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[INTERVIEW] Cédric (Tungs10) : « Nous avons tout fait nous-même jusqu’au mastering »

Tungs10 est un petit groupe breton avec une grande ambition ! Après un premier opus de mise en bouche, « Season One », ils reviennent à peine deux ans plus tard avec un opus plutôt bien affirmé, « The Lost Manuscript ». On a pu s’entretenir avec Cédric, guitariste du groupe, pour en savoir un peu plus sur cette galette !

Interview réalisée par mail le 14 juin 2019 – Merci à Roger de Replica Promotions

Metal-Actus : Bonjour ! Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer le sens de votre nom de groupe, « Tungs10 » ?

Cédric (Guitares et grunts) : Bonjour et merci de prendre du temps pour réaliser cette interview. En fait pour le nom du groupe, nous sommes plusieurs à travailler dans des domaines scientifiques et on cherchait un métal dans le tableau périodique des éléments avec une consonance sympa. Quand on est arrivé au Tungsten, on a tout de suite vu le petit jeu de mots. On a ensuite essayé de dessiner un logo : nous avons trouvé quelque chose qui nous plaisait très rapidement. Ça colle aussi bien au côté Steampunk/post apocalyptique qui est arrivé un peu plus tard.

Votre album, « The Lost Manuscript », est sorti le 24 mai. Quels sont les premiers retours ?

Pour le moment, la sortie est assez récente. Nous avons déjà eu deux très bonnes chroniques. Lors de la release, les retours étaient aussi excellents, il y a eu beaucoup de monde au stand de merchandising à la fin du concert pour faire dédicacer l’album. Ça nous donne un peu de confiance. Idem sur cette journée d’interviews ! On espère que ça va continuer dans ce sens.

Quel est le concept derrière ce deuxième album ?

L’album raconte en fait une histoire basée sur le roman de Mary Shelley sur le monstre de Frankenstein. C’est l’histoire d’un couple dont la femme va tomber malade. Son conjoint ne va pas accepter sa mort et va essayer de la ramener à la vie. Nos titres racontent les différents moments traversés par cet homme, notre personnage principal : de la perte de son âme sœur, à la recherche d’un manuscrit qui va lui permettre de la faire revenir. Tout ne va pas se passer comme il l’avait prévu.

Vous avez mis deux ans à le sortir. Comment l’avez-vous composé ? (peut-être durant la promotion de votre premier opus Season One ?)

La période entre les deux albums est effectivement assez courte. C’est principalement dû au fait que Madeleine est partie en voyage pendant un an. Nous ne voulions pas faire de pause, c’était donc une bonne raison pour commencer le travail sur un second album. L’album a été composé en deux mois environ, de mai à mi-juillet. Par la suite, nous avons fait environ 6 mois d’arrangements puis nous avons réalisé une pré-production suivie de l’enregistrement. Nous avons tout fait nous-même jusqu’au mastering. L’album a donc été composé d’une traite ce qui a facilité la cohérence entre les morceaux.

Vous avez eu une nouvelle fois recours à une campagne de crowndfunding pour le financement de cet album, comme votre premier album. Pourquoi ce choix, et ne pas vous tourner, de manière plus classique, vers des labels ?

La question s’est posée en effet. Nous avons beaucoup discutés avec des groupes professionnels signés. Pour nous, il n’était pas envisageable de payer un label, et ceux qui peuvent produire un album de A à Z se font rares. Aujourd’hui, on maîtrise intégralement notre budget : c’était donc plus intéressant de notre point de vue de passer par un attaché de presse pour en faire la promotion et de faire le reste nous-même. Le financement participatif est un très bon moyen pour récupérer de la trésorerie. Les gens commandent l’album en avance et on se sert de cet argent pour payer le pressage, faire imprimer le merchandising et limiter les avances de notre part. Nous avons toujours considéré Tungs10 comme un projet qui devait être à l’équilibre du côté des investissements.

Pourquoi ce look, à mi-chemin entre le steampunk traditionnel et Mad Max ?

