Archives de catégorie : Interview

[INTERVIEW] Diamond Rowe (Tetrarch) : « On se fait mutuellement confiance »

Tetrarch est ce groupe américain, qualifié de revival neo-metal par la presse, qui monte de plus en plus en puissance, jusqu’à sortir de leurs frontières et atterrir de l’autre côté de l’Atlantique, directement dans nos cages à miel. A l’occasion de la sortie de leur nouvelle galette, Diamond Rowe, l’impressionnante guitariste et fondatrice du groupe, a accepté de répondre à quelques unes de nos questions.

Metal-Actus : Peux-tu te présenter ainsi que ton groupe ?

Diamond Rowe (guitare lead) : Hello à tous, je suis Diamond Rowe, guitariste et fondatrice du groupe Tetrach ! Je joue de la guitare depuis que j’ai 12 ans. A l’époque d’ailleurs, je voulais absolument commencer un groupe de rock, et comme nous étions dans une toute petite école, je savais vers qui me tourner ! J’ai donc demandé tout naturellement à Josh (Fore/chanteur et guitariste du groupe) car je savais qu’il jouait de la guitare. Au début, il a refusé, mais il a fini par changer d’avis et accepter ! On a alors fait plusieurs concours de jeunes talents et des concerts à l’échelle locale. Et puis Ryan (Lerner/Basse) et Ruben (Limas/Batterie) sont arrivés, et on en est là aujourd’hui !

Pourquoi avoir choisi le nom de Tetrarch ? Ce n’est pas en rapport avec ce fameux char de la Seconde Guerre Mondiale ?

(rires) Effectivement, c’est la première chose qui apparaît quand tu tapes notre nom dans Google ! Non du tout, c’est inspiré de la Tétrarchie de la Rome Antique, quand elle était gouvernée par quatre co-empereurs. On a quatre, on trouvait à ce moment-là que cela nous correspondait plutôt bien !

Revenons à votre nouvel album, « Unstable » qui sort ce printemps. Est-ce que vous pensez que ce contexte sanitaire, dans lequel nous vivons depuis quelques temps, pourrait influencer le succès de votre album ?

La pandémie a déjà influencé sa conception ! On a commencé à se pencher dessus début 2019, avant de l’enregistrer à partir du mois d’octobre de la même année. L’album était donc fin prêt début 2020, mais la pandémie a tout retardé ! Et puis nous devions faire des concerts pour le présenter à nos fans, mais tout est tombé à l’eau, et ça nous a porté un coup particulièrement dur.
Mais pour répondre à ta question, je pense que comme les gens sont bloqués chez eux, ils auront l’occasion d’écouter notre album ! Et on a hâte que les choses reprennent leur cours normal histoire de reprendre la route.

D’ailleurs, comment vous l’avez conçu cette fois, ce nouvel album ? Et comment, de manière plus générale, vous arrivez à concilier vos différentes influences qui vont, je crois, de Korn à Green Day ?

J’aime à penser qu’on est complémentaire, et qu’on essaie de bosser pour que chacun y trouve son compte. Quand Josh ou moi-même avons une idée de riff, voir même une chanson toute entière, on se l’a fait écouter à l’autre pour savoir si elle a du potentiel avant de la présenter aux autres membres du groupe. Et comme tu dis, on a des influences assez différentes lui et moi (rires). On se fait mutuellement confiance.
Pour l’élaboration de « Unstable », si on savait dès le départ ce qu’on voulait comme son – quelque chose à la fois de sombre et d’accrocheur – avec un peu de heavy. Mais on ne s’est pas donné de limite : on est entré en studio en se disant qu’on allait prendre tout le temps qu’il faut pour le faire cet album.

Vous avez diffusé quelques clips déjà, dont « I’m Not Right ». Pourquoi avoir choisi de mettre ce titre en avant ?

Parce qu’il est, à mon sens, celui qui représente le mieux l’album, avec son refrain surpuissant et tous ses éléments heavy ! C’est ma petite préférée de l’opus personnellement.

Que peux-tu me dire sur « Sick Of You », dont la rythmique me fait beaucoup penser à Slipknot ?

Ce n’était pas voulu au départ ! Personnellement je m’inspire beaucoup de Slipknot mais sans pour autant essayer de les copier ! Cette chanson est une des plus sombre de l’album, et peut-être la plus personnelle de Josh, qui fait référence à un passage de son adolescence, que tout le monde connaît d’ailleurs (rires). J’aime beaucoup ce morceau, la rythmique y est assez structurée et Josh se dépasse sur son chant !

En tant que guitariste confirmée mais aussi en tant que femme, quel regard portes-tu sur la scène actuelle ?

Je me sens chanceuse de n’avoir eu aucun souci du fait d’être une guitariste dans un groupe de cross-over metal. Au contraire, je n’ai eu que de la bienveillance autour de moi. Bon peut-être pas au début du groupe, je ne me sentais pas à ma place. Mais j’ai pris plus d’assurance, en moi et en mon jeu. Aujourd’hui, si quelqu’un doute de mes capacités parce que je suis une fille, je l’invite à venir me voir sur scène se prendre une raclée de riffs (rires). De plus, je trouve qu’on voit de plus en plus de nanas guitaristes, batteuse, bassiste, blanche, black ou asiatique et pas uniquement chanteuse ! Je pense que, même si je reconnais qu’il y a encore des efforts à faire, qu’on va dans le bon sens !

Un dernier mot ?

Merci à tous de nous suivre ! Nous espérons que notre nouvel album vous plaira autant qu’à nous ! Et on espère, à très vite sur les routes françaises pour tous enfin vous rencontrer.

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[INTERVIEW] Theo van der Loo (Ego Kill Talent) : « On fait un formidable travail d’équipe »

Originaire de São Paulo au Brésil, les Ego Kill Talent est un jeune groupe prometteur qui a déjà foulé de belles scènes en compagnie des plus grands. A l’arrêt, comme tout le monde, à cause de la pandémie actuelle, le groupe sort « The Dance Between Extremes », leur deuxième album qui a été présenté aux fans sous forme de trois EP. Metal-Actus a pu interroger Jonathan Correa et Theo Van Der Loo sur cette stratégie et sur leur vision de cet avenir incertain.

Metal-Actus : Mes salutations à vous deux ! Comment vous vous portez ?

Theo Van Der Loo (guitare/basse) : Tout va bien pour nous, même si la pandémie actuelle a porté un sacré coup à nos activités de concerts : nous aurions dû tourner avec Metallica aux USA et avec System Of A Down en Europe, mais tout s’est, d’un coup stoppé ! Mais nous avons pu bosser sur la promotion de notre deuxième album, « The Dance Between Extremes ».

Jonathan Correa (chant) : Nous sommes également heureux que nous-mêmes et nos proches soient en sécurité, durant ces temps incertains.

Vous sortez ce mois de mars « The Dance Between », EP et troisième partie de votre album, « The Dance Between Extremes ». Pourquoi avoir choisi cette stratégie, de le sortir en trois parties ?

TVDL : Notre album est, en réalité, prêt depuis 2020. Est arrivé alors la pandémie et tout ce qui l’a accompagné. On s’est dit alors, en accord avec notre label et les équipes travaillant autour de nous, qu’on allait le diffuser en trois partie, histoire de garder une certaine actualité pour le groupe, et de garder le contact avec notre public.

Vous avez de nombreux clips qui ont été diffusés sur ces EP, notamment le dernier en date, « Deliverance ». Que pouvez-vous m’en dire ? Et pourquoi avoir choisi de mettre en vidéo ce titre ?

