Critique-dalbum-MOONSPELL-Hermitage

[CHRONIQUE] Moonspell – Hermitage

Maîtres incontestés du gothic metal, les Moonspell reviennent en ce début 2021 avec un album flambant neuf, « Hermitage ». Après la parenthèse « 1755 », opus entièrement consacré au tremblement de terre qui avait secoué Lisbonne cette année-là, les portugais affichent clairement une volonté d’évolution, mais tout en étant un peu moins accessible que « Extinct ».

Moonspell n’a plus besoin de prouver grand chose, n’en déplaise aux adeptes du « c’était mieux avant ». Les morceaux constituant « Hermitage » sont très variés, tout en adoptant une approche plus accessible, avec des riffs plus mélodique et entêtant, et un son très travaillé, mais nous renvoyant plus vers les années 1990/2000, et notamment un certain « One Second » des Paradise Lost, aux similarités assez troublantes. Néanmoins, nous passerons très vite outre cette impression de déjà-vu, emportés par une production aux petits oignons mais aussi une certaine audace de la part de ce poids lourd du gothic metal qui fait plaisir à entendre, Moonspell restant un des groupes au son le plus identifiable.

Le piano/clavier de Pedro Paixão se fait bien plus présent tout au long de l’album, se permettant même de le conclure tout en douceur avec ce magnifique « City Quitter ». Les envolées lyriques se font aussi bien aux guitares qu’au chant reconnaissable de Fernando Ribeiro, particulièrement doux et clair sur les trois-quart de l’album. Le morceau « All Or Nothing » illustre parfaitement ces propos, allant même aux limites du blues-rock.

Néanmoins, le groupe ne va pas dans une seule et même direction, et ne renie pas, notamment, ses racines : « Hermitage » est un déferlement de violence et fait une place prépondérante au chant hurlé, reconnaissable entre mille, de Ribeiro. L’électro est aussi exploré notamment sur « Common Prayers », véritable tube de l’album, bien plus intéressant que « The Hermit Saints », malgré ses relents de doom notables. Le genre est mieux mis en avant sur « Entitlement ». Enfin, le groupe explore son côté plus progressif avec « Without Rule », composition à la fois alambiquée et psychédélique, et véritable hommage aux maître du genre.

Avec « Hermitage », Moonspell fait tomber toutes les barrières des genres et s’amuse à les explorer avec un certain brio. Malgré l’aspect « foutraque » que peut revêtir l’album (et qui perdra, peut-être, les vieux fans du groupe), on se retrouve submergé par la qualité des morceaux, leurs mélodies parfois entêtantes, leurs différentes atmosphères, mais aussi par la grande audace dont fait preuve les portugais, malgré presque 30 ans de carrière. Une envie de se réinventer, qui nous donne qu’une hâte : voir ce que la formation nous a réservé par la suite !

9,5/10

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