[CHRONIQUE] Magoyond – Zeppelin (coup de cœur)


On ne pensait pas revoir Magoyond de sitôt, quelques années après la clôture de son arc de la fin du monde et la sortie de « Necropolis » (en 2022 très exactement). Pourtant, le groupe nous prouve sa volonté de continuer avec un nouvel EP, « Zeppelin » (à prononcer à la française), disque se voulant de « transition » pour atterrir (littéralement oui) dans un autre chapitre des (pas trop) gentils zombies.

Si on aime quelque chose chez Magoyond, c’est sa constance et son désir de faire évoluer son univers sans cesse. Le ton se veut plus tranchant, moins dans le festif, et les sujets sont plus sombres, puisque les zombies vont devoir affronter tout type d’épreuves à bord du Zeppelin,

L’EP débute sur « Le Départ », morceau aux faux airs de Batman la série (celle de Paul Dini voyons!) avec ses alarmes et son clavecin (on a raison hein ?) rendant le tout délicieusement gothique. « Necropolis est condamnée » dit la voix robotique…. « Nous passerons par les airs » lui répond le Mago avant d’enchaîner sur le morceau titre de l’EP.
Et c’est là que toute la dimension cinématographique prend de l’ampleur. Avec la montée du clavecin, les choeurs ensuite, et enfin les instruments électriques, on voit littéralement le Zeppelin prendre son envol avant que la terre ne s’effondre définitivement. Incroyable…. Et cela nous plonge définitivement dans l’EP sans que nous puissions en ressortir (et ce malgré les très rares faiblesses de l’EP).

Si c’est le côté très grandiloquent, avec plutôt des éléments gothiques et black mis en avant (on croirait presque que le Mago grunte son « Montez à bord! ») qui ressort sur « Zeppelin », on change légèrement de registre avec « Pavillon Noir » et des parties à la gratte (Excellent Vito !) qui font penser à Muse (surtout cette intro !). Un morceau résolument plus hard rock, composé tel un uppercut dans la face et qui fait automatiquement virevolter nos petits cheveux. D’ailleurs, pour le coup, on entend bien du grunt (léger, certes).

« Exil » est le morceau le plus long mais aussi le plus sombre de l’album, faisant référence au temps qui passe sur le navire volant, mais aussi au deuil d’une ancienne vie. Une belle composition, très dans la mélancolie, avec des éléments issus du metal progressif mais aussi du doom, qui étonne tant ce n’est pas le ton habituel du groupe. Mais il a bien toute sa place ici, tant au niveau de l’histoire déroulée par le groupe que par sa grande qualité d’écriture et de composition.

« Levianthan » retourne dans les gros riffs et les harmonies grandiloquantes, mais surtout, montre de belles facettes vocales du Mago, qui va puiser dans les tons de plus en plus graves, limite rocailleux.

Enfin, le voyage s’achève pour nos zombies avec un « We Come In Peace » plus festif – d’ailleurs, les cuivres font leur retour ici – et référence directe à un film mythique, « Mars Attack ». D’ailleurs, si vous connaissez bien le film, on a peut-être une petite idée de la suite.

Encore un tour de force signé Magoyond, bien produit, bien pensé, bien réalisé, mais surtout qu’on n’attendait pas après le majestueux « Necropolis ». Un opus de transition bien trouvé, savamment orchestré, et qui referme pour de bon cette dernière page. Un beau bonbon au goût de cerveau qu’on savoure encore et encore en attendant d’avoir la suite. Car Magoyond a prouvé aussi une chose, c’est qu’ils en ont encore sous le coude pour les prochaines années. Bravo !!!

9,75/10

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