TVDL : Avec cet album, on a saisi l’occasion de faire une suite de clips, avec une histoire qui continue de vidéos en vidéos, avec ce personnage principal, imaginé par Jonathan.

JC : Il s’agit d’une chanson qui parle de l’acceptation de soi : comment on arrive à se détester, jusqu’à se pardonner, s’accepter et enfin aller de l’avant. Il y a toute une histoire de libération de l’âme assez métaphorique à vrai dire !

« The Dance Between Extremes » a été composé extrêmement rapidement après votre premier opus éponyme, sorti en 2017. Comment cela s’est passé ?

TDLV : Extrêmement rapidement à vrai dire puisque nous avions composé deux des morceaux alors que nous étions en tournée en Europe. On a voulu continuer sur la lancée à la fin de notre tournée, et tout est venu aussi extrêmement rapidement.

Que pouvez-vous me dire sur « In Your Dreams Tonight » ?

JC : Lors de l’écriture des paroles, j’avais en tête cette fille qui dormait et dont la chambre était visité par une créature, ou un ovni. En tout cas quelque chose qui n’est pas humain. Il y a une dimension assez vieux films de science-fiction, comme « Cocoon ». Et un aspect Le Petit Prince qui ne me déplait pas franchement. Et musicalement, ça dépote ! Les gars ont bien saisi l’ampleur du texte et trouvé la musique adéquate.

Que pouvez-vous me dire sur « Saving Drones (A Dinner Talk) » ?

JC : C’est le morceau le plus agressif de l’album, et à vrai dire de notre carrière. Elle a été écrite à chaud après une engueulade de Theo au téléphone

TVDL : Elle est sombre et ténébreuse. Et sur le coup c’était le moyen que j’avais trouvé pour me défouler après cette dispute. Après, ça allait beaucoup mieux (rires). Et en prenant un peu de recul, je me suis dit qu’elle serait parfaite pour Ego Kill Talent.

Vous êtes venus plusieurs fois dans notre pays : au Download Festival, aux Arènes de Nîmes en tant que première partie de System Of A Down, au Zénith de Paris pour l’ouverture de Within Temptation … Qu’est-ce que ça vous a fait, de rencontrer votre public français lors de ces grands événements ?

TVDL : On s’est senti chanceux, de pouvoir jouer sur ces immenses scènes en compagnie de groupes prestigieux. Le Zénith de Paris est une salle mythique pour de nombreux artistes, nous y compris ! Mais on a été émerveillé par les Arènes de Nîmes, c’était merveilleux de pouvoir se produire là-bas ! On espère qu’on pourra y revenir !

En 2017, lors de la sortie de votre premier album, vous aviez figuré parmi les 20 groupes les plus prometteurs du monde. Vous étiez constamment en tournée ou en promotion. Avec l’arrivée du Covid, tout s’est arrêté d’un seul coup. Quel était votre état d’esprit alors ? Et avez-vous eu peur que cette pandémie signe la fin de Ego Kill Talent, à l’instar de quelques artistes dans le monde ?

TVDL : A aucun moment nous n’avons eu peur pour l’avenir de notre groupe : au contraire même, j’ai l’impression que cette épreuve ne fait que nous renforcer en tant que musicien, sous la même entité qu’est Ego Kill Talent. On fait un formidable travail d’équipe. De plus, on a notre label derrière nous qui nous fait confiance, établit avec nous des stratégies pour qu’on continue à occuper un peu la scène.

Un dernier mot ?

JC : Merci à vous tous qui écouterez notre nouvel album ! Et en ces temps troublés, prenez soin de vous et de vos proches.

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[INTERVIEW] Stéphane Azam (C R O W N ) : « On a suivi notre instinct sans nous mettre des barrières »

Le duo de Colmar C R O W N créé l’événement en ce début de printemps en revenant avec une toute nouvelle gallette « The End Of All Things », qui s’émancipe de ses prédecesseurs par un ton plus électro et accessible. Stéphane Azam a accepté de nous en dire davantage sur cet album et de l’évolution de son groupe.

Metal-Actus : Comment allez-vous en ces temps troublés ?

Stéphane Azam : Je vais bien ! Comme je suis intermittent, je me retrouve bien occupé ces derniers temps à travailler le mix de certains groupes.

« The End Of All Thing » sort six ans après votre dernière galette « Natron ». Qu’est-ce qui explique ce laps de temps ?

On a tous les deux des métiers très prenant, qui nous amènent à suivre des groupes en tournée, et, dans mon cas, Alcest sur leurs derniers concerts. Et notre album est prêt depuis fin 2019, mais le label a choisi de reporter sa sortie.

Pourquoi avoir choisi « The End Of All Things » comme titre ?

Ce titre a été composé en 2018, et il faisait le constat du monde d’alors, assez sombre. Mais comme ça collait bien avec le monde actuel alors (rires). Ce n’est pas un constat très joyeux, même si on a laissé passer de nombreux moments d’éclaircies plus doux.

Cet album symbolise plus qu’une évolution, mais aussi une césure avec votre passé : compositions moins lourdes, plus lumineuses et accessibles, avec des petits airs d’électro disséminé… Quel a été le déclic qui vous a motivé à aller vers de nouveaux horizons ?

C’est venu naturellement : on ne s’est pas imposé de ligne directrice, ni même de limite. On a suivi notre instinct sans nous mettre des barrières en se disant « On ne peut pas faire ça, ce n’est pas assez sombre ». On ne doit pas se limiter et se conformer à une étiquette en tant que musicien et artiste.

Pourquoi ce choix de « Violence » en tant que video clip ?

C’est un titre qu’on aime beaucoup, et qui plaisait bien au label. Il représente bien cet album dans sa globalité.

Que peux-tu me dire sur « Shades » ?

C’est un de nos titres les plus rentre-dedans de l’album, avec un chant à la black metal très à la Abbath, qu’il a fallu bien bosser (rires). Musicalement, c’est un style plus indus metal. Ce couple dominateur nous a offert un éventail large de possibilité, et nous a permis de souligner nos constats sur le monde, assez sombres. C’est aussi un morceau taillé pour le live, qui possède un petit côté Ministry, et une agressivité assez naturelle.

Que peux-tu me dire sur « Gallow » ?

C’est un morceau aux allures post-punk/électro, et je dirai même presque de pop noire. On l’a finalisé en démo, et il a été de nombreuses fois remanié. On y a même inclus du tapanon, un instrument des pays de l’Est parce que … bah… pourquoi pas ! (rires) Cela donne à ce titre une ambiance assez Dead Can Dance, limite mythique.

Avez-vous des projets de concert en streaming ou de release party virtuelle de prévus ?

On a participé récemment au live-stream du Roadburn Festival, que nous avons enregistré sur deux jours de répétitions, pour six chansons au total. On pourra en diffuser deux, plus tard, sur nos réseaux sociaux. D’ailleurs, nos visuels l’annonçant n’est pas sans rappeler le Roadburn ! De plus, on a toujours une tournée de prévue avec Enslaved, qui a été reportée à 2022.


Un dernier mot ?

On espère que cet album attirera un maximum de gens, sur lequel on a bien bossé. On a beaucoup travaillé les émotions qu’on souhaitait dégager et on espère que des personnes seront touchées par cette expérience.

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[INTERVIEW] Fred Sleazyz Dubois : « On se rend compte que le premier degré est beaucoup trop présent dans le metal aujourd’hui »

C’est à l’occasion d’un déménagement que Fred Dubois, fondateur, chanteur et guitariste de Sleazyz, a décidé de faire table rase du passé et de recommencer son projet presque de zéro. Aujourd’hui, la formation se compose de musiciens expérimentés, solides. Cela s’annonce prometteur

Metal Actus : Quel est ton état d’esprit dans ces temps difficiles ?

