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[INTERVIEW] Ludovic (United Guitars Vol. 2) : « La plupart des guitaristes étaient enthousiastes ! »

Après un premier opus salué par la critique en 2019, Ludovic ERGAZ remet le couvert et propose un deuxième volume à son United Guitars, sorti cet automne. Metal-Actus a pu rencontrer le journaliste, guitariste et surtout instigateur du projet.

Metal-Actus : Revenons un peu sur « United Guitars Vol 1 » : est-ce que tu t’attendais à un tel engouement ?

Ludovic ERGAZ : Lorsque nous avions lancé le crowdfunding pour le premier United Guitars, on s’attendait forcément à une réponse intéressée, puisqu’on s’adressait à un public de niche. Mais on ne pensait pas à autant de retours positifs. C’est plutôt cool !

Pourquoi avoir de nouveau choisi de recourir au financement participatif pour United Guitars vol.2 ?

Le financement participatif nous permet de faire plusieurs choses autour de cet opus : d’abord organiser tout l’aspect promotionnel, puis de rémunérer les acteurs de la galette et enfin proposer des lots aux contributeurs. On l’a lancé au mois d’août 2020, et avec le climat actuel, on a eu plus de contributeurs que sur le premier.

Comment as-tu réussi à réunir autant de musiciens, outre ceux présents sur la première galette, malgré la pandémie actuelle et toutes les restrictions qui en ont résulté ?

La pandémie a affecté tout le monde, et 2020 a été une année difficile pour les musiciens notamment. La plupart étaient très enthousiastes mais certains avaient d’autres priorités. Il a fallu aussi prendre en compte le « non-live », donc l’enregistrement de certains musiciens qui n’ont pas pu, comme tu as dit, se déplacer en France. Il a fallu aussi établir des règles sanitaires dans le studio – port du masque bien sûr sauf si gênant pour jouer, gel hydroalcoolique, et désinfection des équipements et les garantir aux guitaristes présents.
Pour le reste, je suis aussi journaliste de presse depuis 1990 et j’ai pu conduire, au travers de Guitare Extreme Mag, près de 3000 interviews. Je me suis donc constitué un réseau solide au fur et à mesure des années, qui m’a permis de les contacter facilement.

Comment tu as eu d’ailleurs cette idée, de réunir de nombreux musiciens autour d’un seul instrument, la guitare ?

C’est parti d’une vidéo collégiale qu’on avait faite pour Guitare Extreme Mag avec la participation de quelques musiciens. A la deuxième vidéo, on s’est dit qu’on irait jusqu’au bout du concept en proposant tout un album. Cela s’est décidé en 3 mois !

As-tu eu des refus ?

Comme sur toute collaboration, il y a des éléments qui peuvent en rebuter plus d’un : en général, c’est le fait de ne pas être totalement maître de sa composition. Mais la plupart du temps, les refus viennent des guitaristes internationaux, qui restent particulièrement pris par leurs carrières.

Comment ça se passe d’ailleurs pour les guitaristes ? Ont-ils carte blanche ou tu restes le maître à bord ?

Chaque guitariste a carte blanche pour apporter son propre morceau instrumental. Néanmoins, il est l’objet de débat : on peut, par exemple, demander à rallonger ou raccourcir une partie, rajouter des accords … le morceau fait, ainsi, trois à quatre allers-retours.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant via des vidéos « Masked And Furious », «First Will Be The Last» et «Funky Enough » ?

Il faut savoir que durant l’enregistrement de l’album, nous avons fait appel à une équipe vidéo pour tout filmer. On en a ressorti 17 vidéos qui vont atterrir sur nos réseaux sociaux. Pour le premier titre, « Mask And Furious », c’était un choix pertinent grâce au guitariste Yarol Poupaud dont le style de jeu ici reste accessible au plus grand nombre. Pour «First Will Be the last», on a voulu mettre en lumière le choc des générations avec trois guitaristes d’âges différents, Nym Rhosilir, Doug Aldrich & Manou Rao. Concernant la troisième, « Funky Enough», elle a été créée par un youtubeur, Florent Garcia. Nous voulions démontrer aux critiques que ce n’est pas parce qu’on a percé sur internet qu’on manque de talent.

Concernant le Guitars United Fest, dont la première édition avait eu lieu les 1 et 2 février dernier, avez-vous des espoirs, malgré le contexte particulier, de pouvoir un jour l’organiser de nouveau ?

Pour l’instant, on attend le vaccin, et on suit avec attention les statistiques des contaminés. Noël n’arrangera rien. On ne fonctionne pas comme Gérard Drouot ou Live Nation en prenant des risques d’organisation en ayant 50% de visibilité, on ne peut pas se le permettre. De plus on a besoin de temps pour mettre le spectacle en place, il faut qu’on adapte les morceaux à la scène, ce qui demande beaucoup de répétitions, choses difficilement réalisables actuellement. Pour ce genre d’événements, la jauge acceptable atteint rapidement son maximum.

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien sur ce projet que ce soit par l’achat digital ou d’objets en physique. Dans un monde de hip-hop et d’électro, c’est génial de voir des gens s’intéresser à ce genre d’album autour de la guitare, à la musique que cette dernière a véhiculé.

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