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[INTERVIEW] Renato (voix) – Flayed : « La musique est juste un divertissement »

A l’occasion de la sortie de leur EP « XI Million », Renato, le chanteur de « Flayed », nous a accordé quelques minutes d’entretien. L’occasion pour nous de faire le point sur les projets du groupe !

Metal-Actus : Quelle est la signification de « XI Million », le nom de votre EP ?

Renato (voix) : C’est le titre du premier morceau, qui est, pour une fois pour nous, assez engagé alors qu’on ne le fait pas habituellement : « XI Million » est le nombre de personne qui naît sur terre chaque mois. Et comme j’estime que c’est beaucoup trop, on en a fait une chanson. Il n’y a pas assez de place, et pourtant, on continue d’y aller à fond ! (rires)

Plus d’engagements donc pour Flayed ?

Non, juste sur ce titre : il n’y aura ni engagement, ni quoi que ce soit d’autre. La musique est juste un divertissement, et les gens ne sont pas du tout là pour penser à ça : là c’était juste un coup de gueule extrêmement personnel, et je ne livre la signification de « XI Million » que quand on me la demande.

Vous êtes un jeune groupe (NDLR : formé en 2013) et pourtant, c’est déjà votre troisième galette. L’inspiration est venue tout aussi rapidement que les autres fois ?

Ouais ! C’était extrêmement rapide, comme tous nos albums en réalité. On a un principe d’écriture qui marche très bien et est très rapide : notre bassiste Julien fait les parties guitares/basse/batterie pour tout le monde, mais aussi les préprods, et il enregistre tout ça : ce qui fait que je me retrouve avec une bande audio absolument énorme et j’ai juste à piocher dedans selon mon humeur pour écrire les paroles. On choisit ensuite le meilleur et on enregistre.

Vous avez choisi de sortir cette galette sous le format d’EP. Pour une question d’argent ?

Alors ça ce n’est pas faux (rires). On a déjà sorti deux albums les années d’avant, en 2014 et 2015, et oui, ça coûte un max de pognon, même si on est entré dans nos frais. Mais ce n’est pas la raison, du moins, en partie : on a signé un deal avec Kaotoxin, et c’était un très bon moyen de sceller cet accord. On voulait lui montrer comment on travaillait et si on arrivait à être professionnels comme il le souhaitait. De notre côté, cela nous a permis de voir si le rendu Kaotoxin valait le coup. D’où l’EP au lieu de l’album. Une belle façon de fêter un partenariat. Et petit plus, le label nous a fait la promesse de sortir un vinyle !

Que peux-tu me dire sur la production ? Avez-vous travaillé avec des gens en particulier ?

On a tout enregistré nous-même dans le studio de notre organiste, qui contient du matériel vintage notamment des claviers, comme ça s’entend sur l’album. Lui joue de l’orgue Hammond, donc ça prend de la place, ça fait du bruit. Il enregistre sur bande, comme dans les années 1970, donc il faut passer après la musique sur le PC. Cela donne un petit grain vintage particulier. Et histoire d’avoir un côté moderne et ne pas passer pour un groupe de hard rock has been, on a fait mixer le tout par HK du Vamacara studio à Clisson, et qui se trouve faire, généralement, des productions metal.

Que peut-tu me dire sur « Trade is Over », et notamment sur ce choeur féminin particulièrement puissant ?

Il doit être un des morceaux les plus casses-couilles à jouer et à mettre en place (rires) Il change en permanence ce titre ! La batterie change tout le temps! Il y a au moins trois choses différentes dans un seul riff ! Et il y a ce choeur féminin qui me plaît et me supplante car ça va tellement vite que tout seul, je ne pouvais pas le faire. On aimerait d’ailleurs l’avoir sur scène mais pour cela on attend d’en avoir une assez conséquente. Mais « Trend Is Over » aujourd’hui, si je n’ai qu’un mot à en dire, ce serait « chiant » (rires).

Le dernier morceau de votre EP, « Rollin’ Monkey », est assez fou aussi. D’où est venue cette idée sur ce singe ?

C’est une histoire de singe qui se mord la queue, et oui, il cavale du début, avec cette introduction aux claviers, à la fin. Il traite d’un sujet qu’on retrouve aussi dans « Trend Is over » qui signifie en français « La Mode est terminée » : elle n’est pas tant terminée que ça ! C’est un pied de nez à certains préjugés : on juge que le hard rock est un style « dépassé » qu’on tente de remettre au goût du jour. Et « Rollin Monkey » c’est le même genre de projet, avec le singe qui se mord la queue : un groupe comme nous qui continuerait jouerait des skeuds, mais localement. Mais c’est tout le contraire car on réussit à avancer.


Vous faites aussi une reprise de « Fortunate Son » de Creedance Clearwater Revival. Pourquoi ce morceau en particulier ?

Parce qu’on était tous d’accord sur ce morceau.

Ce n’est pas très commun les reprises de ce groupe !