Fred Dubois (chant/guitare) : Je me dis qu’il faut avancer : ça fait un an que l’album « March Of The Dead » est prêt, il fallait donc le sortir tôt ou tard. Sa sortie a déjà été repoussée en raison du contexte sanitaire, il était temps pour nous de le présenter à notre public.

Dans le contexte actuel, est-il plus difficile de faire la promotion de «March Of The Dead », votre nouvelle galette ?

C’est difficile car on n’a plus ce côté humain pour le présenter, tout se passe en streaming ou sur les réseaux sociaux. Bien sûr, il y a toujours les releases partys et les concerts, mais c’est compliqué de prévoir des choses quand on doit naviguer à vue avec les annonces gouvernementales. Ce côté « froid » nous pèse, et provoque des réactions qu’on ne pensait pas. « March Of The Dead » a un côté très second degré : on est dans la quatrième dimension ! Mais on se rend compte que cela fait grincer des dents à beaucoup de gens et que finalement, le premier degré est beaucoup trop présent dans le metal aujourd’hui.

Que penserait toutes les créatures de la nuit dépeintes dans votre album par l’environnement actuel ?

Ils seraient trop contents ! Il ne manquerait plus que quelques zombies ! (rires)

Comment s’est passé l’enregistrement de cet album, le premier depuis votre nouveau line-up ?

Il a demandé beaucoup de travail, de la part de chacun d’entre nous. On a eu en plus quelques soucis au niveau du batteur, et plusieurs musiciens se sont succédés au poste. Mais je suis content car je suis entouré de musiciens très expérimentés, professionnels, que j’ai eu la chance de rencontrer lors de mon déménagement en 2018, et avec lesquels j’ai pu relancer Sleazyz. Et nous avançons tous dans la même optique. La difficulté a été de trouver le juste milieu, afin de contenter tout le monde, et de ne pas s’arrêter sur un style en particulier, ne pas se mettre trop de barrière.

Que peux-tu me dire sur « Psycho Witch » ?

C’est un de mes titres préférés, taillé pour le live. On a eu d’ailleurs l’occasion de le tester en concert, et la réaction du public a été très positive. Il revêt un esprit festif, il se passe quelque chose qui te donne juste envie de te bouger dans la fosse. Il devrait paraître en clip d’ailleurs !

Que peux-tu me dire sur « Chaos’N’Destruction » ?

Ce morceau, c’est la strate du Sleaze, et un hommage voulu à Static-X. Il a aussi une grosse influence Ministry et Dope, c’est un chouette et complexe morceau.

Un dernier mot ?

On espère que vous apprécierez cette nouvelle galette ! On est super contents de l’avoir sortie. Et on vous tient au courant de l’actu concert, si tout va bien ! Stay Metal !

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[INTERVIEW] Scott Taylor (Mason Hill) : « Aujourd’hui, notre impatience, et celle de nos fans, prend fin »

Mason Hill est un groupe provenant tout droit des terres mythiques d’Ecosse. Si le groupe existe maintenant depuis plus de sept ans, ce n’est qu’aujourd’hui qu’il nous présente son premier album studio « Against The Wall ». Scorr Taylor, frontman de la formation, a accepté de nous en dire un peu plus.

Metal-Actus : Votre premier album, intitulé « Against The Wall » sortira ce début mars. Vu le contexte actuel, et tout le monde bloqué chez soi, penses-tu que c’est le bon moment pour le sortir ?

Scott (chant) : Oui car justement, l’une des bonnes conséquences de cette épidémie, c’est que tout le monde est bloqué chez soi. On a donc le temps de faire quelques découvertes musicales (rires). Mais je dois t’avouer que nous avons senti que nous n’avions plus d’autres choix que de le sortir : il était déjà prêt en 2020 mais nous avions décidé de retarder sa sortie suite à l’épidémie. Aujourd’hui, notre impatience, et celle de nos fans, prend fin.

Vous avez mis cinq ans à pondre cet album, après des années sur les routes. Pourquoi avoir mis autant de temps ?

Mason Hill a un parcours assez différents d’autres groupes classiques : on a commencé comme formation de rock, mais on a fait des expériences différentes, on a produit différents sons, on a suivi plusieurs évolutions. Ces évolutions nous ont fait repartir de zéro il y a quelques années, car nous nous sommes rendus compte que nous n’allions pas dans la bonne direction, dans ce qui nous faisait vraiment plaisir à produire. On presse sur la touche reset et on recommence ! C’était en tout cas un sacré voyage, ponctués de hauts et de bas, avec, au bout, notre premier album.

Cet album a été financé grâce à une campagne Kickstarter. Est-ce que vous vous attendiez à un tel succès ?

On n’avait pas forcément d’attente en lançant cette campagne de financement participatif. On s’inquiétait de ne pas pouvoir faire de concerts pour promouvoir cet album, et Kickstarter a été un autre moyen de le faire connaître auprès de nos fans mais aussi d’un public plus large en général. On est super heureux de leur réponse sur le crowdfunding. Cela nous a encouragé et remotivé en tant qu’artistes !

Que peux-tu nous dire sur « D.N.A. », votre dernier single, sorti il y a quelques semaines ?

C’est une chanson d’amour, ou en tout cas, un titre qui fait passer un message positif. C’est aussi un titre assez calibré selon notre label pour plaire au plus grand nombre.

Que peux-tu nous dire sur « Broken Son » ?

C’est l’une des premières chansons que j’ai écrit. Je devais avoir dans les 17 ans je pense. Elle fait référence à une période de ma vie pas très gaie, durant laquelle j’avais perdu confiance en moi, et toute envie d’avancer. C’est un texte très adolescent, quand on le regarde de plus près (rires). Heureusement que depuis, beaucoup de changements se sont produits dans ma vie, ce qui m’a forcé à évoluer. Ce qui, en soi, est assez positif !

Que peux-tu nous dire sur « Where I Belong » ?

C’est aussi une chanson que j’ai créée quand j’avais 17 ou 18 ans. Et encore une fois, un titre qui prouve à quel point je pouvais être immature à cette époque (rires). C’est parti du fait que nous avions du mal à trouver des lieux pour nous produire, alors que nous venions tout juste de commencer à faire de la musique. Ce morceau a subi beaucoup de transformations, on l’a fait pas mal évoluer pour avoir la version finale que tu peux entendre aujourd’hui.

Vous êtes de base un groupe qui se produit beaucoup sur scène, vous avez enchaîné les concerts ces dernières années, depuis vos débuts. Quelle est ton opinion sur les conditions actuelles et l’avenir de la musique live ?

On essaie de rester optimistes, de se dire qu’avec l’arrivée des vaccins, on va pouvoir bientôt reprendre. On s’accroche à nos projets de concerts qu’on essaie déjà de réaliser et on croise les doigts. En attendant, on utilise beaucoup Youtube pour produire du contenu, des vidéos clips, des playthrough, qui, je l’espère, plairont au plus grand nombre.

Un dernier mot ?

Mason Hill, c’est cinq mecs normaux qui viennent d’Ecosse et qui aiment se produire ensemble. Cet album, c’est pour vous transmettre notre passion de la musique et notre plaisir de jouer. Et on espère qu’il vous plaira !

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[INTERVIEW] Ingrid (Jirfiya) : « C’est aussi de militer que de faire de la musique »

Ne pas rompre le lien. C’est le but de beaucoup de groupe dans ce contexte difficile, dans lequel faire des concerts est aujourd’hui mission impossible. C’est encore plus compliqué pour un tout jeune groupe de se faire connaître même si, confinement oblige, les gens passent beaucoup plus de temps sur les réseaux sociaux.
Après un premier EP remarqué, « Wait for Down », les Jirfiya prennent le risque de revenir cette année avec un bel opus, « Still Waiting ». Metal-Actus a pu en parler avec sa chanteuse, Ingrid.

