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[CHRONIQUE] Asylum Pyre – N°4

C’est après trois ans d’attente et surtout pas mal de mouvements de line-up, les Asylum Pyre nous livrent ce qu’ils considérent comme leur opus le plus abouti « N°4 ».

Et c’est une ambiance bien différente de « Spirited Away » qui nous attend : exit les envolées grandiloquentes aux claviers, place à une nouvelle ère, plus moderne ! Et si la révolution commence par un graphisme plus épuré encore qu’il y a trois ans, elle passe surtout par la nouvelle chanteuse d’Asylum Pyre, Oxy Hart, dont la voix, brute, adaptable, créative, saura vous transporter par toutes les émotions distillées par ce « N°4 ». Elle est un vrai atout, désormais, pour cette nouvelle vie du groupe.

Le son également est bien meilleur : mieux produit déjà, plus moderne, avec quelques riffs plus accrocheurs, et des vrais hymnes (« Sex Drugs And Scars ») qui pourraient être entonné par des groupes tels que Helloween ! On note aussi l’arrivée de voix prestigieuses : celle, catchy, de Yannis Papadopoulos des Beast In Black et celle, plus sombre et rageuse, de Raf Pener des T.A.N.K. pour des featurings des plus réussis.

Mais surtout, Asylum Pyre s’affranchit du genre qui avait fait son succès, le metal mélodique « à chanteuse » et joue avec les codes : un coup de bon heavy, un coup d’électro, le groupe s’amuse et instaure diverses ambiances nécessaires au bon déroulement de son album conceptuel. La formation brise ses chaînes, c’est rafraîchissant !

Asylum Pyre nous offre un retour fracassant avec ce « N°4 » et, avec ce passage à une nouvelle ère, nous prouve que même un groupe qu’on pensait très sage sait faire une grosse prise de risque. Une bien belle évolution. Et petit bonus, cette fragrance vous coûtera moins cher que son cousin lointain de Chanel.

9/10

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[INTERVIEW] Ombeline (Asylum Pyre) : « Aujourd’hui, tout le monde veut aller dans le même sens »

Près de trois ans se sont écoulés sans qu’on ait un seul signe de vie des Asylum Pyre ! Autant dire que lorsque le groupe a annoncé son grand retour avec un nouvel album, « N°4 », nous étions tous joie, nous y compris ! A l’occasion de la sortie de cette galette SPOILER savoureuse, on s’est entretenu avec Ombeline alias Oxy, géniale et charismatique chanteuse de la formation. Un entretien…. sans concessions !

(image d’en-tête par Anaïs Borne)

Metal- Actus : Tu es arrivée dans Asylum Pyre courant 2016 mais c’est le premier album qui se fait avec toi au chant. Déjà comment s’est passée ton arrivée au sein du groupe et comment vous vous êtes mis à cet album ?

Ombeline « OXY » Duprat : Mon arrivée s’est bien passé ! Elle s’est faite par l’entremise de Steve Cheney, que tout le monde connaît sur Paris !

Ah je le connais aussi (rires)

Oui il doit être le guitariste le plus connu de la scène metal parisienne (rires). L’intérimaire du metal comme on le surnomme, et ça le fait bien marrer. Donc Steve a dit à Johann (NDLR : Cadot à la guitare et aux chants) : »Je connais une chanteuse, vois avec elle si ça ne peut pas l’intéresser ». J’ai passé une audition : humainement ça a collé, artistiquement, on était complètement raccord. Le travail à fournir était le point le plus important car il est très exigeant – je le suis aussi – et il fallait supporter la pression qu’on pouvait se mettre l’un l’autre, ce qui est une donnée à prendre en considération. Tu peux très bien t’entendre avec quelqu’un, mais pas pouvoir bosser avec.
Johann avait composé l’album, il avait même commencé des maquettes avec Chaos Heidi : je suis arrivée, les paroles étaient faites, les compos étaient faites, les lignes de chant étaient en cours de construction; j’ai pu apporter ma pierre à l’édifice en proposant à Johann plusieurs types de chants.

Donc tu y es peut-être pour quelque chose dans cette légère évolution de Asylum Pyre … un peu plus brute de décoffrage je dirai ?

