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2025 l’année du renouveau ? Bilan d’une année hors-norme et réjouissante !

2025 aura été très riche en nouveautés et en découvertes. Mais aussi en déceptions, venues d’artistes très attendus. Petite retour sur une année mouvementée pour le Metal français et mondial.

Cet article est un avis purement subjectif de son autrice et ne reflète pas une vérité générale.

Les mastodontes presque tous au rendez-vous

2025 aura été l’année d’un grand retour, celui de Deftones, cinq ans après la sortie de « Ohms » que le groupe n’a pas eu l’occasion de défendre sur scène (à cause d’un virus de seconde zone). Avec « private music », le groupe livre un vrai joyeux, bien produit (et sans que la machine productive américaine se ressente trop), bien composé, avec un ensemble de titres qui reflète Deftones sur sa longue (30 ans!) carrière. Un beau retour qui plaira aux vieux c*ns comme aux jeunes premiers !

Autre immense retour, celui de Coroner, trente-trois ans (!) après son véritable dernier effort « Grin ». On retrouve les ambiances cauchemardesques, les progressions techniques, les envolées mécaniques qui nous retombe dessus tel une guillotine, le tout saupoudré d’une petite dimension progressive bienvenue; Les médisants diront qu’après une si longue absence les suisses auraient pu faire mieux. Personnellement, je n’en demandais pas tant !

Sabaton aura, lui pris un gros risque en balançant un « Legends » versant plus dans le Metal Sympho et avec des orchestrations mama … mais surtout, un album ne traitant d’aucune guerre mais de grands personnages historiques. Un petit virage (ce n’est pas l’évolution du siècle, il faut l’admettre) mais qui est le bienvenu dans la discographie des suédois, qui, sans être mauvaise (bien loin de là) ont bien trop tendance à se répéter (et qui prend une toute autre dimension en live !).

Testament aura réaffirmé son statut de poids lourd de la scène internationale avec un « Para Bellum » mordant, assoiffé, et qui sera une parfaite introduction à tout jeune newbie souhaitant découvrir le groupe. Les américains restent l’un des groupes rois du genre !

C’est Arch Enemy qui aura déçu avec un « Blood Dynasty », que certains qualifient « d’audacieux ». J’aurais aimé que le groupe assume cette audace au lieu de nous livrer un album en demi-teinte, sans aucune implication ou sincérité, porté par aucun morceau « phare ». Un opus qui ne restera pas dans les annales de la bande, malgré que ce soit le dernier avec Alissa White-Gluz au chant (départ officialisé ce 23 novembre).

J’ai bien conscience que je dois être une des rares à penser cela mais ce « Skeleta » de Ghost m’aura déplu : manque de sincérité et de morceaux plus complexes, manque de prise de risque pour des chansons taillées pour la diffusion radiophonique. Je comprend les envies de Tobias Forge de partir à la conquête du monde mais je n’ai pas retrouvé ce côté irrévérencieux et provocateur qui fait le charme des premiers disques.

Les bombes Whitechapel et Orbit Culture, le retour en grâce de Sinsaenum, les revenants d’Eluveitie

Deux autres groupes auront marqué 2025 de leur aura magnétique par des albums grandiloquents, audacieux, vénéneux… Whitechapel revient en force avec « Hymns In Dissonance » après un « Kin » (2021) plus dans la demi-mesure et dans le progressif. Un retour à des origines ultra-violentes qui me fait un bien fou aux oreilles et aux tripes. A voir sur scène comment le combo américain défend son bébé.

C’est peut-être le plus gros coup de cœur de l’année : avec son « Death Above Life » teinté de puissance, de noirceur, de groovy avec une énorme dose de violence, les Orbit Culture viennent de passer un gros cap dans leur carrière et s’impose comme le nouveau poids lourd de la scène suédoise (déjà fort remplie). Je ne saurais que vous conseiller d’aller découvrir cet excellent opus.

Sinsaenum aura lui aussi signé son retour, surprise je n’aurais pas pensé que le groupe continuerait après le décès de Joey Jordisson. Je sens pourtant que cet « In Devastation » était nécessaire pour le groupe, pour faire son deuil. Et la rage et la douleur portée par l’ensemble des musiciens m’aura fait tréssaillir, jusqu’à repenser à ma propre souffrance. Un opus puissant, beau, surprenemment mélodique, qu’il faut aussi découvrir si vous êtes passé à côté.