Metal-Actus : Vous être un très jeune groupe puisque vous avez débuté en 2019. Peux-tu nous raconter la génèse de Jirfiya ?

Ingrid (chant) : Notre groupe est tout récent, c’est vrai, mais on est tous des musiciens confirmés. De base, Jérôme (guitare/growl) et Pascal (basse) sont issus d’un même autre groupe, Born From LIE. Et lui aussi s’était formé très rapidement. Mais cette aventure s’est rapidement arrêtée suite à de profonds désaccords. Jérôme et Pascal ont donc commencé à faire leur truc ensemble, et ils m’ont demandé de les rejoindre très vite. Et comme je voulais aussi explorer le metal, j’ai rapidement dit oui.

D’où vient d’ailleurs ce nom, Jirfiya ?

Il vient du nom d’une météorite qui s’est écrasée dans le désert du Sahara. C’est maghrébin. On a fait quelques transformations par rapport au nom d’origine. On aimait bien l’idée de laisser une trace, comme cette météorite.

Pourquoi avoir choisi cette dualité entre ton chant et celui de Jérôme ?

On voulait avoir un côté brut de décoffrage, qui représente bien notre fulgurence de création. On aime ce côté rugueux et doux à la fois. Mais on y est arrivé par hasard : ce n’était pas voulu de base, Jérôme en avait juste marre du chant clair (rires). On a fait pourtant toutes les maquettes en chant clair et au final, on n’a pas fait beaucoup de changements de tonalité ! On a juste fait des rajouts de grunt à l’instinct, et on s’est dit que ce type de chant serait idéal à certains endroits pour porter les paroles mais surtout pour créer une sorte de rupture.

Pourquoi ce titre « Still Waiting » ?

Parce qu’on attend toujours la lumière au bout du tunnel (rires). C’est une référence à notre premier EP : on y faisait des constats, mais on a toujours gardé une certaine énergie pour faire une musique concernée. C’est aussi de militer que de faire de la musique. Et cela accentue le drame humain.

Quel a été l’impact de la pandémie actuelle sur la production de votre galette ?

On ne va pas se mentir, ça a eu une influence, notamment sur la production qui s’est faîte durant le deuxième confinement. Et puis on a voulu parler d’autres choses, des problèmes toujours pas résolus que le Covid 19 a pu cacher. C’est l’aspect cyclique des actualités ! On voit les choses autrement. On est aussi beaucoup dans l’introspection, surtout en ce moment !

D’ailleurs pourquoi avoir choisi l’anglais, plutôt que le français, plus militant ?

C’est culturel. Même si le français est la langue du militantisme. Ce choix de l’anglais s’est fait tout simplement pour être raccord à nos influences.

Pourquoi avoir choisi cet artwork – osons le dire – assez sobre ?

C’est quelque chose que nous assumons totalement : nous ne voulions pas tomber dans les codes du genre. On s’est dit qu’avec la sobriété, notre propos resterait fort. Et puis on aime l’inattendu (rires). Cette image fait référence à notre clip « House Of Poison ». Mais ça aurait pu être aussi une forêt finlandaise (rires). C’était une proposition du réalisateur de ce clip, Vincent. Je trouve que la beauté des images colle parfaitement au style du morceau et de l’Ep, le charge en symbolique.

Que peux-tu me dire sur le morceau « The Farewell »

C’est une chanson qui parle d’écologie : elle raconte l’histoire de survivants humains qui vivent cachés du soleil.

Que peux-tu me dire sur « This Is My Home » ?

C’est un morceau qui a été créé pendant la période Born From Lie. On l’a reprise et réenregistré. Elle parle de l’expropriation : j’ai écrit les paroles après avoir vu un documentaire sur des personnes exproprié, je crois que cela s’appelait « La Face cachée des énergies vertes » ou quelque chose comme ça. Mais que ce soit pour ça, pour faire une voie électrique en Mongolie ou chercher des matières premières, le but est le même : exproprier pour faire du buisness. Cela fait écho aussi avec ce qu’il se passe dans le nord de l’île-de-France et la construction du Grand Paris.

Un dernier mot ?

Pensez à soutenir les groupes français en ces temps difficile. C’est compliqué d’avoir de la visibilité actuellement ! Soutenez la scène française et toutes ces professions non-essentielles qui font un boulot remarquable. Ecoutez et partagez à votre réseau.

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[INTERVIEW] Ludovic (United Guitars Vol. 2) : « La plupart des guitaristes étaient enthousiastes ! »

Après un premier opus salué par la critique en 2019, Ludovic ERGAZ remet le couvert et propose un deuxième volume à son United Guitars, sorti cet automne. Metal-Actus a pu rencontrer le journaliste, guitariste et surtout instigateur du projet.

Metal-Actus : Revenons un peu sur « United Guitars Vol 1 » : est-ce que tu t’attendais à un tel engouement ?

Ludovic ERGAZ : Lorsque nous avions lancé le crowdfunding pour le premier United Guitars, on s’attendait forcément à une réponse intéressée, puisqu’on s’adressait à un public de niche. Mais on ne pensait pas à autant de retours positifs. C’est plutôt cool !

Pourquoi avoir de nouveau choisi de recourir au financement participatif pour United Guitars vol.2 ?

Le financement participatif nous permet de faire plusieurs choses autour de cet opus : d’abord organiser tout l’aspect promotionnel, puis de rémunérer les acteurs de la galette et enfin proposer des lots aux contributeurs. On l’a lancé au mois d’août 2020, et avec le climat actuel, on a eu plus de contributeurs que sur le premier.

Comment as-tu réussi à réunir autant de musiciens, outre ceux présents sur la première galette, malgré la pandémie actuelle et toutes les restrictions qui en ont résulté ?

La pandémie a affecté tout le monde, et 2020 a été une année difficile pour les musiciens notamment. La plupart étaient très enthousiastes mais certains avaient d’autres priorités. Il a fallu aussi prendre en compte le « non-live », donc l’enregistrement de certains musiciens qui n’ont pas pu, comme tu as dit, se déplacer en France. Il a fallu aussi établir des règles sanitaires dans le studio – port du masque bien sûr sauf si gênant pour jouer, gel hydroalcoolique, et désinfection des équipements et les garantir aux guitaristes présents.
Pour le reste, je suis aussi journaliste de presse depuis 1990 et j’ai pu conduire, au travers de Guitare Extreme Mag, près de 3000 interviews. Je me suis donc constitué un réseau solide au fur et à mesure des années, qui m’a permis de les contacter facilement.

Comment tu as eu d’ailleurs cette idée, de réunir de nombreux musiciens autour d’un seul instrument, la guitare ?

C’est parti d’une vidéo collégiale qu’on avait faite pour Guitare Extreme Mag avec la participation de quelques musiciens. A la deuxième vidéo, on s’est dit qu’on irait jusqu’au bout du concept en proposant tout un album. Cela s’est décidé en 3 mois !

As-tu eu des refus ?

Comme sur toute collaboration, il y a des éléments qui peuvent en rebuter plus d’un : en général, c’est le fait de ne pas être totalement maître de sa composition. Mais la plupart du temps, les refus viennent des guitaristes internationaux, qui restent particulièrement pris par leurs carrières.

Comment ça se passe d’ailleurs pour les guitaristes ? Ont-ils carte blanche ou tu restes le maître à bord ?

