Archives de catégorie : Chronique

[CHRONIQUE] Kreator – « Krushers Of The World » (Coup de cœur)

Le groupe de Thrash allemand revient en force avec un beau et soigné nouvel album, « Krushers Of The World », jalon entre un son old school et de la modernité, frôlant même les frontières de l’épique.

En voilà un groupe qui sait se réinventer ! Loin de se reposer sur ses lauriers, Kreator sort son (déjà!) seizième album « Krushers Of The World ». Et si on se fait surprendre par une entrée « plus calme » qu’est « Seven Serpents », cet opus regorge de pépites trash, avec une certaine prise de risques qui fait plaisir à entendre.

Bien évidemment, on a les gros hits bourrins, « Satanic Anarchy » qui a un potentiel monstrueux en live tellement il est accrocheur, ou encore « Barbarian », thrash à souhait, qui ravira les fans de la première heure. « Combatants » et « Loyal To The Grave » revêtent leurs plus belles armures pour nous emmener sur les champs de bataille, avec des envolées épiques magistrales à vous faire frissonner (ou à vous projeter dans le Gouffre de Helm, c’est selon).

Enfin c’est un côté plus inattendu que nous révèle le groupe avec « Tränenpalast », dans une veine assez originale, avec des éléments arty, directement empruntés aux thèmes musicaux de « Suspiria ».

Les légendaires Kreator nous offre un superbe album, travaillé et original, qui saura vous convaincre de vous atteler à l’immense discographie du groupe. Un indispensable.

9,75/10

[CHRONIQUE] « Break The Silence » – Beyond The Black


Le groupe symphonique, Beyond The Black, délivre un nouvel album très attendu, « Break The Silence », qui nous surprend par ses sonorités plus électros et son ton, plus rentre-dedans.

Si Beyond The Black était jusque là resté plus en retrait sur la scène symphonique internationale, le groupe semble vouloir rebattre les cartes avec un nouvel album « Break The Silence », plus risqué, mais avec tout autant de mélodies accrocheuses. Le groupe distille aisément électro et symphonique (même si on en entend moins paradoxalement) sans pour autant essayer d’être une pâle copie d’un certain Amaranthe.

Si le début nous décontenance un peu – « Rising High » un peu trop molle et « Break The Silence » bien trop formatée – les morceaux suivants, le sombre et prenant « The Art Of Being Alone » (avec un Chris Harms au sommet de sa forme) et le superbe « Let There Be Rain » avec ces chœurs incroyables de The Mystery Of The Bulgarian Voices qui donnent une telle vibe organique, rattrapent vite le coup. « Can You Hear Me » est le morceau le plus surprenant de avec ce featuring d’Asami (oui oui, Asami des Lovebites) pour un duo sublime, fédérateur, et versant moins de le lyrisme qu’attendu.

Le groupe enchaîne ensuite les hits avec aisance, tout en redéfinissant les limites de leur style, même si c’est encore un peu timide ! Mais l’évolution est là, le ton est moins lyrique, moins ambiant, bien plus direct, avec quelques uppercuts bien sentis. C’est sur une belle note douce que se termine l’album avec « Weltschmerz », mêlant synthétiseur et violon, nous donnant bien vite l’envie de nous y remettre. Le seul petit reproche qu’on ferait, même si les morceaux sont très loin d’être mauvais, ce sont les (trop) nombreux hommages aux fans du groupes : « Ravens » d’abord, mais surtout « (La Vie Est Un) Cinéma » que nous trouvons hors-sol par rapport au reste de l’album.

« Break The Silence » est un album intriguant, surprenant, qu’on n’attendait pas d’un groupe comme Beyond The Black. Les allemands ont su rebondir, se renouveler, et créer des choses plus surprenantes, s’éloignant de leur registre et de leurs habitudes. On commence à voir des choses intéressantes se dessiner autour de ce groupe, trop longtemps sous-estimé. Intéressant… Très intéressant !

9,5/10

[CHRONIQUE] Lord Of The Lost – Opvs Noir Vol 2

Avant de vous dévoiler notre bilan de cette année 2025, on se devait de vous parler d’un album arrivé en toute fin d’année, mais attendu par beaucoup d’entre vous….Deuxième volet de la trilogie annoncée des Lord Of The Lost, « Opvs Noir Vol 2. » donne le ton avec sur sa pochette une serrure.

