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[CHRONIQUE] Body Count – Carnivore

C’est l’un des groupes qui inspirent le plus le respect, ne serait-ce que par ces lives endiablés ou encore sa (très) longue carrière : les Body Count sortent ce printemps leur nouvelle galette, sobrement intitulée «Carnivore». Un opus qui devrait plaire à tous les fans et habitués du groupe.

La première note de «Carnivore» sonne comme un avertissement : ce sera sanglant. Très sanglant. Libre à vous de l’interpréter comme vous le sentez. En tout cas, chez nous, c’est (presque) que du positif, même si l’album s’annonce déjà dans la continuité de ce que Body Count ont déjà produit.

L’album oscille entre un groovy à la Rage Against The Machine (surtout sur «Bum Rush») et une violence parfois inouïe qui nous étonne même venant du groupe (surtout sur «Carnivore»). Les titres sont, comme à l’accoutumée, des critiques vis-à-vis de la société américaine, du gouvernement de Donald Trump.

Mais on sent un véritable plaisir derrière ce CD pris par le groupe ! En témoigne la version metal d’un des plus grands morceaux d’Ice T, «Colors» ou cette reprise, peut-être un peu trop fidèle, du fameux «Ace Of Spades» des Mötorhead !

Malheureusement, l’album ne bénéficie pas d’une production à la hauteur du groupe, nous permettant de bien apprécier tous les morceaux. Il est aussi un poil trop long et trop redondant par rapport aux précédents opus de Body Count. Enfin, si le duo avec Amy Lee (Evanescence) sur «When I’m Gone» reste sympathique, il fait une part trop belle à l’univers de la chanteuse, et le monde de la bande à Ice T s’efface beaucoup trop.

Provocateur, violent et groovy, ce «Carnivore» saura trouver sa place auprès de tous les fans de Body Count qui se respectent, tout en restant assez accessible pour un public lambda. Un indispensable du moment.

8,5/10

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[CHRONIQUE] Testament – Titans Of Creation

Les rois du thrash metal Testament sortent ce printemps, en plein milieu d’une pandémie mondiale, leur nouvel album, «Titans Of Creation». Un opus violent, accessible, qui s’inscrit dans la continuité de la carrière du groupe.

«Titans Of Creation» se partage entre son caractère incisif, son groove et sa puissance phénomenale. Le duo Hoglan/Digiorgio, respectivement à la batterie et à la basse, excelle et tous les morceaux bénéficient d’une structure rythmique remarquable.

Chuck Billy se montre en grande forme vocalement parlant : il passe d’un ton nasillard à la Dave Mustaine à un chant plus agressif, rentrant directetement, tel une piqure d’adrénaline, dans votre peau (comme sur «WWIII» par exemple) jusqu’à avoir un ton qu’on croirait sorti des années 1980. Les guitares de Erick Peterson et Alex Skolnick font de très blles envolées sur des solos à vous couper le souffle par un véritable uppercut dans l’estomac.

Au niveau des morceaux, si «Dream Deceiver» s’inscrit dans la pure tradition thrash, «Night Of The Witch» est l’une des chansons des plus violente de l’album, avec ce petit caractère bien incisif mais elle reste très prenante. «City Of Angels» est, à contrario, la plus douce et accessible de l’album, avec un refrain qu’on retient facilement. On le verrait bien en tant que nouveau single ! (Elle a pour l’instant fait l’objet d’une lyric-vidéo !

S’il ne révolutionne pas le genre, ni même la musique de Testament, «Titans Of Creation» reste un bon album de thrash, qui envoie du bois (vert) et avec un Chuck Billy au top de sa forme. Un opus qui fait du bien (et on en a bien besoin en ce moment)

8,5/10

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[INTERVIEW] Andy (Hauméa) : « On voulait, pour «Leaving», quelque chose de plus diversifié »

Bien qu’il soit un tout jeune groupe, Hauméa impressionne déjà par ses prestations énergiques et un son rock-metal particulièrement puissant. Le groupe, par le biais de son guitariste et fondateur Andy, a répondu aux questions de Metal-Actus à l’occasion de la sortie de leur nouvel EP « Leaving ».

Metal-Actus : Comment te portes-tu en ces temps compliqués de confinement ?

Andy (Guitare) : Moi, personnellement, en dehors de la musique, ça se passe plutôt bien ! Je reviens à l’essentiel : je prend un bouquin alors que je ne lis pas beaucoup (rires). Je regarde la télé aussi, … Cela permet de se reposer du travail. Je bosse bien sûr pour le groupe. Cependant, on a du mal à cause de ce confinement puisqu’on a eu des annulations de concert; déjà au mois de mars, et puis notre release party, qui aurait dû se tenir en avril. Je ne sais pas comment ça va être au niveau des autres dates de concert. C’est très dur.

Comment s’est déroulé le travail de composition autour de cet EP ? Je perçois quelques inspirations fin 1990/début 2000, notamment System Of A Down et Soundgarden !

