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[INTERVIEW] Mick (StuBorA) : « «Horizon Noir» résumait bien les thèmes généraux abordés »

Dans le sillage de la sortie de leur opus « Horizon Noir » à la fin du mois de novembre 2019, on a pu s’entretenir avec Mick, l’une des deux têtes pensantes des sympathiques StuBorA !

Metal-Actus : Comment s’est passé le travail autour de cet album « Horizon Noir » ?

Mick (chant et basse) : On est deux compositeurs, Cyril et moi-même, et, même si on se retrouve sur une base et des influences communes, on peut avoir aussi des goûts qui sont complètement différents. On ne voulait pas se fixer de limites : on voulait jouer ce qu’on avait envie de jouer en essayant tout de même de trouver une homogénéité dans tout ça – il ne faut pas non plus que ça soit des styles qui n’aient rien à voir les uns avec les autres. Nos morceaux, sur cet album, ont une vraie couleur, avec de vraies palettes. Après, forcément, on a toujours des concessions à faire : Cyril va, parfois, ne pas proposer certaines choses et à l’inverse, certaines de mes compositions ne vont pas convenir au groupe.

Et ce n’est pas trop compliqué de tout mettre en commun si vous avez des influences si différentes ? Il n’y a pas eu de clashs ?

Il y en a eu (rires), c’était déjà le cas sur le précédent album. Mais ça se passe bien : on a la chance, avec Cyril, d’être d’abord des amis puisqu’on se connaît depuis qu’on est gamin, et d’avoir conscience du talent de chacun – on sait que nous avons cette même motivation. Après, on est tellement passionné par ce qu’on fait que, parfois, on peut se montrer un petit peu moins ouvert sur les propositions de l’autre. Cela a pu générer quelques petites tensions qu’on a été capables de surmonter. L’enjeu est que, malgré cette différence, c’est de réussir à aller dans la même direction et que chacun s’y retrouve.

Est-ce que Niala à la batterie, il essaie de proposer des choses ?

Niala n’est pas dans la composition. Par contre, il intervient beaucoup sur l’aspect rythmique des chansons, sur les arrangements. A la base, on travaille beaucoup avec Cyril – on s’envoie des fichiers, on se propose nos morceaux sur lesquels on intéragit, on fait des suggestions, … et tout ça est fait en amont. Une fois qu’on est d’accord sur le principal – l’ossature, les mélodies – on amène ça à Niala en répétition. Il pensera à des rythmes, à des choses qui nous feront rebondir et parfois même réorienter le morceau dans une autre direction. Son jeu de batterie et sa maîtrise de l’instrument nous permet de glisser et de faire le lien, justement, entre nos influences diverses.

Le titre de l’album, «Horizon Noir» est très évocateur : «horizon» donc futur et «noir» sombre, pessimiste. Pourtant, je perçois dans les morceaux que vous vous raccrochez à quelques notes d’espoir, de vie. Je voulais savoir avoir choisi un titre aussi sombre pour représenter votre album alors que justement, ce que vous dépeignez n’est pas si noir ?

Tout le monde ne perçoit pas forcément ces touches d’espoir, certains journalistes ne les ont pas décelé et ont trouvé que c’était assez sombre en général. On écrit également les paroles chacun de notre côté avec Cyril et on s’est rendu compte au résultat qu’on abordait des thèmes qui n’étaient pas finalement très joyeux. C’est juste un constat qu’on fait. Mais le résultat est que cette couleur noire ressortait un petit peu, et donc «Horizon Noir» reprend bien cet aspect un peu sombre qu’il peut y avoir dans pas mal de paroles de cet opus. Et puis c’est aussi une manière d’attirer l’attention : «Horizon Noir», ça interpelle, ça paraît pessimiste comme ça et finalement ça peut permettre de mettre l’accent sur certaines choses qui ne vont pas et qu’on veut améliorer. Mais on a toujours une part d’ouverture et heureusement d’espoir, sinon, ce serait bien triste de ne plus avoir foi en l’humanité !

Tu me confirmes que, sur la plupart des chansons présentes sur cet album, vous vous basez sur du vécu ?