Catalogués, à tort, comme groupe symphonique, les italiens de Lacuna Coil ont pourtant su au fil de leur désormais longue carrière, prouvés qu’ils étaient bien plus que ça, développant un style unique, faisant fi des tendances du moment (oui Within Temptation, c’est toi qu’on regarde!). Lacuna Coil signe la grosse surprise de l’année avec un saphir gothique à souhaits, « Sleepless Empire », certes moins dans la violence des riffs mais dont l’ambiance instaurée avec brio me fait retrousser les poils.

Je salue l’effort des Eluveitie, qui signe avec « Anv », un de leurs meilleurs albums depuis quelques temps, présentant de nombreuses facettes … y compris les plus mauvaises. Mais cela fait partie de l’inconstance des suisses, qui est capable, sur un même opus de produire le meilleur comme le pire.

Très attendus avec « Ascension » après deux précédents opus plus ternes, Paradise Lost ne déçoit pas avec un album sombre, désespéré et lourd. A écouter, mais vous ne ressortirez pas de ce voyage indemne !

Deux groupes teutons auront aussi retenu notre attention : Lord Of The Lost, déjà, qui s’est lancé dans un triptyque gothique, et si le premier « Opvs Noir » était parfait en tout point, le deuxième volet nous aura laissé sur notre faim ! Troisième et dernier album de la trilogie prévu pour ce printemps 2026 !

Je me souviens de ma première découverte de Feuerschwanz, un groupe insolite de folk déjanté, sorti tout droit de convention, qui occupait avec modestie l’une des grandes scènes du Summerbreeze 2013. Le groupe a bien changé et grandi depuis, et s’est rendu métallique. Le déjanté « Knightclub » reprend notamment des standards pop à la sauce metal médiéval. C’est frais, c’est marrant, c’est bien produit, et pfiou, ça fait un bien fou !

Aephanemer, ten56., Ashen … le Metal français a le vent en poupe !

2025 a aussi marqué le metal français, tant denombreuses (surtout metalcore) formations ont su tirer leur épingle du jeu. Cinq auront retenu l’attention particulièrement :

Ashen aura été la véritable révélation de 2025, obtenant un grand succès avant même la sortie de leur premier album, l’excellent « Chimera ». Un groupe de talent, qui fait tomber toutes les barrières du genre, et qui est une bouffée d’air frais dans le milieu. A suivre de très près.

ten56. aura su se renouveller avec « Io », un album au son aiguisé, mordant, et un Aaron Matts au sommet de son art ! Un succès amplement mérité ! Aephanemer auront confirmé avec « Utopie », un nouvel album tout en français, entre le classique mélodies et riffs ultra violents. Une belle offrande à tous les amateurs de death melo.

Je me réjouis du retour de Bukowski, cher à mon cœur : avec « Cold Lava », le groupe, dans un acte de résilience sublime, prouve qu’il en a encore dans le ventre.

Enfin, Grandma’s Ashes aura confirmé un succès grandissant, tout en travaillant sur un style original et particulier : avec « Bruxism », les sons de mon enfance ressurgissent plus rageurs, plus sombres. Les chansons de cet album ont limite un effet thérapeutique !

Pour terminer, nous aurons également fait de nombreuses découvertes : Zetra et son EP « Believe », Agriculture et l’excellent « The Spiritual Sound »… mais aussi de nombreuses redécouvertes : Dropout Kings et son « Yokai », dernier tour de piste émouvant d’Adam Ramsey, Blut Aus Nord et le cosmique « Ethereal Horizons », les new-yorkais d’Imperial Triumphant avec l’énormissime « Goldstar » et qui est encore meilleur en live (souvenir du Tyrant Fest) et enfin Igorrr qui aura enfin su nous conquérir avec le bien nommé « Amen ».

Vous l’aurez compris, 2025 aura été une année dense en sortie, et beaucoup m’auront tapé dans les oreilles : 2025 l’année du renouveau ? En tout cas, à titre personnel, je n’ai jamais été aussi conquises par autant de nouveautés en une année. Les musiques évoluent enfin, les groupes qui le méritent émergent enfin, ceux qui ne rencontraient pas le succès sont aujourd’hui sur le devant de la scène. Quelle formidable année pour le metal français et international !

[Chronique] Io – ten56

Le groupe franco-britannique, formé par un Aaron Matts plus sombre que jamais, sort son deuxième album « Io », point d’orgue d’une démence organisée dans un chaos sombre complaisant.