Chaque guitariste a carte blanche pour apporter son propre morceau instrumental. Néanmoins, il est l’objet de débat : on peut, par exemple, demander à rallonger ou raccourcir une partie, rajouter des accords … le morceau fait, ainsi, trois à quatre allers-retours.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant via des vidéos « Masked And Furious », «First Will Be The Last» et «Funky Enough » ?

Il faut savoir que durant l’enregistrement de l’album, nous avons fait appel à une équipe vidéo pour tout filmer. On en a ressorti 17 vidéos qui vont atterrir sur nos réseaux sociaux. Pour le premier titre, « Mask And Furious », c’était un choix pertinent grâce au guitariste Yarol Poupaud dont le style de jeu ici reste accessible au plus grand nombre. Pour «First Will Be the last», on a voulu mettre en lumière le choc des générations avec trois guitaristes d’âges différents, Nym Rhosilir, Doug Aldrich & Manou Rao. Concernant la troisième, « Funky Enough», elle a été créée par un youtubeur, Florent Garcia. Nous voulions démontrer aux critiques que ce n’est pas parce qu’on a percé sur internet qu’on manque de talent.

Concernant le Guitars United Fest, dont la première édition avait eu lieu les 1 et 2 février dernier, avez-vous des espoirs, malgré le contexte particulier, de pouvoir un jour l’organiser de nouveau ?

Pour l’instant, on attend le vaccin, et on suit avec attention les statistiques des contaminés. Noël n’arrangera rien. On ne fonctionne pas comme Gérard Drouot ou Live Nation en prenant des risques d’organisation en ayant 50% de visibilité, on ne peut pas se le permettre. De plus on a besoin de temps pour mettre le spectacle en place, il faut qu’on adapte les morceaux à la scène, ce qui demande beaucoup de répétitions, choses difficilement réalisables actuellement. Pour ce genre d’événements, la jauge acceptable atteint rapidement son maximum.

Un dernier mot ?

Merci à tous pour votre soutien sur ce projet que ce soit par l’achat digital ou d’objets en physique. Dans un monde de hip-hop et d’électro, c’est génial de voir des gens s’intéresser à ce genre d’album autour de la guitare, à la musique que cette dernière a véhiculé.

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[INTERVIEW] Cyril (StuBorA): « On voit l’EP comme le deuxième volet de l’album »

Presque un an jour pour jour après la sortie de « Horizon Noir », leur dernier album, les StuBorA créent la surprise avec un EP, « Vision Obscure », qui s’inscrit dans la suite logique de son prédécesseur. Cyril, chanteur, guitariste et l’une des têtes pensantes du groupe, a accepté de nous en dire plus.

Metal-Actus : Votre Ep, « Vision Obscure » sort un an presque jour pour jour après votre dernier album, « Horizon Noir ». C’est le confinement qui a accéléré la sortie de cette galette ?

Cyril (voix/guitare) : 2020 aura été une année compliquée pour tous les acteurs de la culture, et particulièrement de la musique. Après la sortie de « Horizon Noir », on a commencé à travailler sur nos concerts à venir – on a, par exemple, commencé à travailler sur une nouvelle set-list. Mais le début du confinement en mars a tout mis à l’arrêt. Durant cette période, on a diffusé de vidéos de reprises, à l’instar de nombreux groupes. Mais quand on a vu que ça n’allait pas reprendre, après l’annulation de festivals comme le HELLFEST – on était bien dégoûtés d’ailleurs, on devait y faire de la promo – il a fallu qu’on trouve une solution et qu’on réagisse. On s’est donc décidé sur un EP qu’on a enregistré en 4 mois.

Les titres sur l’EP ne sont pas des morceaux mis de côté suite à l’enregistrement de l’album « Horizon Noir » ?

Non, ils ont été composés cet été. Mais on voulait inscrire cet EP dans la continuité de l’album. Cela nous a permis de garder une actualité, et de refaire de la musique ensemble, vu qu’on habite à 300 kilomètres les uns des autres.

C’est la pandémie actuelle qui vous a décidé sur cet EP, qui, comme tu dis, continue à sa manière l’album (jusqu’à en reprendre les mêmes graphismes) ?

Oui. On voit l’EP comme le deuxième volet de l’album. Il faut dire qu’avec le contexte actuel, on a de quoi faire : « Horizon Noir » évoquait notre vision de l’avenir pessimiste. Avec « Vision Obscure », elle a aujourd’hui rejoint la réalité avec le confinement. Sur le morceau « Existence », on y développe notre réflexion sur cette période hors du commun, même si, comme toujours, on laisse une part d’interprétation libre. Mais le but de l’EP est qu’on n’oublie pas l’album.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant en premier « Atta 451 », qui arbore un style différent, plutôt que « Vision », qui rejoint cet aspect de continuité de l’album ?

« Atta 451 », c’est notre élan de spontanéité, qui présente une nouvelle facette de StuBorA. Au niveau de la lyric-vidéo, elle a été plus facile à réaliser que « Vision », pour lequel on voulait un vrai clip. Son thème est plus historique : je l’ai écrit suite au visionnage d’un documentaire sur l’arrivée d’Attila en 451 dans l’Est de la France et le désarroi que pouvait provoquer cette arrivée chez les habitants. « Atta » veut d’ailleurs dire « Père Des Huns ». Ce n’est pas forcément décelable tout de suite ce sujet : Nick avait pensé en lisant pour la première fois le texte qu’il portait sur les attentats du Bataclan !

Que peux-tu me dire sur « Obstiné » ?

Il s’agit d’un morceau de Nick. C’est un texte générique qui porte sur l’être humain, égoïste et destructeur, qui manque de confiance dans les autres. Au niveau de notre timeline, c’est la première chanson qui a été finalisé, et assez rapidement d’ailleurs. On a fait qu’un ou deux visios dessus, et ça a très rapidement roulé.

Que peux-tu me dire sur « Négation » ?

Ce morceau décrit le reflet négatif que nous voyons autour de nous. On émet souvent des critiques sur ce qui ne va pas, sans pour autant trouver des solutions. Le thème est relié à « Obstiné ». On a tenté différentes choses sur ce titre, on a beaucoup échangé, testé plusieurs ambiances … C’est une track différente des autres, qui a nécessité plus de travail.

Pourquoi avoir choisi de faire un remix de « Cerveau Limité », qui était présent sur l’album « Horizon Noir » ?

Quand on s’est décidé sur la production de cet EP, on savait qu’on aurait un temps assez limité. Combien allions-nous pouvoir mettre de titre ? On a exploré pas mal d’options pour aller vers le remix. Et « Cerveau Limité » était le titre parfait pour ça, avec la basse particulièrement bien mise en avant. Je voulais que le morceau ait une couleur différente de sa version sur album. Et pour dire la vérité, c’était un plus un kiff personnel (rires).

Un dernier mot ?

J’espère que notre EP vous plaira ! C’est important pour nous de vous proposer des choses nouvelles, histoire de conserver un lien en ces temps troublés. Et on revient très vite à Noël avec des surprises et, on l’espère, le plus rapidement possible, en live !

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[INTERVIEW] F.T. Hordé (Déluge) : « Pour pouvoir évoluer dans la société, il faut déjà être bon avec soi-même »

Après avoir été acclamé par la critique et le public avec un premier jet, « Aether », les français de Déluge reviennent avec un album plus accessible, « Aego Templo », cette fois chez Metal Blade Records. On a discuté de cet album – que nous vous conseillons déjà – avec la tête pensante du groupe, F.T. Hordé.