Tu penses ? On y a tous apporté quelque chose ! Thomas Calegari est notre batteur, il a bossé pour Claire Keim, pour Svinkels…. Il fait de la fusion, de l’afrobeat, tout ça. Le lien avec le metal ? On s’en fout ! On est tous des musiciens ! A partir du moment où ça sert ton propos, que ça sert la musique et que ça l’enrichit, si tu trouves que c’est approprié, alors fonce !

C’est clair que je ne vous voyais pas chercher un musicien power metal moderne et tout (rires) !

Et qui serait resté dans les années 1980 sans vouloir évoluer au niveau du son ! (rires) Tu peux kiffer cette musique là mais il faut aussi savoir évoluer et proposer quelque chose qui corresponde aux goûts des gens à l’heure actuelle.

Pour ce titre minimaliste, « N°4 » ?

C’est effectivement le quatrième album, qui lui-même s’inscrit dans la lignée des trois précédents, avec à la fois la figure féminine, des thématiques. Pourquoi ce titre ? Tu regardes la typo utilisée, c’est la même que celle pour « N°5 » de Chanel : on est dans un monde préapocalyptique, 2052. Les masques à gaz sont devenus des objets de luxe car l’air est irrespirable. Et en tant que tels, ils sont stylisés : on a mis le logo dessus, avec des strass, et on a jouté à l’artwork le côté reine de beauté qui correspond au personnage du concept qu’on a développé. Dans cette vie-là, je serais mannequin, égérie, et je pose avec mon masque à gaz (rires). A côté, les autres photos qu’on ne va pas tarder à dévoiler montre qu’on est la Résistance, avec un petit côté Mad Max; Il y a une double lecture de la pochette : on reste sur une critique de la société consummériste, correspondant parfaitement à « N°4 ».

Pourquoi vous interpellez vos fans en utilisant le terme « Fighters » ?

Parce que justement nos fans et les gens qui nous entourent sont également membres de la Résistance et on les invite à se battre avec nous…. Sachant qu’on a des armes complètement dérisoires : la mienne est mon rouge à lèvres Chanel justement, qui a des super-pouvoirs (rires) Ils seront incorporés dans notre concept. C’est nos combattants!

Donc Wik est parti en mission pour la Résistance ?

Tout à fait (rires). Mais il va revenir !

Vous avez fait appel à deux invités prestigieux sur cet album : Raf Pener (T.A.N.K.) et Yannis Papadopoulos (Beast In Black). Comment s’est porté ce choix ?

Raf est un ami du groupe, d’autant qu’il habite à deux pas de chez Johann. Nils (NDLR : Courbaron, guitariste de T.A.N.K.) est un ami de longue date du groupe qui nous a souvent dépanné pour pleins de concerts, et cette fois-ci on lui a demandé de faire tous les solis de l’album. Il était assez naturel de demander à Raf de venir sur l’album. Sur « Durst » qui était assez violente, on avait mis un peu de double pour avoir une chanson plus agressive que les autres, et une collaboration avec Raf sur ce titre était tout à fait indiquée même si ce n’est pas le genre de musique que lui va apprécier le plus. Il l’a fait par amitié.
Et Yannis, c’était complètement par hasard car on ne le connaissait pas auparavant. Sur « Sex Drugs And Scars », Johann n’était pas pleinement satisfait des lignes de chant que lui même chantait au début. Et il est allé voir Yannis en concert, il l’a vu ensuite au stand de merchandising, et il lui a demandé de chanter sur l’album, comme ça, au culot. Il a écouté, il a été saucé et il a accepté. Il a enregistré en Grèce, il nous a envoyé les rushs et puis c’était fait.

Est-ce que tu penses qu’Asylum Pyre pourra faire plus de collaborations de ce gabarit-là dans l’avenir ?

Oui. je pense que maintenant, on est sur une bonne lancée, ne serait-ce que parce qu’on a un line-up fixe, un son qui est propre et qui marque un peu le renouveau du groupe. Après, à voir aussi en fonction des propositions qu’on va avoir. On commence d’ailleurs à en recevoir de différents potentiels partenaires, et certaines sont intéressantes.

Du coup, c’est bien d’avoir un line-up enfin stable ? Vous aviez eu des difficultés à le maintenir !

