pépites trash, avec une certaine prise de risques qui fait plaisir à entendre.

Bien évidemment, on a les gros hits bourrins, « Satanic Anarchy » qui a un potentiel monstrueux en live tellement il est accrocheur, ou encore « Barbarian », thrash à souhait, qui ravira les fans de la première heure. « Combatants » et « Loyal To The Grave » revêtent leurs plus belles armures pour nous emmener sur les champs de bataille, avec des envolées épiques magistrales à vous faire frissonner (ou à vous projeter dans le Gouffre de Helm, c’est selon).

Enfin c’est un côté plus inattendu que nous révèle le groupe avec « Tränenpalast », dans une veine assez originale, avec des éléments arty, directement empruntés aux thèmes musicaux de « Suspiria ».

Les légendaires Kreator nous offre un superbe album, travaillé et original, qui saura vous convaincre de vous atteler à l’immense discographie du groupe. Un indispensable.

9,75/10

[CHRONIQUE] « Break The Silence » – Beyond The Black


Le groupe symphonique, Beyond The Black, délivre un nouvel album très attendu, « Break The Silence », qui nous surprend par ses sonorités plus électros et son ton, plus rentre-dedans.

Si Beyond The Black était jusque là resté plus en retrait sur la scène symphonique internationale, le groupe semble vouloir rebattre les cartes avec un nouvel album « Break The Silence », plus risqué, mais avec tout autant de mélodies accrocheuses. Le groupe distille aisément électro et symphonique (même si on en entend moins paradoxalement) sans pour autant essayer d’être une pâle copie d’un certain Amaranthe.

Si le début nous décontenance un peu – « Rising High » un peu trop molle et « Break The Silence » bien trop formatée – les morceaux suivants, le sombre et prenant « The Art Of Being Alone » (avec un Chris Harms au sommet de sa forme) et le superbe « Let There Be Rain » avec ces chœurs incroyables de The Mystery Of The Bulgarian Voices qui donnent une telle vibe organique, rattrapent vite le coup. « Can You Hear Me » est le morceau le plus surprenant de avec ce featuring d’Asami (oui oui, Asami des Lovebites) pour un duo sublime, fédérateur, et versant moins de le lyrisme qu’attendu.

Le groupe enchaîne ensuite les hits avec aisance, tout en redéfinissant les limites de leur style, même si c’est encore un peu timide ! Mais l’évolution est là, le ton est moins lyrique, moins ambiant, bien plus direct, avec quelques uppercuts bien sentis. C’est sur une belle note douce que se termine l’album avec « Weltschmerz », mêlant synthétiseur et violon, nous donnant bien vite l’envie de nous y remettre. Le seul petit reproche qu’on ferait, même si les morceaux sont très loin d’être mauvais, ce sont les (trop) nombreux hommages aux fans du groupes : « Ravens » d’abord, mais surtout « (La Vie Est Un) Cinéma » que nous trouvons hors-sol par rapport au reste de l’album.

« Break The Silence » est un album intriguant, surprenant, qu’on n’attendait pas d’un groupe comme Beyond The Black. Les allemands ont su rebondir, se renouveler, et créer des choses plus surprenantes, s’éloignant de leur registre et de leurs habitudes. On commence à voir des choses intéressantes se dessiner autour de ce groupe, trop longtemps sous-estimé. Intéressant… Très intéressant !

9,5/10

[CHRONIQUE] Lord Of The Lost – Opvs Noir Vol 2

Avant de vous dévoiler notre bilan de cette année 2025, on se devait de vous parler d’un album arrivé en toute fin d’année, mais attendu par beaucoup d’entre vous….Deuxième volet de la trilogie annoncée des Lord Of The Lost, « Opvs Noir Vol 2. » donne le ton avec sur sa pochette une serrure.

Si le Vol 1 était plus dans la noirceur, ce volume deux se révèle étonnamment doux, mélancolique, frisant le sublime par moment (les très beaux « One Of Us Will Be Next » et « Please Break The Silence » nous auront, à titre personnel, beaucoup ému). La chanson avec Käärijä « Raveyard » reste celle qui se détache le plus de l’ensemble mais uniquement parce qu’elle ne colle pas au reste de l’album musicalement, un choix qui nous paraît assez surprenant. Autre morceau particulièrement prenant, « What Have We Become? » dont les paroles vont vous coller à la peau et les harmonies vous titiller les entrailles.

