Archives de catégorie : Chronique

[CHRONIQUE] Dropout Kings – Yokai

Groupe de Rap Metal originaire des Etats-Unis, les Dropout Kings avait provoquée une sacrée sensation après leur prestation électrique au Hellfest 2024. Si le décès soudain d’un de ses chanteurs principaux, Adam Ramsey, a jeté une vague d’incertitudes quant à l’avenir du groupe. Ils semblent vouloir continuer, en son honneur, en commençant par sortir « Yokai », le nouvel finalisé deux semaines avant cet événement tragique.

Et on peut dire que ça nous attaque d’entrée avec le puissant « Black Sheep » : riffs perçant de Rob Sébastien, rap percutant du Black Cat Bill Lauderdale, ça nous met dans le bain de la meilleure des façons ! Tous les autres titres alternent épisodes groovy, hard rap, et morceaux plus américano-pop qui semblent sortir de nul part tellement c’est incongru (« First Day Out »).

C’est assez inégal entre des morceaux bien plus faibles (« Guillotine », « Eye Bleach ») et des tracks absolument monstrueuses : « Brace Yourself », mais surtout « Baka » et « Yokai » semblent avoir été littéralement taillés dans la roche – et surtout pour le live (on a bien hâte de voir ça !) la voix de Ramsey se fait extrêmement émouvante, parfois dure, à la limite d’un growl bien senti. Et dire que c’est la dernière fois que nous l’entendrons.

Ce « Yokai », malgré son inégalité, a été une bonne surprise : le caractère groovy et percutant de la majorité des morceaux comble ceux, plus pop et mielleux, qui sortent d’un ensemble et d’une logique établie. Un bel objet qui ravira les fans du groupe, et le plus bel hommage qui soit à Adam Ramsey, parti bien trop tôt.

8,75/10

[CHRONIQUE] Sinsaenum – In Devastation


On ne pensait plus revoir Sinsaenum, depuis leurs premiers essais, réussis, qui remontent à 2016-2017. Ebranlés par de nombreuses épreuves, avec, entre autres, la pandémie mondiale de Covid-19 et surtout la perte de leur batteur Joey Jordisson, c’est avec courage et beaucoup d’audace que le supergroupe emmené par Frédéric Leclerq, se présente de nouveau face au monde et avec, en guise de nouveau batteur (et c’est un bel hommage) André Joyzi (ancien Drums technicien de Jordisson !)

« In Devastation » est plus qu’un nouvel album, c’est le manifeste de la douleur, de la rage et de la rédemption, enveloppé dans une strate assez mélodique qu’on n’attendait pas forcément, tant le premier opus a été un uppercut de violence ! On a donc beaucoup d’émotions – sans que cela ne tombe forcément dans le pathos – et le groupe se permet d’explorer et d’adopter, par moment, des aspects plus death mélo (plus particulièrement sur « Shades Of Black ») voir plus Metal Américain des années 1990 (« Obsolete » notamment). Il faut dire qu’il y a matière à y mettre un peu plus de sensibilité dans la musique ! « Last Goodbye » est extrêmement émouvante par ses appuis mélodiques mais surtout par sa grande qualité d’écriture.

Bon, rassurez-vous, l’album n’est pas mielleux pour autant : « Spiritual Lies » ou encore « Buried Alive » sont des véritables bourrasques de violence (faisant parfois penser à Morbid Angel !). On a notre petite préférence pour le titre d’ouverture, « In Devastation », vrai bel hymne black qu’on a hâte d’entendre en live ! Mais il y a eu un travail fourni sur les différences influences sur cet album : on vous conseille bien plusieurs écoutes pour en saisir toutes les subitilités.

Sinsaenum effectue ici un formidable retour aux affaires avec « In Devastation », un album très surprenant, qui va à la rencontre de divers horizons, et émouvant, par les messages portés : le deuil, mais aussi la résilience, pour continuer à vivre. Un album, certes de death metal, mais surtout, un album vivant et audacieux.

9,5/10

[CHRONIQUE] Halestorm – Everest

La popularité des Halestorm n’est aujourd’hui plus à prouver : le groupe, toujours mené par une Lzzy Hale infatigable, multiplie les albums à succès et les tournées à guichet fermé. Le nouveau venu, « Everest », sorti ce vendredi, ne dérogera probablement pas à la règle.