C’était devenu, à vrai dire, une vraie préoccupation. Johann a toujours mené le projet tout seul, depuis sa formation initiale. Asylum Pyre manquait de membres solides, de gens qui sont impliqués, que ce soit à différents niveaux. Aujourd’hui, tout le monde veut aller dans le même sens. On a compris, aussi, certaines choses : c’est un mal pour un bien, tout ce qui a pu se passer auparavant. On sent enfin une vraie émulation de groupe, on prend plaisir à se retrouver. On est passé de lui tout seul à nous deux, à vraiment cinq.

Revenons à « Sex Drugs And Scars ». C’est vrai que la vidéo a été censurée ?

Oui sur Facebook, à qui ça n’a pas du tout plu qu’on en fasse la promotion. Parce que ça dérogeait aux règles standards de la communauté. En même temps, un meurtrier peut faire un live de 17 minutes sans avoir de problèmes (pause) Il faut avoir deux poids deux mesures.

Le morceau représentait le plus l’album à vos yeux pour le balancer en premier ?

Non. On voulait frapper un coup en revenant. Asylum Pyre a toujours assumé le fait d’avoir des chansons comme celle-là, hyper catchies. On s’est dit donc qu’on allait se faire dégommer, forcément, un thème comme celui-là, ça passe ou ça casse. Mais on voulait le mettre en avant car c’est un titre dont on est fier, pour lequel il ne faut pas s’arrêter à son sens premier.

Oui d’ailleurs certains disent que Jésus va vous condamner pour ça (rires)

Oh oui ce commentaire « Jesus Is Coming For You » !! (rires) D’ailleurs le seul pouce sous le commentaire est le mien (rires). Le titre devait être en adéquation avec ce qui avait été fait avant. C’était aussi l’occasion de mettre en valeur le travail de Yannis, forcément tu as un guest, tu ne vas pas le cacher. On l’assume, ce titre « racoleur ».

Que peux-tu me dire sur votre clip, « One Day » ?

On a travaillé sur ce clip avec Alban Verneret, réalisateur, avec qui j’avais bossé avant. Il a travaille plus pour Warner et compagnie mais il a bien kiffé le projet et il nous a fait un prix en conséquence. Il a compris l’univers : une aubaine pour nous surtout qu’on voulait casser avec ce qui avait été fait auparavant. On aurait aimé faire un court-métrage, mais ça coûte cher, au moins 20000 euros minimum, et on n’a pas cet argent. On a choisi d’aller sur du catchy, sur quelque chose avec une petite narration, en retravaillant l’image, on a joué aussi devant la caméra car nos fans sont demandeurs…. On a réutilisé nos fringues de la vie quotidienne pour cette vidéo!

Johan s’est une nouvelle fois occupé de toutes les paroles ?

Johan, c’est l’artisan. C’est lui qui fait tout. Après libre à nous de participer si on veut changer les choses, il nous sollicite en permanence. Ce n’est pas du tout une dictature ! C’est le mec qui va vraiment prendre le temps de faire coller une sonorité, de choisir le mot en fonction de sa sonorité par rapport à tel moment de la musique. Il fait de l’orfèvrerie jusqu’au mix !

Que peux-tu me dire sur « Lady Ivy » ?

Je ne vais pas forcément en parler mais je vais te raconter l’anecdote d’enregistrement : je crois que cette chanson, je l’ai enregistrée en deux prises. Il y avait un tabouret, et j’étais à califourchon dessus en train de gesticuler dans tous les sens, comme si je montais un taureau furieux (rires) C’est une chanson qui est hyper rageuse. C’est l’une de mes préférées !

Que peux-tu me dire sur « The Right To Pain » ?

(chantonne l’air) Elle est assez alambiquée avec un côté plus prog. C’est sur le droit de pouvoir souffrir. Qu’on ne se méprenne pas, c’est pas forcément une ode au sado-masochisme (rires) On est dans des sociétés où on sait très bien que c’est pire ailleurs et on peut avoir tendance à gommer certaines émotions en se disant qu’il y a des gens qui vivent bien pire. On peut tout avoir mais est-ce qu’on est vraiment heureux ? Non pas forcément. Et est-ce qu’on oserait l’exprimer ? Non plus. C’est l’incarnation même de la signification de la dépression. Tu peux tout avoir, tu as le droit de ne pas être bien, et tu as le droit de le dire; Ce n’est pas pour autant que tu vas condamner, que tu vas mettre ta souffrance au-dessus de gens qui crèvent vraiment la dalle, ! Tu ne compares pas ce qui n’est pas comparable. C’est juste la possibilité de pouvoir exprimer des affects ! Aujourd’hui, on est dans une espèce de dictature du cool, du bien-être, et dès que tu dit que ça ne va pas, tu fais flipper les gens, car il faut faire du sport, manger équilibré …

C’est vrai qu’en France, la question « ça va » est une formule de politesse plus qu’une vraie question.