Chris Harms au niveau du chant donne particulièrement dans l’émotion – et quel chant ! C’est peut-être le meilleur album où l’artiste allemand donne de la voix en clair, montrant de nombreuses et belles facettes vocales qu’il n’avait jusque là jamais exploré.

Néanmoins, et malgré les belles mélodies, et l’émotion procurées par certains morceaux, l’album pêche par moment – et plus particulièrement « Would You Walk With Me Through Hell ? » juste inaudible tant les deux voix sont dissonantes (trop) – et musicalement derrière, le seul moment de grâce est le solo au piano de Gared ! Et au vu du sans faute de Opvs Noir Vol. 1 sorti plus tôt cette année, on peut ressentir une petite déception par rapport à nos attentes.

Mais malgré tout cet album reste d’un excellent calibre, à la fois sombre et émouvant. Avec « Opvs Noir Vol 2 », les Lord Of The Lost touchent une nouvelle partie de ses fans mais pourra en rebuter d’autres, plus amateurs de sons indus et violents, qui faisaient d’ailleurs le charme du premier opus. Un album délicat, qui mérite qu’on en apprécie presque chaque seconde.

8,75/10

[CHRONIQUE] Equilibrium – Equinox

Près de six ans après la sortie du très discuté et discutable « Renegades », les Equilibrium reviennent aux affaires avec un nouvel opus, « Equinox » (le premier avec le nouveau chanteur Fabian Getto) qui revient aux racines folk du groupe mais de façon assez différentes, tout en gardant des éléments dance à la Electric Callboy.

Le début a un rythme terrien, avec moins d’éléments électro, plus d’éléments « brut ». Sur les trois premiers morceaux, on retrouve un formidable travail sur les percussions, ce qui rend les morceaux tout à fait unique. On se croirait presque à un de ces défilés de « Krampus » (ces monstres des montagnes du Tyrol mi démon mi chèvre) tellement l’ambiance, folklore avec les voix très rauques.

Equilibrium teste de nouvelles choses et semble, du moins sur la première partie de l’album, l’ensemble est un pur retour aux origines, avec des rythmes presque africains, faisant un tantinet penser à Rotting Christ période « Kata ton Daimona Eaytoy ».

Néanmoins, le groupe revient à son évolution principale, et les hymnes électros ne tardent pas à faire leur retour sur le disque. Si les morceaux sont bien loin d’être mauvais, bien au contraire (on pense plus particulièrement aux excellents « Borrowed Waters » et « Nexus »), nous aurions préféré une évolution franche et moins timide, voir pas d’évolution du tout, vu que le précédent virage des Equilibrium n’est pas si vieux que cela.

Bref, on ne sait pas trop sur quel pied danser avec cet « Equinox » : si nous apprécions grandement la première partie de l’album plus inédite, le groupe retourne sur ses sentiers battus avec une deuxième partie tout aussi excellente, mais bien moins surprenante. On se serait attendu à un petit rafraîchissement avec l’arrivée de Fabian Getto, mais au contraire, on a la désagréable impression que presque rien n’a bougé, et que les rares évolutions ne sont pas assumées jusqu’au bout de l’album.

Il n’empêche que ce nouvel album des Equilibrium, qui s’apparente plus à un opus de transition, est un beau produit, contenant de superbes hymnes (« Nexus » en tête) que nous avons hâte de chanter fort (et faux) en concert avec le groupe. Un beau moyen de découvrir ou de redécouvrir le groupe.

8,5/10

[CHRONIQUE] Bukowski – Cold Lava (Coup de cœur)

Trois ans après un opus éponyme symbole malheureux et inattendu de deuil – car le bassiste et membre fondateur de la formation, Julien Dottel, décèdera peu de temps avant la sortie de cet album – on ne pensait pas revoir les Bukowski, en tout cas sur album. Passé l’annonce d’un nouvel album, « Cold Lava » donc, nous avons été pris de court. Chronique de la surprise de cet automne.

