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2025 l’année du renouveau ? Bilan d’une année hors-norme et réjouissante !

2025 aura été très riche en nouveautés et en découvertes. Mais aussi en déceptions, venues d’artistes très attendus. Petite retour sur une année mouvementée pour le Metal français et mondial.

Cet article est un avis purement subjectif de son autrice et ne reflète pas une vérité générale.

Les mastodontes presque tous au rendez-vous

2025 aura été l’année d’un grand retour, celui de Deftones, cinq ans après la sortie de « Ohms » que le groupe n’a pas eu l’occasion de défendre sur scène (à cause d’un virus de seconde zone). Avec « private music », le groupe livre un vrai joyeux, bien produit (et sans que la machine productive américaine se ressente trop), bien composé, avec un ensemble de titres qui reflète Deftones sur sa longue (30 ans!) carrière. Un beau retour qui plaira aux vieux c*ns comme aux jeunes premiers !

Autre immense retour, celui de Coroner, trente-trois ans (!) après son véritable dernier effort « Grin ». On retrouve les ambiances cauchemardesques, les progressions techniques, les envolées mécaniques qui nous retombe dessus tel une guillotine, le tout saupoudré d’une petite dimension progressive bienvenue; Les médisants diront qu’après une si longue absence les suisses auraient pu faire mieux. Personnellement, je n’en demandais pas tant !

Sabaton aura, lui pris un gros risque en balançant un « Legends » versant plus dans le Metal Sympho et avec des orchestrations mama … mais surtout, un album ne traitant d’aucune guerre mais de grands personnages historiques. Un petit virage (ce n’est pas l’évolution du siècle, il faut l’admettre) mais qui est le bienvenu dans la discographie des suédois, qui, sans être mauvaise (bien loin de là) ont bien trop tendance à se répéter (et qui prend une toute autre dimension en live !).

Testament aura réaffirmé son statut de poids lourd de la scène internationale avec un « Para Bellum » mordant, assoiffé, et qui sera une parfaite introduction à tout jeune newbie souhaitant découvrir le groupe. Les américains restent l’un des groupes rois du genre !

C’est Arch Enemy qui aura déçu avec un « Blood Dynasty », que certains qualifient « d’audacieux ». J’aurais aimé que le groupe assume cette audace au lieu de nous livrer un album en demi-teinte, sans aucune implication ou sincérité, porté par aucun morceau « phare ». Un opus qui ne restera pas dans les annales de la bande, malgré que ce soit le dernier avec Alissa White-Gluz au chant (départ officialisé ce 23 novembre).

J’ai bien conscience que je dois être une des rares à penser cela mais ce « Skeleta » de Ghost m’aura déplu : manque de sincérité et de morceaux plus complexes, manque de prise de risque pour des chansons taillées pour la diffusion radiophonique. Je comprend les envies de Tobias Forge de partir à la conquête du monde mais je n’ai pas retrouvé ce côté irrévérencieux et provocateur qui fait le charme des premiers disques.

Les bombes Whitechapel et Orbit Culture, le retour en grâce de Sinsaenum, les revenants d’Eluveitie

Deux autres groupes auront marqué 2025 de leur aura magnétique par des albums grandiloquents, audacieux, vénéneux… Whitechapel revient en force avec « Hymns In Dissonance » après un « Kin » (2021) plus dans la demi-mesure et dans le progressif. Un retour à des origines ultra-violentes qui me fait un bien fou aux oreilles et aux tripes. A voir sur scène comment le combo américain défend son bébé.

C’est peut-être le plus gros coup de cœur de l’année : avec son « Death Above Life » teinté de puissance, de noirceur, de groovy avec une énorme dose de violence, les Orbit Culture viennent de passer un gros cap dans leur carrière et s’impose comme le nouveau poids lourd de la scène suédoise (déjà fort remplie). Je ne saurais que vous conseiller d’aller découvrir cet excellent opus.

Sinsaenum aura lui aussi signé son retour, surprise je n’aurais pas pensé que le groupe continuerait après le décès de Joey Jordisson. Je sens pourtant que cet « In Devastation » était nécessaire pour le groupe, pour faire son deuil. Et la rage et la douleur portée par l’ensemble des musiciens m’aura fait tréssaillir, jusqu’à repenser à ma propre souffrance. Un opus puissant, beau, surprenemment mélodique, qu’il faut aussi découvrir si vous êtes passé à côté.