Il y a de ces groupes qu’on aime entendre en concert, mais qu’on déteste sur album… et inversement ! ten56 fait partie de cette deuxième catégorie tant nous n’avons pas eu la chance de voir un concert avec un son potable. Donc ,non, on ne s’attendait pas à un tel uppercut de « Io », le nouvel album du combo.

A travers un univers dystopique fascinant, nous invitant à réfléchir sur nos modes de vie, sur notre société (jusqu’à mettre une vraie fausse publicité au début de « LIFEISACHORE.MOV » qui va nous décontenancer après des premiers morceaux aussi noir que le cuir de ton blouson), le groupe va vous matraquer à coup de riffs et de hurlements de désespoir tout au long de cet opus. Certains titre se détachent : « Pig » d’abord, une vraie boucherie qui va vous secouer les méninges, mais surtout, surtout « Earwig » qui est, à notre sens, le morceau le plus génial jusqu’à ce jour de ten56, avec son petit côté mathcore dans les riffs qui va vous faire tressaillir de plaisir.

Car oui, tous les morceaux sont teintés de désespoir. Mais cela n’empêche en rien de nous défoncer les cervicales, et (parfois) la voix sur chacun des morceaux. Les parties rapées, présentes à de nombreuses reprises, ne font que renforcer l’aspect de plus en plus groovy d’un groupe qui n’a désormais plus rien à prouver. Seule, à vrai dire, « Banshee », était peut-être un peu trop expérimentale pour nous et nous aura laissé de marbre;

ten56 expérimente et tente avec ce très beau « Io » qui mérite qu’on y prête une oreille toute attentive. Un album qui montre que ce n’est pas parce qu’on se cantonne à un genre que notre musique doit sonner comme celles des autres groupes. Un vent de modernité bienvenu dans un univers core plus rouillé qu’il n’y paraît. « Io » agit sur nous comme une véritable thérapie dans un monde qui est semblable, parfois, pour nous, à une dystopie désespérante. A se procurer au plus vite.

9,5/10

[LIVE-REPORT] Kave Fest Jour 2 – Et le soleil fut de la partie

Le beau temps et la chaleur s’invitent à la fête en cette deuxième journée, qui attend plus de visiteurs que la veille, notamment en raison de sa prestigieuse tête d’affiche, SepticFlesh. On verra bon nombre de festivaliers profiter des abords du site : promenades dans les rues de Gisors, arrêt sur une terrasse, shopping au marché (quelques uns rapporteront d’ailleurs des barquettes de fraises sur le festival – cela donnera peut-être quelques idées à l’organisation ?)… Après cette matinée très chill pour bon nombre d’entre nous, il est l’heure de revenir aux hostilités.

Après avoir avalé un solide petit-déjeuner en terrasse, on attaque dans le dur avec les Lies We Sold !

Lies We Sold

Si le groupe de MetalCore (oui, encore !) datant de 2018 nous fournit un show solide et carré (sans pour autant faire dans l’original), le groupe souffrira d’un gros manque niveau son puisqu’au niveau de la fosse, seule la batterie, du moins au début du set, était sur-audible. De plus, le public un peu éparse aura peut-être eu un impact sur le groupe, qui aura du mal à commencer. Mais les problèmes de sons ayant été réglés rapidement et les festivaliers arrivant petit à petit sur le site, le groupe finira sur un carton, et une belle ovation encourageante.

Vestige

Notre deuxième grosse découverte est Vestige, tout jeune groupe français se qualifiant de Metal Moderne ! Si l’arrivée sur scène a pu en déstabiliser plus d’un (notamment à cause du pantalon très fleuri de Théodore que même ma chère grand-mère n’aurait jamais voulu porter, avec des baskets aux couleurs assez criardes… Oui pas très Metal ), la formation dissipera tout doute dès les premières notes jouées. Un savant mélange entre du Klone (normal, Pierre-André Krauzer est à la basse), du Alcest et du Opeth, avec quelques passages à la black metal bien sentis. Un résultat unique, original, beaucoup trop bon. Un groupe que nous suivront de très très très près ! Leur premier album, « Janis », sort normalement ce 6 septembre !