Oui tout à fait ! Il y a des choses qui vont être des constats de société, sur le monde qui nous entoure, et il y a vraiment des textes qui sont liés à des expériences intimes personnelles : des décès, des choses sentimentales, … avec toujours une certaine pudeur et en essayant de faire des paroles qui ne soient pas trop précises, ce qui pourra permettre à chacun de s’y retrouver et d’y faire son interprétation.

A propos de deux des premiers morceaux que vous avez balancé, à savoir «Ténèbres Eternelles» et «Identité», je m’interroge car ce dernier est particulièrement accrocheur et aurait fait un très bon premier single ! «Ténèbres Eternelles» est bien plus bourrine et moins facile d’accès ! Pourquoi ce choix ?

«Ténèbres Eternelles» est l’un des morceaux que nous avons finalisé en premier. Mais c’est aussi un titre qui fait le lien avec ce que nous avions proposé sur l’album précédent. Comme sur «Horizon Noir», on s’est autorisé à aller dans des directions un peu plus poussées, dans des styles que nous n’avions pas abordé jusqu’à maintenant, on voulait, entre guillemets, rester sur du classique avec ce morceau et ainsi ne pas perdre ceux qui nous suivent. Et puis pour les deux suivants, dont «Identité», en terme de mélodie, ils proposent quelque chose de fort, et de différent, qui représentait bien la diversité de l’album. En attendant, pour nous, ces trois morceaux restent assez forts et on a voulu les mettre en avant par les clips.

Que peux-tu me dire sur «Cerveau Limité» ?

C’est moi qui l’ai écrite. Les paroles portent sur un sujet dont on parle un peu plus en ce moment, mais c’est quelque chose qui m’a toujours interpellé : la perception machiste de certains hommes par rapport aux femmes et à leur droit à la féminité. J’ai une fille qui a 15 ans qui s’était interdit de porter des jupes durant toutes ses années de collège sous peine de se faire traiter de pute. J’ai une épouse qui se fait siffler dans la rue. Alors oui, je pense que certains hommes ont un gros problème d’éducation, de gestion de leur frustration et autres. C’est un truc qui me répugne, et donc j’avais envie d’aborder ce sujet. On nous a fait souvent la remarque, que ce n’était pas forcément un thème souvent abordé dans le Metal, qui peut lui-même avoir une connotation machiste. Mais je pense que le Metal-rock a aussi évolué : on n’est plus dans ces stéréotypes qu’on pouvait avoir dans les années 1980/1990.

Que peux-tu me dire sur «Hors De Lui» ?

On a utilisé plusieurs accordages différents sur cet album, cela nous permet, une nouvelle fois, de nous renouveler en terme de propositions et de sonorités et, du coup, nous permettre de trouver une inspiration nouvelle. C’est le cas de «Hors De Lui» qui a un style qu’on n’avait pas fait jusque là, avec une ambiance un peu lourde. On garde toujours le souci de la mélodie dans le refrain, un point commun sur lequel on s’est attaché à travailler sur toutes nos compos.Cela donne quelque chose d’accrocheur. Il a une petite inspiration doom – et d’ailleurs son titre de travail était «Doom» (rires). C’est un morceau composé par Cyril qui a des influences un peu plus extrêmes et metal que moi .

Vous étiez en compétition pour faire la première partie du concert parisien de Sidilarsen. Pas trop déçu d’avoir perdu ?

Alors on n’est pas foncièrement déçus même si, oui, on aurait bien aimé le faire. Dans une salle parisienne aussi connue avec un groupe comme ça, ça aurait été sympa. Mais bon, on ne perd pas espoir et on travaille vraiment là-dessus pour 2020, à essayer de se trouver des dates dans ce genre-là, décrocher des petits festivals ou des premières parties. Le but de notre album, c’est aussi nous ouvrir ce genre de portes.

Un dernier mot ?

Essayez de porter une oreille sur l’album ! Il n’est peut-être pas facile d’accès pour certains, le chant en français peut en rebuter certains. On est satisfait du résultat, on pense qu’on propose quelque chose de qualité, avec des bons riffs et de chouettes mélodies. Donc on espère que les auditeurs et les chroniqueurs y trouveront leur compte !

Notre chronique de « Horizon Noir » à retrouver ici.

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