Si le Vol 1 était plus dans la noirceur, ce volume deux se révèle étonnamment doux, mélancolique, frisant le sublime par moment (les très beaux « One Of Us Will Be Next » et « Please Break The Silence » nous auront, à titre personnel, beaucoup ému). La chanson avec Käärijä « Raveyard » reste celle qui se détache le plus de l’ensemble mais uniquement parce qu’elle ne colle pas au reste de l’album musicalement, un choix qui nous paraît assez surprenant. Autre morceau particulièrement prenant, « What Have We Become? » dont les paroles vont vous coller à la peau et les harmonies vous titiller les entrailles.

Chris Harms au niveau du chant donne particulièrement dans l’émotion – et quel chant ! C’est peut-être le meilleur album où l’artiste allemand donne de la voix en clair, montrant de nombreuses et belles facettes vocales qu’il n’avait jusque là jamais exploré.

Néanmoins, et malgré les belles mélodies, et l’émotion procurées par certains morceaux, l’album pêche par moment – et plus particulièrement « Would You Walk With Me Through Hell ? » juste inaudible tant les deux voix sont dissonantes (trop) – et musicalement derrière, le seul moment de grâce est le solo au piano de Gared ! Et au vu du sans faute de Opvs Noir Vol. 1 sorti plus tôt cette année, on peut ressentir une petite déception par rapport à nos attentes.

Mais malgré tout cet album reste d’un excellent calibre, à la fois sombre et émouvant. Avec « Opvs Noir Vol 2 », les Lord Of The Lost touchent une nouvelle partie de ses fans mais pourra en rebuter d’autres, plus amateurs de sons indus et violents, qui faisaient d’ailleurs le charme du premier opus. Un album délicat, qui mérite qu’on en apprécie presque chaque seconde.

8,75/10

[CHRONIQUE] Equilibrium – Equinox

Près de six ans après la sortie du très discuté et discutable « Renegades », les Equilibrium reviennent aux affaires avec un nouvel opus, « Equinox » (le premier avec le nouveau chanteur Fabian Getto) qui revient aux racines folk du groupe mais de façon assez différentes, tout en gardant des éléments dance à la Electric Callboy.

Le début a un rythme terrien, avec moins d’éléments électro, plus d’éléments « brut ». Sur les trois premiers morceaux, on retrouve un formidable travail sur les percussions, ce qui rend les morceaux tout à fait unique. On se croirait presque à un de ces défilés de « Krampus » (ces monstres des montagnes du Tyrol mi démon mi chèvre) tellement l’ambiance, folklore avec les voix très rauques.

Equilibrium teste de nouvelles choses et semble, du moins sur la première partie de l’album, l’ensemble est un pur retour aux origines, avec des rythmes presque africains, faisant un tantinet penser à Rotting Christ période « Kata ton Daimona Eaytoy ».

Néanmoins, le groupe revient à son évolution principale, et les hymnes électros ne tardent pas à faire leur retour sur le disque. Si les morceaux sont bien loin d’être mauvais, bien au contraire (on pense plus particulièrement aux excellents « Borrowed Waters » et « Nexus »), nous aurions préféré une évolution franche et moins timide, voir pas d’évolution du tout, vu que le précédent virage des Equilibrium n’est pas si vieux que cela.

Bref, on ne sait pas trop sur quel pied danser avec cet « Equinox » : si nous apprécions grandement la première partie de l’album plus inédite, le groupe retourne sur ses sentiers battus avec une deuxième partie tout aussi excellente, mais bien moins surprenante. On se serait attendu à un petit rafraîchissement avec l’arrivée de Fabian Getto, mais au contraire, on a la désagréable impression que presque rien n’a bougé, et que les rares évolutions ne sont pas assumées jusqu’au bout de l’album.

Il n’empêche que ce nouvel album des Equilibrium, qui s’apparente plus à un opus de transition, est un beau produit, contenant de superbes hymnes (« Nexus » en tête) que nous avons hâte de chanter fort (et faux) en concert avec le groupe. Un beau moyen de découvrir ou de redécouvrir le groupe.

8,5/10

[CHRONIQUE] Bukowski – Cold Lava (Coup de cœur)

Trois ans après un opus éponyme symbole malheureux et inattendu de deuil – car le bassiste et membre fondateur de la formation, Julien Dottel, décèdera peu de temps avant la sortie de cet album – on ne pensait pas revoir les Bukowski, en tout cas sur album. Passé l’annonce d’un nouvel album, « Cold Lava » donc, nous avons été pris de court. Chronique de la surprise de cet automne.