Interview réalisée par téléphone le 22/10/2020 par Roxane BAYLE – Merci à Roger

Metal-Actus : Pourquoi ce titre d’album, «Aego Templo» ?

François-Thibaut Hordé (guitares) : Le premier album, «Aether», symbolisait en quelques sorte le vide, une sorte d’énergie primitive, quelque chose d’impulsif et de très brut. Il représentait, à l’époque, un besoin pour nous tous. On aurait pu faire un deuxième album qui disait les mêmes choses, mais cela aurait été un peu moins sincère. On est parti dans une autre direction.
Avec «Aego Templo», le temple de l’égo, on parle beaucoup du soi à la fois de manière égoïste et égocentrique, avec tout ce que ça apporte de bon – pour moi il ne faut pas se négliger en fait, car pour pouvoir évoluer dans la société, il faut déjà être bon avec soi-même – et de détestable. C’est un peu le parallèle et la métaphore autour de tout ça.

Est-ce justement pour se différencier de cet aspect «brut» qu’avait «Aether» que «Aego Templo» est plus accessible ?

Pas forcément non. C’est quelque chose que nous avions envie de faire au niveau musical. On voulait aller plus loin ! Et on écoute des choses très extrêmes en terme de Metal, qui ne reflète pas vraiment ce qu’on fait : proposer quelque chose idéalement inédit, très audible sans perdre l’essence de ce qu’on crée, à savoir cette espèce de sentiment mélancolique un peu intrasèque à Déluge. Mais on voulait instaurer un panel plus large d’émotion sur ce deuxième album.

«Aego Templo» concerne donc la construction du soi, au travers des bonheurs et des épreuves de la vie ?

C’est exactement ça. Aujourd’hui, on n’a plus vraiment d’initiation dans la vie, ce qui se retrouve dans nos sociétés autour du monde. On a de l’éducation avec l’école avec, à la limite, un apprentissage : mais on n’a pas d’épreuves initiatiques, et c’est quelque chose qui manque, je trouve, à l’accomplissement personnel. Et derrière, ça ne donne pas forcément tous les outils pour affronter les épreuves naturelles de la vie comme le deuil des parents, les ruptures amoureuses et amicales et des choses qui peuvent nous affecter, comme la mort d’un animal de compagnie. On parle beaucoup de développement personnel, mais c’est plus une considération de cadre d’entreprise. Il y a quelque chose de plus puissant derrière tout ça. Après, quelque part, la vie se charge du reste

Je souhaite m’arrêter sur le choix de certains instruments, par exemple le saxophone, notamment utilisé sur «Opprobre». Comment on arrive à choisir un instrument tel que celui-ci ?

«Opprobre» est une chanson que j’ai composé il y a trois ans maintenant, avec «Vers». On a essayé pas mal de choses, et il y avait cette partie un peu latente au milieu. En l’état, elle se suffisait : il y avait du chant clair et du clavier, ce que je voulais de base dedans avant même de composer – du piano de manière sporadique, à l’image de notre premier album. Mais le saxophone s’est un peu imposé tout seul. Genre «là il faut ça» (rires). J’ai donc repris contact avec une personne, Matthieu, qui m’a fait une prise. Cela s’est donc fait comme ça naturellement. Et aujourd’hui, en écoutant, je ne pourrai plus écouter «Opprobre» sans saxophone.

«Vers» est le morceau de conclusion de cet opus, mais aussi, selon votre dossier de presse «le morceau qui relie tous les autres entre eux». Peux-tu m’en dire plus ?

L’élaboration de la tracklist, l’enchaînement des pistes, est le dernier travail que je fais. «Opprobre» et «Vers» sont les deux premières chansons que j’ai composé, et à l’écoute de cette dernière, j’ai trouvé qu’on y retrouvait beaucoup d’éléments de l’album, plus que pour «Aether». C’est la conclusion parfaite de tout le travail qu’on a fait pendant un mois et demi. Paradoxalement, c’est l’un des deux premiers morceaux qu’on a composé, et le seul qu’on n’a pratiquement pas touché depuis sa composition. C’est amusant car c’est un peu la première impulsion artistique et créatrice qu’on a eu sur l’album.

On peut dire que les autres titres découlent de sa composition ?

Ouais, on a voulu autre chose sur les autres titres, effectivement.

Sur «Gloire Au Silence», vous avez collaboré avec Tetsuya Fukagawa des légendaires Envy. Comment l’avez-vous convaincu de participer à l’album ? Et pourquoi avoir choisi le langage japonais sur ce morceau ?

Comme pour le saxophone sur «Opprobre», je voulais un passage en japonais à cet endroit précis. On la trouvait très screamo dans l’approche, avec un aspect un peu triste mais très lumineux, et très ouvert, et en l’écoutant, ça m’a rappelé envy : c’est un groupe qu’on aime beaucoup, mais je ne peux pas dire que cela fasse partie de nos influences. Je me suis dit qu’une collaboration serait top ! J’ai rencontré Tetsuya à un Hellfest il y a quelques années, et on est resté en contact. Je lui ai proposé, il a écouté, et il m’a dit «ouais c’est super, ça me fait très plaisir que tu me contactes» et ça s’est fait tout naturellement.

Et que dit-il ? (rires)

Il faudra traduire ses paroles ! Mais il a voulu s’inspirer des écrits de Maxime (Febvet) et du sens de ceux-ci. Et j’étais impressionné par la quantité de choses qu’il avait à dire (rires).

Que peux-tu me dire sur «Fratres», morceau instrumental de l’album ?

C’est Maxime qui m’a un peu aidé à terminer l’album, qui l’a composé et proposé. C’est quelque chose qui semblait nécessaire dans la construction de notre album, ce titre un peu plus détaché. C’est assez amusant en même temps car «Fratres» veut dire «frères», et je considère les membres de Déluge comme mes frères. Donc cette piste nous lie un petit peu tous ensemble alors que c’est la plus hors cadre de l’album. Mais ça a un sens assez fort.

Pourquoi avoir choisi de mettre en avant «Digue» et de le mettre en image ?

C’est une décision de notre label. On était tout à fait d’accord de mettre «Opprobre» en tant que premier single. Moi, je pensais à d’autres choses pour le deuxième, et puis, pour des raisons stratégique, le label a choisi ce morceau qui est, d’une autre manière que «Fratres» un peu détaché de l’album. C’est une chanson très forte en réalité, qui propose des choses différentes. En travaillant dessus, on a appris à comprendre – on voit ça de la troisième personne – la puissance de cette chanson.

Même si vous naviguez à vue suite au contexte sanitaire, vous avez quelques concerts prévus pour 2021 ?

Comme tout le monde, on ne peut qu’espérer. On avait une tournée prévue ce mois de décembre (NDLR : Annulée), et on a pour l’instant une quarantaine de dates de bookées pour 2021. Après, malheureusement, on fera ce qu’on pourra : on est prêts à faire quelques concessions sur l’expérience live, pour pouvoir défendre notre album sur scène, parce que le live a toujours fait partie intégrante de la musique de Déluge. Après, comme tout le monde, on ne peut qu’espérer que tout se passe bien.

Que penses-tu des alternatives proposées par d’autres groupes, comme des concerts en places assises en fosse ou en streaming ?

Je pense qu’il faut se réinventer, on n’a pas trop le choix. Si on tourne en décembre, ce sera public assis, masqué avec distanciation sociale – ce que j’ai vécu en tant que spectateur il n’y a pas très longtemps. On voit clairement – je n’y croyais pas trop – qu’il y a une deuxième vague qui arrive. Cela n’empêche pas un concert de se passer ! Alors ce n’est pas l’idéal, après si les gens proposent ça, ils maintiennent l’actualité, et ça permet aussi de vivre le live. Soit on ne fait rien, soit on s’adapte.