Oh que oui ! Si tu dit que ça ne va pas, ouh là là … embrouille en vue ! (rires).

Une release party est-elle prévue ?

Probablement au début de l’automne, on va commencer à se pencher sur le sujet. Là, l’urgence, c’est les concerts qu’on va faire avec Demons And Wizards. C’était aussi une volonté de notre part : déjà, pour les festivals, il aurait fallu candidater l’année dernière. Mais l’été prochain nous permettra de diffuser davantage les clips, diffuser la musique, diffuser la nouvelle identité d’Asylum Pyre, que les gens réentendent parler de nous parce qu’on est resté dans l’ombre pendant un peu près trois ans, et en trois ans les gens t’oublient. On mettra ces mois à profit pour revenir à la rentrée avec du nouveau contenu, des vidéos et des concerts.

Du coup, Demons And Wizards ça s’est fait comment ?

Alors c’est Johan qui pourrait le plus t’en parler car c’est lui qui a repéré les dates et a candidaté. On a été sélectionné pour notre plus grand bonheur sur ses trois dates. Il se fait un cadeau pour ses 40 ans. (rires)

The Experiment no. Q, comment ça se passe ?

Le principe de The Experiment, c’est qu’on est une grande famille, même si tu croises un peu près les mêmes personnes, notamment les mecs de Therion, qui sont très copains avec Paolo.On a enregistré en septembre l’album, on a joué à Turin, en Italie, il y a deux semaines. Et j’interviens quand Paolo a besoin, si je suis disponible. J’aime beaucoup bosser avec Kevin Zwierzchaczewski : on est hyper complices, et encore, la dernière fois, on a fini le show, on était tous les deux à quatre pattes par terre, en dehors de la scène, devant les gens en train de faire « errrrr » comme ça avec des masques (rires). Ce mec est aussi taré que moi ! Après, t’es là, la chanson s’arrête et t’es « bon, comment je me relève maintenant » (rires). Pour vous servir, animations en tout genre (rires) !!!

Un dernier mot ?

Redevenez curieux ! Tu ne prend plus le temps de faire quelque chose pour toi, ne serait-ce qu’aller au théâtre tout seul. On a toujours besoin de témoigner au monde entier à quel point tu as une vie formidable. On n’a pas envie de découvrir, de se laisser guider au gré des balades, … Et on ne découvre plus forcément des nouveaux artistes, ou que quand ils sont archi-connus. Prends plus le temps de faire des trucs en solo, juste pour toi, pour te nourrir spirituellement.

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One Day (Silence – part 2 : Daydreaming) :

« Sex Drugs And Scars » :

Asylum Pyre : Nouveau clip vidéo !

Les Asylum Pyre viennent de sortir leur tout nouveau clip intitulé « ONE DAY (Silence – part 2 : Daydreaming) ». Il s’agit d’un extrait de leur prochain album, « N°4 », dont la sortie est prévue pour le 26 avril prochain !

Tracklist :

01 – Lullaby For The Clairvoyants
02 – One Day (Silence – part 2 : Day Dreaming)
03 – Sex, Drugs And Scars
04 – Lady Ivy
05 – On First Earth
06 – (D)ea(r)th
07 – Into The Wild
08 – MCQ Drama
09 – Borderline
10 – The Right To Pain
11 – The Broken Frame
12 – The Cemetery Road

« Sex Drugs And Scars » :

Artwork :

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Asylum Pyre : Nouvelle lyric-vidéo

Les Asylum Pyre sortiront leur nouvel album, sobrement intitulé « N°4 » le 26 avril prochain. Le groupe vient de sortir la lyric-vidéo de « Sex, Drugs And Scars », disponible ci-dessous :

Tracklist :