J’ai l’impression que le monde entier connaît Creedance mais sans jamais pouvoir citer le nom du groupe : il y a pleins de morceaux que les gens connaissent, sifflent, chantent, mais ils ne savent pas qui c’est ! Cela veut dire que les morceaux sont assez bien écrits pour qu’ils se foutent complètement des musiciens. S’ils retiennent le titre, c’est donc qu’il fait mouche. On vient tous d’horizons différents chez nous : du metal extrême au rock vraiment classique des années 60-70. Et cette chanson nous réunissait tous les six, c’était vraiment la seule qu’on avait envie de reprendre. A la base on s’était dit que jamais on ne ferait de reprises. Mais dans le cadre de l’EP, on voulait quelque chose d’assez fun. En plus, en live, elle cartonne !

Et pourquoi avoir statué « Pas de reprises » avant celle-là ?

On n’avait pas envie d’être catalogué de « groupe à reprise ». C’est un peu une mode française : il y a des groupes qui font beaucoup de reprises, qui tournent comme ça, qui vivent comme ça, et qui gagnent de l’argent comme ça. C’est très pour eux, mais nous on n’avait pas du tout envie de proposer ça. Si on fait une reprise, c’était purement pour s’éclater.

Avez-vous prévu de shooter une nouvelle vidéo ?

Ouais. Le clip est en cours là. Il sera dans la veine du précédent, « Monster Man », qui est dessiné. On rebosse avec les mêmes personnes en tout cas.

Toujours dessiné ?

Non. On préfère garder le mystère là-dessus. Tout ce que je peux te dire, c’est que ce sera sur le titre « XI Million ».

A propos de la tournée, j’ai vu votre tour-report. Il vous en arrive quand même des aventures !

Comme tout le monde ! Mais il se trouve qu’on a des personnages atypiques dans ce groupe (rires). Il nous en arrive des vertes et des pas mûres, c’est clair. Mais c’est ce qui fait aussi le charme de partir en tournée ! S’il ne nous arrivait pas de la merde, ce serait tellement pas drôle. Mais en même temps on en rigole quasi-instantennement, même quand on tombe sur des plans concert comme Marseille par exemple. On s’énerve pendant un peu près cinq minutes mais on sait très bien que dix minutes après on va commencer à s’en marrer parce que sinon, on péterait tous un câble et on va réussir à s’engueuler,. Donc on préfère trouver la solution de secours, et faire le boulot, d’en ressortir contents et de faire plaisir aux gens qui ont fait du chemin pour venir nous voir. Par exemple à Paris, sortir les guitares sèches pour un set qu’on n’avait jamais répété, ça nous faisait hyper chier, sauf qu’il y a des mecs qui ont fait 500 bornes rien que pour le concert , on devait leur proposer quelque chose.

C’est professionnel de votre part, d’autres, y compris des très connus auraient tourné les talons.

On a ce respect là du public. On prend plaisir à les jouer, on doit faire plaisir aussi aux gens qui font le déplacement, et ne pas leur dire « c’est annulé » alors qu’on est sous leur nez. C’est interdit par la loi !

Au niveau des dates pour le printemps, ça avance bien de ce côté là ?

On est en train de remplir le calendrier du printemps. On booke aussi les festivals d’été. On s’arrête de jouer en janvier-février-mars, on se penche sur le troisième album car il y a des petits détails à peaufiner, histoire d’avoir un album plus abouti. Une fois que la tournée et la période des festoches sera terminée, on enregistre ce CD, qui devrait sortir fin 2017 début 2018.

Vous pensez un peu sortir de nos frontières cette fois ?

Cette année, on bloque sur la France, car on n’a pas envie de s’exporter avec uniquement un EP. Par contre, quand on sortira notre troisième album, on a d’ores et déjà une tournée au Québec prévue pour le printemps 2018. Et cette fois-ci, je pense qu’on fera plus le Canada dans sa globalité. On va bouffer de la borne !

Un mot rapide sur la scène rock et metal française ?

Elle est en pleine effervescence ! C’est évident depuis l’avènement de Gojira. Il y a aussi les mastodontes Lolofora et Mass Hysteria, les inébranlables qui nous ponderont jamais des albums de merde. Tant mieux pour eux et tant mieux pour la scène française qui va mieux s’en porter ! Mais ce qui m’interpelle le plus, c’est le nombre de petits groupes ! Par exemple, moi qui vient de Lyon, j’avoue que la scène locale regorge de petites formations qui ont la niaque comme jamais et qui ont des productions avec des sons vraiment énormes ! A un moment donné, on va tout de même réussir à être un pays rock’n’roll alors que ce n’est pas du tout notre culture à la base.

Tu verrais une chronique dans le Monde, ou encore sur TF1 ?

Et pourquoi pas !

Que peut-on souhaiter pour Flayed pour l’avenir ?

De jouer un maximum, d’avoir encore plus de monde aux concerts, et que le troisième album soit hyper bien écrit.

Un dernier mot ?

Un énorme merci à Metal-Actus et à tous les lecteurs. Venez nous voir en live, et allez écouter nos CD sur Deezer ! (rires).

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Retrouvez notre chronique de « XI Million » ici.

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