Un dernier mot à ajouter ?

On est super fiers de cet album et on espère qu’on va vite pouvoir le défendre un peu partout et pouvoir tourner encore plus que ce qu’on a déjà fait.

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Tracklist :

01 – Soufre
02 – Opprobre
03 – Abysses
04 – Fratres
05 – Gloire Au Silence
06 – Aego Templo
07 – Baïne
08 – Digue
09 – Béryl
10 – Vers

[INTERVIEW] Johann (TRANK) : « On essaie de donner du bonheur aux gens »

Forts d’un premier EP salué par le public et la critique, les TRANK enfoncent le clou avec la parution d’un premier album, « The Ropes ». Johann, sympathique batteur du groupe, a accepté de nous en dire un peu plus.

Metal-Actus : Comment est né TRANK ?

Johann (batteur) : Julien, notre guitariste, souhaitait pouvoir jouer ses compositions : il s’est donc mis en tête de fonder son propre groupe et a mis alors une petite annonce pour trouver un chanteur. Michel, notre actuel chanteur, l’a vu ! Lui jouait dans un groupe de reprises qui marchait bien, dans la région de Genève, mais ils n’arrivaient pas à franchir le pas de la compo. Julien lui a envoyé quelques démos, il a trouvé ça super et il lui a renvoyé les voix dans les trois jours. Julien a trouvé ça génial. Formidable ! Une love-story qui commençait ! (rires). Puis Michel, que je connais depuis très longtemps m’a proposé le projet que j’ai rejoint : ça devient donc une love story à trois, en tout bien tout honneur (rires). Et après une première expérience avec un bassiste, notre ami David nous est tombé du ciel via une petite annonce aussi.

«On veut faire du bien aux gens avec nos maux» est une phrase directement tiré de votre site internet. Est-ce important pour vous, de aussi faire de la musique pour les autres, et non pas uniquement pour vous ?

Parfois, notre musique ou nos paroles peuvent être sombres, mais on essaie toujours d’avoir un équilibre, du contraste ! On essaie de donner du bonheur aux gens – et je ne sais pas si on est capable de le faire à chaque fois. On veut aussi que les gens réfléchissent et sautent en même temps : pas dans le sens devenir un intello, mais décortiquer nos morceaux. Au fur et à mesure des écoutes, le morceau va nous paraître plus riche que ce qu’il nous paraît. Et d’un autre côté, on a aussi envie de leur filer la banane, qu’ils aient envie de se défouler dans un concert, ou de mettre le CD dans la bagnole et de chanter à tue-tête – ce que font mes enfants régulièrement, même moi je n’en peux plus d’entendre mon propre CD. (rires). On veut que les gens se disent qu’ils ont passé un bon moment, sans pour autant en ayant écouté une musique qui va s’adapter en fonction de l’humeur. Il peut très bien y avoir une musique qui va nous faire sentir mieux sans que ce ne soit forcément Patrick Sébastien (rires). Idéalement même ce ne serait pas Patrick Sébastien (rires).

«The Ropes» qui est votre premier album, sort un peu tardivement par rapport à votre dernier EP (2016). Alors même si je suppose que vous avez été occupés par vos concerts, ce laps de temps vous a servi à pondre une musique dont vous étiez à 300% satisfaits ?

Oui. De base, on est des perfectionnistes invétérés (rires). On a déjà passé du temps en salle de répète pour que ce soit le mieux possible, et de même sur l’enregistrement et le mix. Mais avant ça il s’est passé deux choses : à la sortie de notre EP, on s’est remis à composer et à faire évoluer un peu notre style ce qui a donné après les trois singles qui sont sortis en 2018. Et c’est avec ce disque et ces titres qu’on a commencé à démarcher les promoteurs, et on a eu la chance et le privilège de choper des premières parties démentielles. Et de jouer dans des salles grandes avec une sono de costaud, en entendant notre musique dans ce contexte là, on s’est dit que c’est ça qu’on devrait avoir comme son, mais en studio ! Et il nous fallait les compos qui allaient avec ! Donc on a repris tous les morceaux qu’on avait finalisé ou qui étaient en travail pour qu’ils prennent de l’ampleur et et je ne parle pas d’un point de vue volume ou puissance. On doit trouver un équilibre entre puissance d’un côté, et texture de l’autre. Ce n’est pas facile à faire ni à mixer (rires). D’ailleurs l’ingénieur du son qui a collaboré avec nous a très bien bossé car ce n’était pas simple (rires). Si ça a pris du temps, cela nous a permis de bien évoluer. Et on voulait éviter les phrases du type : «Ah c’est pas mal pour un groupe qui commence !» .

Le titre «The Ropes» de votre album fait-il référence au Shibari (art du bondage japonais) ?

Le clip oui. Mais la chanson des cordes – littéralement – présente en fait une situation où un personnage est manipulé et un autre lui montre ses cordes de marionnette. Sauf que ce dernier veut lui faire prendre conscience de sa manipulation afin, à son tour, de pouvoir mieux le manipuler. Un peu comme dans Matrix ! L’une des phrases qui revient c’est «dis-moi si la marque des cordes te gêne». C’est un rapport de force qui s’établit, et c’est le sujet du morceau. Pour la vidéo, Alban Verneret, qui est notre directeur créatif, le cerveau de ce qu’on fait visuellement, et un petit génie (rires), nous a dit qu’il connaissait plein de gens dans le monde du shibari : malgré le côté contrainte avec les cordes et tout, mais il y a aussi une dimension hyper graphique et artistique voire spirituelle à un certain niveau. Et c’est intéressant car même si on ne voulait pas faire un truc SM, on voulait faire un truc sympa et élégant.

En parlant d’Alban Verneret, comment vous l’avez rencontré et convaincu de participer à l’aventure TRANK ?

De façon assez surprenante : Alban était le contact d’une personne qui travaillait à l’époque pour nous, et qui nous a mis en contact. On s’était mis en tête de tourner trois clips – les singles qu’on a sorti sur 2018-2019 – car aujourd’hui, on part du principe que si tu n’es pas vu, tu ne seras pas entendu. On l’a rencontré, ça a super bien marché, il nous a proposé des concepts qui nous ont vachement plu. Et la première fois qu’on a travaillé avec lui, on n’a pas fait un clip, on a fait trois clips, et en deux jours. Mais ce n’était pas pour des raisons budgétaires mais parce qu’on s’est dit que si on voulait raconter une histoire qui se déroule sur trois chansons, on pouvait faire plusieurs choses au même endroit qu’on va traiter différemment. Et non seulement on a shooté les trois clips, mais en plus il nous les a envoyé, montés intégralement dans les 72 heures qui ont suivi. Et le pire est qu’il s’est excusé d’avoir pris autant de temps car «c’était les fêtes». (rires). Cela fait deux ans et demi qu’on travaille avec lui et ça fait deux ans et demi que je lui pose la même question : «d’où tu sors ? Comment tu fais ?» (rires). Je n’ai pas de réponse aujourd’hui. Ce mec fait de la réalisation, de la colométrie, du graphisme aussi – donc c’est lui qui nous a fait la pochette de l’album ainsi que le booklet – il nous a fait les photos, il nous a aussi tourné le clip live qu’on a fait de «Chrome» – et d’ailleurs il faisait le montage pendant qu’on rangeait le matériel (rires) – Et c’est lui qui nous a fait le design pour le merchandising qu’on va lancer prochainement. C’est donc le couteau suisse de tout ce qui est visuel. Et il se trouve que tout ce qu’il fait, c’est bien quand même ! (rires).