Comme à son habitude, les morceaux de cet nouvel opus se suivent avec riffs acérés et mélodies rock’n’roll endiablées. Halestorm commence pourtant par de l’émotion avec le beau « Fallen Star », sur lequel la voix de Lzzy Hale se fait plus tendre et plus sensible qu’à l’accoutumée.

Et il faut dire que nous allons passer par une montagne russe d’émotions avec cet « Everest » : sombre, d’abord, avec le rageur « Watch Out » durant lequel la célèbre chanteuse semble régler ses comptes, puis lumineux avec des morceaux comme « Like A Woman Can ». C’est, par ailleurs, à notre sens, le meilleur morceau, et celui qui nous a le plus surpris tant l’inspiration soul transparaît à grosses gouttes (et ce n’est pas pour nous déplaire, bien loin de là!).

En revanche, et si la reine Hale nous régale par ses immenses prouesses vocales et bien… le reste ne semble pas suivre, peut-être pour lui laisser le plus de place possible (il faut tout de même noter quelques coups d’éclats de Joe Hittinger à la gratte). C’est dommage, car je pense que chacun des musiciens devraient avoir sa place pour s’exprimer, et ici, plus que dans d’autres groupes, on sent bien que ce n’est pas le cas. Mais cela ne rend pas l’ensemble inécoutable, bien au contraire, tant Hale fait le job à la perfection.

« Everest » est donc de l’authentique Halestorm qu’on pourrait résumer en trois mots : sensible, sombre, rageur. L’album ne va rien révolutionner en soi, et ne se targue pas de le faire d’ailleurs : les fans de la première heure devraient fortement apprécier l’album. Nous avons pris beaucoup de plaisir à l’écouter.

9/10

[CHRONIQUE] Lord Of The Lost – Opvs Noir Vol 1 (Coup de coeur)

Après une incursion dans son côté plus pop, avec la sortie de l »album « Blood & Glitter » (2022) suivi d’une participation à l’Eurovision et d’un autre album de reprises, les Lord Of The Lost reviennent dans un registre bien plus sombre avec leur nouvel album, « Opvs Noir Vol 1 ».

Quand on commence à explorer divers horizons sans craindre le moindre jugement, c’est qu’on a acquis assez de bouteille pour avoir confiance en soi et en son art. L’évolution de Lord Of The Lost est tout à fait fascinante depuis ses quatre dernières années, tant le groupe s’est essayé à plusieurs genres, plus particulièrement la pop, avec succès, tout en gardant son identité visuelle et sonore, et sans en profiter pour jouer les opportunistes comme un certain groupe à chanteuse néerlandais.

Pourtant, le groupe a décidé de mettre un terme à ce chapitre et de faire, cette fois, l’éloge de la mélancolie dans une pépite gothique à souhaits.

« Opvs Noir Vol 1 » ne va donc pas du tout dans la même direction, si ce n’est que de nombreux morceaux ont des refrains extrêmement catchy (« My Sanctuary », « I Will Die In It » par exemple). On remarque des mélodies particulièrement belles, un chants qui se fait harmonieux et puissants, avec une utilisation du grunt particulièrement bien dosée. C’est un voyage remplis d’émotion que nous propose les teutons ! La qualité dans certains écrits (« The Things We Do For Love » « The Sadness In Everything ») est indiscutable et contraste avec des morceaux qui sont plus taillés pour le live (« Lords Of Fyre » ). Les invités sont bien choisis : d’ailleurs, le morceau avec Within Temptation, « Light Can Only Shine In The Darkness » est somptueux, émouvant – j’en ai même versé ma petite larme. « Moonstruck », lui fait surtout penser, par ses orchestrations, à du Dimmu Borgir. Un bel hommage au groupe nordique !

On notera que sur certains morceaux (et surtout sur « Damage », on entend quelques relents indus. Histoire de prouver, qu’on peut faire ce qu’on aime et vouloir évoluer sans renier pour autant ses racines.)

Et d’ailleurs, peut-on encore parler d’étiquettes pour Lord Of The Lost ? Le groupe s’est affranchi des barrières pour évoluer dans ce qu’il lui plaît. Et quand on est un musicien passionné, talentueux, avec un vrai projet musical comme « Opvs Noir », ce n’est pas le plus important justement ?