Catalogués, à tort, comme groupe symphonique, les italiens de Lacuna Coil ont pourtant su au fil de leur désormais longue carrière, prouvés qu’ils étaient bien plus que ça, développant un style unique, faisant fi des tendances du moment (oui Within Temptation, c’est toi qu’on regarde!). Lacuna Coil signe la grosse surprise de l’année avec un saphir gothique à souhaits, « Sleepless Empire », certes moins dans la violence des riffs mais dont l’ambiance instaurée avec brio me fait retrousser les poils.

Je salue l’effort des Eluveitie, qui signe avec « Anv », un de leurs meilleurs albums depuis quelques temps, présentant de nombreuses facettes … y compris les plus mauvaises. Mais cela fait partie de l’inconstance des suisses, qui est capable, sur un même opus de produire le meilleur comme le pire.

Très attendus avec « Ascension » après deux précédents opus plus ternes, Paradise Lost ne déçoit pas avec un album sombre, désespéré et lourd. A écouter, mais vous ne ressortirez pas de ce voyage indemne !

Deux groupes teutons auront aussi retenu notre attention : Lord Of The Lost, déjà, qui s’est lancé dans un triptyque gothique, et si le premier « Opvs Noir » était parfait en tout point, le deuxième volet nous aura laissé sur notre faim ! Troisième et dernier album de la trilogie prévu pour ce printemps 2026 !

Je me souviens de ma première découverte de Feuerschwanz, un groupe insolite de folk déjanté, sorti tout droit de convention, qui occupait avec modestie l’une des grandes scènes du Summerbreeze 2013. Le groupe a bien changé et grandi depuis, et s’est rendu métallique. Le déjanté « Knightclub » reprend notamment des standards pop à la sauce metal médiéval. C’est frais, c’est marrant, c’est bien produit, et pfiou, ça fait un bien fou !

Aephanemer, ten56., Ashen … le Metal français a le vent en poupe !

2025 a aussi marqué le metal français, tant denombreuses (surtout metalcore) formations ont su tirer leur épingle du jeu. Cinq auront retenu l’attention particulièrement :

Ashen aura été la véritable révélation de 2025, obtenant un grand succès avant même la sortie de leur premier album, l’excellent « Chimera ». Un groupe de talent, qui fait tomber toutes les barrières du genre, et qui est une bouffée d’air frais dans le milieu. A suivre de très près.

ten56. aura su se renouveller avec « Io », un album au son aiguisé, mordant, et un Aaron Matts au sommet de son art ! Un succès amplement mérité ! Aephanemer auront confirmé avec « Utopie », un nouvel album tout en français, entre le classique mélodies et riffs ultra violents. Une belle offrande à tous les amateurs de death melo.

Je me réjouis du retour de Bukowski, cher à mon cœur : avec « Cold Lava », le groupe, dans un acte de résilience sublime, prouve qu’il en a encore dans le ventre.

Enfin, Grandma’s Ashes aura confirmé un succès grandissant, tout en travaillant sur un style original et particulier : avec « Bruxism », les sons de mon enfance ressurgissent plus rageurs, plus sombres. Les chansons de cet album ont limite un effet thérapeutique !

Pour terminer, nous aurons également fait de nombreuses découvertes : Zetra et son EP « Believe », Agriculture et l’excellent « The Spiritual Sound »… mais aussi de nombreuses redécouvertes : Dropout Kings et son « Yokai », dernier tour de piste émouvant d’Adam Ramsey, Blut Aus Nord et le cosmique « Ethereal Horizons », les new-yorkais d’Imperial Triumphant avec l’énormissime « Goldstar » et qui est encore meilleur en live (souvenir du Tyrant Fest) et enfin Igorrr qui aura enfin su nous conquérir avec le bien nommé « Amen ».

Vous l’aurez compris, 2025 aura été une année dense en sortie, et beaucoup m’auront tapé dans les oreilles : 2025 l’année du renouveau ? En tout cas, à titre personnel, je n’ai jamais été aussi conquises par autant de nouveautés en une année. Les musiques évoluent enfin, les groupes qui le méritent émergent enfin, ceux qui ne rencontraient pas le succès sont aujourd’hui sur le devant de la scène. Quelle formidable année pour le metal français et international !

[LIVE-REPORT] Motocultor Festival Jour 4

La journée du dimanche sera la plus belle car ni la pluie, ni les températures caniculaires ne seront au rendez-vous. Et les groupes se montreront présents et à la hauteur de l’événement, pour un final de toute beauté !

Je me fais violence ce matin puisque je ne veux pas louper le set des Nightmare, qui ouvrent ce dimanche la Dave Mustage ! Et malgré la fatigue des trois jours de festival précédents, le public se montrera présent, même s’il était un peu mou (mais on ne lui en tiendra pas rigueur). Excellent set des français, et mention spéciale à la désormais ex-chanteuse Madie mais aussi au guitariste Matt Asselberghs, totalement habité sur scène.