«Il faut être vu avant d’être entendu», vous allez à l’encontre de pas mal de groupes, français notamment, qui pensent que seule la musique peut suffire.

Si ta musique est mauvaise, quoi qu’il arrive tu peux faire ce que tu veux comme clip, ce sera mauvais – sauf à de très rares exceptions près. Mais celle-ci, selon moi, ne suffit pas forcément : sur Spotify, tout le monde peut écouter ce que tu fais dans le monde tout comme 300 millions de groupes ! Et en général, tu y vas soit chercher des artistes que tu connais, soit des playlists «Discover» et découvrir des groupes que tu ne connais pas, éventuellement. Et la plupart du temps, même quand les morceaux sont biens, tu n’y fais pas plus attention. Sur Youtube : même si on retrouve ce même principe d’algorythme, il y a un élément visuel, qui peut aider à capter l’attention facilement. Encore une fois, si la musique est pourrie ça ne va pas aider (rires) peuvent se dire «le clip est pas mal !»… L’internaute veut juste voir un truc qui lui plait. Donc le trip du musicien maudit qui ne vit que de sa musique et d’alcool (rires) … Les gens ont de plus en plus de trucs hyper peaufinés, léchés, donc quand tu es un musicien qui veut te faire connaître, tu dois donner envie aux gens ! Après l’EP on a décidé de se donner les moyens de faire quelque chose de carré . Mais c’était notre choix.

Pourquoi avoir choisi «Chrome», qui est un hommage aux motards, en tant que premier single ?

Très tôt dans le groupe, on a eu un groupe de motards qui nous a pris d’affection, et qui est venu nous voir à tous les concerts. Ils ont fêté les cinq ans de leur association de motards, ils nous ont demandé donc d’y jouer. On avait ce morceau dont on n’avait pas encore les paroles et Michel a dit : «En fait ce serait vraiment bien d’en faire un hymne aux motards !» On n’a pas fait ça par calcul pour se faire plus de copains chez les motards (rires). Michel a écrit les paroles, pour parler de leur philosophie -Quand tu es sur ta bécane, tu te vides la tête et tu trace ta route – mais aussi de la vie de notre bassiste qui est également biker. Et on trouvait que le riff était déjà vachement bon – c’est très subjectif ce que je viens de dire (rires) – Et à chaque fois qu’on la jouait en live, on avait une super réaction du public – motard ou pas d’ailleurs. Comme on avait déjà sorti quatre clips tournés en studio, là on s’est dit qu’on va faire un clip live, pour nous montrer en concert! On a donc tourné les images sur deux concerts en Europe de l’Est, sur des scènes assez grosses. Et on l’a lancé en premier car c’était au début du confinement et que ce serait le bon moment de monter des trucs live, même si on ne peut pas encore nous voir ou revoir en vrai !

En fait je te dit ça car j’aurai plus vu «The Ropes» en tant que premier extrait car représentant plus l’album dans sa globalité !

Et c’est pour ça qu’on en a fait le single principal ! Parce qu’on s’est dit exactement la même chose, en pensant à ce morceau et à «Shining» aussi. C’est pour ça qu’on a voulu sortir «The Ropes» en même temps que l’album, pour le présenter.

Que peux-tu me dire sur «Shining» d’ailleurs ?

On a beaucoup retravaillé sur ce morceau. Il y avait un riff de guitare accrocheur et Michel a trouvé derrière une mélodie vocale qui complétait la guitare et était aussi assez accrocheuse. C’est probablement un titre que les gens ne vont pas avoir de mal à chanter avec nous sur scène parce qu’il rentre assez facilement en tête. C’est un morceau qu’on aime bien car il y a un côté énergique, mais aussi très contrasté au fil du morceau. J’en reviens toujours à mon histoire d’équilibre : c’est ce qu’on essaie de faire dans chaque chanson, et aussi après, au fil d’un album, d’avoir des vagues, comme ça, pour pas que l’auditeur se prenne douze titres bruts dans la figure.

Que peux-tu me dire sur «Refugee» ?

C’est une chanson qu’on a composé il y a quatre ans, l’un de nos premiers morceaux. C’est parti d’une ligne de guitare, toute simple de Julien, qui ne savait pas trop quoi en faire ! (rires) Et Michel nous a pondu tout un arrangement autour. C’est une chanson qui contient plus d’électronique que les autres. Il n’y a pas de paroles, et il y a une atmosphère beaucoup plus particulière. Mais on a tous beaucoup d’affection pour cette chanson qui est, pour le coup, beaucoup plus dans les textures, dans les ambiances. Les samples qu’on a utilisé est une combinaison de deux sources : la première c’est un journal télévisé des années 1970 qui parlait des «boat-people», et l’autre est un échange radio entre les gardes-côtes et un bâteau dans les années 2010 qui avait recueilli des migrants. Et quand tu mets les deux en parralèle, tu te rends compte qu’ils disent la même chose. Et ces deux audios ont quarante ans d’écart ! Et tu te dis que, visiblement, on n’a pas réglé le problème.

Vous avez obtenu des premières parties extrêmement prestigieuses pour votre jeune carrière dont Deep Purple. Comment vous l’avez vécu d’ailleurs ?

C’était comme si on disait à un enfant de cinq ans qu’il allait rencontrer le vrai Père Noël et que ça se passe – et ce n’est pas tonton avec une fausse barbe ! (rires) Ce sont des groupes qui ont tout fait, tout prouvé. Quand ça nous est tombé dessus, on n’y croyait pas une seule seconde, on ne va pas se mentir (rires). Même quand on est arrivé dans l’Arena de Riga (Lettonie) – on était tous seuls sur le parking et on voit cet énorme truc, on a espéré qu’il n’y ait pas eu une incompréhension, que ce n’est pas MidTurtle qui jouait sur le parking du truc (rires). Et non, ils nous attendaient bien, ce qui nous a rassuré un peu (rires). Et on a pris deux grosses claques ce soir-là : l’une musicale, l’autre humaine. Les mecs ont tout fait, et ils pourraient tout à fait se comporter comme des enfoirés, et que les gens leur disent «merci!», alors qu’ils étaient tellement humbles et gentils ! Don Airey est venu nous voir pendant notre soundcheck, dans la salle vide, nous encourageant et prenant des photos. Et pendant son solo le concert, les autres musiciens viennent nous voir. Steeve Morse, le guitariste, nous a félicité et à tenu à nous dire que tout le groupe nous a regardé ! Et heureusement que je ne m’en suis pas rendu compte parce que là … (rires). On a discuté encore dix minutes avec le groupe à la fin du concert. Humainement, pour des mecs comme nous qui sortent de nul part, ça nous a fait bizarre, et ça nous a secoué, dans le bon sens du terme.

La pandémie mondiale a mis un énorme cran d’arrêt aux concerts. Quel est ton point de vue sur cette période inédite en tant que musicien ? Et que penses-tu des ces groupes qui proposent de plus en plus des concerts en streaming ?

De notre côté, on ne reste pas assis sur nos mains : on compose, on fait évoluer notre projet, on prépare l’avenir tout en faisant écouter notre album au plus grand nombre, en espérant que les gens aiment bien et ne nous jettent pas des cailloux (rires). Donc on est fort occupés. Pour les concerts en streaming, en l’absence d’autres alternatives, ce n’est pas bête ! Il y a des groupes qui ramassent d’ailleurs beaucoup d’argent avec ça ! Mais je pense que de toutes façons, l’industrie musicale est en train d’évoluer. Mais quand les concerts vont – je l’espère – reprendre, j’espère, quand même, que les gens s’attendront à une expérience différente physiquement.