Car cet album est justement le premier d’une trilogie (Vol 2 en décembre 2025, Vol.3 en avril 2026), et nous met l’eau à la bouche concernant la suite. L’album est un vrai voyage au-delà de nos émotions, un vrai retour à un gothisme moderne, rare, rafraichissant, et excellent à écouter de bout en bout. Un beau joyeux à écouter sans fin. Bravo à Lord Of The Lost.

10/10

[CHRONIQUE] Heimat – Heaven Shall Burn

On ne change pas une recette qui gagne ! Après trente ans de carrière, les allemands de Heaven Shall Burn reviennent avec un album à la brutalité encore plus dominante et perçante, « Heimat » le bien nommé. Le groupe rappelle qu’il n’est pas là pour tricoter des pulls en laine. Âmes Sensibles s’abstenir !

Heaven Shall Burn est une des rares formations à ne faire que dans le brutal, sans, parfois, de respiration pour reprendre un peu son souffle avant de se replonger de nouveau dans un déchaînement de violence. « Heimat », de ce point de vue là, ressemble à s’y méprendre au précédent effort du quintette, « Of Truth And Sacrifice » (2020). Mais le son global semble bien plus fort et plus aiguisé, tout en ayant une excellente production, gage de qualité qui rend l’écoute nettement plus agréable !

Et si Heaven Shall Burn n’est pas pour une évolution franche de sa musique, on perçoit tout de même quelques belles lignes mélodiques, notamment à la guitare, mais aussi un chœur clair, jamais trop présent pour laisser la place à l’impressionnant Marcus Bischoff au growl. Cela donne des morceaux époustouflants et surprenants, comme le presque gothique « War Is The Father Of All », un de nos morceaux favoris.

Enfin, l’album est plus court, et un petit peu plus varié, ce qui évite le sentiment de lassitude qui a envahit beaucoup de monde sur « Of Truth And Sacrifice ». Comme quoi, même les plus bourrins apprennent aussi de leurs erreurs.

Heaven Shall Burn est et restera brutal, quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne. Ce « Heimat » est un sommet de violence, mais avec des morceaux assez variés et assez courts pour que l’ennui ne reprenne pas le dessus. Un bel effort qu’on écoutera avec grand plaisir, et qui replace Heaven Shall Burn parmi les plus grand de la scène hardcore européenne.

9/10

[CHRONIQUE] Katatonia – Nightmares As Extensions Of The Waking State

Les Katatonia évoluent lentement mais sûrement : et ce n’est pas parce que Jonas Renske (chant) est désormais seul « survivant » depuis les débuts du groupe, mais aussi l’un de seuls aux manettes créatives, que cela va changer quoi que ce soit. « Nightmares As Extensions Of The Waking State » en est le parfait exemple

Car malgré quelques morceaux surprenants (« Efter Solen » avec son introduction douce au piano et son chant suédois terriblement envoûtant, ou encore « Wind Of No Change » et son chœur puissant), les Katatonia se cantonnent à leur recette classique : un morceau en guise d’introduction, à la fois sombre et brut, histoire de briser la glace, avant de partir dans des élans atmosphériques, portés par la superbe voix de Jonas Renske.

Pourtant, et malgré toutes les superbes qualités, on peut déplorer de ne pas réussir à rentrer complètement dans cet univers, contrairement à son excellent prédécesseur « Sky Of Void Stars ». Une musique peut-être trop linéaire sur les bords. Cependant, au vu des récents remous de line-up, on peut prendre cet opus comme une pause, pour repartir sur de nouvelles (enfin on l’espère) bases !

Malgré ce défaut (qui n’en sera pas un pour les grands fans du groupe, plus pour les néophytes qui auront le plus grand mal à aller au-delà de cette vraie carapace), « Nightmares As Extensions Of The Waking State » reste un très bon album, bourrés de qualités, avec des excellents titres qui resteront dans l’histoire du groupe (« Lilac » !). Cependant, si les habitués ne seront pas perdus en cours de route, on ne peut s’empêcher qu’il s’agit plus d’un album de rodage, fait pour mieux repartir. Une bonne galette, habituelle, mais on attend plus d’un groupe comme Katatonia.