Je me rend ensuite sur la Massey Ferguscène pour voir la prestation des Molybaron ! Le groupe français, emmené par l’irlandais Gary Kelly délivrera une prestation propre et sans accroc. Mzis cette dernière a été, selon moi, bien trop lisse, et, du coup, assez ennuyeuse : il manquait d’un petit grain de folie pour que le concert soit inoubliable.

La tente sous la Dave Mustage se remplit pour voir Vended. Plus que des fans purs et durs du groupe, c’est surtout par curiosité que le festivalier se sera déplacé : Vended a été fondé par Griffin Taylor au chant et Simon Crahan à la batterie, deux « fils de » célèbres musiciens issus d’une formation de seconde zone, Slipknot.
Si les premiers titres se montreront très (peut-être même trop) semblables à ceux de leurs illustres aînés, les morceaux de fins de set seront plus intéressants, un savant mélange de néo, de hard rock et d’électro, mais qui a encore besoin de rodage et de se trouver. Prometteur en tout cas !

Les américains de Rivers Of Nihil déboulent ensuite sur scène avec un death metal aux accents jazzy (avec un son de saxophone qui évite de tomber dans l’écueil de l’Eurovision et sera habilement dosé – le son fait d’ailleurs parfois peser à du Supertramp) puissant qui ravagera toute une fosse, atomisé par cette découverte ! A revoir impérativement en salle ! Un des groupes les plus sous-côtés de ce festival !

Les Bloodywood, fort de leur succès notamment sur Youtube, déboulent ensuite sur la Massey Ferguscène devant un public qui les attend de pied ferme. Et ils ne décevront pas, bien loin de là, en livrant un show furieux et dévastateur, qui conquieront le coeur de tous les fans, des plus férus aux plus réticents. Une des plus grandes prestations de ce festival.

Nous serons ensuite conviés à la conférence de presse de Yann LE BARAILLEC, président et fondateur du Motocultor Festival : outre la grande annonce de déménagement du site vers, et on l’apprendra plus tard, à Carhaix, il aura aussi été question du très décrié partenariat avec la marque 8.6, avec laquelle une bière « signature » est en préparation, ainsi que du manque de communication sur site (pas d’indication, de plan, de gobelets (« trop chers à produire » dixit Le BARAILLEC)) qui sera corrigée l’année prochaine pour s’aligner sur ses concurrents.

Le temps de revenir (et de croiser des Bury Tomorrow méga en retard qui fonceront s’installer sur la Dave Mustage) et je peux arriver pour la fin de Life Of Agony, qui aura conquis un public par son implication, malgré un show plus minimaliste. Mention spéciale à Mina, particulièrement en transe, qui m’aura particulièrement fascinée par son immense charisme.

En parlant des Bury Tomorrow d’ailleurs, je ne sais pas si c’était parce qu’ils avaient besoin d’expulser tout un stress lié à leur retard mais, bordel, QUEL SHOW ! Avec peut-être le meilleur son de tout le festival, le groupe aura véritablement bombardé la fosse d’un death-néo metal d’une telle férocité, d’une telle violence qu’elle mettra juste le public en feu. Excellent concert !

Mon dernier concert de Combichrist remonte à 2011 où, première partie de Rammstein et – on devinait – totalement tétanisés par le trac, ils avaient été bien hués. Plus d’une décennie plus tard et une grosse évolution, je les redécouvre en live avec grand plaisir ! Une belle prestation des allemands, qui se sont montrés heureux d’être présents !

Le bon gros hard rock des familles est dans la place avec Exodus ! Le groupe fera un show millimétré et aussi puissant qu’attendu, au plus grand bonheur de tous les fans présents !




C’est semblant porter tout le poids du monde sur leurs épaules que les Swallow The Sun déboulent sur la Bruce Dickinscène. Le groupe brillera pourtant par une prestation sans fausses notes, même si l’heure de passage – en plein jour – nuiera un tantinet au spectacle.

Vient ensuite les teutons d’Electric Callboy (anciennement Eskimo) sur la Massey Ferguscène : le groupe remporte un très joli succès grâce à des clips déjantés et scénarisés au possible, à un point que la hype était très présente, notamment auprès de certains membres d’autres groupes, présents dans la fosse en compagnie des festivaliers. Pourtant la sauce ne prend pas en live et toute l’attente provoquée par les vidéos retombe complètement à plat. Dommage aussi d’avoir un groupe qui fonctionne en mode automatique, ils ont clairement manqué de chaleur humaine.