SOU/f/FRE

Autre groupe de Metal Moderne, autre ambiance ! Si les SOU/f/FRE font sensation avec tout un univers sombre et prenant (et le tout chanté en français, ce qui devient rare sur notre scène nationale), leur musique ne me parle pas, et ne m’a pas parlé durant leur belle prestation devant un public conquis. Les goûts et les couleurs… En tout cas, belle présence scénique et excellent son !

Det Var

Les Det Var font figure d’ovnis puisque ce sont les seuls dans leur genre – à savoir le folk-pagan ! Toujours mené par Johan et Thomas, la petite bande a acquis, depuis 2022, une belle expérience scénique qui se ressent, tellement la prestation est carrée ! La qualité du son, et l’implication mais aussi la confiance de tous les musiciens ont fait de ce moment quelque chose d’unique, de transcendant, et de merveilleux. Des impressions partagées par le public, très nombreux devant le groupe, et qui l’a très chaudement applaudi. Un show très émouvant – Johan déclarant même ne plus s’entendre penser tellement l’ovation était chaleureuse. Et une belle évolution depuis 2022. On a hâte d’écouter un futur album !

Oceans

Changement de ton avec ce groupe venu tout droit de Germanie, Oceans. Le groupe sera sans concession du début à la fin avec un show puissant, sans faille, ravageur. Et toujours avec un immense sourire sur les lèvres (notamment pour le batteur, un poil crispé… on sentait que ça tirait sur les bras). Les teutons ont déclarés à de très nombreuses reprises être heureux d’être là, et ça s’est senti par tout le plaisir qu’ils prenaient sur scène. Le show le plus furieux de cette édition, voir même peut-être de toutes les éditions du Kave Fest.

Ashen

Après un show aussi furieux, difficile pour Ashen de passer derrière ! Pourtant, par la simplicité et la sincérité du groupe et de son chanteur notamment feront fondre le pit comme neige au soleil. Une très belle prestation, et une chouette découverte, hyper groovy malgré le côté Metalcore. Juste dommage de n’avoir pas profité de la présence de ten56 pour jouer « Sacrifice » ensemble en live !

ten56

Car oui, thrown ayant annulé le matin même sa venue pour raisons médicales, c’est ten56 qui se chargera de les remplacer au pied levé. Une belle aubaine pour le festival, mais pas un coup de chance puisque le batteur du groupe, Arnaud, est de Gisors ! C’est d’ailleurs leur deuxième prestation en deux ans au Kave Fest.
Si le groupe a du mal à se chauffer – notamment Aaron qu’on sentait moins en voix qu’habituellement – cela ne les a pas empêché de mettre le feu dans le pit. Les festivaliers, malgré la déception de base, ont été extrêmement ravis de ce remplacement de luxe, et qui en plus se donne hyper à fond sur scène (ce n’est pas le cas pour tous). Un grand bravo à ten56 pour ce show de dernière minute qui n’a pas dû être évident !

SepticFlesh

Enfin les stars de la soirée déboulent sur scène ! Avec un son au top dès les premières secondes – d’ailleurs le public ne s’y trompera pas en entamant des slams à peine l’intro du premier morceau terminée – les SepticFlesh se montreront en très grande forme ce soir et serviront à tous leur sujets (venus en nombre) la totale : on a pu assister à un grand concert, digne des plus grands festivals ! Seth, d’humeur bavarde, a déclaré son amour pour son public français, argumentant que si les grecs pouvaient faire un concert à l’Acropole d’Athènes avec un orchestre philarmonique en septembre, c’était grâce à leurs fans de l’Hexagone. Ils se retirent sous d’énormes applaudissements.

C’est sur cette note que le Kave Fest se termine pour nous, qui devons nous hâter vers notre logis. Le festival a encore passé un palier avec une très belle programmation attirant de plus en plus de noms internationaux, gérant parfaitement, à quelques exceptions près le samedi, les contraintes techniques, augmentant son offre avec des nombreux stands de qualités, une nourriture en quantité suffisante et savoureuse, et une nouvelle zone « Bassekour » qui nous a totalement séduit, parfaite pour une vraie pause à l’écart du reste du festival, avec des spectacles plus familiaux qui raviront les kaviens de tous les âges et de tous les horizons (même si on reste à moitié convaincus par l’hypnotiseur !) Le seul petit défaut : la programmation, peut-être trop axée Core – même si on conçoit que le genre marche très bien en ce moment. On espère l’année prochaine (bah oui, on revient, vous croyez quoi ?) avoir une belle affiche plus généraliste avec de belles découvertes encore en perspectives (et cette année, il y en a eu un bon paquet !)