La production claire et de qualité nous aide à rentrer directement dans le lard avec un « Headlights » qui démarre directement sur les chapeaux de roues ! Les guitares ronronnent, le morceau est direct et franc, et n’y va pas par quatre chemins. Dès ce premier morceau, on assiste à un véritable retours aux racines du groupe, avec un hard rock aux sonorités stoner unique, incisif. Et putain, c’est jouissif !

C’est groovy, c’est remuant, c’est violent parfois, avec une authenticité rock qu’on ne voit que très rarement de nos jours (ces claques que sont « Isolation » et « Communication In Silence » !) mais le groupe ne renie pas son côté plus doux avec le superbe « Howls »). « Gunpowder » avec ce début assez mythique (on vous laisse découvrir) peut paraître très déroutante comme chanson dans un premier temps, elle se révèlera être plus directe, interpellant l’auditeur à coups de riffs. Le meilleur morceau de l’album, sans aucun doute !

Si « Bukowski » avait été l’album du deuil, « Cold Lava » est lui l’incroyable témoin de la résilience du groupe, qui a su se relever et trouver la force de continuer. En effectuant un vrai retour aux racines hard rock du groupe, sans pour autant rendre le tout trop simpliste, Bukowski se réimpose comme un pilier de la scène française actuelle. L’album est excellent, bien produit, brut et sans concession. Une énorme claque auditive qu’on n’attendait absolument pas.

9,75/10

[CHRONIQUE] Dagoba – Different Breed

Suite à une prestation de haute volée durant la dernière édition du Mennecy Metal Fest, nous nous sommes penchés sur le nouveau né (enfin, qui a fêté son premier anniversaire cet été) des Dagoba, « Different Breed »

Et alors que la galette précédente du groupe « By Night » nous avait laissé de marbre et même pas mal révolté (dommage quand c’est pour célébrer 25 ans de carrière) tant l’ensemble nous paraissait sans âme, le groupe arrive avec ce nouveau jet à nous surprendre : Exit Napalm Records, c’est le retour sur Verycords ce qui se ressent jusque dans la production, très typée « Post Mortem Nihil Est » (2013) mais sans pour autant se poser comme une pâle copie.

Alors oui, il y a des morceaux qui restent dans le déjà-entendu (« Different Breed » et « Phoenix Noir » en tête) tout en étant de la trempe des meilleurs albums du groupe, avec une production belle et limpide. Et puis il y a beaucoup d’autres titres sont plus percutant, plus rageur, avec un côté très metal indus, parfois à la limite du deathcore (et on pense à l’immense « Distant Cry » ). L’enchaînement du début d’album, entre l’introduction avec ce pleur de bébé qui se confond presque sur la fin avec ce cri colossal avant d’embrayer sur un premier morceau qui vient vous frapper tel un uppercut « Arrival Of The Dead ».

Un autre enchaînement, « Minotaur » et « Léthé », vient tout dégommer sur son passage (et on vous met au défi de ne pas headbanger sur ces deux morceaux). « Vega », lui vient vous étouffer avec une atmosphère tellement oppressante (grâce à un excellent boulot sur la voix de Shawter, qui semble presque manquer d’air). En revanche, dommage pour la basse sur ce morceau et quelques autres, noyée dans le mix alors qu’on perçoit des choses hyper intéressantes proposées par Kawa. D’ailleurs, la rythmique basse/batterie change énormément selon les morceaux et apporte un vrai coup de boost.

On arrive enfin au dernier morceau « Alpha » : on aurait pu penser à un morceau à la fois viril et violent vu le titre, pourtant le groupe nous surprend avec une conclusion douce, instrumentale avec laquelle ils concluent en beauté un album aux allures de renaissance.

Nous avons été surpris par « Different Breed » alors que nous n’attendions plus rien de Dagoba. Emprunt de mélodies aérienne et d’uppercuts de violences, il plaira tant aux fans de la première heure qu’aux nouveaux venus. C’est donc un retour gagnant pour un album qui doit signer une période de renouveau pour un groupe extrêmement talentueux. Espérons que ce line-up puisse se stabiliser pour, qu’enfin, le groupe puisse continuer sur une voie toute tracée, mais semée d’embuches.

9,25/10