[CHRONIQUE] Evergrey – The Atlantic (Coup de coeur)

Nous nous retrouvons submergés par de plus en plus d’informations, de nouveaux films, de nouvelles séries, d’articles t’expliquant que la Terre est plate… Il en va de même pour la musique. En tant que chroniqueur, tu vois le marché inondé de nouveaux albums chaque semaine, parfois tous plus semblable les uns que les autres. Alors quand une galette sort du lot et te touche comme jamais, il est plus qu’important d’en parler.

Troisième album d’une vraie introspection de soi, débutée avec la sortie de « Hymn For The Broken » en 2014, « The Atlantic », nouvel album des Evergrey, prend la forme d’un voyage sur l’océan, avec tous les aléas qui vont avec. On a d’ailleurs quelques éléments sur les morceaux visant à nous faire plonger, la tête la première, dans cet album (bruits de radar sur « The Silent One », de vagues sur « Departure », de mouettes sur « The Beacon » …)

Mais tout ceci est une métaphore pour Evergrey et son chanteur, Tom S. Englund, pour exprimer les épreuves que nous pouvons rencontrer tout au long de notre vie. Le début de l’album est particulièrement sombre, avec des riffs plus lourds, plus puissant ce qui est assez surprenant de la part d’Evergrey (je pense notamment aux deux premiers morceaux « The Silent Arc » et à « Weightless »). La mélodie n’est jamais oublié notamment grâce aux claviers de Rikard Zander et à la voix toujours autant impeccable de Englund, véritable insufflateur d’émotions : on l’accompagne véritablement au coeur de ce voyage, on pleure avec lui, on rit avec lui, on souffre avec lui… Ce degré d’immersion dans un album de metal est des plus impressionnants.

La fin de l’album est plus posée, notamment avec les deux morceaux « Departure » et « The Beacon » qui commencent doucement pour monter crescendo vers une apothéose musicale, symbole, peut-être, d’un futur plus serein.

C’est une véritable montée en puissance pour le groupe suédois, qui mettre tout le monde d’accord, après leur dernier opus en date, « The Silence Within » qui, s’il a été salué par la critique, a profondément divisé.

« The Atlantic » est donc un opus immersif, maîtrisé de bout en bout qui vous fera vivre des émotions hors du commun. Un album rare, pouvant être à la fois d’une délicatesse et d’une violence extrême, qui vous secouera. Dans tous les sens du terme. Evergrey commence l’année très fort.

10/10

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« End Of Silence » :

« Weightless » :

« Currents » :

« A Silent Arc » :

[CHRONIQUE] Soilwork – Verkligheten

Il aura fallu attendre quatre ans avant de revoir un nouvel album des Soilwork ! Après le mitigé « The Ride Majestic », le groupe a préféré sortir une compilation ainsi que, pour deux d’entre eux en tout cas, se concentrer sur le side-project The Night Flight Orchestra. Ce nouvel album est donc arrivé au moment où personne ne l’attendait. Pour le meilleur ?

« Verkligheten » est assez original dans le sens où il va vers une direction plus inattendue, celle d’une approche plus directe et incisive, moins dans le death mélodique donc qui a fait le succès de Soilwork. Certains diront d’ailleurs qu’ils ont été influencés par The Night Flight Orchestra : si deux projets d’un même auteur doivent forcément s’influencer, on le sent bien par moment, notamment, peut-être dans le chant clair de Björn Strid, bien plus assuré qu’auparavant. Les mauvaises langues diront même qu’on entend moins le growl. Ce dernier est d’ailleurs totalement absent du titre « You Aquiver » qui, avec son ambiance très disco, semble s’être trompée de galette.

La musique donc est plus rentre-dedans : « Full Moon Shoals » en est peut-être l’exemple le plus flagrant, on assiste à un vrai retour aux sources, les riffs de guitare allant même jusqu’à sonner Judas Priestesques. Pourtant Soilwork n’en oublie pas ses racines mélodiques pour autant, et certaines montées lyriques sont tout bonnement envoûtantes !

Le groupe prend des risques et va dans tous les sens : un peu de violoncelle, quelques transitions surprises, des introductions et conclusions cosmiques…. ça explose dans tous les sens à la limite, parfois, de perdre son auditeur.

Soilwork nous livre donc avec « Verkligheten » une galette directe, qui revient par moment à un son plus brut. Mais c’est aussi le CD de la prise de risque, qui, si on doit la saluer, s’éparpille dans toutes les directions. Néanmoins, il s’agit là d’un excellent cru de Soilwork avec lequel vous pourrez facilement prendre votre pied !

8,5/10

Soilwork

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