La production claire et de qualité nous aide à rentrer directement dans le lard avec un « Headlights » qui démarre directement sur les chapeaux de roues ! Les guitares ronronnent, le morceau est direct et franc, et n’y va pas par quatre chemins. Dès ce premier morceau, on assiste à un véritable retours aux racines du groupe, avec un hard rock aux sonorités stoner unique, incisif. Et putain, c’est jouissif !

C’est groovy, c’est remuant, c’est violent parfois, avec une authenticité rock qu’on ne voit que très rarement de nos jours (ces claques que sont « Isolation » et « Communication In Silence » !) mais le groupe ne renie pas son côté plus doux avec le superbe « Howls »). « Gunpowder » avec ce début assez mythique (on vous laisse découvrir) peut paraître très déroutante comme chanson dans un premier temps, elle se révèlera être plus directe, interpellant l’auditeur à coups de riffs. Le meilleur morceau de l’album, sans aucun doute !

Si « Bukowski » avait été l’album du deuil, « Cold Lava » est lui l’incroyable témoin de la résilience du groupe, qui a su se relever et trouver la force de continuer. En effectuant un vrai retour aux racines hard rock du groupe, sans pour autant rendre le tout trop simpliste, Bukowski se réimpose comme un pilier de la scène française actuelle. L’album est excellent, bien produit, brut et sans concession. Une énorme claque auditive qu’on n’attendait absolument pas.

9,75/10

[CHRONIQUE] Dagoba – Different Breed

Suite à une prestation de haute volée durant la dernière édition du Mennecy Metal Fest, nous nous sommes penchés sur le nouveau né (enfin, qui a fêté son premier anniversaire cet été) des Dagoba, « Different Breed »

Et alors que la galette précédente du groupe « By Night » nous avait laissé de marbre et même pas mal révolté (dommage quand c’est pour célébrer 25 ans de carrière) tant l’ensemble nous paraissait sans âme, le groupe arrive avec ce nouveau jet à nous surprendre : Exit Napalm Records, c’est le retour sur Verycords ce qui se ressent jusque dans la production, très typée « Post Mortem Nihil Est » (2013) mais sans pour autant se poser comme une pâle copie.

Alors oui, il y a des morceaux qui restent dans le déjà-entendu (« Different Breed » et « Phoenix Noir » en tête) tout en étant de la trempe des meilleurs albums du groupe, avec une production belle et limpide. Et puis il y a beaucoup d’autres titres sont plus percutant, plus rageur, avec un côté très metal indus, parfois à la limite du deathcore (et on pense à l’immense « Distant Cry » ). L’enchaînement du début d’album, entre l’introduction avec ce pleur de bébé qui se confond presque sur la fin avec ce cri colossal avant d’embrayer sur un premier morceau qui vient vous frapper tel un uppercut « Arrival Of The Dead ».

Un autre enchaînement, « Minotaur » et « Léthé », vient tout dégommer sur son passage (et on vous met au défi de ne pas headbanger sur ces deux morceaux). « Vega », lui vient vous étouffer avec une atmosphère tellement oppressante (grâce à un excellent boulot sur la voix de Shawter, qui semble presque manquer d’air). En revanche, dommage pour la basse sur ce morceau et quelques autres, noyée dans le mix alors qu’on perçoit des choses hyper intéressantes proposées par Kawa. D’ailleurs, la rythmique basse/batterie change énormément selon les morceaux et apporte un vrai coup de boost.

On arrive enfin au dernier morceau « Alpha » : on aurait pu penser à un morceau à la fois viril et violent vu le titre, pourtant le groupe nous surprend avec une conclusion douce, instrumentale avec laquelle ils concluent en beauté un album aux allures de renaissance.

Nous avons été surpris par « Different Breed » alors que nous n’attendions plus rien de Dagoba. Emprunt de mélodies aérienne et d’uppercuts de violences, il plaira tant aux fans de la première heure qu’aux nouveaux venus. C’est donc un retour gagnant pour un album qui doit signer une période de renouveau pour un groupe extrêmement talentueux. Espérons que ce line-up puisse se stabiliser pour, qu’enfin, le groupe puisse continuer sur une voie toute tracée, mais semée d’embuches.

9,25/10

[CHRONIQUE] Aephanemer – Utopie (Coup de coeur)

Il aura fallu quatre années de travail à Aephanemer pour sortir leur nouvelle offrande, « Utopie ». Un album réfléchi, côtoyant de nombreuses références et influences classicos-littéraires qui lui donne un aspect unique !

