Après un premier album discret mais remarqué par certains membres de la communauté black metal francophone, les tunisiens de Primordial Black enfoncent le clou très rapidement (car moins d’un an sépare les deux sorties) mais avec un son bien plus travaillé.
« Heterotopia » n’est pas qu’un simple album de black metal : il se situe à la croisée des chemins, entre le black metal le plus froid et sinistre à la Celtic Frost et les mythes grandiloquents de Nile, avec le côté symphonique emprunté au passage à d’autres groupes comme SepticFlesh ou Dimmu Borgir. Les passages avec les chœurs, avant de repartir sur des riffs acérés, nous font rebrousser jusqu’au plus petit des poils de notre corps.
On adore particulièrement le growl de Yasser Bouzina, grave et percutant, qui sert particulièrement à l’instauration d’ambiances très travaillées, parfois lourdes, parfois très noire, limite lovecraftien. Niveau morceau, on a un très très gros coup de cœur pour « Le Horla » avec ce début très organique, faisant penser à l’époque « Aealo » (2010) des Rotting Christ avant de passer sur du heavy puis une ambiance plus doom metal. On passe par tous les aspects de la violence rien qu’en écoutant ce titre… Quel morceau mon ami ! Mais quel morceau !
C’est un son affiné, des ambiances plus noires ainsi que des textes plus profonds que nous offrent les Primordial Black avec un « Heterotopia » certes, classique par moment, mais qui va fortement t’emballer par son atmosphère divinemement black. C’est prometteur et c’est à découvrir !
9/10