En tout cas, si vous étiez hésitants pour l’année prochaine, nous pouvons vous conseiller qu’une seule chose : foncez, et prenez vos pass dès leurs mises en vente. Le Kave Fest est synonyme de bon temps, d’ambiance familiale, d’excellent son. Le cocktail pour passe un week-end de folie et inoubliable.

[ALERTE FESTIVAL] Le Plane’R Fest annonce sa programmation !

Le Plane’R’Fest se déroulera les 7 et 8 juillet prochains au Champ de Foire de Colombier-Saugnieu (69).

L’organisation vient d’en révéler le contenu de sa programmation que voici :

BLIND GUARDIAN
CARPENTER BRUT
MASS HYSTERIA
ALCEST
PARADISE LOST
MYRATH
LOUDBLAST
CRISIX
NOVELISTS FR
TEN56.
NIGHTMARE
VISIONS OF ATLANTIS
RESOLVE
AKIAVEL
BAD SITUATION
ODC
LAST ADDICTION
EVER AFTER

[LIVE-REPORT] Motocultor Jour 3

Ce samedi verra le grand retour du beau temps, après une nuit glaciale et pluvieuse (peut-être même un peu trop chaud diront certains). Le jour et la nuit avec la veille !

Et on commencera à une seule photographe (le second étant cloué dans la tente par une énorme fièvre) avec The Dali Thundering Concept ! Arrivés sur le tard (car annoncés au dernier moment) par l’organisation du festival, le groupe fera mouche auprès d’un public totalement conquis mais surtout énergique (et à une heure aussi matinale, il faut le souligner). Un bon set avec des gars talentueux, impliqués, provoquant une énorme onde de puissance sur scène : il va falloir les suivre de très près !

Trop d’autodérision tue-t-elle l’autodérision ? Contrairement à beaucoup d’autres, je n’ai absolument pas été emballé par le set des Tranzat ! Arrivés avec leurs flambants polos rose pâle, j’ai trouvé le set mou, les musiciens comme absents (à l’exception du guitariste Benjamin Arbellot vraiment à fond dans le concert mais aussi dans le concept) et la musique, pas exceptionnelle ni même très originale. Et vu toutes les critiques dithyrambiques concernant leur concert, j’ai dû effectivement rater quelque chose. Mais la prestation m’est complètement passé au travers.

J’en profite pour filer sur la Suppositor Stage afin de découvrir Ten56, nouveau groupe de l’ancien leader des Betraying The Martyrs, (que je shooterai de loin, étant donné que je suis arrivée bien tard dans la fosse)….. Et si le son les a franchement desservi, la formation a également manqué un poil de présence sur scène pour faire de leur show quelque chose d’inoubliable.

Je dois avoir un problème avec l’humour ce matin là puisque c’est au tour de la prestation des Princesses Leya de me passer au travers. Mais ce n’est pas parce que leur show était mauvais ! N’appréciant guère les humoristes de Navarre et d’ailleurs y compris hors Motocultor, j’ai retrouvé tout ce que je n’aimais pas dans ce genre de spectacle : trop chorégraphié, trop scénarisé, laissant peu de place à l’improvisation, et finalement… à la musique ! Bref, ce n’est juste pas pour moi. Mais j’ai pris un grand plaisir à photographier la petite bande de Dedo, particulièrement beaux devant l’objectif !

C’est par curiosité que je me rend au concert des Schammasch, groupe avant-gardiste de black metal suisse ! Et j’ai fortement apprécié leur show, qui a su parler aux fans du genre, malgré que l’heure de passage, en pleine après-midi, ait desservi un tantinet le spectacle. A découvrir et à voir sur scène (mais dans l’obscurité, ce sera encore mieux!)

Les Lost Society ne sont pas à leur première apparition au Motocultor : d’ailleurs, le chanteur guitariste Samy Elbanna déclarera qu’il se souvient encore du goût de la poussière de la dernière fois ! Il invitera le public a être encore plus fou, plus sauvage. Et il faut dire qu’il va être servi !

Une musique énergique, de la puissance, le tout servi par un excellent son pour changer, et un public en furie. Elbanna en est même monté sur un des pylones soutenant la tente de la Dave Mustage, arrangant encore plus une foule déjà en délire. C’était peut-être le concert le plus fou et le plus violent auquel j’ai assisté dans toute ma petite vie, et l’un des deux meilleurs du festival!