01 – Lullaby For The Claivoyants
02 – One Day (Silence – part 2 : Day Dreaming)
03 – Sex, Drugs And Scars
04 – Lady Ivy
05 – On First Earth
06 – (D)ea(r)th
07 – Into The Wild
08 – MCQ Drama
09 – Borderline
10 – The Right To Pain
11 – The Broken Frame
12 – The Cemetery Road

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[LIVE-REPORT] Pre-Party du PMFF VI : Asylum Pyre, Conscience et Freaky Time au Dr Feelgood 2 (08/12/2016)

Le PMFF Fest organisait le 8 décembre dernier une pré-party, à l’occasion de sa sixième édition qui se tiendra à Ris-Orangis, du 06 au 08 janvier prochain. Trois groupes à l’affiche du festival ont accepté de donner un concert gratuit au Dr Feelgood Des Halles, à Paris. Un petit avant-goût de qualité, durant lequel on pouvait également se procurer le précieux sésame.

Freaky Time débute les hostilités. Ce quatuor mixte originaire de Charleville-Mézières semble absolument ravi d’être là vu les grands sourires et la bonne humeur affichée. Ce qui est communicatif vu que beaucoup de curieux repartiront conquis ce soir, grâce à une musique vivante, à mi-chemin entre No Doubt et les Red Hot Chilli Peppers. Seul petit défaut : peut-être une présence scénique encore un peu trop timide, qu’on mettra volontiers sur la jeunesse du groupe (né en 2015 !) Pour info, ils préparent leur premier album dont la sortie serait prévue pour janvier 2017 !

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Nous n’avions pas revu Conscience depuis fort fort longtemps. Ces derniers n’étaient pas au complet, ayant prévu pour ce soir un set acoustique, juste avec deux guitares et deux voix. Un show intimiste, agréable et convenant parfaitement au cadre du Dr Feelgood des Halles. Un choix judicieux ! Côté setlist, on a eu les standards habituels, avec une très jolie reprise, pour conclure du titre de Britney Spears « Hit Me Baby One More Time ». Le groupe prépare aussi un nouvel album. Plus d’infos seront diffusés lors du prochain PMFF Fest justement !

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Asylum Pyre était très attendu ce soir : c’était, en effet, le premier concert de leur nouvelle chanteuse, Oxy Hart (Nimrod). Par ailleurs, Steve (Replay) et Nils (T.A.N.K.) était aussi de la partie ce soir là.
Et le pari fut réussi pour le groupe dont l’ensemble restait cohérent musicalement, mais surtout scéniquement parlant ! Et ce malgré quelques bons ratages (ils ne jouent pas ensemble depuis très longtemps, cela s’est vu et entendu à quelques reprises). Niveau setlist, la part belle était surtout pour le dernier album du combo, « Spirited Away ». Bref, ce n’était pas le show le plus parfait du monde, mais les Asylum Pyre y ont mis du coeur, et cela s’est ressenti jusqu’au fond de la salle. Le groupe a été acclamé et c’est largement mérité.

On retrouvera tous ces groupes avec grand plaisir au PMFF VI, qui se tiendra du 6 au 8 janvier prochain au Plan de Ris-Orangis. Des places sont encore disponibles !

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[RAPPEL CONCERT] La Pré-party du PMFF VI, c’est ce soir au Dr Feelgood des Halles !

La Pré-Party du PMFF VI, c’est ce soir au Dr Feelgood des Halles ! Asylum Pyre, Conscience et Freaky Time donneront un concert dans la salle du bar. L’entrée est gratuite !

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Le PMFF IV se tiendra lui du 6 au 8 janvier prochain à la salle Le Plan, à Ris-Orangis.

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Le Pass 3 jours est à 65 euros + frais, et le pass à la journée est à 25 euros en prévente, 30 euros sur place.

[ALERTE CONCERT] Melted Space de retour à Paris

Après un passage remarqué en première partie de Myrath et Symphony X à la Machine du Moulin Rouge, Melted Space revient dans la capitale en mai rochain, et cette fois en tête d’affiche !
Ils fouleront donc la scène du Divan du Monde, le 24 mai prochain , en compagnie d’Asylum Pyre et de Deathcode Society. A noter que le dernier opus du projet musical de Pierre Le Pape, « The Great Lie », sera interprété en intégralité, en compagnie d’un invité spécial.