Tour le contraire des précédents, les Testament ne failliront pas à leur réputation avec un set peut-être très carré et pro, mais surtout une bonhommie et une chaleur qui fait qu’on prend tellement notre pied ! Les rois du thrash semblent indétrônables. D’ailleurs, certains membres des Combichrist apprécieront le show depuis le pit photo.

Le choix était rude pour les fans du genre puisque jouait pendant ce temps, sur la Bruce Dickinscène, les Orange Goblin ! Excellent show du groupe anglais, qui mettra la foule, particulièrement dissipée, en feu ! La preuve est que c’est certainement sur ce concert que la sécurité (dont Ben Ward saluera le travail en cours de set) aura eu le plus de boulot !

Les Dark Tranquility étaient venus au Motocultor il y a de cela quelques années, aux débuts du festival – Mikael Stanne (chant) dira d’ailleurs qu’il n’aura rien reconnu quand il a débarqué au festival. Très bon set des suédois, qui s’est non seulement axé autour de « Moment », leur dernier album, mais aussi avec beaucoup de tubes et de raretés. Moi qui n’attendait rien du concert (c’est la troisième fois que je les voie), j’ai été véritablement prise dans l’ambiance à la cool instaurée par le groupe, et la communion de ce dernier avec son public, certes peu nombreux, mais en folie. Un de mes meilleurs souvenirs du festival.

Igorrr aura donné le ton sous la Massey Ferguscène ! Le groupe sans étiquette et unique dans le genre aura su distiller ses différentes ambiances pendant son concert, qui a rassemblé de nombreux adeptes, mais aussi de curieux. A voir au moins une fois dans sa vie.

Enfin, devant la foule dense et compacte se pressant devant Behemoth, mais surtout les ayant déjà vu à de nombreuses reprises, je me dirigea vers la Bruce Dikinscène sur laquelle se produira Lord Of The Lost. Une ambiance à la fois folle et intimiste pour applaudir les allemands indus qui produiront un show généreux et spontané. Une très belle découverte en live !

Le show des Lord Of The Lost concluera notre Motocultor : malgré quelques couacs rencontrés (communication inexistante sur place, mais aussi souci avec les sanitaires normaux), ce fut trois jours de notre côté bien plus agréables à vivre qu’un Hellfest bien trop bondé qui nous a fait du bien aux oreilles et, par le nombre de personnes bienveillantes rencontrés sur place, au coeur. Nous souhaitons une longue vie au Motocultor à Carhaix et nous serons au rendez-vous l’année prochaine. Mais surtout, surtout, ne grandissez pas plus !

[ALERTE FESTIVAL] Le Motocultor, c’est dans un mois !

Dans un mois tout juste aura lieu la nouvelle édition du Motocultor Festival ! Il se tiendra une nouvelle fois sur le site de Kerboulard, à Saint-Nolff, très exactement du 18 au 21 août prochain ! En voici l’affiche complète :

[CHRONIQUE] Testament – Titans Of Creation

Les rois du thrash metal Testament sortent ce printemps, en plein milieu d’une pandémie mondiale, leur nouvel album, «Titans Of Creation». Un opus violent, accessible, qui s’inscrit dans la continuité de la carrière du groupe.

«Titans Of Creation» se partage entre son caractère incisif, son groove et sa puissance phénomenale. Le duo Hoglan/Digiorgio, respectivement à la batterie et à la basse, excelle et tous les morceaux bénéficient d’une structure rythmique remarquable.

Chuck Billy se montre en grande forme vocalement parlant : il passe d’un ton nasillard à la Dave Mustaine à un chant plus agressif, rentrant directetement, tel une piqure d’adrénaline, dans votre peau (comme sur «WWIII» par exemple) jusqu’à avoir un ton qu’on croirait sorti des années 1980. Les guitares de Erick Peterson et Alex Skolnick font de très blles envolées sur des solos à vous couper le souffle par un véritable uppercut dans l’estomac.

Au niveau des morceaux, si «Dream Deceiver» s’inscrit dans la pure tradition thrash, «Night Of The Witch» est l’une des chansons des plus violente de l’album, avec ce petit caractère bien incisif mais elle reste très prenante. «City Of Angels» est, à contrario, la plus douce et accessible de l’album, avec un refrain qu’on retient facilement. On le verrait bien en tant que nouveau single ! (Elle a pour l’instant fait l’objet d’une lyric-vidéo !

S’il ne révolutionne pas le genre, ni même la musique de Testament, «Titans Of Creation» reste un bon album de thrash, qui envoie du bois (vert) et avec un Chuck Billy au top de sa forme. Un opus qui fait du bien (et on en a bien besoin en ce moment)

8,5/10

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