Je cours ensuite voir mes chouchous, Benighted ! Et je vais être servi par un groupe des plus énergiques, avec un set remplis de titres énormes qui vont juste nous mettre une fessée mes enfants ! (oui oui, objectivité zéro, je sais) Et le public, en tout cas au premier rang, était dans une telle transe qu’ils ne voyaient plus nos objectifs braqués sur eux. Une superbe alchimie entre les fans et la formation !

Regarde Les Hommes Tomber sous la Massey Ferguscène attirera tout autant de monde (même plus encore). Le groupe brillera par un show pointilleux et leur très bonne énergie. Une belle découverte de mon côté !

Tesseract aura fait un show extrêmement propre qui aura ravi les fans de la première heure, venus en nombre les acclamer (et ce malgré l’absence d’un lightshow digne de ce nom). Le groupe se montrera pourtant assez poseurs, limite prétentieux, ce qui jettera un froid dans le pit photo au moins. Belle présence de Daniel Tompkins, vraie pile électrique qui arpentera tout l’espace à sa disposition jusqu’à aller faire un tour dans la fosse !

Pendant ce temps, sur la Bruce Dickinscène arrive un des nombreux ovnis accueilli par ce festival : H09909. Composé d’un duo d’américains à la mode Beetlejuice (avec un grand Choixpeau vissé sur le crâne) et GI Joe, et d’un batteur (qui parfois se demande ce qu’il fabrique sur scène), ils seront une belle surprise pour beaucoup de festivaliers avec un électro rap metal jouissif et dévastateur, qui vient tutoyer les grands pontes du genre. Une vraie expérience sur scène, à ne manquer sous aucun prétexte !

God Is An Astronaut aura été une nouvelle belle surprise de ce samedi ! Déjà bien connu sur album studio, je me demandais ce que ça allait donner sur scène, avec une petite dose d’appréhension ! Et je n’ai pas été déçu avec un show à la fois millimétré mais laissant place à une certaine spontanéité et une certaine fraîcheur. Mais aussi un groupe heureux d’être présent, à partager sa musique ave son public. A ne pas louper si vous les voyez passer !

Vader se sera fait plaisir sur scène, au vu des mines réjouies de l’ensemble du groupe ! Encore une fois un show techniquement sans faille avec une belle chaleur qui fait du bien aux cages à miel !

Alcest aura été en petite forme : quelques petits ratés durant surtout le début de set, et un beau caffouillage sur « Sapphire ». Le groupe ne tardera pas à se ressaisir et offrira un show enchanteur et féérique à son public, même s’il manquait ce petit truc magique qui fait que ce soit inoubliable.

Une petite foule seulement se sera amassée autour de la Bruce Dickinscène pour voir le show à la fois furieux et déjanté des Sick Of It All ! Si les new-yorkais auront fait le taf et bien plus encore (on sent qu’ils se seront fait particulièrement plaisir sur ce set), il manquait peut-être un petit grain de folie qui aurait fait de ce concert quelque chose d’inoubliable !

Perturbator aura aussi fait le boulot avec un spectacle à couper le souffle ! Servi par un bon jeu de lumière, la partie musicale n’aura pourtant pas été à la hauteur avec un son, de nouveau, trop fort en basse. Dommage car l’expérience offerte par le duo est juste immanquable, surtout à cette heure avancée de la nuit.

Enfin, les Apocalyptica déboulent en clôture de la Dave Mustage, eux-même surpris par la grande foule qui les attendait à cette heure tardive (il était une heure du matin). Bon show des finlandais qui manquait cependant d’énergie et, surtout, de cohérence (aucune mise en avant du nouvel EP du groupe, « Metal Classic, Classic Metal », et peu de morceaux issus du dernier album en date « Cell-0 »). De plus, la présence d’un chanteur m’aura fortement déçu (le même que sur la tournée de 2010 de mémoire), ce dernier ne se montrant pas à la hauteur des invités de prestige du groupe à mon sens.

Ce samedi aura donc vu son lot de bonnes découvertes, mais les groupes attendus nous auront particulièrement déçus sur cette journée. Un samedi agréable et chaud pour arpenter les allées du Motocultor. On décidera une nouvelle fois de faire l’impasse sur la tente du Macumba et de reprendre des forces pour la nouvelle très grosse journée qui se profile le lendemain.