On nous avait déjà dit, il y a un petit temps, que notre son faisait penser à du System Of A Down. J’ai 32 ans, les autres sont un peu plus âgés donc oui, on a été baignés dans ces groupes-là. Je pense qu’inconsciemment, quand on devient musicien, on ressort nos influences. On compose comme ça vient; en général, j’apporte des idées en répète, les autres apportent leurs arrangements, Niko ses écrits. On ne calcule rien.

Le temps est assez court entre la sortie de votre EP et celle de votre précédente galette, «Unborn», en 2018. Aviez-vous déjà des titres en réserve ou est-ce que vous avez pris, à l’instar de certains groupe ?

C’est un peu les deux à la fois ! On avait déjà des morceaux en réserve et durant le temps entre nos deux CD, on a pu aussi composer d’autres choses. On s’est retrouvé avec pas mal de morceaux et on en a sélectionné sept qui nous paraissaient bien. Et on voulait, pour «Leaving», quelque chose de plus diversifié que sur le premier EP «Unborn». D’ailleurs on le voit au fur et à mesure des titres : ça commence très metal pour évoluer vers quelque chose de plus en plus rock alternatif.

Pourquoi avoir choisi «Leaving» comme titre ?

«Leaving» vient des paroles de «Breathe», notre premier single et clip. Et du coup, ça va avec la pochette : on voit la main qui est en train d’essayer de retenir une femme qui part.

Tu peux d’ailleurs m’en dire plus sur cette pochette, effectivement très explicite par rapport à votre titre ?

C’est Seb, notre batteur, qui a fait la pochette. On comprend tout de suite la chose. Il est vrai que, dans le rock et le metal, il y a beaucoup de pochettes avec pleins de dessins, dans lesquelles on a du mal à discerner ce qu’il se passe. On voulait quelque chose de clair et d’assez structuré, qu’on comprenne bien le message. on voulait aussi un peu de couleur, dans les tons violets/jaunes, donc un truc qui change du noir et blanc !

Donc vous avez mis en avant «Breathe» pour mettre en lumière le lien avec la pochette ?

Aussi. Mais quand on est arrivé à l’étape du studio pour l’enregistrement du morceau, on a fait un arrangement avec les voix, et ajouté le fameux passage en allemand. Et du coup, ça a été pour nous une révélation : on s’était dit qu’il nous fallait ce morceau-là en clip.

Et tu peux m’en dire plus sur le clip en lui-même ?

Le clip en lui-même, c’est Mathias Ledauphin (Lias Impreza) qui a réalisé le clip. Il est alençonnais, donc bien de chez nous. Il fait plus des clips de rap ! Il travaille notamment avec des drones, … Et nous on a beaucoup son travail et sa manière de filmer car on lui trouvait quelque chose d’assez cinématographique. On trouvait que ça changeait de ce qu’on pouvait trouver dans les clips metal. Il donne à notre vidéo quelque chose de particulier.

Que peux-tu me dire sur «Lorelei» ?

C’est un morceau qu’on a depuis très longtemps, depuis qu’on a créé le groupe en fait ! On ne l’avait toujours pas enregistré, alors que c’est notre morceau le plus vieux ! Cela parle d’addiction, et c’est un morceau qui est très rock, mais à chaque fin de refrain, il y a un petit riff neo-metal . On a choisi de le mettre en avant sur cet EP, alors qu’au départ on était partis pour faire totalement autre chose. Mais on tenait vraiment à l’enregistrer sur CD, car le public aime beaucoup ce morceau.

Un dernier mot ?

Merci à Metal-Actus et à tous ceux qui nous suivent !

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[CHRONIQUE] Scarlean – Soulmates

Après un premier album, «Ghost» remarqué par la critique, les Scarlean ont sorti fin 2019 leur deuxième galette «Soulmates». Ce deuxième jet est-il celui de la confirmation ?

De premier abord aussi sombre et agressif que le précédent opus, «Soulmates» présente la particularité de passer d’un nu metal violent (à en faire pâlir un System Of A Down ou un Korn des grands jours) à un rock plus progressif et posé. Cet album représente un vrai cahier des charges de tout ce que sait faire Scarlean. Le tout est souligné par une production, faîte par Fabien Giordani, batteur live du groupe mais aussi l’homme derrière les manettes !

Les morceaux bénificient tous d’une excellente structure basse/batterie grâce à un excellent travail du duo Olivier Jacquet/Eric Lebailly, ce dernier apportant même des moments de groove à l’ensemble des morceaux de la seconde partie. Les deux instruments sont donc à la fois assez présent mais aussi assez en recul pour permettre aux guitares de Geoffrey Vo Van Chieu et de Michel Cavanaggia et à la voix d’Alexandre Soles de littéralement s’envoler et de faire voler vos cheveux durant de furieux headbangs.

La deuxième partie cependant, celle un peu plus progressive, reste un peu redondante, malgré l’excellent titre «The Smell Of Blood» qu’on aurait vu plus haut dans la tracklist.

«Soulmates», en plus d’avoir une démarche assez intéressante, est un album hautement savoureux qui saura vous faire vibrer, malgré quelques petites faiblesses. Un opus encourageant, pour un groupe au succès prometteur, qu’on suivra, ici, de très près.

8,5/10

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