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[CHRONIQUE] Asylum Pyre – Spirited Away

Après deux ans d’absence, Asylum Pyre effectue son retour avec un nouvel opus; « Spirited Away ». Une galette qui tranche beaucoup avec les précédentes. Avons-nous là l’album le plus abouti du groupe ?

« Spirited Away », troisième album du groupe marque une nette séparation avec le passé, même si l’album ne renie en aucune façon son héritage. Par son artwork tout d’abord : une photo de femme remplace l’habituel dessin, entouré d’un feu.

La musique ne sera pas en reste puisque Asylum Pyre nous présente une très large palette d’émotion : très rentre-dedans sur « Soulburst », plus doux et harmonieux sur « Fly ». On note aussi beaucoup de solos de guitare (Johann Chardot s’est bien fait plaisir, et ça nous fait plaisir justement). La voix de Chaos Heidi, semblable à aucune autre dans le milieu, nous présente également des nuances qu’elles n’avaient jamais pu exploiter avant. Autre personne qui se démarque : le claviériste Armendar qui, non seulement, fourni un véritable travail sur la structure des morceaux avec le batteur Vincent Kreyder, mais nous gratifie de quelques mélodies qui nous accrochent sans nous lâcher (plus particulièrement avec « Only Your Soul »). La prise de risque est donc au maximum pour le groupe qui, même s’il garde un petit lien avec ce passé, se permet beaucoup plus de chose, avec succès et talent.

Au niveau des paroles, elles ont évolué pour tourner autour de l’esprit humain : nostalgie, deuil, tristesse, espoir mais aussi le handicap comme avec le morceau « At My Door », la schizophrénie … Bref, vous l’aurez compris, beaucoup de choses différentes sont dans cet opus et nous permet de ne pas nous ennuyer.

Asylum Pyre est-il à un tournant de sa carrière ? En tout cas, la musique de « Spirited Away » est d’une sincérité désarmante, qui peut faire vaciller les plus sensibles d’entre nous. Asylum Pyre se confie sur ses doutes, ses peines, son enfance et nous livre son meilleur opus. Un cap vient d’être franchi …

A découvrir, sans plus attendre.

9/10

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[INTERVIEW] Asylum Pyre – Johann et Chaos Heidi

Après une petite absence remarquée, Asylum Pyre revient avec « Spirited Away », nouvel album qui tranche avec les précédents : plus sombre, plus réfléchi, c’est peut-être même la plus personnelle des galettes que le groupe a sorti jusqu’à présent. Metal-Actus a pu leur en parler à l’occasion d’une longue entrevue.

Réalisée le 02/10/15

Metal-Actus : Comment vous vous sentez avec la sortie de cet opus, « Spirited Away » ?

Johann Cadot (guitare) : Bien, et encore mieux qu’hier car on avait peu de retours sur l’album jusqu’à ce matin. Et sur les journalistes qu’on a pu voir aujourd’hui, c’est plutôt très bon !
Chaos Heidi (voix) : On a eu pleins de points de vue très intéressants, beaucoup de réactivité et d’intérêt. C’est très positif !

Comment avez-vous procédé sur cet opus, qui semble être le plus personnel de vos albums ?

J : On a toujours voulu faire quelque chose qui sortait de nos tripes. On n’a pas forcément réussi : peut-être que les influences étaient trop présentes. C’est, notamment, le regard de Didier Chesneau, notre producteur avec lequel on travaille pour la deuxième fois, qui nous a aiguillé à faire certains choix.
CH : On est à l’affirmation de notre identité. On a fait des choix plus tranchés sur des histoires de son, sur la voie vers laquelle on voulait aller. Et on a l’expérience des albums précédents, qui fait qu’on est arrivé jusque là aujourd’hui (rires).
J : Sinon, la composition s’est passé de la même façon que l’album d’avant.
CH : J’ai pris le train dès le départ ! Sur l’opus d’avant, j’étais arrivée quelques semaines avant l’enregistrement studio, l’album n’a pas été composé avec moi.
J : Seulement Julien (NDLR : Peuch, bassiste jusqu’en 2013), qui était là sur l’album d’avant et s’impliquait beaucoup a quitté notre groupe. Du fait qu’il n’était plus là, ça a changé notre façon de procéder.

C’est-à-dire ?