8,5/10

[CHRONIQUE] Behemoth – The Shit Ov God

Intense ce nouvel album des Behemoth, « The Shit Ov God ». Après près de treize années de carrière, le groupe n’aura plus rien à prouver à qui que ce soit. En témoigne justement ce nouvel opus, d’une violence et d’une noirceur inouïe, qui ne déroutera pas ni les fans ni les avertis.

Pourtant extrêmement court (moins de 40 minutes), les polonais réussissent à y installer une atmosphère extrêmement pesante, oppressante, mais tout en gardant une certaine littéralité : c’est un véritable conte horrifique avec de nombreuses subtilités, des basses notamment correctement ajustés, le chant qui passe du rentre dedans à de l’aérien, … On y remarque même quelques passages déclamés de poésie (de Walter Whitman si je ne me trompe pas) qui accentue ce côté littéraire.

Pour le reste, les plus aguerris comme les plus néophytes auront ce qu’ils attendent : du black metal pur jus enveloppé d’une bonne dose de violence qui vous fera sauter au plafond. Une noirceur inouïe qui n’oubliera pas la théâtralité chères aux polonais, malgré la brièveté de l’album.

« The Shit Ov God » est donc une expérience musicale à part, qui va nous faire voyager à travers plusieurs tropes littéraires et étendre la durée d’écoute, pourtant assez courte sur le papier. Un opus, certes, violent et noir, mais qui fait preuve de plus de subtilités qu’attendues par des éléments qui en feront un vrai ouvrage démoniaque.

9,5/10

[CHRONIQUE] Tetrarch – The Ugly Side Of Me

Si les Tetrarch existent depuis certains temps – 2007 – ce n’est que très récemment que la formation, originaire d’Atlanta, se permet cette aventure dans le terrain du neo-metal – il faut dire qu’ils ont essayé de jouer dans la même cour qu’un certain Trivium. Avec grand succès puisque leur album « Unstable »(2021), véritable lettre d’amour aux grands du genre comme Korn, leur a apporté notoriété et reconnaissance critique. Ce nouveau jet, « The Ugly Side Of Me », reste dans cette même lignée, à une différence près, et pas des moindres : une belle qualité dans l’écriture et la composition.

La formation américaine ne prétend pas révolutionner le genre avec une galette qui est, au passage, extrêmement courte : moins de 35 minutes au compteur. Alors certes, ils veulent aller droit au but et ne pas se répandre en flânerie. Qu’on se le dise, les Tetrarch font un neo bien formaté, accessible, provenant tout droit des années 1990.

On remarqué pourtant de très nombreuses qualités dans l’écriture et la composition, plus affinées, plus acerbes : cela donne un côté extrêmement groovy à l’ensemble ce qui est fort appréciable, et vient contrebalancer une lourdeur dans la production et un aspect torturé bien trop adolescent. Le fait que Diamond Rowe prenne le chant lead sur « Never Again (Parasite) » est surprenant et assez rafraîchissant.

Alors on le redit : cet album de Tetrarch ne va pas révolutionner le genre, et ce n’est nullement l’intention du groupe. Mais en jouant sur la vibe nostalgique, et peut-être même, dirons-nous, rassurante pour certains – car issu d’une époque désormais révolu ou tout était peut-être plus facile – avec un aspect très groovy hyper catchy, « The Ugly Side Of Me » est un petit bijou d’efficacité et d’agressivité. On ne lui en demande pas plus.

8,75/10

[CHRONIQUE] Abyss : Part II – Annisokay

Devenu un grand nom de la scène post-hardcore européenne, les Annisokay auront pourtant pris leur temps, un peu plus de deux ans à vrai dire, pour publier la deuxième partie de leur série d’Ep,  » Abyss ». Si cette galette regroupe tous les morceaux du groupe sur, du coup, ces deux dernières années, l’EP ne va pas forcément dans la même direction que celle de son prédécesseur…

Car si la partie 1 était plus accessible, visant un plus large public (y compris par rapport à « Aurora »),  » Abyss : Part II » montre une facette à la fois sombre (un sacré paradoxe quand on constate à quel point le chant clair de Christoph Wieczorek prend de plus en plus de place !) et alambiquée, avec des parties plus progressives dignes de Dream Theater.

Cela se ressent jusqu’à cet artwork, en opposition totale avec le premier EP, avec cette femme à la peau blanche et lumineuse qui s’est soudainement trop approchée du soleil et se retrouve aussi noire que du charbon.