« Utopie » est un condensé d’une heure et quarante-et-une minutes très exactement de death melo classique comme sait désormais le faire le groupe français : tout au long des morceaux, on recherche à la fois l’émotion classique, la beauté des mots et la violence de ces guitares saturés et de ces mêmes paroles mais gruntées par la géniale Marion Bescoul.

Car, malgré parfois la redondance rythmiques de certains morceaux qui demandent une grande concentration pour en saisir tous les rouages, l’album ne cesse de rechercher le beau : l’album comporte une dimension littéraire – notamment avec la citation d’un poème de Paul Valery dans « le Cimetière Marin » – mais une autre, cette fois d’un écrivain bien connu de chez nous, Victor Hugo, vient automatiquement en tête en pensant à cette galette : « Les écrivains ont mis la langue en liberté » (Les Contemplations). La qualité d’écriture (et en français, s’il faut le souligner) y est en effet complètement folle, chacune des syllabes venant s’inscrire dans nos têtes au fur et à mesure que le chant défile (nous donnant même envie de chanter dans le RER, mais ce serait mal venu…)

Aephanemer nous livre donc avec « Utopie » un album violent et magnifique alliant la beauté de notre langue française à une musique saturée d’inspiration classique (d’ailleurs les guitares, ça ne vous fait pas penser à des violons ?). Une œuvre somptueuse, intelligente et nuancée de death mélo.

9,5/10

[CHRONIQUE] Sabaton – Legends

Petite surprise avec ce nouvel album des Sabaton, « Legends » : on s’écarte un temps de la machinerie des grandes guerres pour se concentrer sur d’illustres personnages de l’Histoire, de Genghis Khan à Napoléon en passant par César. Une tentative de renouveau bienvenu, mais encore bien timide !

Il faut dire que beaucoup ont eu la critique facile avec Sabaton dernièrement : les deux critiques les plus acerbes sont leur supposée glorification de la guerre, mais aussi une non-évolution latente du groupe, depuis notamment qu’ils ont sorti… et bien leur premier album, « Primo Victoria », en 2005 !

Loin de prendre le taureau par les cornes, les Sabaton ont cependant voulu évoluer sur cette nouvelle galette : Exit les marches militaires et les canons sciés, place aux grandes légendes de l’Histoire, mais avec, plus ou moins, un lien avec le sujet de fascination des suédois.

Si on retrouve toujours les mêmes orchestrations, le tout est bien plus mélodique. La rythmique va également changer sur la majorité de l’album, laissant toute la place aux envolées orchestrales, et étant moins dans le saccadé, pourtant marque de fabrique du groupe !

Et si ça marche sur quelques morceaux, comme les excellents « Impaler » et « Hordes Of Khan », certaines chansons retombent assez vite comme des ballons crevés : « A Tiger Among The Dragon » mais aussi « Maid Of Steel » qui, malgré le sujet passionnant et sa brièveté, nous a paru longue et brouillonne.

Mais ce sera cependant les deux seuls points noirs de l’album : « Templars » et « I, Emperor » sont fabuleuses et on a envie de chanter avec Joakim Broden (chant) même si, paradoxalement, ce sont les deux seuls morceaux les plus « standards » des suédois ! A contrario, « The Cycle Of Songs » est un, voir le morceau le plus intéressant de cet album, dense, alambiquée, à la structure plus complexe. Une chanson très difficilement accessible, un comble pour Sabaton, mais une très agréable surprise.

Avec « Legends », Sabaton livre un album passionné mais inégal, avec de belles choses comme des mauvaises. On sent que le groupe est prêt à évoluer, mais si les essais se révèlent encore trop timide. Mais c’est pour toutes ces choses que cet album reste un très bel objet, la meilleure galette sorti par les suédois depuis bien longtemps, qui nous divertit autant qu’elle nous ravit (en nous cultivant un peu au passage d’ailleurs). Nous avons qu’une hâte, voir « Legends » joué en live !

(Et mention spéciale à l’artwork ci-dessous qu’on trouve juste somptueux)

8,5/10

[CHRONIQUE]Grandma’s Ashes – Bruxism (Coup de coeur)

Après un premier album couronné de succès qui a pu leur ouvrir les portes de (parfois grandes) scènes françaises), le trio Grandma’s Ashes revient avec un deuxième album, « Bruxism » qui enfonce le clou et continue de définir leur univers bien particulier.