J : Je me suis retrouvé à faire toutes les bases des morceaux tout seul, même si j’ai échangé dans un second temps avec tout le monde. Là, les mots sont venus tout seul. Et puis, il y a eu de la nouveauté : je compose désormais sur une guitare 7 cordes, et de nouveaux visages sont arrivés dans le groupe.
CH : Chacun des musiciens apporte sa personnalité, des sonorités, des ambiances. On apporte l’expérience de son instrument : on a beaucoup travaillé en studio les morceaux, notamment sur les guitares et les arrangements de manière générale avec l’accord de Didier Chesneau car, il reste le producteur de notre album.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre morceau « At My Door », qui traite de l’autisme ?

J : Elle parle du monde parallèle dans lequel vivent ces personnes atteinte de ce syndrome. On est parti à la base d’une émission de Josef Schovanec sur le syndrome d’Asperger, sur ces personnes qui ont un cerveau assez puissant. Après, il s’est avéré que, dans mes contact Facebook, j’avais des gens atteint d’autisme, ou qui étaient des parents, amis d’autistes. J’ai donc échangé avec eux pour en apprendre le plus possible. Pour être sûr, je leur ai même fait valider ces paroles.

Vous avez donc obtenu leur accord ?

CH : On voulait juste savoir ce qui était possible de retranscrire de l’autisme.
J : Et c’était important pour moi; par exemple, dans une discussion, j’ai utilisé le terme « maladie », mais c’est un syndrome, un état.

Qui a créé l’artwork ? Quelle est sa signification ?

CH : Il a été réalisé par Mickey (Mythrid Art), avec lequel on collabore pour la première fois. Comme on a une thématique qui change, un opus un peu différent, on a fait appel à lui. On a gardé le personnage féminin qu’on peut déjà trouver sur les autres pochettes, ce qui fait quand même un lien. Mais on a voulu retranscrire quelque chose de très abstrait, quasiment conceptuel : un esprit visible dans un corps invisible.

Pourquoi avoir choisi « Only Your Soul » en tant que premier single ?

CH : On voulait pour le single, donc pour le clip, un des morceaux les plus « catchy » de l’album parce que c’est eux qui circulent le plus. Notre choix s’est porté sur « Only Your Soul » car on avait un scénario, une histoire, quelque chose qu’on a eu envie de mettre en image. Ce titre peut parler à un maximum de gens pour un premier titre diffusé : on traite de l’enfance perdue, des rêves et des illusions qu’on perd quand on passe à l’état d’adulte.

Ce n’est pas trop pessimiste comme vision ?

CH : Justement, si on regarde le clip, il y a des images d’espoir, notamment sur la fin car, dans la nostalgie, il y a deux côtés : le joyeux et le triste.
J : C’est un sentiment très fort, ambivalent, un mélange de joie et de tristesse. Il y a aussi la discussion entre l’enfant qu’on était qui dit à l’adulte qu’on est aujourd’hui : « Bouge-toi ! Fais-le ! » est le genre de message que nous avons voulu faire passer.

Et si vous vous retrouviez devant l’enfant que vous étiez, que lui diriez-vous ?

CH : On bloque une journée entière ? (rires) (elle s’adresse à Johann) Qu’est-ce que tu lui dirais toi ?
J : Je suis en train de m’imaginer là (hésite) Je lui dirai de s’ouvrir plus vite au monde : plus petit, j’étais peut-être trop renfermé, je m’amusais tout seul. Et j’ai découvert pleins de choses en fin d’études, de scolarité, qui m’étaient inconnues avant. Donc je lui dirai « Ouvre-toi aux autres plus vite, plus tôt et découvre des choses.
CH : En fin de compte, n’importe quel auditeur, spectateur du clip, peut être amené à se poser la même question et chacun aura une réponse différente et personnelle.
J : Et on pourrait la poser aux gens en concert !
CH : Ma foi ! (rires) On va pouvoir ouvrir une psychanalyse ! (rires)
J : « Asylum Psyre » ! (rires)

Vous avez monté une campagne Ulule pour votre clip. C’est d’ailleurs le premier. C’était le meilleur moment pour vous lancer ?