Le chant saturé prend donc de moins en moins de place, ainsi que les riffs surpuissants de guitare, qui se retrouve en arrière-plan de tous les morceaux. Le côté atmosphérique et mélancolique prend le pas sur l’ensemble, sans pour autant tomber dans la « guimauve pop ». Annisokay prouve donc, avec ce nouvel EP, qu’on peut faire du noir sans pour autant tomber dans la violence.

Ce deuxième EP de la série « Abyss » ne va donc pas perdre l’auditeur en cours de route, car on retrouve certains thèmes chers au groupe, présent sur le premier EP. Le côté ambiant et atmosphérique reste mais l’ensemble se montre moins accessible, plus progueux, tout en gardant bien à l’esprit les influences hardcore qui ont fait leur succès.

Une jolie galette donc que cet EP, mais qui, cependant, n’est pas la meilleure pour découvrir le groupe teuton : on sent qu’il s’agit d’un court passage remplis d’expériences qui leur serviront par la suite.

8,5/10

[CHRONIQUE] Eluveitie – Anv

Six ans ! C’est le temps qu’ont pris les suisses d’Eluveitie pour pondre un nouvel album, sobrement nommé « Anv ». Un album sombre et captivant avec lequel Eluveitie retrouve de sa superbe et fait oublier les déboires passés. Car malgré un opus folk prometteur, les années qui ont suivi le premier tremblement de terre line-upien du groupe de metal celte (à savoir les départ d’Anna Murphy, Merlin Sutter et Ivo Henzi en 2016) n’ont pas été toutes roses, le groupe ayant eu le plus grand mal à rebondir et à imposer ses nouveaux membres aux fans du monde entier. Mais l’eau coulant sous les ponts, et les gens oubliant, Eluveitie a pu prendre le recul nécessaire pour se travailler et revenir bien plus forts.

« Anv » est moins accessible que ces deux grands frères, mais va également être un album « old school », sans avoir un concept fort et précis : mais ce n’est pas pour autant un album fait à la va-vite, mais, au contraire, c’est un objet soigné, avec un son d’une clarté à en faire pâlir les plus grand groupes actuels – et ce n’est pas rien quand vous faîtes un truc aussi compliqué à enregistrer que du celtic folk metal – des paroles puissantes, des morceaux qui vont vous faire dresser les poils comme des I (mon dieu, cette fin de « Premonition » avec ces cris de Chrigel Glanzmann (chant/mandoline).

Anv prend différentes couleurs et va s’imposer comme l’ultime voyage sensoriel pour tout fan du genre celtic folk qui se respecte : des influences death mélo à la suédoise sur les deux premiers morceaux (particulièrement « Taranoias ») à quelque chose de plus agressif et noir sur « Premonition » ou encore « Awen », qui revêt d’ailleurs une personnalité néo-metal surprenante, qu’on ne pensait jamais entendre de la part d’Eluveitie, mais qui pourtant marche à la perfection.

Bien évidemment, la douceur n’est pas oublié avec les morceaux menés par Fabienne Erni (Chant/harpe) : « Anv » avec ses chœurs aériens, la très entêtante « All Is One » (qui n’arrive pourtant pas à la cheville de « A Rose For Epona » dans la catégorie des morceaux les plus gnangnan des suisses), ou encore la sublime « Aeon Of The Crescent Moon », une ballade noire au groovy endiablé à vous en faire péter les cervicales. Enfin, nous avons un final en apothéose avec « The Prophecy », morceau complètement fou ou chacun des membre du groupe semble habité par une force mythique.

Alors qu’en penser de cet « Anv » ? L’album est un superbe objet qui va se placer entre un son passé glorieux et un avenir réussi fait de risques et d’expériences sur de nouvelles sonorités, et qui permet, enfin, à Eluveitie de se renouveler (et bordel, ce n’était pas trop tôt). Un album varié, raffiné, noir, violent, qui touche parfois au sublime, mais aussi, et malheureusement, à un pathos qu’il faudrait que les suisses oublient (oui, la balade Power Metal n’était vraiment pas nécessaire). Un beau voyage sensoriel qui conviendra à la plupart des métalleux, qu’ils écoutent ou non Eluveitie.

9/10