De base, le bruxisme est une contraction involontaire de la mâchoire qui vous fera grincer des dents (d’où cet artwork). On est pourtant bien loin de le faire à l’écoute de cet excellent deuxième jet, signé par le trio de françaises Grandma’s Ashes.

Mettre la musique au service de la construction d’un univers : si c’était déjà le cas sur le premier album du groupe, le deuxième va encore plus loin, abaissant toutes les barrières des genres. Il reste cependant extrêmement difficile à appréhender, tant les nuances sont plus que nombreuses. .

On entend à la fois de l’industriel (avec un son de batterie incisif comme sur « This Too Shall Pass »), de la pop (le mielleux « Empty House » rempli de riffs plus qu’accrocheurs) du grunge, voire parfois du stoner (l’excellent et bourrin « Flesh Of Cage ») … On sent que les musiciennes ont travaillé et surtout se font plaisir. Mention spéciale à Eva dont les différentes tessitures de voix sont assez folles par rapport à ce qu’elle proposait sur l’album précédent. Une future grande chanteuse.

Les thématiques sont personnelles et touchantes, sur l’acceptation de soi, la confiance, la gestion de ses émotions. Des sujets forts qui parleront à beaucoup d’entre nous, même passé les 35 ans !

« Bruxism » représente à mon sens, la prochaine évolution du rock français qu’on entend à la radio depuis les années 2000 : un son brut, des thèmes forts, des éléments grunges et stoners savamment mélangés à du rock radiophonique. Un bel album, complexe, à réécouter pour en saisir toutes les nuances. Une galette que j’aurai aimé avoir entre mes mains étant plus jeune.

9/10


[CHRONIQUE] Orbit Culture – Death Above Life (Coup de Cœur)

Groupe en constante évolution depuis maintenant une dizaine d’années, les suédois d’Orbit Culture semblent avoir touché la grâce avec un nouvel album, « Death Above Life », qui va enfin leur apporter le succès qu’ils méritent.

Il est compliqué de définir très exactement le son d’Orbit Culture : Death ? Groovy ? Hardcore ? Faisant fi des barrières et des étiquettes, le groupe tend à s’imposer depuis maintenant quelques années (et l’excellent EP « Redfog » paru en 2018) comme un incontournable de la scène, dont la popularité grandit au fur et à mesure de ses sorties.

« Death Above Life » s’impose donc comme un chef d’œuvre, un futur classique salué par ses pairs, qui devrait propulser le groupe encore plus loin !

Il faut dire que le frontman, Niklas Karlsson, a – enfin – lâché la production pour la confier à un vrai professionnel du milieu, Buster Hodelhom, maître du son Thall, qui viendra servir le principal atout des suédois – le groove. Des passages soulignés, et complètement déments sur les excellents « Nerve », « Inside The Waves » mais aussi, de manière plus sporadique, sur l’immense « Bloodhound », qui allie ce groovy avec une force noire et primaire dévastatrice. Un grand morceau, peut-être le meilleur de la carrière des Orbit Culture.

D’autres morceaux témoignent la volonté de construire un univers plus atmosphérique, et même on dirait plus immersif, tout en ne reniant pas les origines thrash du groupe, qui feraient pâlir n’importe quel grand groupe international du genre. Le morceau « Hydra » en est la preuve – on dirait du Metallica en plus énervé avec une pointe d’orientalisme surprenante et bienvenue. « The Tales Of War » nous plonge dans une torpeur plus black, bien plus nerveuse, qui vous fera tourner littéralement le cerveau (et les cheveux). Seule petite ombre au tableau, le morceau titre de l’album « Death Above Life », trop calibré pour passer à la radio, monotone et répétitif, et qui n’a rien à faire sur un disque de ce calibre.

Enfin, un tel album se doit avoir une belle ouverture : « Inferna » remplira parfaitement ce rôle en présentant sur un peu plus de six minutes les très nombreuses facettes de la galette. De quoi nous mettre l’eau à la bouche et de nous donner envie de continuer un peu plus loin.

Exit le son brouillon et les gimmick inutiles – on n’a entendu aucun « Blegh » – « Death Above Life » ravira tous les fans et tous les newbies avec un son épuré, une ambiance sombre et intense et un son à la fois puissant et groovy. Le meilleur cru à ce jour d’Orbit Culture, dont le travail constant et l’évolution, nous fait pogoter de joie.

9,5/10