CH : Pour le clip, c’est une idée qu’on avait déjà sur l’album d’avant mais au niveau du temps et des moyens, ce n’était pas trop ça (rires). Donc là, on a anticipé le truc. On est passé par ce moyen, cette campagne de financement participatif, car cela permettait de réammorcer notre retour, avec un projet concret, car on avait disparu du devant de la scène pendant un petit moment le temps de préparer l’album. A un moment donné, il faut revenir, sinon, les gens vous oublient (rires).

D’ailleurs vous faîtes preuve d’une grande transparence envers vos fans avec ce tableau détaillant vos dépenses …

CH : Cela nous a semblé normal : quand on participe à quelque chose, avec l’argent des autres et qu’on leur demande gentiment de nous faire confiance, on doit jouer la transparence en leur expliquant pourquoi on en avait besoin en détaillant les dépenses très précisément, ce qui permet de rassurer tout le monde et inciter à donner plus facilement (rires). Des projets n’inspirent pas confiance donc on a voulu faire ça de manière professionnelle et cohérente.

Vous allez assurer la première partie de Stream Of Passion. Content de cette opportunité et par la même occasion de revenir sur les routes ?

J : Cela fait un petit moment que nous n’avons pas joué sur scène, donc on a hâte de recommencer et de présenter les nouveaux morceaux. Et le faire avec un groupe comme Stream Of Passion ne change rien à notre état d’esprit : on a toujours un peu la pression car, que ce soit avec ou sans eux, on n’a jamais pris un concert à la légère. On est là pour se faire plaisir et faire plaisir aux gens.

Et vous avez des plans de concerts à l’étranger ?

J : C’est en cours : on attend des confirmations car, dans le milieu, il y a des gens qui te disent « oui, oui » alors, qu’en fait, c’est « non, non » (rires).

Aurez-vous un show plus particulier ?

J : On en a parlé hier ou avant-hier vois-tu ! (rires).
CH : On a posé une setlist : on sera dans des temps relativement courts dans un premier temps puisqu’on assure des premières parties. Il faut donc être efficace rapidement, de façon à avoir des morceaux qui vont fonctionner, interpeller les gens et qui vont leur donner envie d’en savoir plus. On ne peut pas se permettre de caser un morceau super-progressif de dix minutes où ceux qui ne nous connaissent pas vont faire « Gné ? » (rires).

Comment prend-tu soin de ta voix ?

CH : J’utilise ma voix au quotidien puisque je suis professeur de chant. Tout ce que j’ai pu apprendre sur comment prendre soin de sa voix, l’entretenir, la faire travailler, c’est quelque chose que j’applique tous les jours à moi-même et que j’enseigne à longueur de temps aux autres. Donc, j’espère que je fais ce qu’il faut ! (rires) Mais c’est une hygiène de vie, il faut que je fasse attention à ne pas aller dans des gestes dangereux car ce sont des choses que je connais maintenant.

Et pas de Jack Daniel’s ?

CH : Si, j’adore ça ! (rires) Après, il faut faire attention à la façon dont on consomme : tout le monde sait que s’enfiler une bouteille avant de monter sur scène n’est pas une bonne idée ! (rires)

Les textes étant de Johann, comment les interprètes-tu ?

CH : Cela ne me pose pas spécialement de problèmes. J’aime ce côté interprétation : on me donne un rôle et moi je fais « Ah ! Qu’est-ce que je vais jouer aujourd’hui ?  » (rires). Quand c’est sur l’autisme, je me dit qu’il faut jouer sur l’émotion, pour « Soulburst » qui est un morceau sur les nazis, on part sur la schizophrénie donc on peut aller dans des choses très extrêmes, dans un sens ou dans l’autre … Donc c’est un jeu à chaque fois en fin de compte. Après, on travaille en concertation, c’est-à-dire que j’ai ma vision des choses qui n’est pas forcément la sienne. Les seules divergences qu’on pourrait avoir serait la façon d’exprimer telle ou telle émotion.
J : Parfois, je donne des indications qui sont comprises et appliquées …que par moi (rires).
CH : Tu m’as déjà sorti des trucs assez hallucinants et marrants. (rires)

Un dernier mot ?

CH : On a hâte de voir tout le monde pour la sortie de cet opus. On a hâte de rencontrer et de revoir notre public. La prochaine échéance est en décembre et on vous attend avec impatience.
J : On va faire plaisir et se faire plaisir.

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