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[CHRONIQUE] Eluveitie – Evocation II Pantheon

Plus de huit ans après la sortie de « Evocation I – The Arcane Dominion », Eluveitie nous livre enfin le deuxième opus de son projet acoustique, le bien-nommé « Evocation II – Pantheon ». Un CD qu’on ne pensait pas voir un jour, surtout dans les circonstences actuelles.

Il faut dire qu’après le départ des trois-quart de ses membres en 2016, dont la veilliste/wannabe chanteuse Anna Murphy, particulièrement populaire auprès des fans, je ne pensais pas qu’Eluveitie se lancerait dans la seconde partie de leur projet de trip celtico-acoustique. Ni que ce serait aussi rapide !

Pour rappel, la galette fait suite à « Evocation I – The Arcane Dominion », projet acoustique du groupe explorant, comme à leur habitude dirons-nous, la mythologie celtique.

Cet « Evocation II – Pantheon » est difficile d’accès et il me faudra plusieurs écoutes pour parfaitement l’assimiler.

Il est d’ailleurs bizarre de ne plus entendre ces hymnes acrocheurs auquels le groupe nous avait habitué depuis « Slania ». Car mis à part le single « Epona », semblable aux autres titres phares du groupe, la suite de l’album, même si, évidemment, cela reste du celtic, est tout de même bien plus originale que ce qu’on a pu écouter sur « Helvetios » et « Origins » notamment : il inscrit une sorte de dualité entre les morceaux chantés par Fabienne Erni, solaires et les morceaux grunté (voir parfois parlé) de Chrigel Glanzmann, sombres, lourds, avec une omniprésence de la vieille à roue (excellente Michalina Malisz au passage).

Beaucoup de morceaux installent leur propre ambiance, et non celle de l’album. Grosse mention spéciale à « Taranis » qui installe une atmosphère planante jouissive (oui planante oui, oui), ce qui en fait la meilleure de l’album.

Quand au deuxième chant, féminin, Fabienne Ermi supplante parfaitement Anna Murphy, voire même l’enterre six pieds sous terre. Pour vous dire la vérité (et je vais certainement me faire huer par les true fans du groupe), pour moi Murphy ne sait pas chanter… Bref, tout ça pour vous dire que Ermi chante délicieusement bien et apporte un vrai souffle aux compositions du groupe. Un ressentiment qui restera à confirmer en live cependant.

Concernant les défauts, l’album souffre d’un trop gros nombre de titres (18 au total) et on se serait bien passé de certains qui, à mon goût, sont tout à fait dispensables (par exemple « Grannos »). Une chose à laquelle Eluveitie nous a malheureusement habitué…

Bref, si c’est encore (trop) timide, Eluveitie commence à se libérer du modèle de leurs succès passés, et ose aller dans l’originalité. Après l’ouragan des départs d’Anna Murphy, Ivo Henzi et Merlin Sutter, le groupe se remet doucement sur les rails et surprend avec la suite de son projet acoustique, et un line-up rafraîchissant. Une petite mise en bouche jouissive, qui ravira les fans des premiers temps. Le groupe devra cependant confirmer son unité et son évolution sur la sortie d’un prochain album, électrique cette fois. A écouter.

8,5/10

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