Dans le métal l’image est importante. Nous voulions donc pouvoir dissocier nos vêtements portés tous les jours des tenues que nous utilisons sur scène. Personnellement, je suis généralement plus touché par des groupes avec un gueule et une grosse scénographie. Le fait d’avoir des costumes de scène est une étape assez importante pour nous dans cette direction. Le coté steampunk/post apocalypse est venu progressivement – on ne l’avait pas encore sur le premier clip par exemple. Cela nous apporte une certaine unité au sein de Tungs10 que ce soit au niveau des clips, des albums, des décors …. Et d’avoir aussi des photos intéressantes en concert !

Pourquoi avoir choisi « Wandering Around The World » comme premier clip ?

« Wandering Aorund The World » nous paraissait être un bon morceau pour un premier clip. Il arrive assez tôt dans la narration et permet de raconter le début de l’histoire. C’est aussi un morceau qui reprend pas mal de choses que l’on peut retrouver sur cet album avec une rythmique très syncopée, des choeurs d’opéra, des synthés assez électroniques, du scream, du growl, du chant clair. Ça fait beaucoup de choses dans un seul morceau mais nous le trouvions très cohérent pour représenter l’album. Et puis le refrain est assez accrocheur, on le retient facilement !

Que peux-tu me dire sur “This Morning Of November” ?

« This Morning Of November » est le premier morceau de l’album, avec une intro assez électro. Il raconte le jour ou le couple apprend que la femme est condamnée. Cette injustice, l’accompagnement dans la maladie mais aussi l’espoir un peu vain, que rien n’est terminé encore sont distillés dans ce titre. C’est un morceau assez mélodique qui permet de bien installer l’ambiance de l’album.

Que peux-tu me dire sur “The Machine Behind” ?

« The Machine Behind » est probablement mon morceau préféré. Ce morceau a été un vrai calvaire à composer, j’ai jamais autant galéré !! J’avais ce refrain dont je n’arrivais pas à me passer mais j’ai dû réécrire le reste au moins trois fois : je n’arrivais pas à trouver des couplets qui allaient avec au point qu’il aurait pu ne jamais figurer sur l’album. A force de persévérer et en travaillant tous ensemble dessus, on a réussi à en faire ce qu’on voulait. Le morceau a aussi un break après le second refrain qui a été pensé pour le live avec des synthés assez puissants. Il parle de la période ou le personnage principal a commencé à « réparer » le corps de sa compagne, en changeant certains organes mais surtout en cachant ce qu’il faisait aux yeux de son entourage. La machine c’est en fait sa femme, qui ressemble de plus en plus à un monstre qu’il cache dans sa cave !

Vous faîtes beaucoup de concerts. C’est une partie essentielle de votre travail en tant que groupe ?

C’est vraiment ce qui nous motive, jouer sur scène et accéder à des scènes de plus en plus grosses ! C’est pour cela qu’on sort des albums ! On tourne beaucoup pour un groupe régional mais nous avons beaucoup de difficultés à sortir de la Bretagne. Nous avons maintenant un réseau assez développé dans cette partie de France et nous espérons pouvoir jouer sur Paris mais aussi dans d’autres coins de notre pays avec la sortie de cet album.

Comment abordez-vous votre prochain concert au Hellfest OFF, dans un cadre assez particulier puisque c’est sur le parking du Leclerc de Clisson ?

Nous avons vraiment hâte d’y être ! On ne sait pas si il y aura du monde, il faut rester conscient que c’est un mercredi à 16h30… Mais on est déjà très heureux d’y être ! Nous aurons 30 minutes donc nous avons préparé un set réduit qui se focalisera sur les morceaux du nouvel album uniquement. Ce sera une première pour nous de jouer là-bas. On enchaînera trois jours plus tard avec une date à Guingamp avec les Ramoneurs de Menhirs.

Que peut-on vous souhaiter pour l’avenir ?

Arriver à jouer en France de manière générale : aller sur Paris, Lyon, Lille, pourquoi pas aussi en Allemagne et en Belgique. Nous avons vraiment envie de faire connaître notre musique en dehors de Bretagne.

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« Wandering Around The World » :

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