Alors que le groupe semblait ne plus vouloir proposer des choses audacieuses, en témoigne le triptyque commencé par « Escape The Phoenix » (2021), larmoyant, trop classique, donc pas sensationnel, Evergrey, toujours mené par un Tom S. Englund indéboulonnable, revient avec un nouvel album aux sonorités plus pop et heavy, « Architects Of A New Wave », qui va en surprendre plus d’un !
Il a toujours été étrange de surnommer Evergrey « les maîtres du mélancolisme » alors que le groupe s’est toujours déclaré positif… Ou alors est-ce peut-être l’inverse ? En tout cas, depuis l’excellent « The Storm Within » sorti en 2016, je trouvais que les suédois, (ou plutôt Tom S. Englund, puisqu’il reste aujourd’hui le seul membre d’origine aux commandes) s’étaient enfermé dans une spirale trop routinière : une musique vide, sans passion, plus faite pour remplir les part d’un contrat que par unique passion. Et j’ai lentement, mais sûrement décroché.
Alors cet « Architects Of The New Wave » porte-il bien son nom, et est synonyme de renouveau pour la formation ?
Si on retrouve bien la patte du groupe, des morceaux courts, avec un côté très lyrique et tout en émotion, on sent que les Evergrey ont voulu prendre au pied de la lettre le terme « prog » pour proposer des palettes assez inédites, et parfois surprenantes: avec ce côté très pop sur la première partie de l’album, voir même disco comme sur « Leaving The Emptiness ». Le groupe se met en entonner des refrains – doublé parfois par des gros chœurs – qui feraient fureur au sein d’un stade. Le pas avec le pop-rock et des célèbres U2 n’est pas si éloigné que ça ( » A Burning Flame ») !
Mais attention, le groupe ne renie pas ses origines, que nenni ! Sur une deuxième partie, le groupe se met à être plus rentre-dedans, parfois djent, parfois heavy (Henrik Denhage s’est bien fait plaisir et a produit des riffs de haute volée), parfois même doom avec une basse très lourde. « The World Is On Fire » est d’ailleurs la meilleure chanson de l’album, avec à la fois ce côté complexe, mais court et direct, qui m’aura fait décrocher les cervicales (véridique). La très calme « The Prophecy », avec cet orgue et ce piano, permet à Tom S. Englund de donner de sa superbe voix, et termine l’album de façon magistrale ! Seul petit bémol, le morceau « Call Of Lions », très redondant, sans fantaisie, et un poil ennuyeux.
Avec ce quinzième album, Evergrey prouve qu’il en a encore sous le coude en livrant des morceaux, certes plus accessibles, mais percutants, rythmés, avec de belles fantaisies tout en gardant son identité de metal progressive lyrique qui a fait tant leur renommée. Si l’album fait penser par moment à l’excellentissime « Glorious Collision » (2011) (un des meilleurs albums du groupe, pas de débat possible), il a aussi des sonorités nouvelles que le groupe prend plaisir à explorer, pour notre plus grand bonheur. On pensait qu’ils allaient définitivement se reposer sur leurs lauriers, Evergrey se montre désormais sous un nouveau jour, prêt à évoluer.
9,75/10






