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[CHRONIQUE] Jinjer – Macro (coup de coeur)

Après nous avoir fait sagement patienter en début d’année avec l’EP «Micro», les Jinjer reviennent avec cette fois un nouvel album studio, logiquement intitulé «Macro». Une galette qui va au fond des choses et explore des sentiers encore inexplorés pour les ukrainniens.

Jinjer profite de cette vague de succès qui les auréole pour continuer à être productif – que ce soit sur les routes ou au niveau de la musique. «Macro» est donc la deuxième galette produite en l’espace de moins d’un an pour le groupe, et vient rassasier des fans laissés sur leur faim par un «Micro» certes excellent, mais si bref.

«Macro», s’il reste dans la veine metalcore qui aura marqué les débuts de Jinjer, s’affranchit de toutes les barrières, les unes après les autres – si bien qu’on ne sait plus vraiment dans quelle catégorie ranger le groupe ! Un délicieux melting pot aux allures de djent, moins rentre-dedans et bien plus tarabiscotés. Les morceaux s’étirent et on sent que le groupe se fait plaisir à nous présenter des morceaux plus complexes.

C’est musicalement que le groupe est à son apogée ! Tous les musiciens se défoncent littéralement les doigts (façon de parler n’est-ce pas ?), en particulier Eugene Abdiukhanov dont la basse se fait omniprésente et donne encore plus un aspect groovy et alambiqué aux morceaux.

Quand au chant de Tatiana Shmaylyuk, celui-ci suit la mouvance et se fait moins violent : le chant clair soul-groovy prend plus de place sur les morceaux (ce qui contraste avec le précedent EP «Micro» ou, au contraire, le grunt était bien plus présent). Cela n’empêche pas néanmoins certains titres de rentrer dans votre cervelle comme un véritable marteau-piqueur (comme «Retrospection» la petite comptine violente). On peut cependant regretter des paroles parfois mal construites, et si le français moyen peut mettre longtemps à comprendre l’anglais, certaines bribes peuvent parfois nous faire doucement rire.

Jinjer nous offre avec «Macro» son opus le plus varié, le plus travaillé et le plus complexe à ce jour. Les ukrainiens se créént une véritable identité avec des morceaux sombres, au groove surpuissant et frôlant la frontière avec le Mathcore. La belle pépite de cet automne.

9,5/10

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